02 11 2017
FFE (FRA): Boulettes persistantes in the rules françaises

Ouvrez le règlement FFE endurance collection 2017/2018 pour voir un peu comment fonctionnent les classements sur les épreuves dites amateur à vitesse libre parce que de temps à autre ça fait du bien de se pencher sur ce qu'on croit connaître.

Examinez plus particulièrement l'article 6.3. Vous y lirez comme tout le monde au paragraphe B que:

On sait tous que le classement ne peut pas être effectué à la vitesse, car celle-ci n'est pas une donnée mesurée, mais le résultat d'un calcul entre temps sur la piste et distance parcourue. Ce n'est pas une donnée instantanée mesurée au passage de la ligne d'arrivée mais bel et bien une moyenne sur une distance dont le nombre de décimales reste au demeurant encore à définir. C'est le temps à cheval qui est le vrai critère, c'est celui qui est la source univoque du classement (lequel peut être différent de l'ordre de franchissement de la ligne d'arrivée finale en cas, par exemple, de départ groupé un 2ème jour lors d'une course en 2 jours et pire si c'est 3).

La 2ème assertion qui consiste à dire que le chronomètre départage les concurrents rend inutile la 1ère qui traite de vitesse.

N'eût-il pas mieux valu simplement écrire que c'est le franchissement de la ligne d'arrivée, et donc le temps à cheval, qui est la source du classement? Sachant que la seconde en tant qu'unité de temp est hors d'échelle lors d'un sprint tendu où ça se joue parfois à une demi-narine ou moins. On sait qu'en pareil cas dans la pratique, c'est l'oeil des juges qui est le véritable critère de classement avec ce que cela implique à la fois de responsabilité et éventuellement d'aléas.

La plupart des smartphones sont actuellement capables de faire des videos exploitables avec une fréquence d'au moins 1/24ème de seconde. C'est un outil moderne, accessible et hyper répandu qu'on pourrait peut-être intégrer dans les moyens efficaces d'aide au jurys pour départager des sprints chauds. Rien n'interdit de le penser (mais encore faut-il le vouloir) et de l'écrire dans un règlement. Ce serait une adaptation au réel d'aujourd'hui tout simplement.

Mais ce n'est pas tout.

Dans le tableau 2 du même article (comme dans le 3 et le 4) il est écrit que le classement final est "au chronomètre". C'est très beau, mais il pourrait être utile d'écrire clairement dans le tableau où ça se prend, d'autant plus qu'il y a la place, plutôt que d'avoir à chercher l'information dans l'article 9.2 en toute fin du truc 8 pages plus loin pour ceux qui débarquent dans la discipline.

On peut aussi lire dans le même paragraphe B la phrase suivante:

"En cas d’impossibilité de départager, le dernier contrôle de fréquence cardiaque fait la différence: le poney/cheval ayant la plus basse fréquence cardiaque est classé devant celui qui a une fréquence cardiaque plus élevée".

Là, ça se complique vraiment, car cela signifie que le chronomètre (penser plutôt dans la quasi totalité des cas, les yeux des juges) n'a pas pu départager les chevaux et qu'on applique alors un autre critère. Oui, mais étant donné que le temps est arrêté sur la ligne d'arrivée finale et que le cavalier dispose, à sa guise et hors chronomètre, de 30 minutes pour présenter son cheval à l'inspection vétérinaire finale, il a tout intérêt à traîner pour gagner.

En effet, rentrer en 3 minutes avec une fréquence cardiaque de 63 ou 64 pénaliserait par rapport à un autre, non départagé par le chronomètre, qui attendra 25 minutes et entrera avec une fréquence cardiaque de 52. D'où vient cette récurrente et persistante disposition hors-sol qui vient briser la notion de compétition en même temps que celle d'équité? On termine ainsi la course contre la montre par une sorte de loterie qui n'a rien à voir, à moins qu'on ne veuille par là provoquer la course au plus lent pour entrer au plus tard du plus tard en ayant la fréquence cardiaque la plus faible pour gagner? Etrange et apparemment jamais relu.

Tout cela simplement pour montrer:

Et puis il serait peut-être temps d'abandonner l'idiotie rédactionnelle du "poney/cheval" pour revenir à quelque chose de moins ridicule comme "cheval" par exemple (génial non?) D'ailleurs dans ses spots publicitaires la FFE est d'accord avec cela car elle ne dit pas "le poney/cheval c'est trop génial !" (ce qui ferait probablement rire les personnes mal informées) mais "le cheval c'est trop génial" tout simplement, tout normalement, tout censément.

On notera au passage que si le quadrupède de toutes nos attentions est appelé 38 fois "poney/cheval" dans le corps du texte réglementaire, il s'échappe et se "déguise" par 3 fois en "cheval/poney" dans le même texte ... mutation génétique ou imprécision fondamentale et absence coupable de relecture attentive avant publication?

Et dans l'article 5.7, on peut lire "tout traitement du cheval ..." Ah, tiens, le naturel revient au galop donc et voilà qu'on se met à parler "normal"? Grave fôtte d'attention, vite palsambleu, corrigez-moi cette innommable inconsistance !!!

Ben oui !

Ah, j'oubliais il est dit dans l'article 1.1 A que le terrain doit comporter "une aire sécurisée de type 40 x 25 m ... permettant des trottings de 30 à 40 m". On les fait dans quel sens alors les trottings de 40 m là-dedans?

Il est dit plus loin (art 1.1 B) que "l'utilisation du GPS et du téléphone portable est autorisée sauf dans les enceintes vétérinaires". Il est difficile sinon impossible de comprendre en quoi le GPS peut poser problème dans l'enceinte vétérinaire. Veut-on éviter par là que les cavaliers ne se mettent à mesurer la longueur de la ligne de trotting que le cheval va parcourir? Ce serait ridicule, mais sinon quoi?

Pour ce qui est de l'interdiction du téléphone portable dans l'enceinte vétérinaire, si les officiels se tiennent correctement et s'abstiennent de commentaires ou de mimiques déplacées en présence des cavaliers et de ceux qui les accompagnent, il est difficile de voir en quoi l'utilisation du téléphone portable peut être préjudiciable. Ne vaudrait-il pas mieux plutôt se poser la question importante de l'adéquation d'une Gopro sur un casque et les conséquences sécuritaires et légales que cela peut impliquer (tout ajout créant un point d'impact embarqué modifie les caractéristiques de résistance de la coque avant impact normal en cas de chute et, par là, libère le fabricant de son engagement et de ses responsabilités par modification du produit). Ne faut-il pas là prendre position officiellement et règlementairement (Autoriser? Interdire? Exiger une décharge de responsabilité de la part du cavalier à qui on laisserait la possibilité de décider de lui-même comme le fait l'USEF aux USA?)?


Alors plus de selfie sympa avec un cheval qui apprécie pour les CEN en France?

Il faut bien gamberger pour trouver du sens certaines fois n'est-ce pas? Ca a au moins le mérite de tenir en éveil et on en a tous besoin...


16 10 2017
Fontainebleau (FRA) 13/14 109 2017: Une belle édition malgré des esprits malsains et hostiles alentour

Le beau temps a fait l'unanimité pour cette édition d'automne soutenue par le Festival de Sh Mansour (qui comporte cette année 5 étapes, à savoir Madrid, Brussels, Fontainebleau, Sardaigne et Lisbonne).

Le jury était très international, ce qui est, on le sait, un gage à la fois d'équilibre et de dynamisme (en plus de créer une atmosphère interne très positive où les échanges d'informations et de pratiques concourent à enrichir chacun des membres pour le meilleur de la discipline). L'atmosphère générale de l'événement s'en ressent toujours positivement.

On pourrait se dire que ça roule et que c'est normal après tant d'années. On pourrait imaginer que c'est chose facile car il s'agit après tout de reproduire ce qu'on a déjà fait. Les organisateurs savent tous que c'est très loin d'être vrai et que chaque édition est un nouveau challenge.

Et cette année, si le premier jour a été relativement calme, il a fallu encore, le deuxième et comme l'an passé à pareille époque, lutter contre des individus mal intentionnés qui ont systématiquement et à répétition débalisé le circuit.

Cela fût au point que sur la dernière boucle des épreuves, il fallut faire tourner sans interruption une voiture afin de garantir l'intégrité du circuit. En d'autres lieux, les chevaux étaient intentionnellement envoyés sur des pistes formellement interdites aux chevaux et même dangereuses par rebalisase pirate. Si la finalité de ces individus est de vouloir remplacer l'équipe actuelle, comme certaines rumeurs le supposent, il est certain qu'il s'agit là de la plus mauvaise méthode pour y parvenir. Peut-on en effet faire confiance à des escrocs? Quoiqu'il en soit, l'équipe de Grand Parquet Endurance (GPE) a une fois de plus fait face et montré avec dynamisme une capacité certaine à réagir et anticiper.

On rappellera ici que débaliser un circuit approuvé par la préfecture revient au même que retirer des panneaux de signalisation routière. C'est un crime tombant sous le coup de la mise en danger de la vie d'autrui et ça peut coûter très cher à ceux qui s'y livrent.

Quoiqu'il en soit, cette édition d'Automne a été un succès et le concours de Fontainebleau a une fois de plus prouvé sa place de leader.

ATRM avait mis en place pour la première fois sur un grand évènement en France, la nouvelle version de ses cardiofréquencemètres qui a donné pleine satisfaction.

Non contente de cette première, l'équipe ATRM a diffusé pour la première fois le premier jour de course en direct sur l'application smartphone Yamamah conformément au partenariat établi.

En sus, elle a mis en place avec son partenaire exclusif Tech4race le premier test grandeur nature (et non diffusé car ayant un caractère volontairement privé) du nouveau système de suivi GPS spécifiquement conçu pour l'endurance contrairement aux actuels "concurrents" et fonctionnant sans carte sim (le premier du genre en suivi sportif). Le test a permis de confirmer la fiabilité du système.

Donc Fontainebleau a donné à ATRM l'opportunité de réaliser ces trois challenges. Ce faisant on a démontré une fois de plus l'étroit partenariat et la confiance existant entre GPE et ATRM. Toute l'équipe espère être en mesure d'offrir à GPE l'inauguration d'ATRM X, un tout nouveau système de chronométrage avec diffusion d'un type inédit, lors de la prochaine édition classique de Fontainebleau en mars 2018.


21 09 2017
VALEGGIO SUL MINCIO, Verona (ITA) 23 09 2017: CH M YJ 120 km: Un championnat du monde en famille?

L'avant-programme fleure un parfum où l'on retrouve des effuves connus. C'est un peu comme une boîte de Camembert. Quand on l'ouvre, on sait plus ou moins ce qu'on va trouver. C'est plus ou moins fait, mais ça reste du Camembert. Les championnats et concours de luxe sont-ils donc des AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) comme peut l'être le Camembert?

On retrouve ainsi beaucoup des membres du jury du championnat du monde de Samorin dont les traces passablement négatives sont encore visibles dans les consciences, avec en tête le même président et une suite connue pour être au chaud.

On ne mettra pas en doute ici la compétence des personnes choisies, mais on est en droit de se poser néanmoins des questions sur la nécessité ou l'opportunité de jouer avec un panel aussi restreint quand on sait que les officiels qualifiés sont nombreux et que rien ne dit ou ne permet d'affirmer qu'ils soient moins compétents ou moins honnêtes que les "élus" récurrents.

On découvre aussi que le président d'honneur de l'organisation est le responsible de DIEC (Dubai UAE) et que le chronométrage y sera celui de Dubai. Les mauvaises langues y verront certainement quelque dépendance financière ou morale, ce que rien ne permet d'affirmer bien entendu.

Il est dit dans les statuts de la FEI que c'est un "governing body", oui, bien sûr, mais alors que faut-il en penser?


24 08 2017
Un grand événement petit à l'ombre d'un petit grand autre.

Sur le ring d'un côté:

et de l'autre:

Et au milieu pour arbitre:

Ce week-end a plus que largement démontré que l'importance théorique d'un titre ne tient pas la route face à l'argent quand on laisse faire sans limites ni contraintes au lieu de légiférer ne serait-ce que pour garder leur lustre aux compétitions emblématiques ... au moins symboliquement.

Le flop numérique de Brussels n'est pas à mettre à l'actif des organisateurs, mais bel et bien à celui d'un système qui permet ce genre de choses.

Il est difficile de trouver des organisateurs prêts à s'engager dans le complexe montage d'événements tels que les FEI-named series de niveau continental ou mondial. Ce qui s'est passé ce 3ème week-end d'août 2017 n'aura certainement pas d'impact positif sur le nombre des candidats à venir et la malheureuse expérience de Brussels ne peut que leur faire se poser de dissuasives questions sur un éventuel engagement.

Il y a urgence à réformer et la FEI a fort intérêt à s'y atteler vraiment en s'appuyant sur ceux qui font (Athlètes, Officiels, Organisateurs) et pas seulement, de fait, sur ceux qui gèrent (NFs, Bureau, etc.). Pour les premiers, c'est une évidence largement partagée et leur opinion est primordiale car sans eux, Nfs et FEI ne seraient que les gestionnaires d'un grand rien. Souhaitons que, surprise par ce clash d'un genre effectivement inédit et manifestement impensé, la FEI prenne effectivement et rapidement des mesures pour en éviter la redite.

Ca permettrait peut-être d'éviter à l'avenir qu'un grand évènement ne devienne petit à l'ombre d'un petit devenu trop grand le même jour alors que l'année en compte généralement 364 autres, ce qui ne tient pas du hasard et se reproduit avec la féroce régularité d'une pendule ...


13 08 2017
L'histoire de Brussels & Euston Park en 2018

On découvre dans les "Final Proposal" pour le règlement endurance 2018 de la FEI:

"CEIOs 3*, 4*, 5* cannot clash with World Championships and Continental Championships if held in the same continent." (futur article 814.2.3)

Ca veut dire en clair que le clash entre Euston Park et Brussels pourrait se reproduire, mais que le CEIO que demandait le Comité Organisateur de Euston Park, et qui a été supprimé après réunion avec la FEI (celle-ci ne pouvant s'y opposer frontalement faute de règlement), n'aura plus besoin d'être négocié car il ne pourrait réglementairement exister.

En gros, on aura économisé une réunion. Belle avancée!

Vous remarquerez au passage que, selon ce nouvel article, l'aura d'un World Championship ne dépasse pas le continent où il aura lieu. Bizarre cheminement de pensée ou absence de maîtrise rédactionnelle (comme on en trouve beaucoup, hélas, dans le règlement endurance FEI)?

L'actuel clash se fait nettement au détriment de l'image des FEI-named events que sont les deux Championnats de Brussels en en minorant l'importance. La libre entreprise n'est probablement pas la meilleure solution dans le cas présent et il doit y avoir des limites. Une neutralisation du type "il ne peut y avoir aucun clash dans le monde quand il y a un World Championship et sur le même continent lorsqu'il y a un Continental Championship" aurait le mérite de sanctuariser les évènements officiels de la FEI.

Ce serait pourtant tellement simple à déclarer et ce serait dans l'intérêt même de l'image des Championnats sans pour autant grandement perturber les calendriers à partir du moment où on en connaît les dates.

On s'aperçoit à cette occasion que la pensée des gestionnaires et ce qui émane du Schmilblick(1) institutionnel ne rejoignent pas l'évidence de ceux qui font les disciplines au quotidien (et sans qui rien ne se passerait). C'est une preuve de plus, s'il en était encore besoin, qu'il faut changer profondément le mode d'élaboration des règles.

1. "La mise en marche du Schmilblick est, vous allez en juger, d'une déconcertante facilité puisqu'elle s'opère par simple rivaxion de la rabruche." (Pierre Dac).


04 08 2017
L'art de penser à l'envers

Au hasard des lectures, cette superbe assertion écrite par Gaspard de Saunier:

"C'est un grand défaut aux Chevaux de remuer la queue, car s'ils viennent à travailler dans de mauvais chemins & en tems de pluie, l'habit du Cavalier fe trouve fort gâté" (extrait de "L'art de la Cavalerie - Amsterdam - Berlin 1756).

On dirait aujourd'hui "habilles-toi donc autrement", car à l'évidence Gaspard de Saunier inverse la donne et pense la chose à l'envers.

C'est avec ce type de raisonnement qu'on en vint à pratiquer la caudectomie chez les chevaux ou les chiens et que, pour ces derniers, on leur coupait encore récemment les oreilles pour qu'elles se tiennent droites quand la nature les avaient faites tombantes.

L'anthropocentrisme est un vilain défaut qui aveugle ceux qui le pratiquent et, ce faisant, les empêche de comprendre les mondes qui nous entourent.

Ca vous intéresse? Lisez "the Genius of Birds" de Jennifer Aukerman et "Beyond Words" de Carl Safina et votre vision des mondes des animaux en sera certainement enrichie sinon bouleversée.


29 07 2017
Plainte contre la FFE (FRA) et la RFHE (ESP) auprès de la Commission Européenne pour discrimination

José Ignacio Merladet, agissant au nom de la Federación Vasca de Hípica (Fédération Equestre Basque - FVH) dont il est président, a porté plainte pour discrimination entre européens auprès de la Commission Européenne contre les fédérations nationales françaises (FFE) et espagnoles (RFHE) - Cliquez ICI.

Il considère en effet qu'il est discriminatoire d'interdire a des cavaliers d'Espagne et de France de concourir sur des CEN de l'autre pays avec leurs licences nationales respectives. Cette plainte prend en l'espèce assise sur le non-respect du Droit Communautaire.

Intéressant et à suivre car, en cas d'issue positive, les deux NFs découvriront que l'Europe est une réalité, ce dont elles n'ont visiblement pas encore pris conscience, et la chose fera nécessairement jurisprudence ce qui changera le paysage général et la mentalité des uns et des autres.

On se souviendra à cette occasion de feu le Trophée Transpyrénéen (né en 2002) qui, après 7 années de bon et européens services, est mort du fait de la discrimination introduite par la FFE sous l'emprise de Pierre Cazes par laquelle il interdisait à un cavalier de CEI français de participer à un CEI de niveau x en Espagne s'il n'était pas qualifié x+1 en France (autrement-dit être qualifié 3* pour avoir le droit de participer à un CEI 2* en Espagne, ce qui impliquait la prise de licence dite "pro" et entraînait donc des coûts rédhibitoires pour un ou deux CEI 2*, etc.). Ceci était fait en rupture du droit européen et tombait sous le coup de la notion de discrimination. La fédération espagnole ne pratiquait pas ce type de disposition, respectant en cela les dispositions statutaires de la FEI (à laquelle elle adhère comme la FFE) où l'un des principes majeurs consiste justement à garantir l'égalité de traitement pour tous (FEI Statutes art 1.3).

Nous avions à l'époque longuement discuté avec José Ignacio Merladet, président de la FVH, de la possibilité de déposer auprès de la Commission Européenne une plainte contre la FFE en tant que groupe et avec l'appui de la FVH. Nous n'avions pas été assez rapides et le Trophée Transpyrénéen mourût asphyxié par cette mesure irresponsable. La FFE (mise au courant de nos intentions) supprima cette clause inique par la suite mais il était trop tard pour notre oeuvre transpyrénéenne.

Souhaitons que la plainte qui vient d'être émise ait une issue positive, ce qui nous permettra d'être un peu plus et un peu mieux européens.


27 07 2017
FEI: Masters contre Masters (Brussels & Euston Park) 17-19 08 2017

D'un côté deux compétitions officielles FEI faisant partie des "FEI-named events" et de l'autre des CEI "ordinaires" mais avec un budget de 1.7 millions d'Euros. Tout cela en même temps et à un peu moins de 300 km de distance à vol d'oiseau.

On comprend mal que la FEI puisse autoriser un événement torpillant littéralement son Championnat d'Europe et son Championnat du Monde Jeunes Chevaux par collision de dates et drainage évident des concurrents par l'argent, même si rien dans les règlements FEI ne l'interdit formellement.

L'organisateur de Euston Park annonce avoir déjà dépassé les 160 inscrits de 16 pays différents et affirme en attendre plus de 200 en provenance des 5 continents, tandis que Brussels se désertifie et qu'on y réduit les dépenses pour tenir le cap sans prendre le bouillon. La FEI en autorisant cette concurrence violente, plombe ses propres championnats, allez comprendre où est son intérêt ...

Autrement dit les "Brussels Equestrien Endurance Masters" sont pénalisés par les "UK Endurance Masters" financés par Dubai.

Bref, du jamais vu. C'est à l'évidence néfaste bien que "réglementairement" possible.

C'est un peu Kramer contre Kramer, on est de la même famille, mais on se combat.

On notera d'ailleurs au passage que l'intitulé "Masters" s'il "porte beau" car c'est un mot censé briller, ne fait aucunement partie du vocabulaire officiel FEI.

Le Président de la FEI et la Secrétaire Générale ont pourtant la possibilité d'intervenir en pareil cas (art 28.2 VI des statuts), ne serait-ce que pour garantir la primauté des Championnats attribués. Ca paraît simplement logique et probe.

La question de fond est donc: pourquoi ne pas avoir saisi cette possibilité?

ADDITION 28 07 2017:

Renseignements pris, l'organisateur de Euston Park avait demandé un CEIO (Official International Event) que la FEI lui a refusé pour éviter la simultanéité de deux événements faisant partie des CEI à statut particulier. Pour le reste, elle laisse jouer la libre concurrence et c'est la responsabilité de chaque organisateur de trouver les sponsors qu'il désire, ce qui est en effet logique dans une pareille vision. Dans le cas présent, cela donne un événement financièrement plus attractif que l'autre. Fin de la discussion.

La position de la FEI est donc irréprochable au plan de l'application des General Rules. C'est une fois de plus un problème situé en amont des règles qui devrait être étudié. Ne pourrait-on imaginer qu'aucun concours de la même discipline ne puisse être organisé sur le même continent en même temps qu'un Championnat Continental et dans le monde quand il s'agit d'un Championnat du Monde? Ca paraîtrait logique et cela éviterait ce qui est actuellement vu comme un effet collatéral dommageable et finalement dénoncé comme assez incompréhensible, même s'il reste logique dans le cadre du système actuel.

Tiens donc, l'EEF (European Equestrian Federation) ne pourrait-elle trouver là matière à exister en essayant de coordonner les CEI en Europe pour éviter les clashes de principe, par exemple? N'affirme-t-elle pas dans l'énumération de ses missions vouloir guider, promouvoir, réguler et éduquer? (cliquez ICI).

Et la FEI ne pourrait-elle pas communiquer un peu plus sur la genèse de ses actions et décisions, histoire d'expliquer ce qu'elle fait et pourquoi elle le fait? Ca éviterait de laisser courir des rumeurs, pas essence peu positives, on le sait.


15 06 2017
FEI CIO: 
les disciplines équestres restent dans les jeux olympiques mais avec des changements de format

Vous vous souvenez peut-être de la houleuse assemblée générale de l'IJRC (International Jumping Riders Club) à Lausanne (06 décembre 2016) où la Secrétaire Générale de la FEI avait été assez violemment prise à partie à propos des nouveaux formats que la FEI avait proposé au Comité Olympique International (notamment avec des équipes de 3 au lieu de 4 pour élargir le nombre des pays participants sans augmenter le nombre des concurrents).

La note d'évaluation des sports équestres faite par le CIO ne cessait en effet de baisser et on pouvait craindre à terme que la porte de sortie ne soit pas très loin, comme elle l'a d'ailleurs été pour d'autres sports (certains opposants affirmant, par exemple, que la présence de deux mammifères concourant ensemble n'est pas conforme à la notion "olympique"!). La nouvelle disposition visait à élargir la base de recrutement en quelque sorte tandis que l'IJRC y opposait une inévitable baisse de qualité consécutive qui n'était pas sans quelques soubassements "réactionnaires" d'où toute forme d'évolution est, par principe, refusé. Deux points de vue, deux géométries radicalement opposées. Le CIO a tranché et choisi le nouveau format présenté par la FEI.

C'est donc la vision "spectacle", indissociable de la notion de diffusion, qui l'a emporté. C'est très probablement aussi la survie des sports équestres dans le monde olympique où les 3 disciplines sont présentes depuis 1912.

Et on se souviendra à cette occasion du vieux rêve de Sh Mohd Al Maktoum qui souhaitait faire de l'endurance le 4ème sport équestre olympique...

Il faudrait pour cela que l'endurance soit mise en valeur dans ce qu'elle a de grand et pas pour ses replis sombres, qu'elle soit plus simple à comprendre, plus médiatisable et médiatisée pour être mieux comprise, qu'elle ait un public, etc.

Bref, il faudrait sûrement qu'on le veuille vraiment au niveau des fédérations nationales et de la FEI en particulier car il n'y a aucune raison pour que les 3 disciplines olympiques restent les seules pour l'éternité olympique. L'apparition du grand changement que représentent les nouveaux formats adoptés montre qu'évoluer est possible.

On peut même se demander si poser un tel objectif ne serait pas la voie royale d'un renouveau de format et d'image pour l'endurance où l'on continue d'accumuler les bouts de textes du grand patchwork réglementaire en se disant que cette fois-ci ça y est, on a cerné le problème, ce qui ne vaudra, en fait, que jusqu'au prochain tour de manège dont on profitera pour en rajouter encore. Ca complexifie la donne d'un sport pourtant simple dans son essence et qui pourrait certainement être olympique par nature.

Il faudrait pour cela avoir la volonté de mettre sur pied un vrai plan stratégique que rien n'empêche, à ce jour, d'imaginer.


30 05 2017
Castelsagrat (FRA) 2017: dèjà fini et toujours une réussite.

"Castelsagrat", c'est fini pour cette année.

Record d'affluence et de compétiteurs avec au total près de 450 chevaux cette année (ce qui confirme l'intérêt des épreuves de Castelsagrat dont le nombre des concurrents suit une courbe exponentielle ayant contraint les organisateurs à prendre des mesures d'aménagement du site au cours de l'hiver).

Un accueil très chaleureux sur un site très concentré qui permet de voir aisément les départs, les arrivées et les inspections vétérinaires en même temps. On note la buvette restaurant toujours en bout de lignes de trotting ce qui est assurément la meilleure place possible.

C'est aussi un village entier qui se met à tourner à l'heure de l'endurance équestre et c'est très important pour l'intégration de la discipline: devenir et être un incontournable moment de la vie locale.

Pour les compétiteurs, la concentration du site impose quelques règles comme le fait de desseller avant d'aller dans la zone de grooming pour épargner la place ou bien s'abstenir de mettre des fils et des clôtures dans la zone de repos (mesure de sécurité) où chacun dispose d'un emplacement de 3 m x 3m et pas plus.

On constate aussi que les temps de récupérations sont globalement plus importants que sur les courses "plates". Ceci est consubstantiel à la nature des pistes qui sont très techniques dans un paysage mouvementé et donc non plat autant qu'à des conditions météorologiques difficiles (frôlant les 32°). Vu de loin, certains pourraient penser que les chevaux était de peu de qualité, ce serait fondamentalement méconnaître le fait qu'il s'agit là d'une course "classique", loin des "hippodromes d'endurance" au dénivellé quasi inexistant qu'on rencontre de plus en plus et qui finissent par servir de référence abusive de lecture pour la discipline et le marché.

VIDEOS: Allez sur le site de Maress Prod en cliquant ICI

Résultats sur ATRM, bien sûr en cliquant ICI.

De petit machin organisé dans un village "inconnu" par quelques "allumés" (comme c'est la règle), le concours de Castelsagrat est devenu au fil des ans et de la persévérance un jalon de renommée internationale dans la discipline.

Le succès fait la contrainte aussi et il y a fort à parier que les organisateurs, bien qu'épuisés par 3 jours d'intense compétition, pensent déjà aux modifications et améliorations qu'il leur faudra faire pour l'édition 2018 à Castelsagrat.


26-27 05 2017
Castelsagrat (FRA) 2017: pas fini et déjà une réussite.

Castelsagrat bat son plein et on peut déjà dire sans se tromper que c'est une réussite à tous points de vue.

Le trotting est désormais aux normes FEI avec 40 m et a été augmenté en largeur de façon à avoir désormais 10 lignes. Bonne idée car cette année il y a record d'affluence.

On ne compte pas moins de 400 chevaux ce qui confirme une fois de plus le succès grandissant des concours organisés à Castelsagrat dont la renommée de bastide du XIII ème siècle avec place à cornières doit désormais aussi compter avec le concours d'endurance annuel qui y est organisé par quelques "allumés" dont la passion n'a d'égal que l'ardeur.

NOUVEAU: Maress Prod tourne sur le site des VIDEOS de qualité que vous pouvez voir en cliquant ICI et ICI

Résultats en direct sur ATRM, bien sûr en cliquant ICI.

Et tout cela se fait dans la bonne humeur avec des cavaliers venus, par exemple, de Chine ou du Brésil parce que c'est Castelsagrat.


30 04 2017
Too much is too much.

Le saviez-vous?

Selon Chris Whitton (AUS), le boulet de l'antérieur d'un cheval encaisse à chaque impact au sol:

Chiffré comme cela, ça impressionne quelque peu. Mais ça permet aussi de prendre une conscience plus aigue de ce qu'un sur-entraînement et un enchaînement trop rapide de compétitions peuvent faire supporter aux os d'un cheval, si on n'y prend garde.

L'étude présentée par Chris Whitton, recoupe celle de Céline Robert ou bien celle de Sue Stover (toutes deux citées sur ce site), sans compter celles d'autres chercheurs qui vont toutes dans le même sens. Toutes disent la même chose: les os résistent jusqu'à un certain point et la fatigue excessive conduit à la rupture. Il faut donner le temps à la nature de s'adapter et n'en pas dépasser certaines limites.

C'est la même chose en mécanique ou en statique. C'est vrai au même titre dans le vivant. La grande différence tient dans le fait que d'un côté on est capable de calculer le risque et d'avoir ainsi des avions qui volent et des bâtiments qui tiennent debout en sachant pourquoi et en prenant les marges de sécurité adéquat et que, de l'autre, on joue plus ou moins au pifomètre avec toujours l'envie de dépasser des limites qu'on ne connaît pas vraiment.

Cliquez ICI pour télécharger la présentation faite par Chris Whitton lors du dernier Sports Forum FEI tenu dernièrement à Lausanne.

Gagner mieux, c'est gagner plus.


28 04 2017
FEI -  Endurance Forum - Barcelona (ESP) - 23/24 mai 2017

Le premier Forum Endurance FEI depuis 4 années aura lieu les 23 et 24 mai 2017 à Barcelone (ESP).

C'est un rare moment d'écoute et d'échange avec la FEI.

Le forum de cette année sera particulièrement orienté vers les blessures et fractures des chevaux ainsi que leur bien-être. L'autre volet important concernera le nouveau système de formation des officiels qui devrait être mis en place en 2018.

La date limite d'inscription est fixée au 1er mai. Si vous êtes intéressés et pouvez y aller, cliquez ICI

Le forum sera majoritairement consacré aux résultats d'études scientifiques sur les fractures avec des chercheurs de renommée mondiale.

C'est suffisamment rare pour être précieux.

On espère aussi que le nouveau système de formation des juges sera beaucoup plus près de la réalité (échanges d'expérience, analyse de cas concrets servant effectivement la fonction, etc.) que ce qu'on a pu voir ces dernières années avec des questions du genre "de combien de fédérations est composée la FEI", "quel est le nom du Président" ou "quelle est le montant de l'amende en cas de non vaccination récidivante" et qui pouvaient faire échouer des Officiels efficaces et intelligents se consacrant à ce qui est important dans le cadre de leur mission et sachant lire. On espère aussi que la formation des formateurs ne sera pas oubliée, ce qui ne parait pas totalement absurde.

On espère également qu'on y trouvera un volet vérifiant la capacité à lire et comprendre l'anglais effectivement et à réellement maîtriser les langues annoncées par les candidats (niveau permettant de gérer et négocier couramment).

Bref, c'est une initiative à soutenir car elle vise à améliorer ce qui peut l'être.


02 04 2017
Fontainebleau (FRA): une brillante édition à cheval ... sur mars et avril.

On le sait, mais on le redira ici encore malgré tout, Fontainebleau est un lieu d'innovations. Ca fait partie des gênes de Grand Parquet Endurance et ça en fait aussi le charme.

Parmi elles un nouveau dessin de piste au départ si "naturel" qu'avec le recul on s'étonne qu'il ait pu être disposé autrement (ce qui est la marque des grandes idées), des tracés de boucles revisités avec pour objectif de mettre plus haut la barre technique (et plus basse la vitesse par un profil plus contraignant, rapprochant aussi les épreuves du coeur même de ce qui fait l'exception de la forêt de Fontainebleau), une arrivée finale dans la forêt qui revient aux sources en quelque sorte (peut-être moins "photogénique" car loin des tribunes, mais tellement plus sûre avec un dégagement sans limite pour les sprints tendus où l'excitation des cavaliers et des chevaux peut durer un peu encore pour le seul plaisir de l'avoir fait ensemble), un temps de récupération aux vet gates de 10 minutes pour les CEI 1* et 2* seniors (une 1ère révolutionnaire en France qui a fait beaucoup parler avant et qui est passé comme une lettre à la poste ensuite, provoquant néanmoins une salutaire et motivante inquiétude), 3 nouvelles lignes de trotting dans l'aire d'inspection (portant ainsi le nombre total à 10 pour une fluidité visiblement meilleure), un ensemble restaurant / buvette plus petit que d'habitude mais rehaussant l'unité de lieu au coeur du village des exposants partiellement redessiné, etc.

Cette édition "classique" s'est déroulée sous un ciel plus clément qu'on n'aurait pu le craindre avec un petit peu de pluie en début d'après midi du premier jour. Cette année le taux de débalisage est revenu au niveau de bas étiage visiblement incompressible qu'on rencontre malheureusement sur toutes les courses, ce qui a été un vrai soulagement pour les organisateurs qui avaient vécu l'enfer lors de la dernière édition de 2016.

Les pistes revisitées (avec une boucle intégralement nouvelle) ont eu un impact sensible sans être spectaculaire sur les vitesses des vainqueurs quand on les compare avec celles de l'édition "classique" d'avril 2016. On observe en effet une baisse oscillant entre 1 et 1.5 km/h chez les vainqueurs. On pourra épiloguer sur cette baisse relative de la vitesse mais on ne peut s'empêcher néanmoins de constater que les désastres des dernières éditions, qui plombaient de façon imméritée l'image de Fontainebleau, sont au sortir de cette édition un mauvais vieux souvenir qu'on espère voir durer. Y a-t-il là relation de cause à effet? On laisse ici le soin aux exégètes d'en tirer pour eux-mêmes des conclusions et on se contentera de redire que les modifications effectuées sur les pistes avaient entre autres buts de mettre concrètement en oeuvre les préconisations de résultats d'études de plus en plus nombreuses associant vitesse et risques de fractures "concluantes" sur les pistes.

On eut à déplorer quelques chutes dont deux se sont malheureusement soldées par une hospitalisation. C'est le risque encouru et assumé par tout compétiteur sportif et il convient de rappeler une fois encore que le taux d'accidents dans les sports équestres en général et de l'endurance en particulier est un des plus bas tous sports confondus.

On se dit ce qui allait, ce qu'il faudra changer, ce qu'on pourrait faire, on s'est raconté les anecdotes, les moments chauds et les franches rigolades et déjà à peine fini,  on débalise, on range, on balaye, on enlève, on plie, on empile, on rassemble en pensant à l'édition prochaine car tels sont tout à la fois le fardeau et la motivation créatrice de ceux qui font au lieu de se contenter de dire.

Et on va ici encore rajouter une banalité: Longue vie à GPE qui a su au fil des années devenir un acteur incontournable et majeur de l'endurance mondiale (et qui pourrait sans rougir organiser, disons-le au hasard, un honnête* championnat du monde pourquoi pas?).

*Le français étant une langue souvent équivoque (voyez par exemple la définition du mot "hôte" qui décrit autant celui qui reçoit que celui qui est reçu), ne vous méprenez pas sur le sens du mot "honnête" tel qu'il est ici employé. Il s'agit bien sûr, vous l'avez compris, de dire que cela serait convenable mais néanmoins suffisant et absolument rien d'autre.


24 02 2017
FRA - La TVA s'emballe, le cheval va mal.

La FFE, la SHF, la Société Le Trot, France-Galop, la Société Française des Equidés de Travail, le Groupement Hippique National, le Syndicat National des Entreprises de Tourisme Equestre, et 25 autres associations, syndicats, chambres et groupements représentant à peu près tout ce qui existe dans l'univers français du cheval convient le maximum de personnes à la conférence de presse qu'ils tiendront de concert

LUNDI 27 FEVRIER A 15 HEURES
au Salon de l'Agriculture - Porte de Versailles à paris
(Hall 5 - Salle 521 - Accès par Halls 5.2 & 5.3 niveau 1)

sur le thème d'un retour au taux de TVA réduit.


Cliquez sur l'image pour télécharger l'invitation.

Pour un juste retour à une TVA décente.


04 02 2017
Boudheib (UAE): Feedback et innovations en continu.

Same article in English,

La presse internationale spécialisée a cessé d'utiliser les mentions globalisantes de "group VII" ou de "UAE" comme étant des entités non fractionnables. Le groupe VII, par exemple, englobe des pays aussi divers que les Émirats du Golfe Persique, la Tunisie, l'Algérie ou le Maroc, qui n'ont pas nécessairement de points communs en matière de disciplines équestres …

Aujourd'hui, la presse fait clairement la différence entre Dubai (DIEC), Al Wathba (ADEC) et Boudheib (BIEV) aux UAE comme elle le ferait pour n'importe quel autre pays car elle constate qu'il existe en ces lieux des types de gestion différents et qu'il n'est pas possible d'en parler comme d'un tout indifférencié. C'est important et ce n'est pas l'une des moindres victoires de Boudheib Endurance.

QUELQUES PRÉCISIONS SUR LES ÉPREUVES DE LA PRESIDENT CUP

Les épreuves de la President Cup pour les Ladies, les Chevaux des Propriétaires Privés et les Jeunes se tiennent traditionnellement à Boudhieb (tandis que la President Cup Senior est gérée par l'ADEC à Al Wathba).

Cette année, par exemple, le vainqueur de la President Cup Jeunes (CEIYJ 2* 120km – 21 01 2017) a terminé avec une vitesse moyenne (FEI) de 18.75 km/h. C'est une vitesse relativement courante en Europe et sur d'autres continents, mais inédite dans la région. Si l'on rapproche ce résultat des années précédentes, on constate que la moyenne des vainqueurs de 2010 à 2015 est de 26.61 km/h avec un pic à 28.68 km/h en 2015. On remarque aussi que les vitesses ont eu une tendance à croître chaque année durant cette période, 2010 étant "modestement" à 25.65 km/h.

Il est aussi intéressant de noter que le vainqueur (classement FEI), n'a pas dépassé 21.53 km/h sur sa phase la plus rapide tandis qu'en 2013, par exemple, le 3ème terminait avec une vitesse pour la phase la plus rapide de 34.02 km/h, soit une différence de quasiment 12, 50 km/h.

La réduction de vitesse est considérable surtout quand on sait que la President Cup Jeunes est un cocktail favorable à des débordements. Il y a en effet des jeunes aimant la vitesse, des chevaux de la meilleure qualité et des prix à gagner (même si 70% sont réservés au classement BECA).

La vitesse casse. Une étude récente effectuée par des chercheurs de l'École Nationale Vétérinaire de Maison-Alfort (France) s'appuyant sur la base de données d'ATRM le confirme encore sans équivoque*:

•   La vitesse est un facteur de risque majeur

•   Le temps de présentation est un bon indicateur de forme

En conclusion de cette étude, les chercheurs préconisent entre autres solutions:

•   De ralentir les chevaux sur les épreuves

•   De diminuer les temps de présentation.

C'est très exactement ce que le Boudheib Protocol (BECA) met en œuvre depuis maintenant plus d'un an avec des résultats probants.


1. - Remise de prix avec des chevaux qui ne sont plus "invisibles".

Le CEIYJ 2* de la President Cup montre que la vitesse est basse mais qu'en même temps le taux de chevaux qualifiés est de 31.9%, ce qui reste correct mais est inférieur aux CEIs précédents courus cette saison à Boudheib avec le même protocole (taux de qualification de 79% et 61%.). La différence visible tient dans la distance, puisque les CEIs en question ne faisaient que 80 km de longueur.

Le facteur distance est manifestement intervenu avec en surimposition, une certaine non-maîtrise de la piste. On a ainsi pu voir de nombreux cavaliers galoper sur les pistes naturelles de la même manière que sur les pistes préparées "traditionnelles". Ceci a nécessairement fatigué les chevaux. Il en est résulté un nombre inhabituel présenté hors délai et par conséquent disqualifiés (10%) ainsi que des irrégularités d'allures (14.5%) et des chevaux déclarés "métaboliques" (26.9%). Il faut noter qu'environ la moitié de ces derniers l'a été du fait d'un dépassement des 56 bpm autorisés. 11.6% des chevaux ont en plus été retirés, les concurrents constatant que leur cheval, bien qu'en bonne condition, ne l'était pas suffisamment pour continuer de même selon les paramètres BECA.

On peut donc estimer qu'environ 30% des chevaux n'ont pas terminé l'épreuve du fait soit qu'ils n'ont pas pu rentrer dans le cadre défini par le Boudheib Protocol (BECA), soit que leur cavalier, leur entraîneur ou leur propriétaire ont voulu les préserver.

Un certain nombre d'entraîneurs et de cavaliers admet qu'il va leur falloir modifier les techniques d'entraînement et apprendre à gérer différemment les courses d'endurance. Cela a même été l'objet d'un débat de près d'une demi-heure diffusé en direct sur Abu Dhabi TV auquel l'auteur des présentes lignes participait en tant qu'intervenant. Tous ne sont pas encore convaincus bien sûr, mais tous perçoivent que les lignes sont en train de bouger. C'est un challenge pour tous.


2. - Les chevaux sont à l'honneur durant les remises de prix et on ne se contente plus de les faire seulement venir. Ils reçoivent ici des carottes ce qui est une manière supplémentaire de les honorer.

Lors de cette session (19, 20 & 21 janvier 2017) certains vétérinaires traitants avaient amené de la lecture afin de gérer positivement leur inactivité. Ils ont eu raison car hormis quelques chevaux ayant reçu 10 litres de perfusion et quelques rares anti-inflammatoires de confort, ils n'ont quasi rien eu à faire durant les 3 jours d'épreuves. Ça devient la norme à Boudheib et on n'en est plus surpris comme on pouvait l'être au début de la mise en place du Boudheib Protocol.

RENOUER AVEC LA CULTURE ET LA TRADITION

Tricher est un problème récurrent. On sait que certains ont tendance à y mettre une énergie qu'ils pourraient mieux utiliser autrement. Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan en est parfaitement conscient.

C'est ainsi que lors de l'épreuve concernant les chevaux de propriétaires privés, il a créé la surprise en retardant le départ de l'épreuve. Il a alors rassemblé tous les cavaliers dans le "majlis" (salle de conférences) ou un Coran était ouvert à une page spécifique. Tous les concurrents ont alors dû lire à haute voix le verset qu'il avait choisi et jurer devant tous avec transmission en direct sur Abu Dhabi TV qu'ils ne tricheraient pas durant l'épreuve ou ne chercheraient pas à le faire.

Être parjure, c'est le déshonneur assuré et c'est affronter ensuite un véritable bannissement social. C'est donc très lourd de conséquences. Pour Sh Sultan, c'est aussi une manière de replacer le cheval au centre des préoccupations et de rappeler le précepte fondamental qui impose le respect de tout être vivant et donc, en particulier, des chevaux dans le cadre de la compétition.

De même que la langue anglaise, issue d'une nation maritime, a développé un vocabulaire d'une richesse inégalée en matière de voile et de navigation, l'arabe possède un vocabulaire qui surpasse celui des autres langues pour définir et qualifier les chevaux. Cela ne vient pas de nulle part et montre quelle importance les chevaux possédaient dans la culture traditionnelle. Cette culture et son vocabulaire traduisent l'importance qui était la leur et le respect dont ils étaient entourés.

Les maltraiter par excès de vitesse et de médications plus ou moins hasardeuses sur des courses d'endurance est en rupture avec la tradition. Le Boudheib Protocol vise certainement à renouer les fils de la tradition distendus par l'envie de gagner à tout prix. C'est un des rôles éducatif du processus mis en œuvre à Boudheib. C'est aussi un retour à des fondamentaux de civilisation.

INFORMER POUR ÊTRE COMPRIS

Chaque jour avant les épreuves avait lieu, dans le "majlis" une présentation officielle des paramètres du BECA avec distribution d'un document simple et explications autant que de besoin.


3. - Extrait du document explicatif remis lors des briefings.

Cette présentation officielle systématique fait partie des nouveautés mises en œuvre dans un pays où traditionnellement les briefings avant épreuves n'existent plus depuis longtemps.


4. - Début de briefing dans le "majlis".

On ne peut mettre en oeuvre quelque chose de nouveau, en faire comprendre l'essence et en expliquer en détail le fonctionnement sans passer par ce type d'action.

Cela a aussi pour effet de créer un lien entre l'organisateur, les officiels et les concurrents qui est loin d'être négligeable. Le dialogue est une forme de respect de l'autre.

DÉTECTER LES CHEVAUX "BLOQUÉS"

Un cheval boîte parce qu'il souffre. Un cheval qui ne souffre pas ne boîte pas. C'est ainsi que certains ont commencé à insensibiliser les membres de leurs chevaux afin qu'ils passent plus "aisément" les inspections vétérinaires qui ont lieu au cours des compétitions d'endurance (9 au minimum pour les compétitions en 6 phases et jusqu'à 13 en cas de doute persistant).

Cette insensibilisation est soit permanente par action chirurgicale irréversible, soit provisoire par injection de produits insensibilisant dont on s'abstiendra ici de donner ne serait-ce qu'un début de liste. Cela donne des chevaux qui ne sentent plus où ils mettent les pieds, ce qui est dangereux pour les cavaliers les montant. Pire, ils ne présentent plus aucun signe de douleur formant alerte avant le désastre final. Et c'est ainsi, par exemple, que, victimes de la vitesse alliée à des entraînements trop intensifs et à l'ajout de produits "durcissant" les os, mais en bloquant l'adaptabilité progressive à l'effort, des chevaux présentent des fractures spectaculaires en plein effort, suite à des micro-fissures de fatigue non ressenties. Les traiter ainsi est une action criminelle.

À Boudheib, loin de se contenter d'en parler et de déplorer la situation, des vétérinaires effectuent des tests de sensibilité des membres afin de trouver la limite viable entre réaction naturelle et insensibilité frauduleuse.

Lors des concours des 21, 22 & 23 janvier dernier il avait été décidé d'effectuer pour la première fois en public des tests systématiques après l'inspection finale, sous l'œil attentif des participants avec diffusion en direct sur Abu Dhabi TV et la télévision internet de Boudheib.


5. - Mise en œuvre du test de sensibilité après inspection finale et dans l'aire d'inspection.


6. - Réaction normale d'un cheval sain. Le test consiste en la mise en oeuvre d'un point contondant dont on augmente progressivement la pression. Le test ne crée aucune douleur ou blessure.

On ne peut rêver meilleure information mais aussi plus efficace diffusion. Ces tests non encore validés devront être nombreux pour aboutir un jour à la mise en place d'un protocole fiable susceptible d'être approuvé par la FEI et ayant, dès lors, de fortes chances d'être généralisé.


7. - Les tests ont été effectués publiquement et ont suscité un énorme intérêt.

On n'y est pas encore, mais il suffisait de regarder les entraîneurs, propriétaires et cavaliers durant les tests pour comprendre que la surprise était grande et l'impact assurément très fort.

SE TOURNER VERS L'AVENIR

Sh Sultan est parfaitement conscient que si transformer les participants d'aujourd'hui est une tâche nécessaire, il est indispensable, en plus d'être exaltant, de former les jeunes générations afin d'éradiquer à la source ce qui a amené à la situation que le Boudheib Protocol combat fondamentalement.

C'est ainsi que des délégations universitaires et scolaires ont été reçues pendant les épreuves, porteurs de projets d'études les plus divers et tous très demandeurs d'informations.


8. - Écoliers venus voir et se renseigner sur l'endurance.

Mais surtout, on a vu des enfants de la Boudheib Riding School prendre part pour la première fois à une mini endurance de 10 km afin de sentir la discipline et de s'imprégner dès le jeune âge des bonnes pratiques. Un grand espoir est placé en eux pour pratiquer et promouvoir dans le futur l'amour de la compétition honnête allié au respect du cheval. C'est là une action qui s'intègre parfaitement dans les objectifs d'éducation du Boudheib Protocol (BECA).


9. - Briefing et consignes avant de commencer l'épreuve spéciale de 10 km. On remarquera que les moins aguerris sont équipés de gilets de protection en cas de chute.


10. – L'inspection vétérinaire sous l'œil attentif d'un coach pour le conseil et la sécurité de chacun des élèves.

Le Boudheib International Endurance Village (BIEV) est un des rares lieux de la planète Terre, sinon le seul, où sont développées concrètement des innovations visant à reprendre les rênes d'une endurance de qualité qui préserve les chevaux tout en étant particulièrement compétitive.

Endurancing is much more than speeding.

Boudheib Endurance, c'est une éthique, ça se voit de plus en plus, ça se sait de mieux en mieux. Les chevaux en sont les grands gagnants et nous tous aussi, bipèdes souvent troubles que nous sommes.

* Mohamed Younes (UBIAE, Université d’Evry Val d’Essonne, Evry, France), Céline Robert (INRA, GABI, UMR1313, Jouy-en-Josas, France, Université Paris-Est, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, Maison Alfort, France), François Cottin (EA4532 CIAMS, Université Paris Sud, Orsay, France, Département STAPS, Université d’Evry Val d’Essonne, Evry, France) et Eric Barrey (UBIAE, Université d’Evry Val d’Essonne, Evry, France, INRA, GABI, UMR1313, Jouy-en-Josas, France),


26 01 2017
FEI: Décision du tribunal sur le cas de Buenaventura (suite)

On se souvient des questions soulevées par la décision du tribunal FEI à propos du cas de Buenaventura ici rapportées le 15 11 2016.

Le cas était double et complexe et la décision comportait des brèches, à tout le moins dans sa rédaction.

Questionné par l'auteur de ces lignes le service juridique de la FEI a répondu à l'époque. On a alors, n'étant pas satisfait des réponses obtenues, écrit en retour en précisant le point de vue car les questions posées restaient en suspens. Il s'en est suivi une succession d'échanges passablement techniques qui ont pris fin aujourd'hui même.

Il s'avère globalement que rien de scientifiquement certain ne permet d'incriminer la cavalière pour dopage (banned substance) alors même qu'il est patent qu'elle a contaminé son cheval, au moins selon les dires de l'expert choisi par la FEI.

On ne développera pas ici les arguments et contre-arguments des échanges concernant par exemple les dates des documents présentés ou les durées effectives de traitement (par 15 ou 28 jours), etc. pour ne retenir qu'un dernier point: celui des durées d'excrétion de l'Oxycodone et de l'Oxynorm (tous deux inscrit au tableau des substances interdites tant pour les chevaux que pour les humains).

Un point clef, pouvant éventuellement déboucher sur une jurisprudence nouvelle en cas de confirmation, résidait, en effet, dans les temps de détection chez le cheval et chez l'humain.

Le raisonnement étant que si le temps de détection est supérieur chez le cheval à ce qu'il est chez l'humain, on peut imaginer que le cheval est positif et la cavalière négative. Dans le cas contraire, les deux sont positif. On aurait alors un cas où on n'a pas de prélèvement de la cavalière tout en étant convaincu de sa positivité. Intéressant dilemme qui ne peut être vérifié que si la science est capable de définir avec certitude des temps de détection viables tant pour le cheval que pour l'humain.

Ceci ne peut être confirmé (variations en fonction du poids, de l'âge, etc). Il n'y a donc pas de corrélation établissable et par conséquent pas de base juridique suffisante pour poursuivre. La FEI s'est donc contentée de considérer que la leçon devait être suffisante pour la cavalière qui, au demeurant ne fait plus partie des cavaliers inscrits FEI et FFE en 2016.

Même si quelques points sont encore discutables (comme l'acceptation d'une ordonnance postérieure aux faits, la non investigation de la nature exacte du traitement, ou la non contre-expertise de l'opinion de l'expert par exemple), il est à noter que le service juridique de la FEI n'a pas botté en touche et a accepté de bonne grâce le dialogue "investigateur" avec l'auteur des présentes lignes.


23 01 2017
Midipy devient Oxipy: Pourquoi?

Les hommes politiques actuellement en charge finissante de gouvernement ont, dans leur immense savoir, leur très grande sagesse et leur très reconnue infaillibilité, cru ou pensé intelligent de modifier les régions en en réduisant le nombre. L'argument de vente officiel étant qu'ainsi on ferait des économies d'échelle et de la simplification administrative.

Le plus sûr de l'histoire est que dans un premier temps au moins cela ne va pas réellement de soi au niveau de l'organisation, mais que cela fait certainement le bonheur des imprimeurs. Reste à voir si, au fil du temps, la décision en question était avisée ou s'il s'agissait d'un pet dans l'eau pour faire impression.

Toujours est-il qu'il leur a fallu trouver un nom pour cesser d'appeler la région qui nous concerne ici "Midy-Pyrénées - Languedoc - Roussillon" et inventer quelque chose de plus court et donc, en principe, de plus "nommable". Mais cela n'était visiblement pas si évident et ce n'est que le 30 septembre, c'est à dire après neuf longs mois de gamberge, qu'ils ont accouché de "Occitanie - Pyrénées - Méditerrannée", un truc aussi long que celui qu'ils voulaient remplacer. Mais conscients que c'est impraticable, ils ont décidé d'écrire "Occitanie" en gros et le reste en petit, provocant au passage le ressentiment de quelques Catalans frustrés.

Et c'est ainsi que de voisins, nous sommes devenus frères. On l'était déjà de coeur et cela ne fait qu'officialiser un amour réciproque. Le danger, le problème c'est que là où régnait une paix bon enfant, les rivalités de pouvoir se sont faites jour ça et là car il y a maintenant deux culs pour une seule chaise.

Le choix du nom "Occitanie" prend en principe ses racines dans un ensemble linguistique d'origine moyenâgeuse. Cela pourrait être une bonne idée et donner l'impression qu'on assoit la nouvelle entité sur une ancienne ce qui pourrait être présenté comme une sorte de légitimation. Mais, il apparaît que la région administrative ainsi baptisée ne recouvre qu'environ 36% du "territoire culturel Occitan" traditionnel. Ca fait un tantinet usurpé et passablement inadéquat sur les bords. C'est globalement approximatif.

Adopter "Occitanie" en lieu et place de "midipy" (petit nom de feu la région Midi-Pyrénées), ce serait adopter en fermant les yeux un dicktat administratif mal enraciné et s'y soumettre sans conviction.

Alors, pour le présent site j'ai décidé de faire une sorte de compression à ma manière entre Occitanie et Pyrénées et de lui donner le nom de "Oxipy" en remplacement de "midipy". Ca crée un mot nouveau en lieu et place de l'empilage administratif officiel. C'est court, ça sonne bien et ça ne définit pas plus mal le nouvel ensemble administratif. Tout en n'étant pas mandaté pour en être l'ambassadeur, ni ne prétendant l'être, ce site est farouchement indépendant et libre comme l'air et n'obéit à rien ni à personne avant d'avoir été convaincu. Il est et reste néanmoins ancré dans le dit ensemble jusqu'à ce qu'un gouvernant inspiré ne soit pris de l'irrésistible envie d'y mettre une nouvelle couche.

Il faut rester créatif pour appréhender et construire le futur, c'est le meilleur et peut-être seul moyen de ne pas devenir un zombie laissant à d'autres le soin de penser, quelque puisse être leur qualité.


14 01 2017
Boudheib Endurance se structure et poursuit sa route (Abu Dhabi - UAE).

Same article in English,

LA NÉCESSITÉ DE COMMUNIQUER

Après plus d'un an d'existence, il apparaissait nécessaire de structurer la communication autour de ce qui se passe à Bouthib.

On l'a vu, on le sait les noms et appellations ne sont pas toujours aisément transcriptibles d'une langue à l'autre et c'est encore plus difficile lorsqu'il y a en présence deux modes d'écritures sans points communs (en l'occurrence ici l'arabe et les caractères latins avec prédominance de l'anglais). C'est ainsi qu'on écrit Bouthieb, Boutheib, Bouthib ou encore Bou Thib selon le bon vouloir de transcriptions plus ou moins phonétiques et par essence approximatives. Mais pour communiquer il faut décider d'une formulation et s'y tenir. C'est ainsi que Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan a décidé que l'on écrirait désormais "Boudheib", ce qui est la transcription anglaise en caractères latin phonétiquement la plus proche de l'arabe.

Puis un logo a été créé pour que le Comité Organisateur cesse d'être plus ou moins vaguement "celui de Bouthieb" ou "l'organisation de Bouthib", etc.


Logo officiel de Boudheib Endurance.
 

"Boudheib Endurance" devient le nom officiel de l'entité gérant et promouvant les innovations ayant lieu à Boudheib.

Le Bouthieb Protocol devient quant à lui le "Boudheib Endurance Challenge Award" ou "BECA".

Mais une orthographe et un nom ne sauraient être suffisants. Il faut en plus communiquer sans quoi rien ou presque de ce qu'on fait n'a de réelle existence aux yeux des autres. Certes les articles écrits et diffusés de par le monde, avec les ricochets et rebondissements qu'ils provoquent, sont une manière de faire, mais il faut aussi un lieu, un ancrage médiatique.

C'est maintenant chose faite avec l'ouverture d'une page Facebook (Boudheib Initiative) et un site Internet spécifique qui fera prochainement son apparition (www.boudheib.ae). Ce site diffusera également en direct les résultats des épreuves se tenant au BIEV (abréviation officielle de "Boudheib International Endurance Village"), situé dans les dunes, non loin d'Al Khatim au centre d'Abu Dhabi. Ces résultats sont actuellement exclusivement relayés par le site ATRM qui jouit d'une audience internationale de grande ampleur, ce qui participe à la diffusion de l'image de Boudhieb Endurance et continuera de le faire.

Conscient que les images ont un impact considérable sur le public, Boudheib Endurance a décidé de diffuser en direct les évènements de BIEV. Le choix s'est porté sur une diffusion en live par streaming sur Internet plutôt que par le biais de la télévision "traditionnelle", lourde, coûteuse et n'ayant pas nécessairement plus d'impact car ayant une extension géographique de diffusion nettement moins étendue que celle offerte par Internet. Les épreuves des 5 et 6 janvier dernier ont servi de test.


Reportage télévisé en direct avec diffusion par streaming sur Internet.

L'INFLUENCE DU "PROTOCOLE" SUR LES ÉPREUVES QUALIFICATIVES

Lors des épreuves qualificatives du 5 janvier (qualifier 40 et 80 km) on a pu noter l'influence du BECA sur le comportement des cavaliers. Les règles régissant ces épreuves sont une vitesse obligatoirement comprise entre 12 et 16 km/h. Les impositions nouvelles faites à Boudheib sont une fréquence cardiaque de 56 bpm (au lieu des 60 ou 64 antérieurs) et un temps de récupération ne devant pas dépasser 10 minutes (au lieu des 20 minutes accordées auparavant).

Les années précédentes, les concurrents pratiquaient des vitesses élevées sur la piste (de l'ordre de 25 à 30 km/h, voire plus) puis s'agglutinaient devant la ligne d'arrivée en attendant la bonne heure pour la franchir. Ils obtenaient ainsi les 16 km/h maximum autorisés. Cela devenait une vitesse "administrative" ne correspondant en rien à la réalité vécue par les chevaux.

Bien que les résultats ne fassent état d'aucun classement, les cavaliers avaient l'habitude de les demander à chaque étape et de faire entre eux des classements pour savoir qui devançait qui, dévoyant ainsi la fonction et le sens mêmes des épreuves qualificatives.

Cette année, on a pu noter que les cavaliers ont une vitesse régulière sur la piste et qu'ils la modulent en fonction de la distance et du maximum autorisé. Ils ne cherchent plus à arriver à toute vitesse et à se doubler sur la piste. On assiste maintenant à de véritables épreuves qualificatives et non plus à de clandestines  compétitions contre la montre à l'intérieur des épreuves qualificatives. Les chevaux en sortent grands vainqueurs.

Les résultats ne sont plus diffusés qu'en fin d'épreuve et peu nombreux sont ceux qui les demandent. Le BECA, allié à un pourcentage non négligeable de pistes naturelles semble bien avoir modifié les comportements des cavaliers de manière indirecte (car il n'y a pas de points à collecter pour gagner dans ce type dépreuve). C'est en cela une grande victoire.

UN RENFORCEMENT DE L'ENCADREMENT

Le total des cavaliers présents les 5 et 6 janvier derniers avoisinait 300.

Sachant qu'il est malheureusement relativement fréquent qu'il y ait substitution de cavaliers sur les pistes, un renforcement continu et systématique des contrôles est maintenant mis en place.  De photos sont prises en cas de doute, les identités des cavaliers sont vérifiées autant que de besoin tant sur piste qu'à l'arrivée, etc. C'est ainsi que pas moins de 6 cavaliers furent disqualifiés pour cause de substitution. Évidemment cela donna lieu à des discussions où la mauvaise foi était largement présente. On entendit même un entraîneur se défendre en expliquant que cela n'avait aucune importance puisqu'il était venu qualifier le cheval et pas le cavalier !!!


Contrôle après une arrivée intermédiaire.

Il y eût aussi une disqualification pour cause de poids insuffisant. À peine plus de 8 kilos, un rien.

Les cavaliers et les entraîneurs tentés par ce type de fraude ont pu voir que cela n'était plus possible à Boudheib, ce qui devrait les dissuader à l'avenir. Il est en tout cas clair que le niveau de contrôle ne baissera pas et cela se sait.

Les zones de repos abritées ont été augmentées comme on a eu l'occasion de le mentionner dans un précédent article.


Des aires de repos abritées agrandies.

Désormais chaque trame est numérotée et un maximum de 4 chevaux y est autorisé, ce qui donne un total de 60 x 4 = 240 chevaux. Cela non seulement évite d'avoir une foule de chevaux accumulée dans certaines parties tandis que d'autres sont désertées, mais permet aussi une meilleure surveillance des comportements éventuellement "indésirables".


Des zones spacieuses et numérotées pour le repos des chevaux.

La première application de cette politique a été mise en œuvre les 5 et 6 janvier. Elle n'a pas été complètement couronnée de succès. Lors des prochains concours, les écuries se verront donc assigner les zones numérotées et ne choisiront plus par elles-mêmes. Cela aboutira à une meilleure répartition.


Des places numérotées et attribuées pour une meilleure répartition des chevaux.

Les caméras de dissuasion sont placées en quinconce pour éviter ce qui a pu se passer lors de la saison passée où quelques "coquins", en se mettant dans une zone aveugle pour rester anonymes, se permirent de relever les caméras avec un bâton pour en changer le cap et sortir ainsi du champ afin "d'être tranquilles" pendant les périodes de repos.

Le centre de contrôle permet aussi de zoomer en cas de besoin. L'ensemble est conçu de manière telle que ce qui est vu par les caméras soit enregistré pour éventuelle analyse ultérieure.


Des images enregistrées pour dissuader d'éventuels tricheurs.

LA MODIFICATION DES RÈGLES

Les règles en vigueur la saison passée ont été amendées de façon à être meilleures et plus simples. Le but recherché est toujours le bien être des chevaux et l'éducation pour un changement de mentalité des participants. Les modifications visent à éliminer certaines dérives possibles et cherchent un équilibre plus significatif.

Si la notion de recherche de vitesse optimum pour les CEI (pas de vitesse limitée qui serait contraire au règlement international) reste en vigueur, il apparaît qu'avec les portions de pistes naturelles techniques mises en place, elle s'accorde désormais avec la vitesse "fonctionnelle" des pistes. C'est un apport important.

Désormais la hauteur de la fréquence cardiaque n'est plus prise en compte. Seule l'est le Cardiac Recovery Index qui rend compte de la fatigue du cheval (il s'agit de la différence entre le rythme cardiaque pris avant les 2 x 40 m de trotting et celui qui est pris après). Cela ne favorise plus les chevaux bradycardes (ayant un rythme cardiaque naturel bas) et peut aussi, par-là, fermer la porte à une tentation de dopage possible.

Pour le reste, on notera un calcul des conditions métaboliques plus simple qu'avant et la mise en valeur du trotting final, les intermédiaires ne faisant plus l'objet de gains de points.

UNE MISE EN VALEUR DES CHEVAUX LORS DES REMISES DES PRIX

Ainsi que le dit le règlement FEI, les concurrents sont une combinaison faite d'un athlète et d'un cheval.

Or les remises des prix se font en l'absence de ces derniers. C'est une habitude fautive qui les dévalorise.

Il est sûr que si les chevaux arrivent épuisés ou en mauvais état, il est très négatif de les montrer car ce serait dire par là même qu'ils auraient probablement dû être arrêtés avant d'en arriver là. L'endurance, ce n'est certes pas cela.

Avec la mise en œuvre du BECA, on constate que les chevaux arrivent en bon état. Sur les 300 chevaux mentionnés plus haut une dizaine fût envoyée en clinique et un seul présentait des problèmes métaboliques sérieux. La majorité d'entre eux reparti après une "poignée de mains" en quelque sorte tandis que les autres faisaient l'objet de petits soins sans gravité.

C'est dire que, sauf problèmes toujours possibles et plus ou moins consubstantiels à la notion de sport, la clinique possède maintenant un taux de remplissage faible, ce qui est sans commune comparaison avec ce qui existait auparavant.

C'est dire que les chevaux finissent en bon état et sont présentables. Alors pourquoi se priver de cette fierté et ne pas les laisser participer aux remises des prix?

C'est ainsi qu'à Boudheib, eut lieu pour la première fois le 6 janvier 2017, une remise des prix avec les chevaux. Il fût amusant de voir que tout le monde hésitait, ne sachant pas où se mettre et comment se tenir tant cela était inédit. Mais on pouvait percevoir un intérêt tout particulier allié  à une sorte de joie communicative parmi les personnes présentes. C'était à la fois nouveau et gai. L'esprit qui s'en dégageait était en rupture avec celui qui présidait avant cette initiative et c'était perceptible.


Une remise des prix avec tous les participants.

Il est prévu que lors de la prochaine session, les chevaux soient habillés d'une couverture aux couleurs de Boudheib Endurance.

On a également remarqué lors de cette remise des prix avec chevaux que le classement aux points BECA des 3 premiers mis en regard du classement FEI classique était le suivant:

•   1er BECA également 1er FEI

•   2ème BECA, 3ème FEI

•   3ème BECA, 2ème FEI

C'est la première fois qu'on obtient une telle cohésion "naturelle", ce qui est un but évidemment recherché. Les deux systèmes de classement font en effet partie d'une seule et même famille, celle de l'endurance respectueuse.

La saison passée, on s'en souvient, il n'était pas rare de constater que les premiers au classement FEI étant les derniers au classement du "Bouthieb Protocol" comme on l'appelait alors.

On ne peut que s'en réjouir et attendre avec impatience les résultats des épreuves à venir pour voir si cela se vérifie comme on l'espère. On a toutes les raisons de le croire.

On sent aujourd'hui que petit à petit les règles mises en place à Boudheib font leur chemin dans les têtes d'un nombre croissant de cavaliers et que ce qui apparaissait au début comme une contrainte éventuellement désagréable devient une manière de faire.

A suivre.

NOTE: Certains se demandent peut-être pourquoi on met ici tant d'insistance à rapporter ce qui se passe à Boudheib. La réponse est doublement simple: l'auteur de ces lignes y est très impliqué à titre personnel et l'importance de l'action faite à Boudheib, dans le contexte local notamment, présente un caractère décisif et très certainement historique. Ca mérite plus que le silence ou l'approbation muette.


15 12 2016
Bouthib poursuit sa route et s'améliore avec la saison nouvelle (Abu Dhabi - UAE).

Same article in English,

La saison 2016 / 2017 a commencé à Bouthib (Abu Dhabi – UAE) avec le CEI 1* tenu le 25 novembre 2016.

HH Sh Sultan et son équipe y poursuivent en pionniers solitaires la révolution entamée l'année passée et qui a permis d'obtenir des résultats dépassant les espérances de ses promoteurs.

Le démarrage tardif de la saison a été causé par les travaux d'amélioration du site ainsi que par la création de nouvelles pistes sur terrain naturel.

LE SITE

Le site a fait l'objet de travaux d'aménagement qui se poursuivront la saison prochaine. Il est intéressant de noter que ses auteurs ne cherchent pas à en faire un lieu de luxe ostentatoire, car ils pensent que c'est ce qu'on y fait plus que la nature du lieu qui importe. Ils ont cherché à rendre l'endroit plus fonctionnel et ont pris le parti de le faire par étapes sur plusieurs saisons. Le Bouthib Protocol est avant tout une expérience de terrain avec des idées qui évolue indépendamment de la nature du site.

Le portique d'arrivée et départ a été entièrement reconstruit en dur. Il est utilisé pour les départs comme auparavant, mais sert aussi maintenant à toutes les arrivées y compris les arrivées finales pour un meilleur contrôle. Il est sûr que l'arrivée finale antérieure avec ses quelques 90 m de large était hors d'échelle, les finalistes y arrivant dans le meilleur des cas par petits groupes quand ils ne sont pas seuls, ce qui ôtait finalement de l'intensité aux arrivées contrairement à l'intention initiale.

Les aires de repos abritées ont été augmentées de plus d'un tiers afin de donner plus d'espace aux chevaux dans le but d'assurer un meilleur confort. De nouvelles caméras de contrôle ont été installées.


 1.- Le tout nouveau portique départs / arrivées avec un nouveau design. Il est flanqué à droite par le bureau des photographes et à gauche par un bureau de gestion en course avec notamment les pesées en cours et fin d'épreuves.

LES PISTES NATURELLES

Le règlement FEI est clair:

"The course should include naturally occurring or manmade features such as (but not exclusive to) tracks, ditches, steep climbs, descents and water crossings that implements technically challenging factors including but not limited to: footing, terrain, altitude, direction and speed (art 801.2)". On est loin de la quasi autoroute damée parcourue au rythme d'un incessant galop.

Les pistes "autoroutières" traditionnelles profilées et compactées de la région sont, à Bouthib, actuellement remplacées par environ un tiers de nouvelles pistes sur terrain naturel. Ce n'est qu'un début car c'est un travail long et complexe. Le but est de diversifier plus encore en augmentant la part de pistes nouvelles comme on peut en trouver par exemple en plein désert à Wadi Rum (Jordanie) aux confins de la frontière avec l'Arabie Saoudite. Cela représente une refonte assez complète du réseau et ne peut se faire rapidement car il faut créer du neuf avec un esprit différent de celui qui avait présidé à l'établissement des pistes anciennes et les articuler correctement avec elles.


2.- Perdu dans les sables? Non, seulement en compétition sur le terrain naturel avec ses avantages et difficultés naturels.


3.- Chevaux sur la piste en terrain naturel. Fini le galop sans fin ...


4.- Raccordement avec l'ancienne piste. On notera l'absence totale de véhicules d'assistance et la présence active et participante de la police. Le panneau que l'on voit de dos, informe les cavaliers qu'ils quittent la piste naturelle et abordent la piste "traditionnelle" dont on voit le tracé typique à droite du véhicule de police.

Les résultats, sur le seul CEI qui en ait jusqu'à présent bénéficié, semblent confirmer la baisse de vitesse attendue.

On sait que les épreuves suivent chaque année le même schéma de déroulement. On peut ainsi, par exemple, comparer d'année en année les vitesses des vainqueurs dans des conditions équivalentes. On relève ainsi pour le vainqueur sur CEI 1*: 26.220 km/h en 2011, 26.208 km/h en 2012, 23.483 km/h en 2013, 25.509 km/h en 2014. En 2015, avec mise en garde particulière mais pas encore le Bouthib Protocol, la vitesse commence à baisser à 23.031 km/h. En cette année 2016, avec le système mis en place et la création de nouvelles pistes pour environ 1/3 du parcours effectué, la vitesse est passée à 19.247 km/h.

Il est certainement trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l'influence des pistes naturelles, mais il est clair que sur les nouvelles portions, les cavaliers ne peuvent plus galoper indéfiniment comme ils peuvent le faire sur les anciennes pistes.

La saison avançant, on pourra mesurer plus précisément l'incidence effective de la création de pistes techniques réellement conformes au sport d'endurance, mais on sait que c'est bénéfique tant pour la qualité de la compétition que par l'incontournable réduction de la vitesse que cela provoque.

Désormais le cavalier doit évaluer la trajectoire qu'il choisira, l'allure qu'il lui faudra adopter, s'il lui faut changer de pied en fonction du terrain et de sa configuration, etc. Une révolution pour ceux qui ne connaissent que les pistes "à l'ancienne" qu'ils ont parcourues durant de longues années avec un incessant galop sans aucun arrêt, des voitures constamment à leurs côtés leur distribuant en continu des bouteilles d'eau pour arroser un cheval qui ne s'arrête, ni ne ralentit jamais.

DES VÉHICULES ÉLOIGNÉS DE LA PISTE

Sur les nouveaux tronçons, les véhicules sont éloignés de la piste et circulent à une distance variant entre 50 et 200m des cavaliers. Par endroits, ils n'ont plus aucun lien visuel.

Cette innovation (pour la région) modifie le comportement de tous. Les entraineurs et assistants se contentent désormais de voir de loin leurs cavaliers et ceux-ci non seulement ne sont plus "téléguidés" en permanence, mais doivent en plus faire attention aux changements de directions et de pente, aux obstacles et à la trajectoire qu'il leur faut prendre. Il leur faut gérer par eux-mêmes leur compétition.

Certaines équipes n'ayant pas totalement compris le nouveau jeu, ont tenté d'accéder à la piste des chevaux malgré l'interdiction clairement signifiée lors de ce premier CEI d'un genre nouveau. La police ainsi que les officiels ont aimablement averti les contrevenants en leur demandant de respecter strictement les consignes. Étant donné que pour eux tout cela était nouveau, aucun cavalier n'a été disqualifié pour cause du comportement de ses assistants, mais il n'en sera pas de même lors des prochaines compétitions.


5.- Pas d'équivoque: la piste naturelle démarre et aucun véhicule n'est autorisé.


6.- Équipe contrevenante ensablée. Le Délégué Technique présent se dirige vers eux pour leur expliquer clairement les choses.

DES POINTS D'EAU STRICTEMENT RESPECTÉS

Comme l'an passé, il n'y a pas d'arrosage en continu et les véhicules d'assistance rencontrent les cavaliers aux points d'eau de l'organisation.

Des bacs d'eau y sont disposés mais on remarque que, sauf rares exceptions, l'habitude n'est pas encore prise de proposer aux chevaux de boire tandis qu'on les arrose. Il est encore trop tôt pour que cela soit rentré dans les mœurs. Néanmoins l'introduction des points d'eau fixes a eu pour effet de supprimer la folie qui consistait à penser que s'arrêter ne serait-ce qu'un instant sur la piste est une rédhibitoire perte de temps. Désormais, à Bouthib, il apparaît normal d'arrêter son cheval et de l'arroser. C'est un immense progrès en soi car cela revient à réévaluer le bien-être du cheval en ne le sacrifiant plus au profit de la seule et obsessionnelle course contre la montre.


7.- Cheval buvant à un point d'eau sur la piste. Événement encore rare car les habitudes ont la vie dure.

On notera que les assistants jettent systématiquement les bouteilles vides au sol. Mais on notera aussi que l'organisateur emploie une armada de ramasseurs de bouteilles qui, maintenant, laissent les points d'eau dans un état de complète propreté. Vu d'ailleurs, cela peut paraître bizarre car on pourrait penser qu'il est plus simple d'obliger les équipes à ramasser elles-mêmes leurs bouteilles. Ce serait oublier que, par-là, on crée des emplois et que cela fait aussi partie des objectifs.

Ce ramassage simultané est devenu possible car désormais ce n'est plus tout le long de la piste que les bouteilles sont jetées mais aux seuls point d'eau. Cette nouvelle disposition participe aussi à la sauvegarde des chameaux qui ont une fâcheuse tendance à mâcher les plastiques, voire à les avaler et en mourir le cas échéant. Auparavant, ce n'était que le lendemain ou le surlendemain que des camions parcouraient la totalité de la piste pour effectuer un ramassage tardif, trop tardif pour certains chameaux.


8.- Point d'eau avec, à gauche, ramassage simultané des bouteilles laissées par les équipes d'assistance (ce qui est aussi une mesure de sauvegarde pour les camélidés).

LE BOUTHIB PROTOCOL: UN SYSTÈME ÉVOLUTIF

Si une légitime satisfaction était de mise à la fin de la saison passée au vu des résultats "incroyables" obtenus et de la notoriété internationale en ayant découlé, il est clair que ce n'était qu'une première étape.

L'analyse de la saison a permis de détecter les points forts autant que les points faibles du dispositif. Cela pousse ses promoteurs à faire évoluer le système pour le rendre plus simple à comprendre pour les concurrents et aussi plus efficace en termes d'éducation.

Les nouvelles dispositions, plus simples, plus lisibles mais dans la tradition des "anciennes", seront appliquées à partir des concours de début janvier 2017. Elles permettront également de mieux réguler les épreuves et de les rendre plus facilement adoptables dans d'autres pays où un vif intérêt pour le Bouthib Protocol s'est fait jour.

On a même constaté que dans le règlement 2017 de la Fédération Équestre Internationale (FEI) est apparu un article nouveau (art 820.14) qui tient objectivement compte des dispositions ayant fait l'objet d'un protocole particulier entre la UAE-NF (EEF) et la FEI en cours de saison dernière. Les dispositions du protocole signé proviennent directement de celles adoptées l'an dernier à Bouthib, ce qui montre à quel point la FEI suit avec intérêt ce qui s'y passe, car c'est, de fait, le seul lieu où, loin de se contenter de se réunir et d'en parler, on met effectivement en œuvre quelque chose pour modifier les comportements au profit du bien-être des chevaux et que cela réussit.

DIFFUSION DE L'IMAGE ET DE LA NOTORIÉTÉ.

L'association internationale WHW (World Horse Welfare) a invité cette année HH Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan lors de sa conférence annuelle (10 11 2016) ayant pour thème "le Cheval Invisible" (The Invisible Horse). Cela lui a permis d'intervenir publiquement et de développer les idéaux et les moyens mis en œuvre à Bouthib dans le cadre de la sauvegarde des chevaux de compétitions en endurance.

Son intervention fût suivie d'une longue discussion / interview. Cela fût accompagné d'un petit déjeuner privé réunissant HRH Princess Royal Ann, présidente de WHW, et HH Sh Sultan auquel participaient notamment Manuel Bandeira, directeur des départements endurance et attelage de la FEI, et Göran Åkerström, directeur du service vétérinaire de la FEI.


9.- HH Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan s'adressant au public lors de son intervention durant la conférence annuelle 2016 de la WHW à Londres (image de la retransmission télévisée).


10.- discussion / interview publique faisant suite à l'intervention (image de la retransmission télévisée).

Cette intervention était importante car elle a montré que le Bouthib Protocol est suffisamment important pour provoquer l'intérêt d'une organisation mondiale dédiée au bien-être des chevaux au point d'inviter comme intervenant de prestige celui sans qui rien ne se serait passé.

En même temps cela a permis de faire sortir la démarche entamée à Bouthib du cadre du seul "petit monde" de l'endurance pour lui faire prendre une dimension générale et plus largement publique, ce qui ne peut être que bénéfique à une discipline qui, bien que seconde de la FEI reste néanmoins relativement confidentielle si on la compare aux Concours de Saut d'Obstacle (CSO), par exemple.

La saison qui débute à Bouthib, permettra de montrer et démontrer à ceux qui ne sont pas encore convaincus par la démarche de Bouthib qu'il ne s'agit pas d'une expérience sans suite ni conséquences.

C'est un travail de longue haleine qui a été entrepris à Bouthib, un travail dont il est de plus en plus évident qu'il est indispensable en plus de tracer une voie d'avenir.


07 12 2016
FEI  - Nouveau règlement endurance 2017.

Le nouveau règlement 2017 FEI pour l'endurance sera accessible sur le site FEI en fin de semaine.

Des propositions de modifications qui avaient été soumises aux fédérations nationales (nouvelles catégories s'étalant de 1* à 5*, cette dernière n'ayant globalement d'existence que par l'obligation de dotation d'un minimum de 20 000 CHF, etc.), peu de choses ont été retenues. Seules sont restées des mises au point (coordination avec les General Rules, intégration claire de certaines ds dispositions ayant fait l'objet d'un protocole avec la UAE-NF sous l'influence du Bouthib Protocol (art. 820.14), pénalités alourdies, temps de repos entre concours allongés, création d'un "fast track" pour chevaux de 8 ans et plus, quelques reformulations de-ci de-là, etc.).

Pour en savoir plus, cliquez ICI afin de télécharger le résumé des modifications.

En somme, rien de vraiment fondamental.

A noter: La FFE, bien que 1ère fédération nationale par le nombre d'événements organisés en France toutes disciplines FEI confondues, et qui est sous-représentée dans les instances internationales par rapport au poids qui devrait être le sien, a décidé de se réinvestir pour trouver / retrouver la place qui devrait être la sienne dans les instances de la FEI. La première étape concrète tient dans la nomination de Stéphane Chazel à la commission endurance pour laquelle la FFE a fait un lobbying actif ... et rassurant. Félicitations à Stéphane, bravo la FFE. On espère que cette nomination permettra d'instiller des changements positifs pour la discipline.

On notera que cette démarche est la plus efficace sinon la seule pour peser sur les décisions, sachant que lors de l'assemblée générale la FFE compte pour une voix comme chacune des fédérations composant la FEI, la représentation n'étant par statut en aucun cas proportionnelle à l'importance réelle comme c'est le cas dans tous les grands organismes internationaux.


15 11 2016
Tribunal FEI  - 02 09 2016 - Relaxe et condamnation dans une même décision pour la PR de Buenaventura (FRA).

Le 2 septembre dernier le tribunal FEI a pris une décision dont la première partie est particulièrement rare a propos de la double positivité des échantillons de sang et d'urine prélevés sur le cheval Buenaventura (104TD11 - FRA) à l'issue du CEI 1* de Miramas (03 05 2015) dans le cas des mesures anti-dopage.

L'analyse a révélé la présence d'Hydroxylidocaine et d'Oxycodone dans les urines et de Lidocaine et d'Oxycodone dans le plasma.

L'Oxycodone fait partie des "Banned Substances" (produits interdits), tandis que l'Hydroxylidocaine et la Lidocaine sont listés dans la rubrique des "Controlled Medication Substances" (substances médicamenteuses contrôlées), mais pour cette dernière catégorie aucun formulaire vétérinaire (formulaire 1 dans le cas d'espèce) n'a été présenté.

Donc il y a violation des règles antidopage pour les deux catégories concernées. Dans le premier cas, pour présence de substance interdite, dans le 2ème, pour non déclaration d'usage de substance contrôlée.

Mais il va être démontré par un expert indépendant missionné par la FEI que la cavalière (PR) est à l'origine de la présence d'Oxycodone dans le cheval par contamination de contact, car elle était sous traitement médical contenant la substance prohibée tandis qu'elle traitait elle-même son cheval par application d'Ekyflogyl qui contient, entre autres substances, de la Lidocaine et du DMSO. Or le DMSO (solvant) a un "phénoménal" pouvoir de dissolution des substances et de pénétration dans les tissus. Le fait d'avoir appliqué sans protection l'anti inflammatoire local contenant du DMSO a provoqué le passage de l'Oxycodone de la cavalière dans le corps du cheval.

L'expert a pu estimer, à partir de l'ordonnance médicale de la cavalière (produits: Oxycontin et Oxynorm, remplacés suite à une "erreur matérielle" par le nom du médecin Canault dans la décision § 5.2) et de celle du vétérinaire ayant prescrit le traitement (produit: Ekyflogil), que le résultat de l'analyse des prélèvements correspond au pourcentage probable de transmission de l'Oxycodone du traitement médical grâce au DMSO contenu dans le produit appliqué au cheval (la cavalière étant du reste contaminée à l'inverse par la même occasion).

Le Tribunal a donc conclu que la cavalière (PR), n'étant pas spécialiste, ne pouvait pas se rendre compte que l'absence de port de gants (caoutchouc nitrile) durant l'application  de l'anti inflammatoire pouvait faire en sorte qu'elle contamine son cheval avec son propre traitement par le biais d'un composant de l'anti inflammatoire en question.

Pour ce qui est de la 2ème partie de la condamnation, le fait de n'avoir pas présenté le formulaire vétérinaire concernant la déclaration de l'utilisation antérieure au concours d'une substance médicamenteuse contrôlée, transforme ipso facto l'acte en violation des règles anti dopage.

Ainsi pour la partie contamination, la cavalière est relaxée, mais pour la partie non présentation de formulaire, la cavalière est condamnée. 

Pour en savoir plus, cliquez ICI afin de télécharger le jugement.

Il s'agit là d'un cas de contamination par contact qui montre par son existence même que dans un monde complexe on peut se mettre en difficulté sans le savoir. Le cheval a été déclassé mais la cavalière en tant que Personne Responsable (PR) n'a pas été condamnée pour ce fait. A l'instar de ce qui se passe, par exemple, dans l'immobilier où le vendeur ne peut être tenu pour responsable des vices cachés, sauf s'il est architecte ou professionnel du secteur et de ce fait tenu pour sachant, on peut imaginer que si la Personne Responsable avait été vétérinaire ou médecin, il eût pu en être autrement.

Par ailleurs et une fois de plus, la "légèreté" qui consiste à ne pas se préoccuper du positionnement légal de ce qu'on applique à son cheval a fait que l'absence de présentation du formulaire vétérinaire adéquat (numéro 1) signé par le vétérinaire traitant, contresigné pour autorisation de participation à la compétition par le délégué vétérinaire et le président du jury, procédure incontournable autorisant éventuellement le cheval à prendre le départ, a transformé une action sans conséquences en objet de condamnation patent. On notera que la cavalière a tenté de se retrancher derrière son vétérinaire (à l'origine de la prescription) mais que le tribunal a considéré que cela ne pouvait l'exonérer de la nécessité de connaître personnellement le règlement et d'agir en conséquence.

Ce jugement fera sans nul doute jurisprudence. Etant publié sur le site public de la FEI, nul ne sera plus vraiment censé en ignorer l'existence, raison pour laquelle, entre autres, on en a ici fait l'objet d'un article.

Moralité: Le Dimethyl Sulphoxide est un coquin dont il faut se méfier comme de soi-même ...

NOTE: On a ici considéré que la décision du tribunal FEI est valide et validée comme telle et on s'est abstenu de mettre en question la nature des investigations et expertises faites (réalité du traitement médical présenté, validité de l'expertise indépendante sans contre-expertise de validation définitive de la thèse avancée, exonération de la lecture des caractéristiques de l'Ekyflogyl et des précautions de mise en oeuvre (gants préconisés), présence d'Oxycodone chez la cavalière durant le traitement à l'Ekyflogyl mais avec acceptation par le panel d'une ordonnance postérieure de 3 mois à l'évènement pour un traitement de longue durée selon les termes mêmes de la PR ce qui n'est pas sans surprendre, lenteurs de la procédure, etc.) pour ne retenir que la "substantifique moëlle", à savoir les leçons qu'on peut en tirer pour un futur plus sûr car mieux maîtrisé, mieux informé.

17 11 2016: Le département légal de la FEI questionné sur le point de savoir si une procédure était ou non en cours pour ce qui concerne le fait que la cavalière a contaminé par contact son cheval avec une substance prohibée en compétition par l'Agence Mondiale Anti-dopage, a répondu que le cas était discuté et que la FEI analyse actuellement la possibilité légale de poursuivre la cavalière. On peut bêtement s'étonner de la lenteur de réaction car le problème se pose au minimum dès publication de la décision sus décrite (à savoir il y a 2 mois 1/2) et on peut se demander si l'analyse en question n'a pas débuté avec l'embarrasante question posée par l'auteur de ces lignes. A suivre avec le plus grand intérêt.


11 11 2016
Londres (GBR) - Le Bouthib Protocol en vedette pour les 90 ans de World Horse Welfare  - 10 11 2016

Invité par la Princesse Ann à Londres pour la conférence annuelle fêtant les 90 ans de la World Horse Welfare Association, HH Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan s'est fait l'ambassadeur du Bouthib Protocol dont il est le promoteur.

Durant son intervention ex-cathedra suivie d'une séance de questions, il a expliqué le sens de la démarche entreprise depuis la saison passée et sa ferme volonté de la poursuivre, faisant, à terme, de son pays le phare d'une endurance où le cheval cessant d'être "invisible" redevient le centre respecté du jeu, sans quoi il ne saurait y avoir de futur honorable.

Le thème de la conférence annuelle était, en effet, cette année "the invisible horse" (le cheval invisible).

La démarche faite par Sh Sultan s'inscrit dans l'évolution naturelle du Bouthib Protocol qui, après avoir en une saison seulement montré son efficacité tant au niveau du bien-être des chevaux qu'à celui des mentalités, va être amplifié et consolidé lors de la saison à venir, envers et contre tout.


05 11 2016
Bouthib (UAE) - Réunion Générale de Coordination/Discussion en début de saison - 04/05 11 2016

En ce début de saison 2016 - 2017, Sh Sultan Bin Zayed Al Nahyan reprend l'initiative en convocant des Etats Généraux concernant le Bouthib Protocol afin de poursuivre et améliorer son contenu, son efficacité et son impact. Le but est de l'asseoir durablement non seulement en tant qu'éthique mais encore en tant que méthode permettant de "re-concilier" le bien-être des chevaux et le sport d'endurance au plus haut niveau.

Le but de ces deux jours est que chacun dans la fonction qu'il occupe puisse discuter et proposer afin d'améliorer le système et le faire prospérer non comme un moyen d'éteindre l'incendie mais bien comme une vision nouvelle efficace promouvant le sport d'endurance avec toute sa subtilité originelle de sport visant à pousser la performance sur longues distances dans le plus absolu respect du cheval.

On notera au passage que c'est bien la première fois qu'en début de saison est organisée aux UAE une telle réunion où chacun peut librement s'exprimer pour construire ensemble une solution meilleure. Ce fût amorcé lors du séminaire de clôture de la saison passée et c'est ici même confirmé en ce début de saison nouvelle.

On fera ici, comme l'année passée, un suivi documenté de ce qui se passera à Bouthib durant cette saison qui débute les 25 et 26 novembre prochains.

NOTE: La réunion a été reportée pour raison technique.


04 11 2016
Tryon (USA): Nouveau lieu pour les JEM de 2018 (10-23 septembre) - Communiqué FEI

TRYON (USA) TO HOST FEI WORLD EQUESTRIAN GAMES™ 2018

3 Nov 2016

The FEI World Equestrian Games™ 2018 will be held at the Tryon International Equestrian Center in North Carolina (USA) from 10 to 23 September 2018. The FEI Bureau today unanimously agreed that the Games should be awarded to Tryon, meaning that the FEI’s flagship event remains in North America, following the withdrawal of Bromont (CAN) earlier this year.

The original dates for the Games (12-26 August) have been changed following two scientific studies commissioned by the FEI which stated that climatic conditions would be significantly more favourable in North Carolina during September, particularly from a horse welfare perspective. The FEI also looked at date clashes with other fixtures on the FEI Calendar to ensure the optimum timeslot for the 2018 Games.

“We are very pleased to announce Tryon as the host of the FEI World Equestrian Games 2018”, FEI President Ingmar de Vos said. “The Tryon team submitted a really impressive bid and we have every confidence in the organising committee. It’s a truly spectacular venue and almost all the necessary infrastructure for our eight disciplines is already in place. We are looking forward to a fantastic celebration of top level sport as all the disciplines come together to crown their world champions at the Games in two years’ time.”.

Pour lire la suite, cliquez ICI.

Tryon semble bien être un lieu qui possède tous les atouts pour faire oublier qu'il reste un peu moins de deux ans avant le grand jour.


31 10 2016
Le débalisage, cauchemar des organisateurs, et ses solutions "ignorées".

Du débalisage "gentillet" de passants inconscients au ravage agressif de quelques étriqués du cerveau (tu abîmes la nature, tu perturbes mes habitudes, le bien commun est à moi, t'as pas le droit d'être là, moi je suis né ici et autres absurdités), il n'est pratiquement pas d'épreuve d'endurance dont le balisage des pistes ne soit plus ou moins affecté. Ca touche tous les continents sans distinction, sauf lorsqu'on tourne sur une propriété privée ou son équivalent (Amérique Latine en certains lieux, Emirats Arabes par exemple).

S'il est impossible de maîtriser la réalité physique du balisage à 100%, faute de pouvoir placer un vigile par balise, il existe pourtant depuis des années des solutions informatiques pour y remédier.

En 2012, le concours de l'Isle-de-Noé, co-organisé par GERS Endurance Equestre et ATRM avait innové en utilisant l'enregistrement GPS des boucles uploadées sur Wikiloc de façon que tout un chacun puisse les télécharger sur son smartphone (à condition de télécharger l'application Wikiloc) et sur Google Earth aisément (fichiers .kmz).

L'intérêt de la chose? Avec cette application, le cavalier suit la piste et dès qu'il s'en éloigne, pour cause d'erreur de sa part ou de débalisage, il est averti par une alarme sonore. Lorsqu'il revient sur la piste une alarme sonore différente l'avertit qu'il est de retour sur le bon chemin. Quoi de plus simple? On est libéré de la contrainte physique qui peut aboutir à la non-classification de concurrents voire à l'abandon d'une épreuve dans le pire des cas.

Ceci se fait sans utilisation du réseau ce qui est particulièrement utile lorsqu'on circule dans des zones peu couvertes ou qu'on est à l'étranger, le roaming étant financièrement catastrophique. Il n'y a aucune interruption tant que le GPS fonctionne.

Sur le site de Wikiloc, on peut aussi, par exemple, suivre les dénivellés en plan en déplaçant le curseur sur le profil en long de la piste avec apparition des données corrélatives. Lorsqu'il y a du réseau, il existe même actuellement une option permettant aux proches et à l'assistance de suivre la progression de leur cheval. Etc.

Cette innovation, dûment publiée et expliquée sur le site d'ATRM consacré au concours de L'Isle-de-Noé en 2012 (il y a maintenant 4 ans 1/2) est apparemment passée inaperçue puisqu'elle n'a jamais été reprise par des organisateurs (hormis Tunisie). C'est pourtant une solution efficace pour se débarrasser de la contrainte non totalement maîtrisable de la maintenance du balisage physique et sécuriser les concours. Maintenant, la technologie évoluant, il est même possible de suivre la personne que l'on cherche lorsqu'il y a une couverture de réseau suffisante.

Actuellement seule la Fédération Tunisienne des Sports Equestres, partenaire d'ATRM, a adopté la saison passée cette solution offerte par la technologie.

Quand on voit ce qui se passe sur les concours (voire Fontainebleau et Montcuq récemment entre autres), il semble bien qu'il soit opportun, voire urgent, de faire un pas en avant et d'adopter cette "vieille" innovation. Pourquoi s'en priver?


17 10 2016
Fontainebleau (FRA) 14-15 10 2016: dans l'emprise de la forêt républicaine.

Fontainebleau est indissociable de sa célèbre forêt et c'est d'ailleurs là que se passe la quasi totalité des épreuves d'endurance qui y sont organisées à partir du site du Grand Parquet (qui est aussi connu pour le CSO, le Concours Complet, le Dressage, etc.).

De lieu autrefois réservé à quelques uns, elle est aujourd'hui devenue la propriété de tous. C'est aujourd'hui un bien commun républicain (forêt domaniale) traversé de quelques routes étrangères. Elle est gérée d'un côté avec un réalisme qui la préserve (ONF) et est de l'autre l'objet de divers statuts qui se superposent (pas moins de huit différents) ce qui a parfois tendance à mettre son administration en état de lévitation.

La présence de routes avec un organisme obéissant à ses propres règles (ART) qui a ses visions "mécanistes" propres mais une approche des réalités de la vie équestre et de la logique de sécurité inhérente à la psychologie des chevaux qui lui est visiblement étrangère, vient compliquer l'utilisation de la forêt.

A cela ajoutez qu'une partie jouxtant le site du Grand Parquet est un terrain militaire, monde fermé par excellence même si, dans le cas présent, ses tenants ne sont pas hostiles, et vous comprendrez aisément que la tâche des organisateurs mettant en place un événement complexe passant au milieu de ce maquis de règles et d'emprises diverses est une véritable entreprise en soi et qu'il y faut consacrer de multiples heures.

Cette année, il y avait, en prime le premier jour, une course d'orientation qui a contraint de déplacer pour partie le circuit afin d'éviter tout contact éventuellement problématique et, le deuxième, une chasse à courre car St Hubert avait son insomnie annuelle. Cette activité ayant par définition une évolution spatiale seulement dictée par le déroulement de la chasse, ses acteurs avaient été largement informés de l'existence du concours d'endurance.

L'organisation de GPE (Comité organisateur) est un véritable mécanisme d'horlogerie dont les cavaliers n'ont pas idée. Les 60 bénévoles et les 22 gardes "de Soissons" recoivent chacun un planning d'intervention horaire d'une extrême précision (balisage, contrôle des routes, gestion de tous ordres) qui permet de précéder, accompagner et suivre les diverses épreuves au fur et à mesure de leur déroulement. Cela signifie de multiples déplacements et une coordination aussi étroite que possible avec une faiblesse de couverture du réseau téléphonique souvent handicapante. Ajoutez à cela que l'accès automobile est interdit sauf à 3 véhicules de l'organisation moyennant autorisation spéciale (avec zones néanmoins interdites à 2 d'entre eux).

La capacité d'intervention d'urgence est à tout instant préservée et elle a malheureusement prouvé son efficacité à maintes reprises lors de cette édition.


Départ jour 1

Lors du 1er jour, il fallut faire face à un débalisage systématique (plus de 10 kms débalisés sur une boucle, multiples débalisages et même re-balisages pirates par ailleurs, etc.). Les équipes ont travaillé de nuit pour restaurer l'ensemble avant le départ et durant toute la journée il fallut intervenir pour sauver les épreuves en cours de nombreuses fois, les "débaliseurs" passant même derrière les véhicules rebaliseurs. Cela a créé un état de tension extrême au niveau de l'organisation et des officiels en charge. La réactivité et la coordination constante des équipes entre elles a été digne d'éloges. Les cavaliers ont par moment été victimes, mais cela a toujours été finalement rattrapé dans une véritable course contre la montre moralement épuisante pour tous.

Le deuxième jour a été nettement plus calme de ce point de vue et on en était revenu à ce qu'on est malheureusement forcé d'appeler un débalisage "normal". Il a par contre fallu aller rechercher le matin un cheval immobilisé pour cause de myosite sur la piste. A cette occasion, l'ONF a apporté une aide précieuse en ouvrant notamment un accès normalement interdit afin de permettre l'intervention dans les meilleures conditions.

On pensait tous "tenir le bon bout" lorsque deux appels à l'aide consécutifs ont eu lieu dans l'après-midi. Un vétérinaire traitant accompagné pour l'un d'un membre de l'organisation et pour l'autre du TD FEI ont été dépêchés en urgence sur les lieux. Chacun des deux cas étant une fracture grave devait malheureusement déboucher sur une euthanasie en place. La procédure officielle a été scrupuleusement respectée (avec présence également du Foreign Vet et du Testing Vet, etc.) dans chacun des cas, les corps ont été immédiatement transportés à l'Ecole Vétérinaire de Maison Alfort où les autopsies étaient programmées pour le lundi suivant le concours.

Il est important de noter que la piste, si elle est technique n'est jamais dangereuse et l'organisateur, validé par le TD FEI, apporte un soin particulier à une alternance autant que faire se peut entre les parties rapides et les sections ne pouvant être parcourues qu'au trot ou au pas.

Les vétérinaires en charge des deux cas ayant abouti à l'euthanasie pensent qu'il s'agit là vraisemblablement de deux fractures de fatigue (humérus droit pour l'un et canon droit pour l'autre). Les deux cas ont eu lieu sur le CEI 1* 90 km, c'est à dire sur l'épreuve à vitesse libre la plus courte des deux jours. Sur cette épreuve le taux de qualification a été exceptionnellement bon par ailleurs puisqu'il a atteint 77.91% avec des vitesses moyennes ne dépassant pas 21.43 km/h (à titre de comparaison le CEI 2* 120 km dépassait de peu les 60% avec une vitesse de 20.09 km/h).

On se pose alors plusieurs questions dont les principales sont:

  1. l'entraînement n'est-il pas trop poussé, ne laissant pas aux os le temps de s'adapter pour répondre aux efforts qui en découlent?
  2. n'emploie-t-on pas des produits de traitement qui, au final et/ou par combinaison, viennent contrecarrer la naturelle capacité d'adaptation de l'os?

On exclue ici toute forme de suspicion de pratique scandaleuse et par définition tout doute quant à la compétence des cavaliers.

Et l'on en vient à se demander si, en l'état du règlement, il est possible d'éviter les accidents de ce genre, sachant que par définition il s'agit de quelque chose de non planifié (de accidere: survenir).

Quoiqu'il en soit, ce serait un raccourci fautif que de tenir le Comité Organisateur pour comptable de quelque chose qui lui échappe de fait et par essence, comme pourtant certains commentaires à l'emporte-pièce auraient tendance à le faire accroire.


10 10 2016
CEI 2* LLAY LLAY, Valparaiso (CHI) - 24 02 2016: Rarissime accident fatal d'un cavalier.

Hugo Valdés Barros, 58 ans, homme de cheval expérimenté, est tombé avec son cheval sur la phase 2 du CEI 2* de Llay Llay à côté de Valparaiso au Chili le 24 septembre dernier. Sa chute a eu lieu sans témoin et il a été retrouvé mort sur la piste. Son cheval n'a pas été blessé.

Le concours a alors été abandonné et une enquête de police a eu lieu. On ne sait guère jusqu'à aujourd'hui ce qui s'est effectivement passé. On suspecte une chute du cheval ayant entraîné celle du cavalier.

Il s'agit là d'un fait heureusement rarissime au point d'être quasi inédit en concours d'endurance.

Cet accident doit nous inviter tous à la prudence car une mauvaise chute est toujours possible.

L'habitude, par exemple, est souvent mauvaise conseillère: elle pousse à baisser la garde. Il suffit de voir le nombre de coups de pieds, heureusement souvent bénins, ayant lieu sur les sites de concours et dont les victimes sont toutes des gens qui savaient. Il suffit de voir qu'il y a encore sur les sites de concours des cavaliers (concurrents et grooms) se dispensant du casque quand ils pensent qu'on ne les voit pas durant les jours et heures précédent les départs, ce qui montre que chez eux ils font de même. Ils se prétendent hors de danger "parce qu'ils savent monter et le font bien" ce qui ne les met pourtant pas à l'abri de l'accident, événement par définition non programmé.

Il existe au Brésil (en provenance d'Argentine et d'Uruguay) une pratique de contrôle systématique du harnachement et de l'équipement de chaque concurrent avant le départ initial qui n'existe pas comme telle en France, pour ne parler que d'ici. C'est une excellente pratique (sport et sécurité) car non seulement elle permet de s'assurer de la conformité de manière efficace, mais aussi de sensibiliser les concurrents à la nécessité de respecter strictement les règles.


Chaque concurrent se présente devant les officiels qui inspectent
le harnachement et l'équipement avant départ (Campinas (BRA).

Et rien, strictement rien, n'empêche de l'importer ici.


27 09 2016
WEC 7YO Negrepelisse (FRA) 23-09-2016: Une réussite sur tous les plans.

Après le très critiqué championnat du monde à Samorin, tous attendaient avec impatience "l'autre" championnat du monde, celui des chevaux de 7 ans, à Negrepelisse (FRA).

Le site n'a peut-être pas l'ampleur spectaculaire de celui de Samorin, mais les organisateurs ont su en tirer le meilleur parti et l'ont aménagé avec une rare unité de lieu (ce qui est toujours souhaitable et recommandé par la FEI).

Tout y fût réussi, de la qualité technique des pistes, à la cohésion du jury et de la commission vétérinaire en passant par l'accueil, l'organisation, le chronométrage. Il n'y a que des félicitations à dire et redire ici et on s'en réjouit.

Mais au fait, doit-on féliciter un jury et une commission vétérinaire parcequ'ils ont fait leur boulot et appliqué les règles? Ce serait admettre que c'est rare, ce qui serait faux car la très vaste majorité des jurys fait correctement son travail.

Doit-on féliciter les chronométreurs parce qu'ils ont fait leur travail avec rigueur, transparence et efficacité? Quoi de plus normal?

Mais on doit certainement féliciter les organisateurs pour avoir su tirer un excellent parti du site qu'ils avaient à leur disposition car ce n'était pas forcément facile, évident ou gagné, et d'avoir géré au mieux les services et l'accueil.

Et une fois de plus il est clair que des pistes techniques où il est impossible de faire du 34 km/h, ne serait-ce que par les dénivellés, reste un gage de haut niveau d'épreuve en endurance car cela fait appel, non à des passagers clandestins lancés dans un galop permanent sur des montures "allumées", mais à de vrais cavaliers ayant à la fois cerveau, partenaire et stratégie.

Bref, un championnat peut en cacher un autre et ne pas lui ressembler, la preuve par Negrepelisse.

On aura noté l'innovation de la "rivière immobile" de l'aire de grooming qui a visiblement été très efficace et appréciée après avoir un peu interloqué les participants par son étrange présence. On regrette un peu le cloisonnement du site qui aurait probablement gagné à être plus visuellement fluide. On a apprécié la tente "raisonnable" du sponsor principal ...

Attention, on ne fait pas ici dans le franchouillard imbécile ou le cocorico étriqué, on se limite à un constat ressenti et on dirait la même chose si ce championnat avait été ailleurs qu'en France et de même tenue, bien évidemment.


23 09 2016
WEC Samorin (SVK) 17-09-2016: Quand les rumeurs se font confidences et inquiètent passablement.

Plus on prend de contacts avec des personnalités présentes à Samorin, dont le championnat du monde fait encore vibrer les uns et les autres, tant dans des équipes nationales que dans l'intérieur même du groupe des officiels en charge, plus on accumule d'éléments passablement troublants quant à la manière dont cela a été organisé, géré ou chronométré.

On pourrait continuer longuement la liste des choses entendues. Même si tout n'est pas vrai, même si les faits sont distordus par captation de bruit de 3ème ou 4ème génération, ignorance ou volonté de noircir le tableau pour faire comprendre qu'on y était et se donner de l'importance, tout ne peut pas être faux quand les sources consultées étaient en prise directe sur l'événement et non reliées entre elles ou coordonnées dans leurs dires.

La notion de corruption revient dans de très nombreuses bouches. C'est vraiment regrettable. Est-on là dans le réel ou le simple supposé? Dans tous les cas, quel mal, quelle honte y aurait-il à se poser la question?

La corruption ne prend pas nécessairement la forme d'une enveloppe, elle peut être plus sournoise et même, dans ses plus retranchées limites, frôler l'inconscient. L'envie d'être ré-invité peut amollir la volonté. Un petit geste de rien pour plaire plus un autre et encore un autre peuvent faire écrouler l'édifice à des fins personnelles sans vouloir le moins du monde nuire à autrui ou se faire croire qu'on ne pense pas à mal. Le bien commun tient de chacun de nous sans quoi rien ne saurait se faire. Détruire va plus vite que son inverse, croyez-en l'architecte.

Oui, mais voilà, si le marathonien tient à mourir sur la piste dans un effort qui le terrasse, libre à lui de le faire, mais quand il s'agit d'un être tiers, le respect s'impose. A ce qu'on nous en a dit, on n'a encore jamais vu de chevaux s'engager par eux-mêmes sur un concours et suivre l'exemple des bipèdes victimes de leurs propres ambitions. On veut bien le croire.

Il faut juste analyser ce qui s'est passé, comment le jury s'est effectivement comporté et pourquoi, comment les organisateurs ont maîtrisé ou pas ce qu'ils prétendaient livrer et comment la gestion technique des temps fût effectivement faite, quelle en fût la rigueur et les bénéfices pour les compétiteurs dans le cadre de leur compétition ...

Il existe un organisme international dont c'est le rôle et nul ne saurait s'y substituer, encore faut-il qu'il s'en donne les moyens ce qui serait le gage d'une réelle volonté de faire. Au-delà des discours lénifiants et des chuchotements de couloirs une enquête interne semble bien s'imposer pour lever les doutes et rétablir la vérité des faits quelle qu'en soit la nature.

On a longuement hésité avant de rapporter ce qu'on a ici rapporté car cela implique lourdement le jury et la commission vétérinaire et qu'on n'a ici aucun droit de juger qui que ce soit, surtout sans avoir été présent ou intégré au jury, ce qui est paradoxalement une chance car on aurait été contraint au silence au lieu d'être en quelque sorte le porte-voix de ceux qui, justement, sont dans l'impossibilité de dire.


19 09 2016
WEC Samorin (SVK) 17-09-2016: Intéressant finalement.

Les résultats du WEC 2016 sont différents de ce qu'on s'attendait à voir. On y trouve en vrac de quoi nourrir certaines réflexions.

Bref, quelque chose d'inattendu et s'il est toujours triste de ne pas terminer, il est néanmoins assez rassurant de voir que le résultat n'est pas nécessairement plus ou moins prévisible, même si les deux premiers faisaient partie des favoris.


15 09 2016
WEC Samorin (SVK) 17-09-2016: Taillé sur mesure?

Inquiétudes diverses et variées avec coins sombres, arrière-goût bizarre et tenace en fond de décors ou d'arrière pensée. Hallucinations et mirages ou réalité sous-jacente et vraie?

Bien sûr, on peut toujours se tromper, être bêtement suspicieux, un brin méchant et écrire n'importe quoi sous l'empire d'un coup de sang coupable ou d'une nostalgie dévastatrice, mais il n'en reste pas moins d'étranges convergences qu'on aimerait voir lever sans équivoque, ni langue de bois bien sûr. On demande à être convaincu, mais peut-être vaut-il mieux se taire et laisser passer sans penser ni rien dire, attendre, voir, ne se poser aucune question ... et applaudir en passant à la suite.

A vous de voir.


09 09 2016
JO 2016: Dernier retour sur le comptage des médailles ... et on laisse tomber pour 4 ans.

Il est clair que le comptage brut des médailles tel qu'il est servi un peu partout sur les médias renseigne plus sur l'état mental de ceux qui s'y livrent que sur celui du monde. Il s'agit là d'un faux absolu facile et mystifiant.

Regardez le tableau ci-dessous:

Place Pays Méd or Méd argent Méd bronze Total Méd
1 USA

46

37

38

121

2 UK

27

23

17

67

3 Chine

26

18

26

70

4 Russie

19

18

19

56

5 Allemagne

17

10

15

42

6 Japon

12

8

21

41

7 France

10

18

14

42

8 Corée du Sud

9

3

9

21

9 Italie

8

12

8

28

10 Australie

8

11

10

29

   

 

 

 

 

  Monde

182

158

177

517

Ca donne une sorte de classement qui ne signifie à proprement parler strictement rien.

Par contre, si on rapproche le nombre de médailles de la population par pays, on commence à trouver du sens. Une sorte d'indice de performance ou de pénétration du sport de haut niveau commence à apparaître. Ca donne le tableau suivant:

Place Pays Pop total % % POP med/pop
1 Bahamas 321,834.00 2 0.39% 0.01% 160,917.00
2 Jamaïque 2,717,991.00 11 2.13% 0.08% 247,090.09
3 Nouvelle-Zélande 4,661,320.00 18 3.48% 0.15% 258,962.22
4 Danemark 5,698,089.00 15 2.90% 0.18% 379,872.60
5 Croatie 4,470,534.00 10 1.93% 0.14% 447,053.40
6 Slovénie 2,062,874.00 4 0.77% 0.06% 515,718.50
7 Azerbaïdjan 9,918,293.00 18 3.48% 0.31% 551,016.28
8 Géorgie 4,490,500.00 7 1.35% 0.14% 641,500.00
9 Bahreïn 1,314,089.00 2 0.39% 0.04% 657,044.50
10 Hongrie 9,957,731.00 15 2.90% 0.31% 663,848.73

On découvre que le classement s'inverse au point que les vedettes du top ten passent toutes à la trappe.

Les trois élus du pseudo podium du pseudo palmarès reculent ainsi loin dans le classement (USA, UK et Chine) et sont remplacés par les Bahamas, la Jamaïque et la Nouvelle-Zélande.

Ce nouveau classement représente indéniablement plus un certain état de performance par rapport à une population que le seul comptage brut des médailles auquel ses promoteurs seraient probablement bien en peine de donner un sens. Intéressant, non?

Promis, juré, je n'en parle plus pendant 4 ans ...


22 08 2016
JO 2016: Bravo Equidia.

Les Jeux Olympiques de Rio sont finis.

Equidia a commenté les diverses épreuves équestres de manière remarquable.

Pour le CSO par exemple, Kamel le journaliste de la chaine qui connaît très bien le sujet, valorisait TOUS les concurrents en fonction de leurs performances et historiques. Il était entouré de Michel Robert et Rodrigo Pessoa dont les commentaires techniques en écho étaient de haut niveau. Pouvait-on choisir meilleure équipe?

Un contraste saisissant avec la manière ridicule de commenter qu'offraient les chaînes FR2 et FR3 pour les autres disciplines où les commentateurs se transformaient en fans et groupies surexcités, au besoin quasi méprisant pour tout ce qui n'était pas "français", allant jusqu'à pousser des cris d'encouragement pour "leur" français depuis leurs cabines de verre où nul autre ne pouvait les entendre, les appelant par leurs prénoms tandis que les autres étaient souvent "la coréenne" ou "le chinois" qu'il fallait "passer" dans la course à la médaille, poussant le bouchon jusqu'à oublier les noms des médaillé d'or et d'argent car "leur poulain" avaient la médaille de bronze, s'efforçant de ne jamais se taire et enchaînant les absurdités quand ils n'avaient rien à dire comme si le silence était une faute professionnelle, etc. Bref un comportement souvent indigne de commentateurs. On peut imaginer qu'ils suivaient là quelques consignes reçues, mais étaient-ils obligés de devenir hystériques pour autant? Etaient-ils vraiment contraints de "faire français" à tout crins, sauf rares exceptions où les français en question ayant disparu du palmarès, ils commençaient à ressembler à de vrais professionnels aux commentaires corrects et équilibrés? Ils ont en tout cas amplement corroboré hélas ce qu'on décrivait ici même dans la rubrique "crottins" sous le titre "Ca y est, ils vont recommencer à compter bêtement les médailles" où l'on stigmatisait cette façon de faire.

Equidia a montré que les commentateurs sportifs peuvent exister et faire bien leur métier en valorisant une discipline et pas quelques individus pré choisis. Ce faisant ils ont fait preuve de respect envers les athlètes et leurs téléspectateurs.

Pour les 2 chaines publiques, on pourrait même aller jusqu'à se demander s'il n'y avait pas derrière quelque consigne politique (panem et circenses) pour la "jouer famille" et "oublier" le reste. Cela doit-il nécessairement passer par l'infantilisation?

Il est bon et sain de se réjouir mais doit-on pour autant exclure?


19 08 2016
JEM 2018: Rumeurs en circulation à Brussels.

Cela n'a rien d'officiel, mais une rumeur insistante circule sur le concours de Brussels et fait beaucoup parler et réagir.

On y dit en effet que les JEM de 2018 seraient en passe d'être attribués ... à Samorin (SVK).

Notons que le site de la FEI ne mentionne rien, strictement rien de la démarche qu'il lui faut bien adopter pour sauver la situation, ce qui est passablement non-transparent car il est clair que ça bouillonne inévitablement côté cerveaux.

Si cela s'avérait vrai, on pourrait légitimement se poser de très sérieuses questions sur la raison exacte de l'engouement frénétique de la FEI pour cet endroit et ses organisateurs.

Dans tous les cas, il est certain que les candidats au sauvetage ne sont certainement pas nombreux.

On peut néanmoins espérer que la FEI fera preuve de transparence en jetant son dévolu, quelque soit l'endroit désigné, et nous offrira autre chose que le genre de communiqué qu'elle a publié à l'occasion du championnat du monde à venir, communiqué qui laissait comme entrevoir le choix d'un choix avant le choix en quelque sorte ... et qui n'a malheureusement pas fait réagir grand monde, voire personne. Il semblerait même qu'il n'y ait qu'ici qu'on ait élevé la voix et émis des doutes quant à la "qualité" du processus de désignation.


02 08 2016
JEM 2018: Bromont (CAN) perd les jeux.

C'est officiel, faute de sponsors suffisants, le Comité Organisateur de Bromont et la FEI ont décidé d'arrêter là.

Il n'y aura donc pas de Jeux Equestres Mondiaux à Bromont en 2018.

Cliquez ICI pour en savoir plus et ICI également.

La FEI se dit confiante et précise que ce n'est pas la première fois que cela arrive à moins de deux ans de l'échéance.

Une façon de dire "merde, il va falloir trouver rapidement une solution et pour l'instant, on n'en a pas".

Il reste théoriquement deux solutions:

Les paris sont ouverts :):):)


28 07 2016
FEI website: new "look & feel" à partir d'aujourd'hui.

La FEI lance progressivement à partir d'aujourd'hui une nouvelle version de son site.

La maquette est plus moderne, mais il faudra changer ses habitudes pour en prendre de nouvelles.

Pour ceux que ça perturbe et en attendant la complète mise en place, l'ancien site reste accessible en cliquant ICI.

Les promoteurs annoncent quelque chose de plus convivial et plus proche de la réalité de terrain.

Il est intéressant de voir que la FEI, émanation des fédérations nationales, se rapproche au fil des années de plus en plus des acteurs des disciplines qu'elle gère, relégant par là quelque peu les liens structurels exclusifs initiaux au profit d'un contact direct.

On aimerait voir le-les site-sites de la FFE évoluer vraiment avec élagage massif et clarification décisive dans un but de communication non labyrinthique au moins et enfin.


19 07 2016
JEM Bromont Montréal (CAN): gros temps après le refus de participer d'Ottawa.

Hier lundi le gouvernement fédéral du Canada a fait savoir qu'il ne participerait pas au financement des Jeux Equestres Mondiaux à Bromont Montréal.

Cela vient s'ajouter au manque d'entrain des financeurs privés qui sont, ainsi que la population, restés globalement indifférents.

Il manque donc à ce jour une bonne part du budget (environ 45%) et force est de constater que les exigences de la FEI ne sont pas respectées en terme de garantie financière.

On ne parle pas encore d'un plan B à la FEI et on dit que ce n'est pas le moment d'envisager une telle solution.

Une rencontre aura prochainement lieu entre les organisateurs et la FEI pour analyser pleinement la situation et en tirer, dans un sens ou dans l'autre, les conclusions qui s'imposent car, si l'argent se fait court, le temps l'est aussi de plus en plus même si le parc de Bromont est équipé et reçoit régulièrement des événements d'importance.

Cliquez ICI pour en savoir plus

Les JEM de Bromont Montréal ont décidément pris encore une volée de plomb dans l'aile et l'avenir apparaît de plus en plus sombre pour ne pas dire compromis.

N'est-ce pas déjà une manière de parler d'un plan B que de dire que rien de pareil n'est envisagé à ce stade? On dirait du "verlan politique", sorte de manière biaise systématique des hommes politiques pour ne pas dire ce qu'ils savent déjà venir.

Et pendant ce temps là, le temps se fait court car 2018, c'est demain et que près de 50% du délai de préparation est déjà écoulé.

Une question, juste comme ça en passant: s'il y a un plan B, il faudra rattraper le temps perdu et les candidats potentiels capables de le rattraper "financièrement" ne sont certainement pas très nombreux. On pense ici en premier lieu à quelques pays petits par la surface mais avec revenus très confortables ...

Les paris sont ouverts :):)


16 07 2016
Bouthieb (UAE): Un logo spécifique pour matérialiser la révolution en cours.

On le sait et on vous en a parlé abondamment ici, la saison dernière a vu se dérouler à Bouthieb une révolution ayant abouti à un résultat dépassant les espérances les plus optimistes de ses acteurs.

Ce n'est pas fini bien sûr et la saison prochaine verra la confirmation de l'action entreprise avec des innovations la confortant.

Mais ça ne pouvait pas rester "des courses à Bouthieb", il fallait créer une entité spécifique matérialisant, identifiant, caractérisant à la fois le lieu et le projet.

C'est chose faite avec la naissance de "Bouthib Endurance" dont on reproduit ci-dessous le logo.

Un site web spécifique en étroit lien avec ATRM est à l'étude.

Vous aurez tout de suite remarqué que le cheval ne galope pas frénétiquement vers la Toyota qui brille au bout de la piste ...

Et pour celles et ceux qui ne le savent pas déjà, sachez que Camprieu, sponsorisé par Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan, adopte le "Bouthib Protocol" avec vitesse de référence adaptée à la nature du site. Une expérience qui va dans le sens de la préservation du Parc des Cévennes et des chevaux. A suivre et analyser avec intérêt.


23 06 2016
WEC 2016 Samorin (SVK): Fausses rumeurs sur les qualifications en circulation dans les vetgates.

En ce moment circulent des rumeurs infondées concernant les qualifications pour le Championnat du Monde qui aura lieu le 18 septembre 2016. On entend dire, par exemple, que les JEM de Normandie (WEG 2014) seraient qualificatif en couple. On croise des confusions avec le statut d'élite, etc.

La FEI a édité pourtant un document spécifique concernant le Championnat du Monde en fonction de sa date maintenant fixée. Ce document reprend le règlement pour ce qui concerne les dites qualifications. Il n'y a aucune modification par rapport au règlement en vigueur et il comporte de simples extraits de ce qui existe pour en faciliter l'accès.

On y rappelle que la période de qualification s'étend du 16 septembre 2014 au 18 juillet 2016.

Ca signifie que la "combination Ride" doit être réalisée dans ce créneau, ce qui exclue la combinaison des WEG 2014 puisqu'ils ont eu lieu en août 2014.

Mais la compétition des WEG 2014 peut être considérée pour les autres compétitions qualificatives à la fois pour les athlètes et pour les chevaux indépendamment.

Cliquez ICI pour télécharger le texte FEI.

En gros, il suffit de lire le règlement.

Néanmoins devant la persistance et la propagation de certaines des rumeurs en circulation, non contents de nous appuyer sur les textes en vigueur, nous avons demandé une confirmation spécifique à la FEI que nous avons obtenue sans peine ni délai.


20 06 2016
Brussels Equestrian Endurance Masters (BEL): le grand événement tricolore* européen de Bruxelles se précise

Les organisateurs viennent d'avoir une très bonne surprise. Alors qu'ils hésitaient entre deux sites pour en faire le lieu central de l'événement, un troisième, inespéré et auquel ils n'osaient rêver, s'est fait jour: le Bois de la Cambre, là juste au bout de l'avenue Louise qui mène directement au centre de Bruxelles.

Regardez un peu la vue aérienne ci-dessous et vous conviendrez vous-mêmes de l'incroyable situation.

Et c'est ainsi que le site principal sera articulé à la fois sur la capitale européenne et son centre tout en étant à l'origine de 200 km de pistes forestières. Ca veut dire aussi que les milliers de visiteurs du Bois de la Cambre pourront voir, naturellement et sans se déplacer, un grand événement d'endurance.

C'est un challenge qu'il ne faudra pas négliger et pour ce faire il faudra leur parler, leur expliquer ce qui se passe car c'est un brin ésotérique vu de l'extérieur et nous avons trop la fâcheuse habitude de ne parler qu'à nous-mêmes tout en nous plaignant de ne pas être écoutés ou connus et reconnus.

A nous de cesser le soliloque interne pour nous ouvrir aux autres car si ça nous passionne, ça les passionnera aussi mais ils ne le savent pas encore. A nous de le leur dire, à nous de le leur montrer, à nous de les accueillir dignement en leur faisant comprendre qu'on est contents de les voir et qu'on les remercie d'être venus.

Un petit chouia de communication venant de nous pour changer ... ça ne peut faire que du bien à cette discipline.

Alphonse Allais (journaliste, écrivain, humoriste 1854 - 1905) l'avait dit: "il faut construire les villes à la campagne car l'air y est plus pur!". Les organisateurs du BEEM ont inversé la donne et ont amené l'endurance en ville pour en bénéficier sans pour autant perdre les atouts de la campagne: un tour de force dont ils sont probablement encore eux-mêmes surpris.

* le drapeau belge a 3 couleurs, pour ceux qui, étant sous l'empire de "mauvaises pensées", ne l'auraient pas remarqué ...


15 06 2016
FEI: Le championnat du Monde senior alloué à Samorin (SVK) - Etrange argumentaire

Il y avait 3 candidatures (voir plus bas) mais c'est Samorin (SVK) qui a été retenu.

Le communiqué officiel justifie la décision d'étrange façon:

1

"the Bureau ruled that neither of these two venues were suitable due to concerns over welfare and safety"

Il s'agit de l'Italie et de Fontainebleau. Afin de ne pas en rester là, le communiqué poursuit: "Both venues proposed mid-October dates, meaning that the rides would start and finish in the dark, potentially putting horses and riders at risk".

Ca peut faire illusion si on se contente de croire l'assertion justificative faite car au 18 septembre la durée du jour à Samorin est de 12 h 26 tandis qu'au 15 octobre elle est de 10 h 53 à Fontainebleau, ce qui est effectivement moins. On perd 1 h 34 de jour entre ces deux dates. C'est un fait, mais un CEI 3* de 160 km parcouru à 14 km/h avec des temps de repos de 40 min aux vet 1 à 3 et 50 min pour les vet 4 et 5 sera parcouru en 15 h 05 min 39 sec. La perte de 1 h 34 peut apparaître comme un argument, est-il pour autant rédhibitoire pour la sécurité comme l'affirme le communiqué? Quoiqu'on fasse il y aura un parcours de nuit à un moment où à un autre. La qualité des pistes, celle du balisage, les mesures de sécurité, etc. n'ont-elles donc pas d'incidence? En 2008, le Championnat du Monde s'est couru en Malaysie de nuit. A l'époque, cela n'avait pas été un obstacle à la décision d'attribution et il ne semble pas que la sécurité des cavaliers ou le bien-être des chevaux en ait été affecté de manière notable. Et que penser de Sartilly qui s'est tenu pendant le jour et de ce qui s'y est passé? La durée du jour, si elle a une incidence, est-elle devenue maintenant "l'argument" qui évacue les candidatures?

N'oublions pas non plus que c'est la FEI elle-même qui avait proposé septembre ou octobre. Extrait du communiqué officiel du FEI Bureau meeting du 07 avril 2016: "It  is  expected  that  the Championships will now take place in September or October." (si vous avez du mal à y croire, cliquez ICI et regardez en page 3 l'encadré). Et voilà que soudain au moment du choix, octobre n'est plus recevable car présentant des dangers? Ca s'explique comment en termes de cohérence intellectuelle?

2

"There is also increased potential for heavy rain in these areas at that time of year"

Ah oui? Ou bien on se contente là aussi de l'assertion en pensant que les décideurs ont vraiment analysé la situation météorologique et on y croit. Ou bien, doutant par principe, on se penche sur les archives de la météo et on va voir par soi-même.

La pluie à Fontainebleau au 15 octobre pour les 2 dernières années donne un résultat saisissant: 2015: 0.2 mm, 2014: 2.0 mm, C'est ce qu'on appelle un risque de pluie?

Et si on allait voir ce qui s'est passé à Samorin pendant ce temps là au 18 septembe? Ca donne 2015: 10.0 mm, 2014: 0.4 mm.

Si on s'amuse à faire la moyenne des 2 dernières années aux dates respectives de Samorin et de Fontainebleau, ça donne 5.20 mm le 18 septembre à Samorin et 1.10 mm pour Fontainebleau au 15 octobre. Ah tiens donc? Et ça se vérifie sur la période quand on prend 15 jours avant la date et 15 jours après ... Ce n'est donc pas un coup de pot mais bien une tendance du lieu (Fontainebleau) à ce moment de l'année puisque la moyenne qu'on y trouve sur 30 jours sur les 2 dernières années est de 0.80 mm pour 2014 et 1.45 mm pour 2015, ce qui confirme le fait. On notera que pour une période identique autour de la date choisie, Samorin enregistre 2.80 mm en 2014 et 0.60 mm en 2015. Tout ça reste très modéré, mais si on veut pinailler, on pourrait dire qu'il pleut plus à Samorin (1.70 mm en moyenne sur la période) qu'à Fontainebleau un mois plus tard (1.125 mm). Ce qui est étonnant ici, ce n'est pas le climat, c'est l'argument qui est servi.

Soyons sérieux, ces gens ne se sont pas vraiment documentés, ça paraît évident. L'argument utilisé dans le communiqué ne tient pas la route. Ceux qui sont à l'origine de la décision objet du communiqué sont-ils à ce point incapables ou paresseux? On n'oserait l'imaginer, mais alors on se demande nécessairement ce qui a pu les pousser à affirmer ce qu'ils affirment là? Dans tous les cas, l'argument "pluie" avancé n'est tout simplement pas recevable dans le cas de Fontainebleau. (Nota: l'ensemble des données utilisées provient du site métérologique www.wunderground.com).

3

"Samorin has a proven track record, having already run both the young horse and European Endurance Championships very successfully".

Peut-on accepter qu'un tel argument puisse peser dans la balance du choix? Si tel est le cas, ça veut dire que seuls ceux qui ont fait feront et qu'il n'y a pas de place pour ceux qui n'ont pas fait! Fontainebleau a aussi un grand "track record" et pouvait se présenter la tête haute en faisant état d'une grande et brillante expérience.

Et quand on voit le palmarès d'attribution de Samorin, il est possible de se poser quelques questions en rapport avec ce qui vient d'être écrit:

Ca ne vous semble pas faire beaucoup pour un seul organisateur? Ca parait tenir plus de l'abonnement que de la répartition.

En tout cas, l'argumentaire laisse comme un doute, un goût amer. En voyant sa faiblesse on peut se demander comment la démarche a été effectuée.

On reste peu convaincu à l'analyse et c'est le communiqué lui-même qui provoque cela. La nature même de son contenu ne saurait satisfaire le lecteur non béat.

Et la FFE dans tout cela?


02 06 2016
Fontainebleau (FRA) 04-06-2016: ANNULATION

De l'eau partout dans les maisons,

Des pompiers sur le qui vive jour et nuit,

Des routes coupées dans tous les coins,

des hélicoptères qui treuillent des rescapés

.... et des pistes en parfait état avec un site non affecté à Fontainebleau.

Alors un gros dilemne et une conclusion sans appel issue des services de secours: Pas de moyens disponibles pour le concours.

Il était donc hors de question de mettre en danger la vie des cavaliers en cas d'accident. Elémentaire question de bon sens et de responsabilité.

Le Délégué Technique FEI et le Comité Organisateur ont ensemble pris la décision d'annulation qui s'imposait à eux du fait des conditions météorologiques exceptionnelles et de la saturation des services de secours.

Ceci a été fait selon les termes des articles 804.3 à 804.5 du règlement international.

A la suite de quoi tout le monde s'est senti vide, mais c'était définitivement la seule solution responsable.

Un gros coup au moral des Organisateurs et de leur équipe, mais qui ne leur fait pas baisser les bras. Ca a même été l'occasion d'affiner ce que sera le Championnat du Monde s'il leur est attribué.

03 06 2015 - Pour info, les services de secours ont effectué jusqu'à présent (début d'après-midi) 16 000 interventions et évacué 20 000 personnes en trois jours ... et ils n'en ont pas encore fini de cet épisode de crue centennale.


23 05 2016
FEI: Candidatures officielles pour le Championnat du Monde publiées

La FEI a un peu tardé à mettre à jour la table des candidatures officielles. C'est fait depuis aujourd'hui.

On trouve, par odre de dates proposées (et non de valeur of course):

Verdict le 14 juin, soit 10 jours après le "pre-ride" de Fontainebleau.

Alea jacta est.


19 05 2016
FEI: Candidature de Fontainebleau pour le Championnat du Monde

La table des candidatures FEI n'ayant pas été mise à jour depuis le 09 mai et la date de clôture des envois étant le 14 mai, nous avons demandé confirmation de la réception officielle de la candidature de Fontainebleau à la FEI à toutes fins utiles.

La réponse est parvenue ce matin: Oui la candidature FEI est bien dans les tuyaux de la FEI.

Il y a donc effectivement au moins deux candidatures officielles, celle de Fontainebleau (FRA) et celle deSamorin (SVK). Pour le reste il faudra attendre la mise à jour qui ne devrait pas tarder.

Cliquez ICI pour suivre l'évolution des dossiers de candidature (puis cliquez sur "Table of FEI Games, Championships & Finals 2015 - 2022").

Il est sûr que la FFE avait confirmé l'envoi du dossier approuvé par elle à la FEI, mais il n'est pas pour autant inutile d'avoir confirmation à l'autre bout (la FEI) que c'est bien arrivé (un proiblème technique est si vite arrivé ...).

A suivre de très près.


12 05 2016
FFE: Validation officielle de la candidature de Fontainebleau pour le Championnat du Monde - CEI 3* du 4 juin confirmé (épreuve sélective équipe de France)

Hier à midi, les organisateurs ont été officiellement prévenus: leur candidature est agréée par la FFE qui va la transmettre à la FEI. Ils étaient en compétition avec Lignières dont les organisateurs ont été les premiers à féliciter ceux de Fontainebleau et à proposer leur aide. C'est une preuve de fair play remarquable et qui mérite d'être soulignée.

Il y a donc maintenant officiellement deux candidatures, celle de Samorin (SVK) et celle de Fontainebleau (FRA).

Ainsi qu'on l'a écrit plus bas, Samorin a été généreusement servi en évènements internationaux depuis 2014 et jusqu'en 2018, tandis que le calendrier français est relativement désertique depuis les JEM, hormis Negrepelisse. On est en droit d'imaginer que la FEI aura à coeur de rééquilibrer la donne en profitant de l'opportunité que l'excellente candidature de Fontainebleau lui offre.

Le CEI 3* du 4 juin à Fontainebleau est donc confirmé. Il servira à la fois d'épreuve test et d'épreuve sélective pour l'équipe de France. Les engagements sont ouverts dès à présent.

 

La disposition des lieux diffèrera de celle que vous avez l'habitude de voir et adoptera celle du futur Championnat du Monde.

Une excellente nouvelle et du boulot par dessus les oreilles pour les organisateurs.

Il faut soutenir cette démarche courageuse et c'est par votre présence nombreuse que vous pouvez le faire de la plus belle manière. Diffusez cette nouvelle partout autant que vous le pourrez.


10 05 2016
FEI: Où sera le prochain Championnat du Monde d'Endurance?

On le sait, vous le savez, Dubai, en refusant de suivre les dispositions officiellement signées entre la UAE-NF et la FEI, a fait perdre aux UAE l'attribution du Championnat du Monde d'Endurance. En conséquences la FEI a rouvert l'appel d'offres avec clôture au 18 mai (pour décision le 14 juin).

Pour être officiellement sur les rangs, il faut non seulement prouver qu'on est à même de gérer ce type d'épreuve (expérience, site, etc.) mais aussi apporter des garanties financières montrant qu'on est capable de boucler le budget prévisionnel annoncé.

Tout de suite des noms ont été cités: Bruxelles (BEL), Fontainebleau (FRA), Samorin (SVK) et Lignières (FRA). Et puis, très vite Bruxelles a renoncé et maintenant on entend parler de Pise (ITA). Pour la France, la FFE doit faire un choix qu'elle n'a pas encore fait.

Il n'est pas inutile de rappeler que Samorin a déjà été passablement servi:

Il en est de même pour l'Italie:

Pour ce qui est de la France on trouve:

Actuellement, le seul candidat officiellement enregistré par la FEI est Samorin (qui a donc bouclé à la fois son financement et son dossier de présentation). La SVK-NF n'a pas eu à choisir entre plusieurs candidats non plus.

Il est sûr que la France a eu les Jeux Equestres Mondiaux, mais pour ce qui est du reste, le calendrier des évènemenets mondiaux ou continentaux est passablement vide, hormis Negrepelisse, en comparaison avec les attributions à répétition de Samorin et de l'Italie.

On est donc en droit d'imaginer que c'est un point qui peut entrer en ligne de compte dans le cadre du choix qui sera fait par la FEI. On peut aussi se dire en catimini que la source de financement ne sera pas un élément anodin dans le choix en question ...

Et quand on rapproche le sentiment ici exprimé de la position de la France au vu des statistiques de l'article précédent, on peut se dire qu'il ne serait pas absurde d'y placer un championnat du monde.

Ca fait 3 élément convergents et a priori favorables.


06 05 2016
FEI: Quelques données statistiques sur l'endurance.

Les dernières statistiques disponibles auprès de la FEI datent de 2014. Leur lecture n'est pas sans intérêt.

L'année 2014 a vu 893 CEI de part le monde avec 6485 cavaliers inscrits FEI et 11424 chevaux pour 50 pays. La progression est de 92% depuis 2007 (soit en seulement 7 années).

Pour ce qui est du classemet par nombre de concours organisés, on trouve:

Statistiques  Nombre de CEI par pays (2014)

1

FRA

France

108

2

USA

USA

65

3

URU

Uruguay

49

4

ITA

Italie

39

5

NZL

Nouvelle Zélande

38

6

RSA

Afrique du Sud

37

7

ESP

Espagne

32

8

GBR

Royaume Uni

30

9

RUS

Russie

28

10

NAM

Namibie /Qatar /UAE

23

On notera que la donne a été perturbée depuis car, d'une part le Royaume Unis n'a quasiment pas organisé de CEI en 2015 suite à la suppression de Euston Park, et, de l'autre, la suspension des UAE y a réduit le nombre des CEI.

La France reste la championne du monde toutes disciplines confondues, loin devant les autres pays avec 558 concours organisés en 2014 (soit 14.58% du total), 5583 athlètes (soit 15% du total) et 10290 chevaux (soit 17.25% du total).

De temps en temps un peu de recul donne à voir un profil dont on n'a pas toujours conscience. On pourrait ainsi être surpris de voir les USA arriver en 2ème position alors même que vu d'ici on n'en entend quasiment jamais parler et que, si leurs résultats furent excellents dans les premiers temps de la discipline, ils se promènent aujourd'hui loin des podiums.

La France, quant à elle représente une exception dans le monde équestre avec un très fort engouement. Elle est présente, en effet, avec un pourcentage élevé et dominant, d'autant plus remarquable que ce pays ne compte qu'1% de la population de la planète pour 1% des terres émergées. Raison de plus pour s'étonner qu'elle ne soit quasiment pas représentée dans les instances de la fédération internationale ... Manque de dynamisme de la FFE? Incapacité trop répandue à parler couramment l'anglais? Peur de l'international? ... sinon quoi?


01 05 2016
Bromont 2018: Démission en bloc dans le Comité Organisateur des JEM.

Cinq des plus hauts responsables du Comité Organisateur des futurs Jeux Equestres Mondiaux démissionnent à deux ans de l'échéance.

Ils dénoncent le non engagement des sponsors et des accords irréalistes avec la FEI notamment.

Ce faisant, ils espèrent donner un coup de fouet à tout le monde pour reprendre le chemin de la faisabilité et aboutir à un niveau de qualité qu'ils considèrent inatteignable dans les conditions actuelles.

Cliquez ICI pour en savoir plus.

Rien n'est perdu, mais il serait dommage que ces jeux ne puissent se tenir à Bromont Montréal car ce n'est que la 2ème fois que les JEM sont programmés hors d'Europe.


08 04 2016
WEC à Dubai: La FEI dit "niet kamarad"!

La FEI réunie en bureau juste à l'issue du Sports Forum a décidé que les Championnat du Monde attribué à Dubai est retiré des UAE.

L'appel à candidature est de nouveau ouvert. Ca le déplace à septembre ou octobre et ça fait que septembre 2014 et octobre 2014 font désormais partie de la période de qualification. En conséquence, ça raccourcit d'autant la période à venir.

En prime, Dubai se trouve interdit de CEI jusqu'à ce qu'ils se plient aux accords signés.

Voir ici le texte officiel.

On l'a soutenu, dit et redit ici, le championnat de monde a toujours été soumis à la réalisation des accords signés en juillet 2015 avec la FEI. Il est en soi éminemment déplaçable dans le temps et l'espace.

On y est.

On notera à cette occasion que les instances actuelles de la FEI ont géré cette crise avec la pugnacité et la persévérance nécessaires.

La mesure est habile car elle sanctionne doublement Dubai (pfuitt plus de championnat et plus de CEI non plus jusqu'à nouvel ordre), et elle préserve la révolution de Bouthieb, qu'elle apprécie et supporte au point de l'avoir dénommée le "Bou Thib protocol" et l'avoir introduit pour partie dans les accord tout récemment signés (et non respectés par Dubai).

En même temps cela préserve les autres disciplines (qui avaient trouvé difficile à supporter d'être frappées d'interdits du seul fait de l'endurance alors qu'elles mêmes n'avaient rien à se reprocher).

Ah! une question avant de se quitter: les UAE enverront-ils une équipe concourir lors du prochain Championnat du Monde? Les paris sont ouverts.

Les prix de vente des chevaux vont très probablement fluctuer à la baisse et, pour ce qu'on en sait, Sh Mohd aurait probablement intérêt à mieux s'entourer la prochaine fois ...

Et on notera pour finir que tout ceci est une conséquence indirecte de ce qui a été mis en place si positivement à Bouthieb cette saison-ci.


27 03 2016
BOUTHIEB (UAE) 2015-2016: L'incroyable saison

English Version

UN IMPACT SENSIBLE

De la bouche même de HH Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan, ce qui a été réalisé dans le Village d'Endurance de Bouthieb (Abu Dhabi, UAE) est tout simplement "incroyable" ("unbelievable"). Il est clair qu'il ne s'attendait pas, de même que ceux qui l'entourent et ont tenu le projet à bout de bras, à un tel résultat en une seule saison. À Bouthieb, en effet, l'endurance a changé de cap et ce que la FEI a appelé le "Bouthieb Protocol" a fait le tour du monde.

La FEI elle-même s'est appuyée dessus pour imposer à l'ensemble du pays des règles similaires. Elle n'y a réussi que partiellement, mais n'a pas dit son dernier mot. L'intersaison (avril à octobre) sera manifestement mise à profit pour faire avancer les accords et obtenir pleine satisfaction.

Les grands gagnants de ces nouvelles règles sont assurément les chevaux. Le taux de soins prodigué a chuté de manière spectaculaire tout au long de la saison à Bouthieb. Ce taux a atteint des bas niveaux jamais égalés et le dernier jour fût à l'image du premier lors de l'application des nouvelles règles: une clinique vide avec de rares et furtives apparitions de chevaux. C'est la conséquence directe des nouvelles règles mises en œuvre et c'était aussi un de leurs buts. La clinique de Bouthieb avec ses bâtiments saturés, entourée de chevaux qu'on doit traiter à l'extérieur parce qu'on n'a plus de place n'est heureusement plus qu'un vieux et triste souvenir.

À Bouthieb, on a démontré qu'en relevant les manches, on pouvait, avec des idées simples mais sensées, faire ce que d'aucuns de par le monde avaient décidé de croire impossible, à savoir, changer la donne et reprendre le chemin d'un sport sain avec des chevaux partenaires respectés aux UAE.

Manuel Bandeira de Mello, chef du département endurance de la FEI, était présent en personne lors de la dernière session qui s'est déroulée du 7 au 13 mars courant. Il a pu voir, apprécier et analyser de lui-même les avancées effectuées à Bouthieb. Il s'est manifestement réjouit de constater la ferme détermination de Sh Sultan, sans qui tout ceci n'aurait pu avoir lieu. Sa démarche consiste à progresser positivement plutôt que le contraire. Trop de personnes ont tendance à attendre l'inverse de la FEI. Étant peu ou mal informées et voyant la situation de trop loin, elles ont une appréhension caricaturale d'une situation localement complexe ce qui, à l'évidence, ne les empêchent nullement d'avoir une opinion sévère, tranchée et toujours négative à quelques rares exceptions près.

La fédération nationale des UAE (EEF) compte un nombre de cavaliers représentant 10.8% de l'ensemble des cavaliers FEI du monde (soit 957). Ceci la place en 2ème position après la France qui compte pour 22.7% (soit 2012 cavaliers). Ce qui s'y passe est donc loin d'être insignifiant ou sans conséquences sur l'ensemble de la discipline et on comprend que la FEI tienne particulièrement à ce qu'elle y soit correctement pratiquée. Bouthieb est en ce sens un allié positif nouveau et incontournable dans cette démarche.

UN SOUTIEN SANS FAILLE

Le 13 mars 2016 a clôturé à Bouthieb la saison 2015 – 2016 avec l'arrivée du CEI 3* 240 km en 3 jours, épreuve phare du 10th Festival Équestre de Sh Sultan.

HH Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan, qui a été présent durant la totalité des jours d'épreuve de la saison, était là dans l'aire d'inspection, lors de l'inspection finale du premier cavalier ayant franchi la ligne d'arrivée. Il se tenait à distance respectable afin de ne pas interférer avec les opérations et fût le premier à féliciter le cavalier.

On ne se souvient pas de l'avoir jamais vu aussi présent, aussi passionnément présent. Il a, en effet, été sur le site chaque jour de course tout au long de la saison qui vient de se terminer. Il a constamment été au cœur des débats et des idées, étant à l'écoute de tous, discutant avec les protagonistes avec un seul but: faire reprendre à l'endurance à Bouthieb, le chemin du sport et du respect des chevaux, en un mot comme il l'a dit lui-même, le vrai chemin de l'endurance abandonné de fait depuis des années.

 

1- HH Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan à l'entrée de l'aire d'inspection lors d'une de ses très nombreuses visites.
(photo F. Kerboul)

On rappellera ici qu'en début de saison, tout un ensemble éducatif avec de nouvelles règles (que la FEI appellera le "Bou Thib Protocol") a été mis en place afin de briser le cycle infernal de la course de vitesse transposée à l'endurance et ayant abouti aux dérives que l'on connaît. Ces dérives avaient amené la FEI à suspendre la fédération nationale des UAE dans le but de permettre une reprise en main. Les UAE cumulaient à eux seuls la majorité des accidents fatals de l'endurance avec seulement 2% des CEI organisés de par le monde.

UN ENSEMBLE STRUCTURÉ

En début de saison furent donc mises en place les nouvelles règles basées sur 4 grands axes:

1.  Réduire la vitesse en resserrant fortement les paramètres FEI classiques de façon telle qu'il soit, par exemple, simplement impossible de galoper sur 40 km à 40 km/h en oubliant tout le reste.

2.  Mettre en place un système conjoint nécessitant de tenir compte de la santé du cheval en compétition par la mise en place de points en rendant compte pour un "Best Riding Challenge".

3.  Doter le système conjoint beaucoup plus fortement que le classement traditionnel pour en faire un élément plus "attractif" afin de réorienter les mentalités avec l'aide de l'appât du gain.

4.  Assortir le tout de règles d'encadrement accompagnant la volonté de retour à un sport sain et soutenant la volonté d'éducation générale.

Tout cet ensemble a contribué non seulement à réduire la vitesse et ses conséquences néfastes sur la piste, mais encore à modifier le comportement des compétiteurs à la fois vis-à-vis de leurs chevaux, mais aussi pour ce qui concerne la manière de participer et de gérer leur course.

DES RÉSULTATS PROBANTS

Il en est résulté un redressement général de la situation à Bouthieb. Des scènes auparavant impensables ont été de plus en plus couramment observées.

•   Ainsi des chevaux trottent maintenant sur le parcours au lieu de galoper sans interruption (cette allure ayant fini par disparaître pour n'exister que lors des trottings d'inspection!).

 

2- Chevaux trottant sur la piste. (photo N. Bunyamin)

•   On voit maintenant des chevaux arrêtés sur la piste et buvant tranquillement à un point d'eau, chose qui avait aussi totalement disparu.

 

3- Cheval buvant sur la piste avec grooms le laissant faire avant d'intervenir. (photo N. Bunyamin)

•   On ne voit plus de courses de 4 x 4 accompagnant les chevaux sur la piste, leur nombre étant maintenant strictement sous contrôle.

 

4- Fin du gymkhana des 4 x 4. (photo N. Bunyamin)

•   On ne voit plus de mouvement de foule entourant le cavalier lors de son arrivée finale et dépossédant les jurys de tout contrôle tout en permettant, par exemple, les tricheries sur le poids par exploitation de la "confusion organisée" pour ce faire.

•   Etc.

La dernière boucle du dernier jour d'épreuve empruntait le terrain naturel, première amorce de ce qui sera mis en œuvre lors de la saison prochaine afin de rendre la piste plus technique et donc aussi plus intéressante et plus "challenging".

On a vu un des entraineurs les plus célèbres retirer son cheval à l'issue de la 2ème phase du CEN Ladies car il avait un temps de récupération de près de 3 minutes, là où d'ordinaire il est en dessous de la minute. Il était fier de le faire savoir à l'encan. Aurait-il agi de la sorte l'année passée alors que son cheval était placé second et qu'il ne restait plus qu'une phase à parcourir? N'aurait-il pas eu honte de s'arrêter là au risque de pousser son cheval dans ses derniers retranchements pour gagner coûte que coûte? Ce geste avait valeur d'exemple et il en avait pleine conscience.

On a vu des entraineurs, étalant les feuilles de résultats au milieu des tasses de thé et discutant avec passion la stratégie à adopter pour gagner … et y prenant plaisir car c'est un jeu nouveau et subtil qui ne manque nullement d'intérêt.

Nombreux sont aussi ceux qui se sentent maintenant moins soumis à la pression, parfois insensée, des propriétaires, des entraîneurs, de l'environnement local en général où la seule issue est gagner, gagner, gagner et donc aller le plus vite possible (avec même cette idée folle de "record du monde de vitesse" qui est totalement contraire à l'esprit même de l'endurance), faisant par là même de l'endurance une course contre la montre à l'exclusion de toute autre préoccupation.

Les jurys ont été soigneusement sélectionnés de telle manière que, sauf exception existant malheureusement encore, leurs membres soient compétents, organisés, fermes et efficaces. On n'a plus vu à Bouthieb les mouvements de foule débordant le jury lors des arrivées. On n'a plus vu les multiples grooms courant à côté des chevaux et les "encourageant" avec leurs bouteilles vides, etc. C'est aussi la preuve que le règlement international peut être mis en œuvre avec des jurys compétents dans leur majorité et qu'il est possible de l'appliquer et de le faire respecter partout quand on le veut bien.

 

5- Grooms identifiés avec le numéro du cheval qu'ils servent et en nombre dûment contrôlé par le jury. (photo F. Kerboul)

Les commissions vétérinaires étaient également plus respectueuses de l'équité et de la sauvegarde des chevaux que lors des années antérieures. Les trottings y ont tous été enregistrés ce qui avait un double but, à savoir d'une part alimenter une base de données aux fins de formation et de l'autre avoir un caractère dissuasif pour ceux qui seraient tentés de faire passer le rang social du cavalier devant le bien-être du cheval comme on peut malheureusement le voir.

 

6- Des juges et des stewards en ordre et prêts à gérer le flux de concurrents. (photo F. Kerboul)

UN NOUVEAU SÉMINAIRE D'ENDURANCE

Sh Sultan a tenu à compléter cet arsenal de mesures de sauvegarde et d'éducation par la création d'un séminaire d'endurance. La première édition a eu lieu du 04 au 13 mars et a permis à tous ceux qui le voulaient de suivre les interventions d'une dizaine de personnes ayant autorité dans divers domaines tous liée à l'endurance.

C'est ainsi qu'Ali Tweissi, l'actuel chef du département vétérinaire de la fédération nationale a fait le point sur les résultats positifs obtenus à Bouthieb et exprimé sa satisfaction et celle du département qu'il dirige.

C'est ainsi qu'on a pu voir Emmett Ross (entraîneur bien connu au Moyen Orient, organisateur des WEG de Lexington (USA) passés, et de Bromont Montréal (CAN) à venir, etc.) ouvrir de nouvelles pistes et faire un compte rendu général de l'impression recueillie auprès de nombreux entraîneurs, vieux compagnons de route.

C'est ainsi que Dr Sue Stover du département vétérinaire de l'université de Californie (USA) a présenté ses passionnantes recherches sur la capacité des os à s'adapter aux efforts d'entrainement et l'origine des fractures de fatigue dues à un entraînement trop rapide et intensif prédisposant aux ruptures complètes comme on en observe malheureusement beaucoup aux UAE.

 

7- Intervention du Dr Sue Stover durant le séminaire. (photo F. Kerboul).

Ce séminaire venait couronner la saison en apportant un complément indispensable au volet information – formation mis en œuvre à Bouthieb.

On y a vu deux membres de la commission endurance de la FEI (dont son président Brian Sheahan) y être très attentifs car, s'ils savaient qu'il se passait quelque chose à Bouthieb, ils n'en avaient qu'une idée assez vague et générale. Brian se dira très intéressé et impressionné en voyant tout cela de près.

DES ZONES D'OMBRE

Mais s'il y a lieu de se réjouir devant la tâche accomplie cette saison, il reste néanmoins un long et patient travail à faire. On ne change pas, en effet, des habitudes sur un claquement de doigt.

La tricherie devenue au fil des temps l'arsenal quasi consubstantiel de ceux qui prétendent à la victoire n'a pas disparu, même si on s'est efforcé tout au long de la saison d'en limiter la portée. C'est tellement ancré dans les habitudes que ce n'est pas en une seule saison qu'on en viendra à bout, on le sait.

Parmi les mesures innovatrices mises en œuvre pour cette dernière édition de la saison, le comité organisateur avait acquis des machines permettant de tester l'hypo sensibilité des membres des chevaux par pression ponctuelle. Pour des raisons de livraison deux machines seulement sur les 10 commandées ont été mises en œuvre au niveau de la clinique (et pas sur l'aire d'inspection pour des raisons réglementaires, ce dernier n'étant pas encore à jour sur ce point). Les éliminés passaient par là et subissaient le test. On a ainsi pu détecter deux chevaux indûment "traités". Les conséquences pour les entraîneurs auteurs de cette fraude ne sont pas encore connues. Mais l'utilisation de ces machines a été un véritables choc car la pratique de l'hypo sensibilisation (provisoire ou définitive) est apparemment répandue et jusqu'à présent passée de fait sous silence et impunie. Ce test devrait y mettre un terme à Bouthieb.

On a malheureusement eu à déplorer une euthanasie lors d'un des qualifier 80 km de la dernière session (vitesse obligatoirement entre 12 et 16 km/h). Un cheval, dont l'état général était médiocre, a été victime d'un déchirement ligamentaire grave. Les vétérinaires auraient pu le soigner provisoirement et le laisser repartir pour soins ultérieurs, mais les conditions étaient telles qu'ils en ont décidé autrement par compassion pour le cheval. À l'analyse, il est clair que cette conséquence fatale n'est pas attribuable à la course elle-même mais à un entraînement mal conduit et à un état général limite. Cela pose une fois de plus la question du surentraînement (bien mis en évidence par Dr Sue Stover) ainsi que celle de la nature de l'inspection initiale (qui n'a peut-être pas été suffisamment précautionneuse bien que le nombre de chevaux écartés lors des contrôles initiaux ait été à Bouthieb nettement plus élevé cette saison-ci que lors des années précédentes).

Des entraîneurs hostiles aux mesures nouvelles se sont exprimés en fin de séminaire, certains affirmant en public un point de vue qu'ils ne tiennent pas toujours en privé. Ils faisaient là peut-être acte de soumission à une autre doxa à moins qu'ils n'aient simplement du mal à se positionner.

On n'a probablement pas communiqué et expliqué suffisamment l'articulation des nouvelles règles et elles sont encore ésotériques pour nombre de personnes. Il est certain qu'elles peuvent apparaître de prime abord compliquées, bien qu'elles ne le soient pas réellement, et que ce n'est pas favorable à une compréhension populaire. Mais pour l'instant, le problème n'est pas d'attirer les foules de spectateurs, mais de remettre dans la tête des participants locaux des notions fondamentales telles que le respect du cheval sous tous ses aspects et de revenir à un sport sain en général. Ça touche aussi bien la connaissance du cheval et son entraînement que la formation du cavalier et la prévention de la tricherie, dont le dopage est la forme chimique.

Les mesures prises ne visaient pas seulement à éteindre le feu, elles vont bien au-delà. Sauf à démontrer le contraire, le site de Bouthieb (UAE) est le seul endroit de la planète où, au lieu de parler et se réunir à l'infini comme on le fait ici ou là en divers lieux depuis quelques années, on a mis concrètement en œuvre quelque chose de nouveau et de réfléchi qui est, à l'évidence, allé dans le bon sens et qu'en l'état ça vaut plus que tous les discours. On a pu en mesurer les effets positifs, mais aussi en analyser les insuffisances et c'est un pas de géant qui a été fait dans un pays très durement affecté par de nombreuses et inacceptables dérives.

 

8- Une aire d'inspection contrôlée même pendant une période d'affluence importante. Un cavalier et un groom par cheval, tous identifiés clairement avec le numéro du cheval leur correspondant attendent leur tour automatiquement affiché sur les écrans de lignes. (photo F. Kerboul)

"On n'a encore jamais vu de chevaux se tuer volontairement sur la piste". Cette phrase entendue en réponse à quelques interventions faites lors du séminaire où certains affirmaient que les accidents sont des effets collatéraux inévitables du sport de haut niveau cible bien l'un des premiers objectifs visés cette année. Il apparaît, à cette occasion, que nous n'avons pas tous la même notion de ce qui s'appelle sport de haut niveau en endurance, ce qui repose la question fondamentale de la progression et de l'instruction, tant du cheval que des hommes dans l'actuel système de qualification. Ça pose aussi un problème de vision interne aux UAE entre les 3 sites organisateurs et il semble bien en cette fin de saison qu'un schisme profond soit en train de faire son apparition. On peut espérer que cela trouvera une issue dont les chevaux et le sport sortiront gagnants.

 

9- Comparaison entre un cheval normalement entraîné et un autre surentraîné aboutissant à fracture et euthanasie. (diapositive de Dr Sue Stover)

UN VASTE CHANTIER EN PERSPECTIVE

De même que l'entraînement trop intense et rapide du cheval conduit à sa mort plus ou moins programmée, la rapidité de qualification "sans formation" est certainement un des problèmes de la discipline encore que sa croissance extrêmement rapide et sa popularité viennent aussi de son ouverture et qu'il ne faut pas briser cela par la mise en place d'un carcan réglementaire exclusivement favorable à une "élite".

Bouthieb est aujourd'hui un lieu de mise en œuvre tel qu'il apparaîtrait inepte de l'ignorer ou de le contourner. C'est une force de proposition, de démonstration et d'expérimentation de qualité avec en sus une ferme volonté politique sans quoi rien ne se fonde durablement. On pense à des domaines tels que la mise en place de circuits internationaux de prestige, l'amélioration du processus de qualification avec création d'une vraie formation pour les cavaliers et les chevaux mais sans tuer l'actuelle dynamique, un nouveau mode de sélection des juges prenant plus en compte leur réelle capacité d'action et de décision sur le terrain qu'aujourd'hui, une révision règlementaire visant à prendre en compte les diversités géographiques dont il faudra bien tenir compte un jour d'une manière ou d'une autre, la remise à plat de l'ensemble du contrôle anti-dopage en se posant sérieusement la question de sa validité scientifique réelle et de son indépendance face aux lobbys, la promotion de la télévision par internet et du domaine de la communication en général, les modes de financements et l'autonomie des organisateurs face aux donateurs, sponsors et mécènes, etc.).

Les promoteurs des changements intervenus à Bouthieb, et Sh Sultan en premier, ne manquent pas d'idées pour le futur et, quoiqu'il puisse arriver, ils poursuivront leur route. Cela se fera en solitaire ou ensemble, mais cela ne saurait s'arrêter en si bon chemin.

Bref, l'heure est passionnante et c'est plus que jamais le moment de bouger.


23 03 2016
FEI - UAE: Quelques nouvelles du front

Le temps se gâte sur le championnat du monde.

La situation sous forme de style télégraphique pour faire vite:

En gros, mauvais temps.

La FEI durcit le ton.

Va-t-on vers un clash où personne ne gagnerait?

Doit-on pénaliser ce qui se passe de positif à un bout du pays parce qu'à l'autre on dérive encore et encore?

On n'a encore jamais vu de chevaux se tuer volontairement sur une course, ce sont toujours les hommes qui en sont la cause. Il faut donc soigner les hommes avant tout pour épargner les chevaux. Dans ce cadre, le dialogue est la seule voie possible même si elle paraît particulièrement escarpée, tortueuse voire bouchée de prime abord. La guerre est une connerie qui n'a jamais rien résolu, l'histoire de l'humanité en est la preuve flagrante et incontournable.


16 03 2016
FEI: Suspension de deux officiels UAE: "Pas assez cher mon fils"*?

Le tribunal FEI a rendu son verdict concernant Hallvard Somersth (véto) et Aziz Sheikh (juge):

D'aucuns trouvent que ce n'est pas assez cher payé pour l'organisation de courses fictives.

Et c'est là que le bât blesse: les courses fictives ne sont pas prouvées. Il est en effet difficile de prouver une inexistence par définition et encore plus lorsque personne ne vient témoigner de la chose. Pression sociale et aussi très probablement financière (quand on est employé par l'organisme même qui a couvert et suscité la fraude, il est difficile de croire à son propre futur en dénonçant ce qui s'est passé).

Le tribunal a donc manifestement dû se contenter de passer par autre chose, à savoir dans le cas présent, les manquements aux devoirs des officiels comme l'acceptation de participer ou d'organiser des courses sans chronométrage...

 

Voir ici la décision du tribunal FEI concernant Hallvard Somerseth.

Voir ici la décision du tribunal FEI concernant Aziz Sheikh.

 

Faute de prouver plus, la sanction ne pouvait apparemment pas aller plus loin.

Pourtant la rumeur et certains dont le nom est apparu sur des avant programmes sans localisation précise et contenant le minimum requis d'officiels contrairement aux habitudes a tendance à dire autre chose.

Un tribunal ne peut en l'absence de preuves ou de témoignages aller plus loin. Certains le regretteront et il serait facile, trop facile, de les rejoindre.

* Le titre est un clin d'oeil à une ancienne publicité du fabriquant de voitures Renault où le fils d'un prince, présumément d'Arabie Saoudite, disait à son fils ravi d'avoir acheté un petit modèle de cette marque: "pas assez cher, mon fils!".


13 02 2016
UAE: Accord "historique" (avec mesures concrètes de terrain) signé entre la EEF et la FEI.

En fin de journée hier, et après des heures de discussions parfois âpres notamment pour ce qui concerne les réductions de fréquence cardiaques et de temps de récupération, la EEF et la FEI ont signé un protocole qui fait concrètement avancer le schmilblick.

On reconnaîtra parmi les 12 points énumérés dans le communiqué officiel (voir plus bas le lien direct) l'influence quasi toute puissante des nouvelles règles mises en place à Bouthieb de la propre initiative de Sh Sultan. La FEI qui souhaitait faire adopter un protocole similaire à celui mis en oeuvre à Bouthieb a donc réussi grâce à l'opiniâtreté de Manuel Bandeira qui n'a compté ni son temps ni ses déplacements pour arriver à ces fins. C'est encore partiel et insuffisant, mais c'est une étape décisive car c'est un premier pas concret là où jusqu'à présent il y avait seulement multiples "bonnes intentions".

Le point 1 concernant la réduction du nombre des épreuves pour le reste de la saison tombe sous le simple bon sens car depuis la saison dernière on en était arrivé à avoir jusqu'à 5 jours de course d'affilée par semaine entre les 3 sites (et même parfois 6), ce qui était éprouvant physiquement et mentalement pour les cavaliers et les entraîneurs et les amenait à faire plus ou moins n'importe quoi avec leurs chevaux pour faire nombre sur les épreuves. En fin de saison ils n'avaient pratiquement plus de chevaux en état de participer.

Tous les autres points sont inspirés des mesures prises à Bouthieb. On retiendra par exemple la réduction du nombre de chevaux par épreuves (150 maximum), c'est à dire par jour car à Dubai et Al Wathba, il n'y a qu'une épreuve / jour.

Le vrai point d'achoppement, le truc difficile à avaler manifestement, a concerné la limitation de la vitesse par le biais de l'abaissement des fréquences cardiaques autorisées et la réduction du temps de présentation. La fréquence cardiaque est passée de 64 à une plage libre allant de 56 à 60 avec temps de récupération de 10 à 15 minutes, mais seulement pour les épreuves 1* CEN et CEI. C'est un début.

Par contre pour les 2 et 3* (CEN et CEI) cela ne s'appliquera que pour le final. C'est insuffisant et on ne verra probablement que peu d'effet à terme. On pourrait y voir de la poudre aux yeux, mais ce serait oublier que c'est la première fois:

On reste peu convaincu pour ce qui concerne les 2 et 3* de l'efficacité résultante de cette demi mesure, mais c'est un début même, si c'est évidemment insuffisant pour réellement briser la vitesse, car ça implante une donnée nouvelle inexistante jusqu'à présent et allant dans le bon sens.

Ca reste néanmoins un pas de géant quand on connaît le milieu.

Les cavaliers et les entraîneurs s'y habitueront et les paramètres pourront à terme être resserrés pour rejoindre ceux de Bouthieb qui donnent les résultats que l'on connaît. On sait que c'est ce qui est dans l'optique de la FEI et que les mesures annoncées ont un caractère transitoire pour la seule fin de saison (laquelle se termine d'ici environ 1 mois et demi). Ne doutons pas que l'inter-saison sera mise à profit pour affiner et resserrer les conditions. C'est visiblement dans l'optique de Manuel Bandeira que d'arriver à faire adopter les critères mêmes de Bouthieb.

L'ensemble des autres mesures, calquées sur celles de Bouthieb, va calmer le jeu et peu à peu on verra le paysage se modifier, les pratiques s'assainir à Al Wathba et Dubai, les gymkhana délirants de 4 x 4disparaître, etc.

Le volet éducatif et protection spécifique des chevaux mis en oeuvre à Bouthieb et concrétisé par le double classement décrit plus bas (cliquez ici), ne fait pas partie du protocole car il n'est pas de type FEI. Seule la EEF pourrait le mettre en place mais il y a fort à parier qu'elle se heurtera en interne à de très fortes réticences.

Voir ici le communiqué de la FEI.

A notre connaissance, c'est bien la première fois que la FEI descend concrètement dans l'arène et se préoccupe de mettre la main dans les dispositions locales, au lieu de prendre des mesures générales pénalisant l'ensemble des cavaliers pour cause du comportement de quelques uns. C'est en soi une avancée par un changement de comportement et c'est probablement beaucoup plus efficace. On soigne là où ça fait mal, plutôt que de coller un avis sur la porte de la maison du malade en se disant qu'il ira mieux.

On ne verra pas les vitesses baisser vraiment sur les CEI et CEN 2 et 3* avec ce qui a été décidé pour la saison en cours, sauf à Bouthieb où les mesures mises en oeuvre là depuis le début de la saison restent valides quoi qu'il arrive. A titre d'exemple, le CEI 3* 240 km (3 x 80 km) des 7, 8 et 9 mars prochains à Bouthieb sera géré  selon les critères de Bouthieb et rien d'autre. En fin de saison, un bilan est prévu à Bouthieb et ce bilan servira d'argument pour avancer plus et mieux pour la saison prochaine.

C'est un cheminement lent et tortueux, mais on se heurte à des pratiques fautives fortement ancrées dans la "tradition" de l'endurance locale et le pouvoir de Sh Sultan n'a pas force de loi ailleurs qu'à Bouthieb.

Bouthieb est et restera la moteur qui tire la EEF et sert de référence à la FEI.

Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan qui est à l'origine de ce tremblement de terre qui a secoué jusqu'à la FEI mérite le plus grand respect.

Les chevaux-mobylettes sont menacés quoiqu'il arrive et les chevaux-partenaires ont plus de chances de revenir sur le devant de la scène et c'est tant mieux.

A suivre avec une attention soutenue.


12 02 2016
UAE: "pari" quasi gagné !!.

La date limite de l'ultimatum de la FEI était le 11 février.

La FEI publie aujourd'hui ce que tous attendaient: la position de la EEF (Emirates Equestrian Federation), réponse officielle faisant suite aux nombreuses réunions tout récemment tenues.

Et est advenu ce que nous attendions tous (sauf bien sûr les habituels pessimistes du bonnet, les sceptiques par principe de supériorité, les narcissiques aux accents héroÏques, les bonnes âmes à pointe bic plus ou moins continente, les grincheux au racismrésurgent (voir la nature de certains effarants commentaires qui ont pu être écrits ici et là - blog du Figaro par exemple - ) mais dont l'opinion compte finalement très peu dans le concert des événements en cours): L'extension au pays entier des protocoles initiés et mis en oeuvre à Bouthieb (hors système de points trop complexe à mettre en oeuvre sans recul).

Dès demain à Al Wathba sur la President Cup seront appliquées des protocoles similaires à ceux initiés sous la houlette de Sh Sultan comme le demandait la FEI (fréquence cardiaque, récupération, temps de repos, voitures "suiveuses", grooms, etc.). C'est un énorme succès et un véritable tour de force qui, si tout cela est consciencieusement appliqué, va révolutionner l'endurance aux UAE au plus grand profit des chevaux

En sus, la fédération nationale va mettre en place un système de qualifications plus et mieux contrôlé, etc.

Voir ici le communiqué de la FEI.

NOTE: Sur le site de la EEF ne sont pas encore publiées les conditions techniques révisées (13 février, 01:42 am, heure locale UAE).

En y réfléchissant un peu, même quand on n'était au courant que par la seule rumeur, il n'y avait aucune autre alternative. Dans tous les cas, pour ceux qui sont proches de l'action et pour toutes les parties en cause, c'était une évidence certaine bien que de l'ordre du non-dit jusqu'à proclamation.

Manuel Bandeira est de nouveau sur place pour constater la mise en oeuvre effective de ces nouvelles règles.

Il est important de reconnaître à cette occasion que la FEI, souvent taxée de laxisme ou d'impuissance, a agit avec célérité et maîtrise dans la crise qui venait de naître, crise d'autant plus marquée que le site de Bouthieb était, lui, devenu exemplaire. C'est un point important qui mérite d'être éminemment souligné.

Pari définitivement tenu? A vérifier en regardant notamment du côté du grand juge de paix, à savoir le feedback de la clinique en fin de course demain soir. Une clinique vide ou quasiment, l'absence de fractures délétères, de chevaux au bout du rouleau, etc. serait une consécration.


09 02 2016
Bouthieb (Abu Dhabi - UAE): Pourquoi et comment ça marche.

The same text in English

RÉSUMÉ DE LA SITUATION

A Bouthieb, on ne connait plus de chevaux morts à la tâche ou qu'on doit euthanasier suite à des fractures rédhibitoires.

A Bouthieb, la vitesse n'est plus l'obsession première au détriment des chevaux.

A Bouthieb, on obtient un taux de non traitements qui ferait pâlir d'envie bien des organisateurs de courses, bien des fédérations de par le monde.

A Bouthieb, veiller par-dessus tout au bien être des chevaux est en passe de (re)devenir monnaie courante.

A Bouthieb, le cheval a quitté le statut d'outil pour redevenir le partenaire avec lequel on joue.

Bouthieb est bien le lieu du renouveau par la mise en place d'une manière de faire concrète basée sur des constats évidents, tout cela étant rendu possible grâce au courage et à la ferme volonté d'un prince qui n'a pas peur de bouleverser le monde pour "simplement" revenir aux fondamentaux de l'endurance.

Est-il si difficile de faire la même chose ailleurs?

ORGANISER DES CONCOURS D'ENDURANCE AUX UAE

Chaque année, la fédération nationale des UAE publie le calendrier de la saison qui sera plus ou moins amendé au fil des semaines si nécessaire. C'est le résultat de négociations entre les 3 comités organisateurs et la fédération.

Le calendrier officiel qui en résulte est constitué de telle sorte que la répartition des épreuves soit équilibrée. Ainsi chacun des trois sites a-t-il 22 épreuves pour la saison 2015/2016 soit un total de 66 pour le pays (édition du 01 01 2016).

Bouthieb représente à lui seul 33% des concours des UAE pour la saison en cours. C'est donc loin d'être une exception ou un site mineur. On pourrait même ajouter que les "qualifiers" y étant plus nombreux, le nombre de chevaux qui passent par Bouthieb en fait le site le plus important des trois. Une étude plus fouillée montrerait probablement que bon an mal an ce site accueille entre 40 et 45% du nombre des chevaux en compétition.

Il faut donc cesser de se focaliser sur Dubai et Al Wathba en pensant que Bouthieb représente un petit truc dans un coin des UAE. C'est pourtant ce qui ressort en général de la presse qu'on peut lire ça et là à travers le monde.

Il faut dire que nombre d'articles sont écrits de loin, et chacun sait que plus on est loin, plus on schématise, plus on généralise. Et comme le sensationnel ne vient pas de ce qui est positif mais quasi systématiquement de ce qui est négatif, on enfonce, on stigmatise, on tourne en rond sur ses rancoeurs, on oublie ce qui est bien au profit de ce qui ne l'est pas, alors que c'est là pourtant qu'est nécessairement le futur.

Sans pour autant oublier ce qui ne va pas et ne devrait pas être, on va vous parler ici de ce qui se passe à Bouthieb et du succès fracassant des nouvelles règles mises en œuvre, règles qui ont participé à faire bouger la FEI plus vite qu'aucune opération ne l'avait fait auparavant. 

POURQUOI DE NOUVELLES RÈGLES?

Depuis des années Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan stigmatise ce qu'il nomme le "flat race endurance", déviance coutumière de la discipline aux UAE (y compris à Bouthieb jusqu'à l'apparition des nouvelles règles de la présente saison).

La suspension de la Fédération Nationale des UAE, lui a donné raison et il y a vu une opportunité inégalée de changement là où d'autres se sont sentis humiliés ou se sont faits furieux et revanchards.

Il a alors demandé qu'on lui propose des mesures avec pour objectif premier ce qu'on peut résumer par "kill the speed, not the horse", tant, pour lui il existe une relation évidente de cause à effet entre ces deux éléments (ce qu'aujourd'hui la FEI affirme également haut et clair).

Partant du constat que la dite vitesse augmente avec la valeur des prix qui sont au bout de la course pour le vainqueur et du fait que les règles internationales ne sauraient à elles seules suffire à redresser la situation (on le constate), nous avons ensemble élaboré les nouvelles règles qui donnent de si spectaculaires résultats.

QUELS SONT LES MOYENS MIS EN ŒUVRE?

La double question de fond était: comment tuer la vitesse qui tue et comment éduquer les compétiteurs pour qu'ils le comprennent et cessent d'oublier que le cheval n'est pas une mobylette interchangeable.

D'hypothèses en réflexions, on en est arrivé à mettre en place un système basé sur 4 axes principaux:

1.  Réduire la vitesse en resserrant fortement les paramètres FEI classiques de façon telle qu'il soit, par exemple, simplement impossible de galoper sur 40 km à 40 km/h en oubliant tout le reste.

2.  Mettre en place un système conjoint nécessitant de tenir compte de la santé du cheval en compétition par la mise en place de points en rendant compte pour un "Best Riding Challenge".

3.  Doter le système conjoint beaucoup plus fortement que le classement traditionnel pour en faire un élément plus "attractif" afin de réorienter les mentalités avec l'aide de l'appât du gain.

4.  Assortir le tout de règles d'encadrement accompagnant la volonté de retour à un sport sain et soutenant la volonté d'éducation générale.

On a donc en quelque sorte répondu à la double question par la création d'un double système.

RESSERRER LES PARAMÈTRES "TRADITIONNELS"

On se rend bien compte sur le terrain que les règles FEI seules et en l'état n'ont pas permis de régler le problème de la vitesse pour la vitesse et que les dérives continuent peu ou prou d'exister.

Il fallait donc les "travailler" au maximum et les assortir d'autre chose.

On oublie trop souvent que les avant programmes sont des contrats de conditions particulières des épreuves qui y sont déclarées et qu'il est possible et réglementaire d'y amender les règles générales dans une certaine limite.

Beaucoup pensent que la limite des 64 bpm est une obligation alors qu'il est clairement dit (notamment avec la reformulation effectuée à l'occasion de la révision de la 9ème édition) que cette limite est valide si rien de plus contraignant n'a été écrit dans l'avant programme. C'est ainsi que depuis 2 ans à Bouthieb la limite était abaissée à 60 bpm et qu'on a donné un tour de vis supplémentaire en la fixant maintenant à 56 bpm.

Ceci a un impact net sur le temps de récupération qui risquait de ce fait d'augmenter plus que la vitesse ne serait réduite par cette disposition. On aurait alors eu des chevaux continuant d'aller trop vite mais avec un temps de récupération allongé pour compenser la baisse de la fréquence cardiaque admissible.

On a donc, alors et conjointement, réduit le temps de présentation (ce qui est également possible dans le cadre du règlement international à condition de l'écrire dans l'avant programme ou de le signifier clairement lors du briefing). En le passant à 10 minutes, conjointement à la baisse de la fréquence cardiaque, on impacte inévitablement la vitesse sur la piste. On a ainsi constaté l'impossibilité consécutive de dépasser par exemple la limite des 23/24 km/h grâce à cette double disposition.

Ces deux modifications ont fait l'objet d'une consultation auprès de la FEI qui en a confirmé la possibilité réglementaire.

METTRE EN PLACE UN SYSTÈME CONJOINT DE PROTECTION

Réduire la vitesse, c'est bien, mais cela n'est pas suffisant pour replacer le bien-être du cheval au centre des préoccupations.

On sait que de multiples sports intègrent des systèmes de points de pénalité qui interfèrent avec la seule notion de vitesse. C'est notamment le cas dans les épreuves de cross du concours complet ou celles d'attelage.

Parmi les solutions trouvées par les fédérations nationales pour l'initiation et la formation des cavaliers d'endurance, il en est une qui nous est apparue comme pouvant être source d'inspiration car rendant le mieux compte du comportement du cavalier en apprentissage. C'est le système belge où des séries de points de pénalités sont attribués en fonction de la vitesse, du temps de récupération, de la fréquence cardiaque, etc. On constate que ce système de pénalités encadre et rend compte de la capacité du cavalier à gérer son cheval, ce qui est, ou devrait être, le but de toute formation en endurance.

S'inspirant de l'idée première de ce système, plusieurs schémas ont été élaborés pour rendre compte du "management" du cheval par le cavalier.

Finalement a été mis en place un système de points à gagner en fonction des multiples critères suivants:

•   Vitesse: des points sont attribués en fonction de la vitesse. 20 km/h donnent le maximum de points. Le dépassement de cette limite vaut zéro point. En dessous de 20 km/h on perd 1 point par km/h.

•   Récupération: le nombre de points est inversement proportionnel au temps et croit plus vite que les autres points, donnant ainsi la primeur sur les points vitesse et cardiaque. 1 minute donne le maximum de points, 10 minutes est le temps maximum alloué et le minimum de points à gagner. Un temps supérieur à 10 minutes est éliminatoire.

•   Fréquence cardiaque: là aussi le nombre de points attribués est inversement proportionnel à la fréquence cardiaque. 56 bpm donnent droit à 1 point et cela va en augmentant au fur et à mesure que la fréquence baisse. Une fréquence supérieure à 56 est éliminatoire.

•   Allure: l'allure entre également en jeu dans l'attribution des points, mais dans une moindre mesure. Il n'existe là que deux possibilités: "A" qui donne le maximum et "B" qui est le minimum, "C" étant par définition éliminatoire (c'est la boiterie constatée).

•   Métabolisme: sur les 6 critères usuels, on a gardé les 3 considérés comme étant les moins "subjectifs", à savoir, muqueuses oculaires, remplissage capillaire et sangle / garrot / dos (douleurs, blessure). Le système fonctionne de telle sorte que 3 "A" (ou "1") donne le maximum de points, 2 "A" (ou "1") et 1 "B" (ou "2") en donne un de moins, et ainsi de suite. Un "C" sur sangle / garrot / dos donne zéro point quel que soit le résultat des deux autres critères (ce qui est logique car un tel cheval, ayant blessure ou douleur ne devrait pas repartir de toute façons).

Ceci s'applique tout au long de l'épreuve de façon continue et pas sur le seul résultat final de façon à être une préoccupation permanente.

Au plan technique de chronométrage, cela complique bien évidemment la donne, et il est impossible de gérer tous ces paramètres sans un programme automatique sophistiqué.

EQUILIBRER LES DOTATIONS EN FONCTION DU BUT RECHERCHÉ

On voit bien que les deux systèmes sont non seulement parallèles mais aussi en interrelation permanente durant les compétitions.

On obtient actuellement deux classements en fin de concours: le classement traditionnel FEI avec les contraintes durcies comme expliqué plus haut, et le classement aux points qui rend compte de la bonne gestion du cheval au regard de son bien-être et de sa protection tout au long de l'épreuve.

Afin de satisfaire le classement FEI tout en promouvant le classement aux points, la dotation globale a été répartie de la façon suivante:

•   Classement FEI:                               30%

•   Classement aux points (hors FEI):       70%

Cette répartition rend le classement aux points très attractif sur le plan pécuniaire. Les compétiteurs cherchent à gagner le maximum de points tout en essayant d'arriver premiers, mais leur préférence va vers la dotation la plus forte. L'idéal est bien entendu d'être classé premier dans les deux systèmes. Le grand gagnant de cette disposition est assurément le cheval.

Peu à peu se dessine ainsi une nouvelle manière de voir, une nouvelle façon d'être en compétition. Il ne s'agit plus seulement d'arriver premier, même avec un cheval au bord de ses limites, mais d'arriver mieux.

Du point de vue du jeu proprement-dit, cela demande plus de calcul et une stratégie différente. C'est une vraie révolution qui a, et aura, des répercussions sur le mode d'entraînement et le type de chevaux et, à terme, sur l'élevage même.

On voit des entraîneurs se prendre au jeu et changer leur façon de faire. Le but est en fait de gagner dans les deux systèmes, à savoir arriver le premier sur la ligne tout en ayant le meilleur résultat aux points. Cela ne peut se faire qu'en s'adaptant aux données nouvelles.

Le jeu devenant plus difficile parce que plus subtil est d'autant plus intéressant. Il est, en plus, totalement conforme à l'esprit de l'endurance qui est de gagner tout en préservant sa monture (ce que théoriquement l'interrelation classique entre la fréquence cardiaque et la vitesse devrait suffire à satisfaire).

RÉÉDUQUER PAR UN ENCADREMENT NOUVEAU

On l'a vu, tout cela vise à préserver le cheval et à rééquilibrer sainement l'échelle des valeurs dans les mentalités des participants.

Mais, on ne saurait s'arrêter là et cela serait insuffisant si on ne remettait pas en perspective l'ensemble des comportements nécessaires dans le cadre d'une compétition. C'est pourquoi des règles strictes ont été mises en place pour accompagner les nouvelles dispositions dites plus haut.

On ne fera ici qu'en énumérer quelques-unes:

•   contrôle du nombre des véhicules d'accompagnement;

•   fin du mélange des voitures et des chevaux sur les pistes (existant à Bouthieb pour la 3ème année consécutive);

•   mise en place de points d'eau fixes avec interdiction de l'arrosage continu;

•   Interdiction faite aux piétons d'être sur la piste des chevaux ailleurs qu'aux points d'eau pour les attendre;

•   Interdiction de solliciter ou encourager les chevaux depuis les voitures;

•   instauration des briefings qui n'existaient pas jusque-là;

•   obligation de propreté de la zone de grooming;

•   mise en place d'un réseau de caméras de surveillance avec enregistrement (y compris sur les lignes de trotting);

•   contrôles inopinés des puces d'identification en concours;

•   renforcement du contrôle des poids;

•   contrôle des identités sur piste en cas de doute;

•   contrôle inopiné des équipements et des harnachements;

•   visites attentives des zones de repos;

•   etc.

Tout cet ensemble de mesures vise à créer le cadre propice à un retour normal des conditions d'exercice de l'endurance.

BOUTHIEB: UNE SOLUTION DE SORTIE DE CRISE

On le sait, pour l'avoir entendu maintes fois, notamment de la bouche des autorités en charge de l'endurance internationale avant les Jeux Equestres Mondiaux de Normandie 2014, l'endurance souffrirait de son propre succès et de la croissance exponentielle qui est la sienne.

C'est une explication qui ne saurait en elle-même suffire. Les dispositions prises en urgence juste avant les susdits JEM avec application au 1er août 2014 n'ont manifestement pas réussi à enrayer les dérives observées et qu'elles avaient pour but de combattre.

Il fallait manifestement autre chose que des modifications réglementaires à caractère majoritairement répressif.

Les nouvelles règles mise en œuvre à Bouthieb, outre qu'elles sont concrètes et proviennent des forces vives qui mettent la discipline en œuvre au quotidien sur les terrains de concours, ont un caractère incitatif et non répressif. C'est une autre manière de faire, dictée par la réalité même de l'âme humaine.

On en voit l'efficacité immédiate et on en constatera à terme les conséquences non moins positives sur les mentalités et au bout du compte sur la protection des chevaux, voire sur l'ensemble de la filière. Les dispositions mises en œuvre ne sont aucunement contradictoires avec les buts de la FEI dont les gênes constitutifs sont le sport et la protection du cheval avant même le sport.

Et la question se pose de savoir ce qui pourrait empêcher de diffuser ailleurs un type de protocole semblable à celui développé avec le succès que l'on sait à Bouthieb. Cela peut se faire sous l'égide de la FEI dont on voit avec satisfaction qu'elle est aujourd'hui prête à agir avec une fermeté nouvelle en prenant appui notamment sur cet exemple vivant.

On peut aussi se demander, s'il ne serait pas céans de poser un nouveau regard sur le règlement international et la discipline toute entière à partir de l'exemple donné aujourd'hui par Sh Sultan et l'équipe qui travaille avec lui au regard des résultats exceptionnels obtenus. L'endurance est plus ou moins dans un moment d'incertitude où beaucoup de voix de par le monde s'élèvent pour déplorer ce qu'elle a pu devenir par rapport à ses ambitions fondatrices.

Peut-on imaginer une réflexion sur l'opportunité d'amender le règlement international de l'endurance qui participerait à la mieux encadrer en lui donnant une image publique plus positive remplaçant celle trop décriée qui est actuellement la sienne et qu'elle ne mérite pas car c'est une grande discipline qui ne devrait avoir aucune raison de rougir d'elle-même à condition que ses "joueurs" le veuillent bien partout?


28 01 2016
Bouthieb (Abu Dhabi - UAE): la révolution continue.

The same text in English

Les nouvelles règles introduites à Bouthieb sous la houlette de Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan ont, à ce jour, été mises en œuvre sur 3 évènements totalisant 8 concours ayant concerné du 31 décembre 2015 au 23 janvier 2016 - soit sur une période de 3 semaines et 2 jours - un total de 1077 chevaux.

Sur ce nombre seuls 5 chevaux, dont la vie ni le futur sportif n'étaient en danger, ont nécessité des soins significatifs. Ces chevaux ont quitté la clinique en fin de journée.

On ne peut que se réjouir d'un tel résultat à la fois parce que c'est exceptionnel et aussi parce que c'est tout simplement inédit.

Cette baisse spectaculaire des chevaux nécessitant des soins inévitables en clinique, cette disparition des chevaux morts d'épuisement ou abattus pour cause de fracture, est certes la conséquence la plus importante et la plus visible de la révolution ayant lieu à Bouthieb.

Mais il ne faut pas oublier que cela fait partie d'un vaste ensemble d'éducation / rééducation en cours et présentant de multiples autres aspects.

En voici quelques-uns.

LA PISTE

Que vous dire sinon que c'est simplement le jour et la nuit avec ce qui se passait avant?

Les voitures n'ont accès que si elles ont le badge d'autorisation qui leur a été remis. Leur nombre est limité à un véhicule pour 5 chevaux par entraîneur Afin de pouvoir assurer un contrôle efficace, le badge n'est pas une petite étiquette discrète qu'on coincera dans un angle du parebrise et que les stewards ou les policiers en charge n'auront pas le temps de lire, mais un autocollant de dimensions généreuses (30 cm x 30 cm) qui ne permet pas la fraude.     

     

SEULS LES VEHICULES AVEC BADGE SONT AUTORISES

La piste des cavaliers est bordée de monticules linéaires interdisant aux véhicules d'accompagnement de se mêler aux chevaux et de recouper leur trajectoire. Les véhicules circulent sur la piste de droite ou celle de gauche, en principe en fonction du vent afin de ne pas molester les chevaux avec la poussière produite par le roulement. C'est la 3ème année que cette disposition a été mise en place à Bouthieb, mais ce n'est qu'une première étape car on envisage la possibilité de modifier les pistes en les rendant plus techniques et en les séparant du circuit des véhicules d'assistance pour la saison prochaine. Les points de contact se feraient alors aux points d'eau comme dans le reste du monde. Les cavaliers en seraient d'autant plus responsables, n'étant plus quasiment téléguidés par leurs entraîneurs. Cela ne peut qu'être bénéfique pour les chevaux car les cavaliers devenant plus autonomes seront d'autant plus responsables, d'autant plus à l'écoute de leur monture à n'en pas douter.

L'interdiction de l'arrosage continu et la création des points d'eau a mis un terme à la dangereuse et irraisonnable course des 4x4 coupant et recoupant la trajectoire des chevaux au gré des fantaisies des équipages. Finis les dix 4x4 pour un cheval slalomant à 5 ou 6 de front et les arrosages en continu tout au long de la piste. Désormais, si les voitures d'assistance suivent encore les chevaux le long de la piste, elles prennent de l'avance pour s'arrêter aux points d'eau (actuellement tous les kilomètres), où les grooms descendent et les attendent. Alors que j'étais moi-même sur la piste en de tels point, j'ai eu pour la toute 1ère fois le sentiment intime d'être sur une course d'endurance comme il en existe ailleurs dans le monde et non plus au milieu d'une sorte du gymkhana fou où seule compte la vitesse pour la vitesse au détriment de l'essentiel, à savoir le bien-être et la préservation des chevaux.

     
SUIVI SUR LA PISTE                                              CREW POINT

PROPRETÉ ET TENUE GÉNÉRALE

Les deux clichés ci-dessous en disent plus que tout discours ne pourrait le faire. Les deux ont été pris à Bouthieb en fin de journée de course à la veille d'une autre. Le 1er a été pris lors de la saison dernière, le 2ème en janvier 2016. Entre les deux ont été mises en oeuvre des consignes strictes (fini les sacs de glace vides qui traînent et tout ce qui n'est pas les bacs à eau nécessaires pour le lendemain). La consigne est permanente et s'applique tout au long des concours. Les sacs de glace blancs qu'on jette et piétine n'ont plus le droit de cité, leur contenu devant être versé avant l'épreuve dans des bacs ou des containers. Ça fait partie d'une éducation encadrée où faire ce que bon vous semble n'est plus de circonstances, où l'image entre en jeu pour la renommée.      

    
AVANT                                                        MAINTENANT

Désormais l'aire de grooming n'est plus une zone sans limites, elle est clairement définie: il y a le dedans et le dehors. Ceci permet de contrôler plus efficacement la règle des 5 assistants par cheval. Même si cela n'est pas respecté à 100% encore, ça s'imprime dans les mentalités avec l'aide de l'organisateur et des jurys et la différence avec ce qui se pratiquait avant se voit à l'œil nu. La notion de field of play se matérialise autant physiquement que mentalement, ce qui est positif.  

      
MATERIALISATION DE LA ZONE DE GROOMING

CONTRÔLE

Mais l'homme étant ce qu'il est et ayant une tendance innée à se cramponner à ses vieilles habitudes, il a fallu passer par un réseau de surveillance afin d'aider le jury dans sa tâche de gestion. C'est ainsi qu'une pièce avec accès direct sur l'aire d'inspection centralise désormais un réseau de caméras haute définition. Ce réseau couvre l'ensemble du vet gate (donc depuis l'arrivée jusqu'au départ et incluant par conséquent le grooming, l'aire d'inspection avec les lignes de trotting, les zones de repos et même la zone d'approche de l'arrivée et les quelques dizaines de mètres après le départ). Tout est enregistré et l'opérateur en charge peut agrandir toute image qu'il souhaite et zoomer autant que la technologie le permet. Cela possède un caractère dissuasif qui n'est peut-être pas encore totalement intégré dans les mentalités, mais qui porte en soi certainement des fruits dont on prendra conscience en fin de saison lorsqu'on fera le bilan. Pour l'instant, c'est, pour le jury, une aide apportée à la vigilance permanente qui doit être la sienne.

     

CONTROLE PAR VIDEOSURVEILLANCE DE L'ENSEMBLE DU VET GATE

EFFETS COLLATÉRAUX

On a beau imaginer tout un ensemble de règles et essayer de circonvenir les conséquences inattendues qui pourrait se faire jour dans la vraie vie, il est inévitable d'avoir des surprises.

Ainsi a-t-on vu le nombre des abandons (RET) augmenter sensiblement sans que les causes en apparaissent a priori clairement. À l'analyse, et en questionnant les intéressés, on a découvert une raison inédite issue des nouvelles règles mises en œuvre. En effet, sachant que la dotation est de 30% pour le classement traditionnel et 70% pour le classement aux points (traduisant la bonne condition du cheval et sa bonne gestion), on voit des entraineurs retirer leur cheval correctement classé à la vitesse, mais piètrement classé aux points. Bien qu'étant considéré apte à repartir, ils savent que la plus grosse dotation leur échappe et ne voient pas de raisons de continuer alors même que dans le contexte "traditionnel" seul ils auraient continué sans hésiter, au risque de pousser éventuellement leur monture jusqu'à la limite de ses forces pour gagner. Le grand bénéficiaire de cet effet collatéral est assurément le cheval. On en est ravi, mais on ne s'attendait pas à cela.

On entend des entraineurs se réjouir de constater qu'un cheval qu'ils ont entraîné pendant des mois ne voit pas sa carrière stoppée net pour cause d'excès (fracture, mort, métabolisme catastrophique) à la première course d'importance et qu'il poursuivra sa carrière encore et encore, ce qui est satisfaisant et leur ouvre des perspectives nouvelles.

On entend ces mêmes entraîneurs dire que des chevaux peu rapides mais "endurants" - et donc jusque-là condamnés à toujours perdre - se retrouvent soudainement avoir un futur devant eux grâce aux nouvelles règles. Ainsi a-t-on pu voir émerger dans les 10 premiers des chevaux toujours en fin de liste. Cela modifiera partiellement les règles du marché à n'en pas douter car les qualités qu'il fallait avoir pour gagner ne sont maintenant plus vraiment les mêmes.

Au niveau entraînement, il va leur falloir aussi, expliquent-ils, envisager les choses différemment, à partir du moment où les paramètres ont non seulement changé mais se sont considérablement durcis tout en imposant des objectifs nouveaux.

On entend des entraîneurs déclarer un nouvel intérêt au jeu car il est désormais plus difficile et surtout plus complexe. Il faut maintenant calculer et pas "seulement" aller le plus vite possible. C'est ainsi que le galop à longueur de piste se fait trot par endroits. Si durant la saison prochaine le tracé des pistes est moins plat et plus technique (et le site de Bouthieb avec ses dunes le permet), cet intérêt ne peut que grandir.

Mais on voit encore de trop nombreux cavaliers attendre passivement les ordres au lieu de gérer leur course au mieux de leur monture. Ces gens arrivent alors près de la ligne d'arrivée et se mettent à tourner en rond pour passer quand leur temps leur permettra d'avoir le maximum de points vitesse. C'est une sorte de détournement de la règle par non intégration ou mauvaise compréhension de celle-ci. Une nouvelle explication des buts du jeu accompagné de contraintes plus fortes que la seule injonction devra être mis en place pour faire disparaître ce début de mauvaise habitude qui nuit à l'image de l'expérience. Mais au fil des compétitions on voit grandir le nombre (encore relativement modeste – environ 20% sur la dernière épreuve courue) de ceux qui, exploitant la nouvelle donne, régulent effectivement leur vitesse sur la piste au bénéfice certain du bien-être des chevaux.

Ainsi se dessine une manière différente de concourir en endurance, une manière basée sur des critères redevenus essentiels alors qu'ils avaient été relégués au fil du temps au rang d'éléments mineurs. La réorientation volontaire des dotations aide aussi indéniablement à faire rentrer dans les mœurs cette nouvelle vision.

Mais tout n'est pas rose et la relative rapidité de la mise en œuvre de cette "nouvelle" façon de faire soulève des oppositions plus ou moins déclarées. Les adaptations et ajustements inévitables dans la mise en œuvre de tout projet servent çà et là de base pour tenter de déstabiliser l'opération. Mais pour qui connaît la persévérance passionnée de Sh Sultan, il est évident que cela sera insuffisant pour l'arrêter, lui et toute l'équipe qui travaille avec et autour de lui de façon très intime et coordonnée dans un projet qui donne de si bons résultats quant au bien être des chevaux, ce qui doit passer avant toute autre considération quoiqu'il arrive.

La FEI a réagi et planifié en urgence des réunions avec la EEF (Emirates Equestrian Federation) pour voir dans quelle mesure des dispositions similaires à celles de Bouthieb pourraient être appliquées sur l'ensemble du territoire. Nous espérions, Sh Sultan en premier, une réaction officielle de la FEI, mais nous ne pensions pas qu'elle interviendrait avec une telle rapidité (environ 10 jours).

Quittant la seule théorie réglementaire, nous avons fait le saut dans le réel en mettant en place sur le terrain à Bouthieb des règles pionnières qui, loin de contrevenir au sens profond de l'endurance, lui apportent une sécurité nouvelle. Cela va en tous cas dans le sens même de l'action et de la recherche de la FEI (Fédération Equestre Internationale) et nous espérons que notre action impactera positivement le futur de la discipline.

PS: Au moment même où j'écris se tient à Lausanne au siège de la FEI une réunion avec les principaux responsables de la Fédération émirati sur ce thème.

Cliquez ici pour la déclaration de Manuel Bandeira (FEI).


11 01 2016
Tribunal Arbitral du Sport (SUI): O'Connor débouté (Championnat d'Europe de CSO à Aachen 21-08-2015).

On se souvient de l'incident rarissime ayant eu lieu en août dernier à Aachen (GER) lors du dernier Championnat d'Europe de CSO ici rapporté (Clic) et qui avait provoqué l'élimination de l'équipe irlandaise de la sélection pour les J O de Rio (BRA).

Le Tribunal FEI avait confirmé la décision des Officiels du concours, suite à quoi O'Connor avait relevé appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport (CAS - TAS), lequel vient de débouter le plaignant en reprenant les arguments de la FEI, fondés sur le règlement en vigueur.

Cliquez ICI pour en savoir plus.

Comportement étrange de la part d'O'Connor car à la lecture du règlement son cas était à la fois désespéré et limpide. L'ignorance du cavalier ayant abouti à une absence de réaction de sa part est, en effet, évidente.

On se souvient qu'un groom de piste avait coupé la voie au cavalier dont, de ce fait, le cheval avait heurté l'obstacle suivant provoquant 4 points de pénalité. Le cavalier avait la possibilité réglementaire de s'arrêter et de demander à reprendre le cours de son parcours avant le lieu de l'incident, ce qui lui aurait évité d'avoir les 4 points de pénalité, mais ayant continué son parcours, cela signifiait qu'il en acceptait l'existence.

Lire le règlement et le connaître est indispensable tout simplement. On imagine et espère qu'O'Connor l'aura finalement compris.


10 01 2016
Un nouvel événement tricolore: BRUXELLES (BEL) du 18 au 20 août 2016.

Un nouvel événement endurance est né en Europe et plus précisément en Belgique sous la houlette de Pierre ARNOULD, Eugène MATY, Nicolas WALHEN, Jean-Louis LECLERC, et une forte équipe avec un programme d'envergure pour démarrer:

Dans la forêt domainiale près de Bruxelles avec comme point d'ancrage un château et son parc, avec des moyens et un support officiel qui ont convaincu la FEI au point d'attribuer un Championnat d'Europe et un Championnat du Monde ... à un site nouveau. Il faut dire que le staff organisateur n'est pas composé que de petits nouveaux sans expérience :):)

Bruxelles est annoncé comme étant le plus grand événement d'endurance pour 2016 en Europe.

Ne ratez ce rendez-vous tricolore européen sous aucun prétexte.

PS: pour ceux qui lisent trop de journaux sportifs avec rédacteurs au cerveau étriqué, rappelez-vous que la Belgique a également un drapeau tricolore (de même que l'Allemagne, la Hollande, l'Italie, etc.) et que ce n'est absolument pas l'apanage de l'hexagone contrairement à ce que certains pourraient stupidement croire...


08 01 2016
Open Riders World Endurance Ranking FEI: Ca roule pour elles.

Bonne nouvelle pour bonne nouvelle, en voici une de plus:

Toutes les 3 se tiennent dans un mouchoir de poche et on remarquera au passage:

Pour le mode de calcul cliquez ICI.

Pour consulter les palmarès respectifs, cliquez sur les noms de famille.

Un grand bravo à toutes les trois.


04 01 2016
Désastre à Bouthieb (UAE): Cinique vide, conséquence des nouveaux paramètres mis en oeuvre.

The same text in English

Le jeudi 31 décembre à Bouthieb (UAE) fût un jour historique: Durant le CEN 1* 90 km Ladies comportant 59 concurrentes, la clinique est restée désespérement vide, ce qui, selon les responsables, ne s'était jamais vu depuis que l'endurance existe aux UAE. Sheikh Sultan, le comité organisateur, les officiels, les participants, etc. tout le monde s'est accordé à dire, avec un plaisir non dissimulé et un brin d'humour noir, que c'était là un véritable désastre ... pour l'emploi des vétérinaires traitants, lesquels étaient au comble de la joie pour avoir passé une journée d'un mortel ennui.


C'est propre, c'est aligné, c'est vide. Au fond un vétérinaire "désespéré".

Le second jour de compétition fût du même ordre avec 2 épreuves (CEI 1* 80 km en 3 phases et 89 concurrents, plus CEN 1* 100 km en 4 phases pour chevaux privés avec 39 concurrents) cumulant un total de 128 chevaux sur la piste. On compta pour la journée un métabolique léger ayant eu pour seul traitement 5 litres de perfusion sans aucun additif, une sorte de perfusion de confort, en somme. Et rien d'autre.

Le troisième jour le CEIYJ 2* 120 km en 5 phases comportait 55 concurrents en piste. Furent présentés en clinique 3 chevaux qui avaient perdu leur cavalier ayant chuté sur la 1ère phase dans le vent de sable léger mais réduisant la visibilité et qui furent rattrapés, menés en clinique et aussitôt relâchés car ne présentant aucun signe justifiant leur présence. Pour la journée, on compta 3 métaboliques dont 2 sans aucun traitement et 1 recevant 10 litres de perfusion sans aucun additif, plus 3 boîteries dont une seule fit l'objet d'une petite dose d'anti-inflammatoire. Et c'est tout.

Soit 3 jours de course, 4 compétitions, 242 chevaux, 3 chevaux ayant reçu en clinique un traitement léger par acquis de conscience.

Une façon remarquable de finir 2015 et commencer 2016 à Bouthieb. Les nouveaux paramètres de course, mis en oeuvre de façon stable pour la première fois (avec notamment 10 minutes de temps de récupération, même pour le final et 56 bpm maximum) ont produit plus d'effet que nous ne l'espérions tous et il régnait une atmosphère inédite de surprise, de satisfaction, d'analyse et de recherche, un bouillonnement intellectuel mêlé de joie jusqu'alors inconnus. Pour la première fois Sheikh Sultan, qui ne faisait plus que passer rapidement une ou deux fois par saison, resta en permanence sur le site durant les trois jours et présida même le mercredi le briefing de la première compétition.

Le nouveau président de la fédération nationale, cavalier de saut d'obstacle, vint quant à lui de nombreuses fois, visitant la clinique, parcourant le site, allant sur les pistes, contrairement à son prédécesseur qu'on ne vit jamais.

Il y aura toujours des grincheux pour affirmer qu'il s'agit là sûrement d'une gesticulation de façade, que ça ne durera pas vous verrez, etc. mais ce serait là pure médisance et imbécillité due aux préjugés autant qu'à l'ignorance comme toujours. Moins on en sait, plus on en dit. Il suffisait pourtant d'y être pour se rendre compte et constater l'évidence: il s'agit en fait d'une véritable révolution qui a lieu à Bouthieb sous l'impulsion de Sheikh Sultan, qui peut enfin agir selon ce qu'il désire depuis de nombreuses années, à savoir revenir au sport et au véritable esprit de l'endurance, préserver les chevaux et gagner avec honneur. Il ajoute même en privé que si cette révolution n'avait pas pu avoir lieu à Bouthieb comme elle l'a fait en ce week-end de course passé, il aurait purement et simplement arrêté et fermé le site plutôt que de continuer dans les conditions d'avant.

Les nouvelles règles mises en place tuent de fait la vitesse, principale cause des dérives qu'elles combattent. Il était visiblement impossible d'aller au-dessus de 23 km/h si on voulait passer avec succès l'inspection. Deux cavaliers s'y sont risqués sur la première phase du CEIYJ avec 26 km/h et se sont trouvés incapables de récupérer dans les conditions mises en place. Il reste à éduquer et faire comprendre l'esprit des nouvelles règles pour les faire adopter à 100% par tous. Ce sera l'objectif des prochaines courses et c'est probablement dans ce cadre qu'un week-end supplémentaire a été ajouté au calendrier de Bouthieb pour la saison en cours.

On a eu l'impression que pour certains le carcan de la performance par la vitesse (record du monde de vitesse et autres inepties ayant cours) venait d'exploser et qu'enfin ils redevenaient libres de penser et d'agir grâce à ce qui venait de se produire. D'aucuns ont même confié retrouver goût à la compétition faite dans ce nouveau cadre. La répartition des prix était de 30% pour le classement à la vitesse et 70% pour celui de la "Top Condition" permanente, qui consigne sous forme de points le respect de la monture (voir ici), ce qui "réoriente" les mentalités dans un but pédagogique concerté.

Il est aussi très remarquable de savoir que parmi les participants on parlait bien sûr énormément et que nombreux sont ceux qui ont accompagné de leurs voeux le succès de la démarche, admettant même qu'on change certains modes de calcul pour le classement de la Top Condition pendant le premier jour pour affiner le système au contact du réel, alors même qu'il y avait au bout des prix non négligeables qui, de ce fait, changeaient virtuellement de destinataires.

Au plan sémantique, on a vu apparaître spontanément l'appellation de "killer rides" pour qualifier ce qui se passait avant. Le bon sens populaire devait en effet trouver quelque chose pour nommer la rupture avec les pratiques qui avaient amené la suspension de la Fédération des UAE, face à l'évènement majeur qui était en train de se dérouler. L'histoire montre que quand ça rentre ainsi dans le language, ça signifie que c'est rentré aussi dans les têtes.

Les conditions étant plus dures, le jeu en devient d'autant plus subtil car plus difficile. Les chevaux en sortent grands gagnants, le sport et la discipline aussi.


24 12 2015
Endurance France: Pierre Passemard est mort

Pierre Passemard, qui fit partie de ceux qui débutèrent l'endurance en France, est mort. Il avait créé les 2 Jours de Montcuq avec Denis Letartre et Jean-Marie Laudat qui quittèrent l'un et l'autre l'organisation pour cause de divergences profondes.

Il fût également un temps président du CNREE (Comité National des Raids d'Endurance Equestre), organisme initial de la gestion de la discipline naissante en France. Il était encore président adjoint de l'ADOCEE qu'il avait contribué à créer.


20 12 2015
Endurance: les Grands Evènements Internationaux à venir

De quoi s'amuser encore et stresser concurrents, assistances, encadrements ... pour le meilleur de la discipline.

NOTA: ont été volontairement enlevés les championnats régionaux (Balkans, etc.) et continentaux hors Europe (Amérique du Nord, etc.).


15 12 2015
Pontonx sur l'Adour / La Plaine du Séqué (FRA) 12/13-12-2015: Une bonne surprise

La Plaine du Séqué est passée à la vitesse supérieure ce week-end. On doutait du résultat un peu partout pour diverses raisons.

Mais en passant aux CEI 3* avec un CEI 2* et un autre de 1* (+ les CEN similaires), l'association Sports et Nature de la Plaine du Séqué a démontré une capacité évidente à organiser et à le faire bien à tous niveaux et c'est avec plaisir qu'on peut maintenant compter cette organisation parmi celles qui peuvent et savent faire.

ATRM était bien sûr de la partie et apportait par là-même sa réputation internationale à l'événement :)

On se pose toujours la question de savoir pourquoi l'organisateur balance entre deux appellations qui n'ont pas grand chose à voir vu de loin. C'est ainsi par exemple que le concours FEI est répertorié "Pontonx sur l'Adour" en FEI et "La Plaine du Séqué" sur FFEcompet tandis que les CEN sont appelés "Pontonx sur l'Adour" sur ce dernier site. Difficile à comprendre...

Bravo à toute l'équipe et longue vie à elle.


10 12 2015
FEI: Globalement le nombre de lieux de concours (shows) se maintient depuis 2014

On pourrait imaginer que moyennant les crises financières et les politiques d'austérité plus ou moins avouées des gouvernements, le nombre des organisateurs se soit quelque peu effondré depuis fin 2013.

La FEI vient de publier un tableau qui montre qu'il n'en est rien et que les organisateurs institutionnels, coopératifs, privés et individuels réunis tiennent bon la rampe.


Document FEI

Intéressant, encourageant, instructif. Et vive les bénévoles, ces espèces de fous furieux qui croient mordicus en la beauté des actions positives et non monétarisées dans le grand marché général qu'est notre vaste monde et qui tendrait à nous dire l'inverse.

PS: pour ceux qui n'auraient pas présent à l'esprit la répartition des groupes, voici la carte qui en parle ci-dessous.


Document FEI


05 12 2015
RFHE (ESP): Grand gala ce soir à Madrid pour honorer les "héros équestres".

Ce soir à Madrid la RFHE (Fédération Equestre Royale d'Espagne) organise à l'hippodrome Zarzuela un grand gala avec plus de 600 invités pour honorer ses cavaliers de Dressage, de CSO et d'Endurance avec le "gratin" équestre et des invités de marque comme le secrétaire d'état aux sports, le président du Comité Olympique National, le secrétaire d'état aux finances, le secrétaire général de l'agriculture et de nombreux cavaliers, sponsors, propriétaires.

Le tout pour fêter la double sélection espagnole pour les JO de Rio (dressage et jumping), et les succès des trois disciplines à travers le monde en cette année qui se termine.

Bonne fête à tous et bravo non seulement pour les résultats et sélections obtenus mais aussi pour la démarche "publicitaire" intelligente que ce gala représente et l'absence d'ostracisme qui y préside (l'endurance, discipline non olympique, y étant traitée comme et en même temps que les autres, ce qui n'est pas le cas partout ...).


05 12 2015
Salon du Cheval, Paris (FRA): ATRM nominée dans la catégorie Technique & Science de l'Année 2015.

Chaque année le magazine l'Eperon remet traditionnellement ses trophées de "l'Homme de l'Année" (qui peut en fait être un cheval, une personne ou une société ...) lors du Salon du Cheval de Paris.

Cette année, c'est ATRM qui a été nominée dans la catégorie Technique et Science.

C'est une forme de reconnaissance publique qui réjouit toute l'équipe.

Parti d'une idée folle, avec le support amical et actif de feu Pierre Caze et malgré un certain nombre de sceptiques, voire de détracteurs (c'est inutile, on s'en sort bien comme ça, c'est trop cher, c'est un luxe, ça ne sert à rien, etc.), il y a maintenant 15 années alors qu'en France à cette époque les "petits papiers" étaient un contresens ajouté à une erreur de conception fondamentale de sécurité de gestion (absence de cartes vétérinaires jury contrairement à la pratique universelle) le chronométrage automatique (et aussi semi automatique) d'ATRM est aujourd'hui un concept qui a fait son chemin, qui est manifestement apprécié et fait partie des incontournables du milieu. On ne saurait plus gérer des épreuves importantes sans un système comme celui qu'ATRM a été le premier à concevoir et mettre en oeuvre.

Outre qu'elle fût pionnière et reste leader sur le "marché" malgré quelques sociétés qui se sont "inspirées" de sa façon de faire, ATRM possède aujourd'hui une expérience inégalée de près de 2500 épreuves traités sur 3 continents (hors semi automatique) dont les JEM 2014 en Normandie, 8 Championnats du Monde et 3 Championnats d'Europe. Ses systèmes sont approuvés par la FEI. Elle met aussi à disposition un ensemble de plus de 6500 fichiers en accès libre.

ATRM, qui conçoit et fabrique ses propres instruments, évolue constamment (actuellement 6 déclinaisons du système de chronométrage sont en fonction dont la version la plus sophistiquée en est à la 5ème édition, un système de cardio fréquencemètre sans fil inédit et intrafiquable, un système unique de contrôle et gestion des épreuves de cross-country en concours complet, une horloge à LED avec GPS avec gamme d'options et un type de cellule photo-électrique inédite en cours de prototypage et bientôt accessibles à la vente, etc.). Evoluant et surfant sur la capacité des réseaux, son site internet a innové en créant les premiers résultats en direct des concours. Récemment un lien par cheval et par cavalier avec la base de données FEI a été mis en place sur les résultats en direct, suite à un accord passé avec la FEI. Bientôt il sera possible de rechercher, suivre et recevoir des données sur son cavalier ou son cheval sur smartphone en cours d'épreuve ...

ATRM ne se contente pas d'être un acteur majeur du chronométrage automatique dans le monde équestre sur maintenant 3 continents avec de plus en plus de partenariats et d'actions à travers le monde, elle participe autant que faire se peut à l'amélioration des conditions de sécurité des chevaux (gestion des temps de récupération avec alerte en collaboration avec le président de l'AFVEE, fourniture de données pour une étude internationale sur les relations entre vitesse et éliminations, mise en place en étroite collaboration avec le C. O. de Bouthieb (UAE) d'un système de calcul visant à récompenser les cavaliers qui maintiennent leurs chevaux en bonne condition lors des épreuves, échanges croisés entre organisateurs d'un continent à l'autre, etc. autant d'actions plus ou moins publiées montrant une préoccupation globale et pas seulement technique.

Et ce n'est pas tout, mais on ne vous en dira pas plus ... Vous verrez bien ce qu'on a sous le coude lorsque le temps sera venu d'en parler.


01 12 2015
Bouthieb UAE: Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan prend publiquement position par le biais d'un communiqué de presse.

On vous l'a dit ici, ça bouge à Bouthieb (UAE). Poursuivant sa quête de retour à une endurance saine où la gagne pour la gagne oublieuse du cheval ne serait plus, Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan vient de faire publier un communiqué clair et précis sur les buts poursuivis et les moyens pour y parvenir.

Cliquez ICI pour en prendre connaissance.

On notera que le Sheikh y affirme la poursuite de son but, celui qu'il voulait voir s'accomplir depuis des années déjà mais que les conditions ne lui permettaient pas d'affirmer haut et clair jusque là. Il fait en cela cavalier seul à ce qu'on en sait ...

Le Village International d'Endurance de Bouthieb est "son" lieu, celui où il peut faire procéder aux expérimentations visant à changer la mentalité des "endurants" en cassant la vitesse et en réorientant les mentalités vers un plus grand respect du cheval. Pour cela, les cartes sont rebattues en fin d'épreuves de telle sorte que le gagnant traditionnel (1er arrivé), s'il existe toujours en CEI, ne soit plus d'office celui qui sera le plus honoré. La dotation revient au gagnant du nouveau système, celui qui a obtenu le plus de points selon un barème rendant compte du bon état du cheval tout au long des épreuves courues à Bouthieb. L'idéal est bien sûr que les "deux" gagnants qui résultent de cette démarche ne soit plus à terme qu'un seul et même individu, ce qui voudrait dire qu'on est revenu "dans les clous" et qu'on est de nouveau capable de courir contre la montre tout en le faisant dans les meilleures conditions pour son cheval.

Ceci n'est pas venu d'un seul coup et n'est pas de l'opportunisme de façade. Ca prend ses racines dans une réflexion de Sh Sultan exprimant sa préoccupation devant ce qu'il voyait il y a plus de 4 années déjà. On rappellera ici l'historique qui avait été écrit (et publié en anglais en janvier 2014, soit bientôt 2 ans, sur le site brésilo-sud américain de Cidinha, Arabian Horse Int'l) et que re voici encore pour ceux que cela intéresse (mutation de Bouthieb).

Tout cela a et aura de multiples répercutions sur nombre de dérives collatérales dont le dopage, prenant pour beaucoup racines dans la gagne pour la gagne, risque vraisemblablement d'être l'élément le plus affecté. A suivre donc avec le plus grand intérêt, car Bouthieb est en train de devenir un laboratoire où s'élabore peut-être bien un futur renouant avec une éthique traditionnelle locale peu ou prou perdue dans les sables: le respect du cheval, celui que chante la tradition et que n'a cessé de raconter la littérature arabe.


27 11 2015
FEI Endurance rules 2016: des précisions et quelques nouveautés.

Vous le savez, on n'a cessé ici de réclamer une réécriture du règlement FEI pour une meilleure lisibilité en partant du principe qu'une rédaction claire aboutit nécessairement à une compréhension meilleure et donc à un respect plus grand des règles.

Pour ce faire, on avait participé de manière non équivoque au sports forum par internet et en sus, on avait rédigé une analyse soulevant des passages obscurs, des incohérences et répétitions, ainsi que des éparpillements de concepts, dans le texte réglementaire afin d'en suggérer une relecture attentive, voire une réécriture plus cohérente et proche du réel. Cette analyse avait été envoyée en avril dernier au responsable de l'endurance FEI, Manuel Bandeira de Mello, qui, outre qu'il en approuvait le principe, l'avait lui-même transmise à la commission endurance pour étude.

On n'a certes pas la prétention ici de dire qu'on a eu un impact décisif, mais il apparaît en tout cas (coïncidence ou pas, peu importe) qu'un certain nombre des points soulevés a fait l'objet d'une attention particulière et d'une révision. Certaines précisions, des corrections, mais aussi quelques ajouts nouveaux ont été faits.

On le voit, hormis les quelques additions effectuées, il y a eu des efforts de précision et d'éradication de certaines erreurs provenant des multiples copier-coller faits au cours du temps sans relecture vraiment attentive.

On est cependant encore assez loin du compte pour obtenir toute la clarté nécessaire et l'ensemble, s'il est remarquable sur le fond, nécessite toujours une refonte formelle d'envergure car il faut sur des points "fins" assez nombreux aller encore ça et là dans le texte pour l'interpréter utilement certaines fois, sans compter le fait qu'on attend toujours les définitions clefs de concepts essentiels comme "vet-gate" par exemple (extension spatiale et formelle se chevauchant et recoupant au gré des articles ...).

On trouvera ici pour information et référence la proposition de structure "logique" pour la refonte du règlement envoyée à la FEI dans ce cadre il y a déjà plusieurs mois. Cet élément concluait l'analyse critique qui en justifiait l'existence.

J'oubliais: ce nouveau règlement prendra effet le 1er janvier 2016.


20 11 2015
Ito-Shizuoka (JPN) 20/21-11-2015: CEI 3*, CEI2*, CEI 1*: l'endurance ailleurs qu'ici.

Le Japon a 8 CEI par an à raison de 4 sessions ayant toujours lieu à Ito-Shizuoka dans un complexe confortable avec trotting indoors sur enrobé.

Le paysage est varié et la piste non monotone au milieu des collines, des forêts de bambous, etc. selon un développement très particulier et inhabituel.

Un design unique et très graphique. Passablement surprenant à première vue.


19 11 2015
CEI 1* Bouthieb (UAE) 21-11-2015: Changement des règles et révolution en cours.

Après la suspension de la Fédération Nationale des UAE (EEF) par la FEI, il est intéressant du suivre ce qui se passe là-bas pour savoir si l'occasion de remise en ordre est exploitée ou si on fait semblant, voire, au pire, rien du tout.

On ne vous entretiendra ici que de Bouthieb qu'on connait particulièrement bien et avec qui on travaille en étroite collaboration, voire certaines fois en véritable complicité, dans la recherche de solutions aboutissant à s'assurer au maximum du bien-être des chevaux. Un arsenal de règles nouvelles va ainsi être mis en place et appliqué pour une "ré-orientation" mentale des acteurs à partir du CEI 1* de samedi prochain.

Le but majeur, clef de bien des autres problèmes, est la réduction de la vitesse. C'est le pivot des nouvelles règles mises en place à la demande et sous la houlette de Sh Sultan bin Zayed Al Nahyan. (on notera bien que ce qui est ici dit ne concerne que Bouthieb et qu'on ne parle pas des deux autres sites (Dubai et Al Wathba) n'en étant pas suffisamment proche pour en parler utilement et justement).

Un calcul de points automatique vise à créer une sorte de best condition permanente traduite sous forme d'acquisition de points rendant compte à la fois de l'état des chevaux et de la façon qu'ont les cavalier de s'en préoccuper. On ne rentrera pas ici dans le détail de ce calcul relativement complexe et fruit d'une réflexion et de simulations de plusieurs mois. Cela s'appliquera aux CEIs et aux CENs courus à Bouthieb (avec espoir d'extension généralisée aux UAE après analyse en fin de saison).

En fin d'épreuve le gagnant traditionnel du point de vue règlement FEI (premier arrivé etc.) recevra éventuellement une chaleureuse poignée de mains, mais le "véritable gagnant", celui qui recevra la dotation, sera celui qui, par la manière dont il a su gérer son cheval dans le respect constant de son bien-être et de sa sécurité, aura obtenu le plus de points. Ceci ne pourra que se superposer localement au règlement FEI qui ne le reconnaît pas.

La dernière simulation en date faite sur le CEI 1* d'il y a 15 jours a montré qu'ainsi le 1er arrivé se retrouvait 24 ème au classement aux points tandis que le 12 ème devenait 1er et que le 40 ème prenait la 14 ème place, etc. Un chamboulement complet de l'ordre qui, en toute légitimité, devrait aussi chambouler les valeurs et les têtes qui en sont le siège.

Voici en sus quelques unes des règles "bouthiebiennes" nouvelles:

  1. La vitesse prise en compte dans le calcul des points est au maximum de 20 km/h.
  2. La vitesse est contrôlée par GPS afin d'éviter les pointes assorties d'attente visant à contourner cet obstacle nouveau, en faisant en gros comme d'habitude.
  3. Le nombre de voitures d'assistance sur la piste (ou plutôt à côté car des butées infranchissables longent et protègent la piste des chevaux de toute intrusion) est limité à 1 voiture par entraîneur et pour 5 chevaux.
  4. La disposition ci-dessus sera contrôlée par la police qui est habilitée à verbaliser en cas de non respect de cette règle.
  5. Les points d'assistance seront répartis tous les 1 km (on est dans le désert et il fait encore très chaud sur la piste). Aucune assistance ne sera autorisée en dehors de ces points qui seront sous contrôle étroit.
  6. Le dernier point d'assistance sera situé à 2.5 km de la ligne d'arrivée avec interdiction de s'arrêter ou de faire des cercles pour faire baisser la fréquence cardiaque alors qu'on a galopé à 30 km/h et ainsi essayer de gagner des points en contournant la nouvelle règle.
  7. Le temps de présentation a été réduit à 10 minutes pour les vet gates et 15 minutes pour l'arrivée finale.
  8. Les temps de repos sont tous fixés à 50 minutes.
  9. La fréquence cardiaque maximum admise tant aux vet gates qu'à l'inspection finale est de 56 bpm.
  10. Le contrôle de l'hyposensibilité des membres devient systématique pour chaque inspection, bien que pour les CEI la chose soit assez lourdement définie dans le règlement FEI qui en fait un veritable examen avec palpation et thermographie. Il existe néanmoins des tests rapides permettant d'approcher le sujet rapidement.
  11. Le calcul des points concerne toutes les phases du concours et le gagnant sera celui qui aura accumulé le plus de points au fur et à mesure de l'avancement de la compétition.
  12. Les concours FEI tenus à Bouthieb devraient désormais le nom de "Endurance Ride for Best Condition Horse" afin de positionner clairement la démarche, mais ceci nécessite l'approbation du Bureau de la FEI.

Déjà lors du dernier CEI du 07 11 2015, la règle de 10 minutes avait été appliquée expérimentalement sur le vet gate 2 et il était constamment rappelé aux concurrents par haut-parleur et pour tout commentaire que leur préoccupation majeure devait être le respect de leur cheval (annonce faite pratiquement toutes les 3 à 5 minutes afin d'en faire une présence martelante et inévitable frôlant volontairement la propagande).

Ca peut à priori apparaître assez violent (10 minutes, 56 bpm, etc.), mais c'est pour Sh Sultan l'occasion de mettre en oeuvre ce qu'il a vainement essayé de faire avant la suspension FEI (qui en ce sens représente pour lui une opportunité à ne pas rater) car cela fait déjà plusieurs années qu'il est préoccupé par la vitesse de ce qu'il appellait "flat endurance rides" (courses de plat d'endurance).

Avec ce système de points formant une sorte de Meilleure Condition permanente il espère changer profondément les mentalités en réorientant les esprits vers la condition du cheval comme préoccupation majeure sur les courses afin de remplacer la "gagne pour la gagne" quelqu'en soit finalement le prix payé par les chevaux trop communément rencontrée (comme c'est malheureusement presque exclusivement le cas sur nombre de courses de plat tout autour de la planète où le cheval sert trop souvent de machine à faire tourner la monnaie).

Ce système de points aboutissant dans les faits à modérer la vitesse rejoint parfaitement l'esprit de l'endurance puisqu'il s'agit toujours d'aller le plus vite possible tout en arrivant à passer dans les conditions vétérinaires garantes du bon état des chevaux.

Connaissant ses cavaliers, il a demandé à son comité d'endurance (celui de Bouthieb) de mettre en place les moyens de contrôles nécessaires pour éviter les "contournements" qui ne manqueront pas de tenter d'exister.

Parmi les conséquences éventuelles, sinon prévisibles, de ce premier arsenal de mesures il en est une qui ne manque pas d'intérêt: verra-t-on le nombre des cavaliers concourant à Bouthieb diminuer? et si oui, alors, on pourra en conclure, au moins dans un premier temps, que cela signerait en quelque sorte l'état d'esprit et la mentalité de ceux qui ne viendraient plus.

En tout cas une chose est sûre, ces initiatives font beaucoup parler sur place.

A suivre donc avec le plus grand intérêt.


19 10 2015
Fontainebleau 2ème édition 2015: L'orchestre joue en caleçon mais sans fausses notes.

L'association GPE et les "Incroyables Cabardos" ont encore frappé fort pour cette 2ème édition de Fontainebleau 2015 en version light. On vous l'a dit ici, les aides municipales, départementales et régionales se sont réduites à une poignée de mains accompagnée de bons voeux de réussite, rien de plus, style "allez-y les gars, c'est bien ce que vous faîtes". Côté Mansour Festival, on a tout simplement oublié de se souvenir de ce qui pourtant avait été écrit, ce qui est inédit.

C'était donc l'austérité. Néanmoins, les organisateurs s'y sont pris de telle manière que, sauf à y faire réellement attention, il était difficile de s'en rendre compte car tout avait été fait pour que la fête soit là. C'est ainsi que l'orchestre a joué en caleçon mais sans fausses notes et dans la joie.


La grande et amicale ombre des Belges sur l'aire d'inspection au soir du 1er jour.

Il faut aussi savoir que l'environnement administratif est particulièrement difficile dans la zone d'évolution du concours. Entre les exigences de L'ONF qui comprend le problème mais est particulièrement stricte, celles de la DDE rebaptisée qui avait dépêché un fonctionnaire de type hors-sol durant les épreuves et les contraintes de nuit autant que de jour d'une course d'endurance équestre, il faut savoir manoeuvrer sans faire naufrage.

Pourtant le miracle eût lieu: deux belles journées d'endurance qui ont une fois de plus ravi tout le monde (sauf certainement deux ou trois comme il se doit). Il n'était pas besoin de regarder et d'écouter longtemps pour s'en rendre compte.

Standing ovation et bravo général pour cette grande épreuve dans tous les sens du terme.

Une dizaine de cavaliers étrangers ne s'est pas montrée sur le Grand Parquet et a "oublié" de prévenir. Outre que cela est un manque évident de savoir vivre, ça donne l'occasion de rappeler ici que c'est malheureusement un problème récurrent qui concerne tous les organisateurs pour ce qui est des cavaliers non Français (ceux dépendant de la FFE sont contrôlés au travers de leurs comptes). Cela a deux conséquences au moins:

Et il n'est pas si sûr que le C O ait le pouvoir d'obtenir satisfaction auprès des diverses fédérations nationales concernées. Le Délégué Technique doit signaler l'absence non motivée des concurrents dans son rapport à la FEI, mais cela n'est qu'un constat. En pareil cas, l'intervention de la FFE auprès des fédérations nationales serait aussi bienvenue qu'élégante et utile. Mais n'est-ce pas rêver? Pourtant, la logique voudrait qu'elle soit solidaire de ceux sans qui l'endurance dont elle a la charge serait une case vide.


06 10 2015
Un championnat du monde jeunes? Où ça? Le 25 octobre au Chili, mais il n'y aura pas de cavaliers FFE ...

Trop loin.

Trop cher.

Pfuitt. Si encore c'était en Europe ...

On peut trouver toutes les raisons du monde, ce n'est pas pour autant que ça tiendra la route ...

Lire à ce propos llisez "Crottins" du 18 09 2015 à droite.


02 10 2015
Quand le ciel tombe sur la tête - de la sentence binaire en matière d'anti-dopage - vers une 3ème liste?

Actuellement le tribunal FEI (obéissant aux dispositions en vigueur et auto-alimentant sa propre jurisprudence) articule ses décisions sur au moins deux pivots récurrents et centraux:

Cela veut dire au minimum ce qui suit:

  1. Les résultats sont absolument et scientifiquement justes quelque soit le dosage trouvé, la preuve étant que l'échantillon B confirme par exemple l'échantillon A.
  2. Les laboratoires utilisent rigoureusement les mêmes méthodes de détection et les dites méthodes ne souffrent pas l'ombre d'une critique.
  3. Peu importe que la substance trouvée ait en fonction de son dosage un effet ou pas sur le comportement du cheval en compétition, ce qui importe c'est la présence ou la non présence.
  4. Il faut impérativement dire comment la substance est entrée dans l'organisme. L'incapacité à le dire transforme de fait le présumé innocent en présumé coupable par renversement de la charge de la preuve.

Dans le monde des Bisounours, ça fonctionne idéalement et il est vrai que pour les cas non limites et avérés, ça fonctionne bien, la triple dose de perlimpinpin maudite étant mise en évidence quelque soit la méthode utilisée pour ce faire.

Par contre, lorsqu'on est sur des cas limites où le dosage s'exprime en pico (10-12) et pourquoi pas en femto (10-15) bientôt, de quoi parle-t-on au juste? Est-on encore dans le domaine du raisonné, du raisonnable? Le tiers de quart de demi molécule trouvé est-il signifiant? Merci le business des belles machines de laboratoires.

Pour reprendre les quelques questions de fond énumérées ci-dessus (quelques seulement car il en existe nombre d'autres qu'on pourrait se poser et qui se posent effectivement) on peut utilement développer ce qui suit dans le cadre du questionnement positif qu'il est céans de toujours pratiquer.

  1. Il apparaît à la lecture des publications existant dans le domaine des tests pratiqués dans les laboratoires qu'à partir d'un certain seuil (dosage infinitésimal), l'incertitude est bien présente dans les débats entre scientifiques. Il apparaît ainsi que, l'estimation des limites vient troubler les certitudes. Autrement-dit le fait que l'échantillon A soit ou non corroboré par l'échantillon B n'est plus une preuve à un certain niveau de dilution. En plus de cela, si le fait de permettre de choisir une autre laboratoire apparaît de prime abord comme une garantie, le seul fait que le second laboratoire sache ce qu'il doit trouver fausse indubitablement la donne. La moindre des choses devrait être l'obligation absolue d'une recherche en double insu (ou double aveugle). "Confirmez-moi que ce patient a la fièvre aphteuse" n'est pas équivalent à "examinez-moi ce patient".
  2. Il apparaît que les divers laboratoires n'utilisent pas nécessairement les mêmes méthodes et process pour les analyses qui leur sont confiées. Ca paraît énorme, c'est pourtant ce qui ressort lorsqu'on s'intéresse au sujet et qu'on se documente. Un exemple? Bingo S, hongre courant en concours complet sous la selle de Maxime Livio, est testé positif à la testostérone (échantillon A). Depuis 2010, la personne responsable a la possibilité de choisir un des 5 laboratoires agréés FEI pour l'analyse de l'échantillon B (possibilité créée en 2010). C'est ce que Livio fait. L'échantillon B révèle un taux admissible (il s'agit de l'une des 7 substances dites "à seuil"). Les poursuites sont abandonnées. Est-ce à dire que l'un des laboratoires a failli ou bien que, procédant différemment, il est logique, à défaut d'être officiellement admis, que le résultat puisse être différent d'un laboratoire à l'autre, d'un échantillon à l'autre? La secrétaire générale de la FEI y verra la preuve que le système fonctionne bien (cliquez ICI). Ne peut-on dire, notamment par ce qu'on sait exister en coulisses ("demandes ce labo, tu verras, c'est mieux"), que c'est l'inverse qui est par là établi?
  3. La binarité du raisonnement tenu ("présence de la substance interdite vaut condamnation" versus "absence de la dite présence vaut relaxe"), ne fait elle pas obstacle à l'intelligence en ce sens qu'on ne réfléchit plus en terme d'objectif raisonnable? La question corollaire indispensable intellectuellement, et inexistante ou non utilisée à l'évidence, ne devrait-elle pas impérativement et obligatoirement être: est-ce que le dosage relevé dans l'analyse provoque un comportement modifié chez le cheval testé? Il est clair que si la réponse est négative sans équivoque du fait de l'infinitésimalité de la présence détectée, il devient douteux sinon absurde de condamner, étant donné que ce qu'on cherche au final dans la procédure de l'antidopage (je ne parle pas de légalité réglementaire mais d'intelligence effective) est de savoir si le cheval en question a bénéficié par là de quelque avantage indû? Pour rester poli on ajoutera qu'il est anormal de faire comme cela du mal aux mouches. Ne doit-on pas remettre dans la logique le simple bon sens qui doit guider toutes les actions au lieu de se borner à un raisonnement de type administratif au sens malsain du terme? Voyez ici comment la SPA de Boston peut en arriver à tuer un chien contredisant par là même l'essence de son fondement pour cause d'échelle et de perte du bon sens au profit de ses règles internes.
  4. Il apparaît à la lecture des décisions du tribunal FEI que si le présumé innocent par principe théorique ne peut dire comment la substance est entrée dans l'organisme du cheval testé positif, alors les foudres et le ciel lui tombent sur la tête. Il est clair, à la lecture des décisions en question que si le théoriquement présumé innocent ne peut dire comment cela est arrivé, alors, par un raisonnement dont la raison paraît absente, il devient présumé coupable par défaut en quelque sorte. Le "tu ne peux pas ne pas savoir" sert en quelque sorte de caution sous-jacente à la condamnation. Il s'agit là d'un retournement de la charge de la preuve par omission. L'article 3 du code de la WADA (World Anti-doping Agency ou AMA pour Agence Mondiale Antidopage en français) à laquelle adhère la FEI stipule dans son alinéa 1: "La charge de la preuve incombera à l’organisation antidopage, qui devra établir la violation d’une règle antidopage". Il y est aussi ajouté: "Le degré de preuve, dans tous les cas, devra être plus important qu’une simple prépondérance des probabilités, mais moindre qu’une preuve au-delà du doute raisonnable." Dans le cas du blanchiment de Steve Guerdat (SUI) et d'Alessandra Bichsel (SUI) le communiqué final de la FEI dit précisément: "Steve Guerdat and Alessandra Bichsel fully accepted that standard procedures had to be followed, but were able to provide proof that the positives were due to contamination, which meant that we could reach a settlement that was acceptable to both the FEI and to the FEI Tribunal". Pour se défendre utilement, ce sont eux qui ont apporté la preuve de la contamination non maîtrisable par eux au moment des faits. Ce renversement de la charge de la preuve est passablement ambigu en ce sens que c'est à un certain moment de la procédure la seule manière de se défendre face à une accusation qui s'appuie sur la positivité du ou des échantillons prélevés et qui s'alimente de la non capacité à prouver qu'on sait comment c'est arrivé. Ceci se produit notamment dans les cas limites où la seule binarité des tests ne saurait satisfaire pleinement l'intellect.

Le cas des deux cavaliers suisses cités est exemplaire en ce sens qu'eux-mêmes, après avoir cherché et établi par eux-mêmes l'origine de la contamination supposée, la FEI et le tribunal FEI ont collaboré avec eux pour trouver une solution "intelligente" parce que satisfaisante étant donné le problème posé, ce qui apparaît, sauf erreur, comme une première positive du genre en FEIland.

Cela accompagne et accélère une évolution-révolution qui était déjà en germes, celle de la 3ème liste dite des "Speciified Substances", à savoir les substances qui peuvent être présentes dans l'organisme du cheval par inadvertance ("inadvertently") autrement-dit sans qu'on puisse avoir connaissance ni de leur existence dans l'organisme du cheval ni de l'origine de leur présence et sans, par là même, plomber ipso facto sa bonne foi. C'est une révolution car cela entérine la possibilité de contamination sans en avoir connaissance jusqu'alors non admise au débat. Pour information, cette 3ème liste sera présentée lors de la prochaine assemblée générale de la FEI pour approbation en novembre prochain (voir note en fin de document en cliquant ICI)

Ca rappelle l'époque déjà lointaine où Ludger Beerbaum avait été condamné par le tribunal qui avait également admis son innocence en mentionnant le fait qu'on était en présence de résidus de médication. A l'époque, en effet, la différenciation entre "Banned Substances" et "Prohibited Medication Substances" n'existait pas. C'était, pour ceux qui s'en souviennent, l'époque de Michael Stone, secrétaire général et de la présidence de Pilar de Bourbon, cavalière et princesse de situation.

La présence attendue de la 3ème liste ne résoudra pas pour autant les problèmes d'homogénéité de process entre laboratoires. Il est peu probable que cela ait également un effet sur les conséquences de résultats positifs ténus sans impact sur le comportement du cheval (dont on redira encore ici qu'il s'agit de la finalité de la lutte antidopage ou on n'a rien compris du tout à la raison d'être de l'édifice).

Le cas d'Opium de Breuil semble typique du multi-dilemne ici soulevé. La personne responsable ne comprend pas ce qui lui arrive et n'y croyant pas, elle fait une faute grave en considérant que son silence et le temps qui passe arrangeront les choses (c'est sans compter sur l'obstination structurelle du rouleau compreseur qui s'est mis en route). Dans un premier courrier, elle tente d'expliquer au tribunal qu'elle n'a pas idée de l'origine de la présence de morphine. Elle avance des hypothèses pour essayer de trouver des causes. On voit dans le courrier qu'elle a envoyé (non publiable) qu'elle donne par là des pistes éventuelles de recherche au tribunal. Ces pistes-hypothèses sont considérées par le tribunal comme étant des allégations non recevables. En tout cela, la bonne foi est a priori évacuée du champ des possibles et la "prépondérance des probabilités" et le "doute raisonnable" (dont parle la WADA) non véritablement invités ni apparemment mis en oeuvre. On y reviendra ici ultérieurement.


20 09 2015
Opium de Breuil: encore un cas de dopage par ignorance?

Il y a 4 jours, le tribunal FEI a publié un nouveau cas de condamnation pour dopage dû à la présence d'une "controlled medication substance".

Le cas est assez semblable à celui de Maxime Livio ici rapporté. Le paragraphe 1.5 de la décision stipule clairement là aussi:

"No request had been made to administer Morphine to the Horse, and no Veterinary Form had been provided by the PR for the use of the substance on the Horse. Therefore, the positive finding for Morphine in the Horse’s sample at the Event gives rise to a Controlled Medication Rule violation under the EADCMRs." (Aucune demande n'a été faite pour administrer de la morphine au cheval, et aucun formulaire vétérinaire n'a été fournie par la Personne Responsable (PR) pour l'utilisation de la substance sur le cheval. Par conséquent, la présence de morphine dans l'échantillon prélevé sur le cheval lors du concours donne lieu à une violation de la règle de médicaments contrôlés (Controlled Medication Rule)  sous les Règles anti-dopage (EADCMR).

Etant donné que c'est pour le cheval Opium de Breuil et pour la cavalière Muriel Juric (PR) la première infraction du genre, la FEI se proposait de traiter le cas sous la procédure dite "Fast Track" avec sanction administrative (Cette procédure est limitée à amende, frais et disqualification (art 8.3 du règlement ECM) et évite de partir au tribunal).

La PR a refusé de payer l'amende et a préféré de ce fait aller au tribunal avec accusation de dopage "plein pot". Lorsque celui-ci lui a proposé de faire intervenir l'échantillon B, elle a refusé pour des questions de coût. Le tribunal a constaté qu'elle avait accepté les résultats de l'échantillon A et qu'elle ne pouvait fournir d'explication plausible ou recevable quand à la présence de morphine.

En conséquence de quoi, il a condamné Muriel Judic à une suspension de 6 mois prenant fin le 15 mars prochain avec amende et frais à l'appui. La PR peut faire appel auprès du CAS (tribunal du sport à Lausanne) dans les 30 jours de la décision, mais il est clair que cela entraîne des frais supplémentaires et qu'il faut de bons et solides arguments pour s'engager dans cette procédure de dernier ressort sportif.

Consultez ici pour accéder à la décision du tribunal

La décision du tribunal est instructive mais pose aussi question.

  1. On constate que le Hearing Panel est composé d'une seule personne et non de trois (mais il apparaît à l'analyse que cela est conforme à l'article 18.1 des règles internes du tribunal).
  2. Le concours date du 21 07 2013, soit il y a 794 jours représentant 2 ans 2 mois et 3 jours (CEI 2* Argentan 21 07 2013). On constate dans le déroulé du jugement que la dernière action est datée du 16 12 2013 (4.2) et que  le délai ultime de réponse est fixé au 16 02 2015 (avec courrier de la FFE du 07 02 2015 - voir 4.4). En 4.3, il est signalé qu'entre ces deux dates plusieurs rappels ont été envoyés à la PR sans réponse. Ca veut dire que globalement l'année 2014 est une année blanche où tout reste immobile. On peut s'étonner d'une telle mansuétude quand on sait que le tribunal peut poser des dates limites selon ce qui lui semble le plus approprié mais en ayant toujours pour principe de ne pas inutilement retarder la procédure en cours, ni, bien sûr, de nuire à la défense. Lire le point 5 ci-dessous en le mettant en regard avec ce qui vient d'être écrit.
  3. Il apparaît d'après le jugement que la PR affirme ne pas avoir idée de l'origine de la présence de la morphine détectée et, qu'après une première tentative d'explication considérée comme non recevable par le tribunal, elle oppose le silence aux divers rappels envoyés durant l'année 2014. Il est difficile en l'état de comprendre le fil directeur de la démarche, sauf à penser qu'il pourrait éventuellement s'agir là d'un système de défense par inertie bien qu'il y ait un fait non nié: la présence positive de morphine dans l'échantillon A.
  4. Le fait de ne pas accepter la procédure dite "Fast Track" pour lui préférer le cheminement par le tribunal n'est pas non plus très compréhensible. Quel profit peut-on en tirer? Le tribunal met d'ailleurs la PR en face des conséquences du refus de manière claire.
  5. Entre la date du CEI à l'origine de la découverte de morphine et celle de la publication du jugement, Muriel Judic a participé à 13 CEI dont 4 avec Opium de Breuil (lequel a participé à un 5ème CEI sous la selle d'une autre cavalière). Entre ces dates Opium de Breuil n'a jamais été testé (il n'apparaît ni dans la liste des positifs, ni dans celle des négatifs). Cela signifie qu'entre la date du CEI d'Argentan 2013 et celle de la publication du jugement, rien ne se passe, tout est suspendu et la vie suit son cours comme si de rien n'était. Ne serait-ce pas une faille systémique? 

On peut se dire que la cavalière et son entourage avait soigné leur cheval et qu'ils ignoraient tout des procédures en vigueur et qu'on a là, une fois de plus, un cas de "dopage par ignorance". La PR précise qu'il n'y aurait pas eu de traitement contenant de la morphine.

On peut aussi se dire qu'il y a eu contamination, de type alimentaire par exemple, et que la cavalière et son entourage n'en avaient aucune conscience ou connaissance.

Quand on voit que la carrière sportive tant de la cavalière que du cheval n'a pas été affectée durant ce temps, on se pose quelques question sur l'impact d'une décision venant plus de deux ans après les faits, surtout quand on constate que la période de suspension est principalement située ... en période creuse en matière de concours en Europe. Sur 62 CEI auxquels Muriel Judic a participé, (59 en France, 2 au Luxembourg), 1 seul était hors d'Europe (RSA).

Quel est au final, et compte tenu de tous ces éléments, le sens de l'inertie de la PR qui ressort du jugement? Ne pourrait-on pas soupçonner là quelque incompréhension devant la grosse machine qui s'est soudain déployée, qu'on a peine à croire que tout cela est vrai et qu'on "pense-espère" qu'avec le temps ça va se tasser? ...

Notez bien que ce qui nous intéresse ici n'est pas la ou les personnes en cause, mais la gestion d'un cas en tant que tel et les implications qui en découlent.

On notera à titre accessoire qu'au 1.1 de la décision du tribunal ce qu'on a coutume d'appeler une "erreur matérielle" s'est glissée et "eventing" a été écrit à la place de "endurance", ce qui ne remet nullement en cause le document.

NOTE: Il va sans dire que Muriel Judic est la bienvenue pour s'exprimer sur ce site afin de nous aider à comprendre ce que nous n'avons pas pu saisir (sans toutefois remettre en cause le jugement).


16 09 2015
Fontainebleau 2ème édition 2015: de 60 à 160 km les 16 et 17 octobre prochains

C'est parti pour les 16 et 17 octobre, mais vous n'imaginez probablement pas l'effort que les organisateurs vont fournir en cette occasion particulière que représente la réalisation technique et financière d'une seconde édition dans la même année.

Car pour cette édition les responsables des institutions locales (municipalité, département, région) sont soudain pris de vapeurs et ne verseront rien, austérité oblige paraît-il. Mais à suivre la vie politique et les agissements des élus, on est en droit de se poser quelques questions sur la réalité de l'argument. Même le mécène (Sh Mansour Festival) qui avait affirmé être présent sur les deux éditions s'est fait silence.

D'aucuns auraient baissé les bras, mais c'était sans compter sur la clairvoyante obstination de l'association GPE (Grand Parquet Endurance) et des Incroyables Cabardos qui se retrouvent seuls à devoir prendre un risque bien réel.

Donc, vous l'aurez compris, vous autres cavaliers serez pour cette édition le seul nerf de la guerre par vos engagements avec les retours de buvette et restaurant, plus les locations d'emplacements. Alors venez, venez, venez nombreux pour assurer la pérennité de l'événement et le voir refleurir au printemps prochain après cette édition d'automne.

Souvenez-vous que Fontainebleau est devenu en quelques petites années un des plus importants concours d'endurance d'Europe et l'un de ceux qui comptent parmi l'élite des événements au niveau de la planète.

Si vous appréciez cet événement, si vous pensez que c'est un incontournable dans votre programme sportif et pour la valorisation de vos chevaux, n'hésitez pas et faîtes-le savoir autour de vous.

Cliquez ici ou sur le logo pour accéder au site de GPE

Vous l'aurez compris ceci est un plaidoyer pour que vive et se survive Fontainebleau.

Il s'agit ici d'une initiative personnelle car les organisateurs n'ont rien demandé de tel et n'auraient pas osé le faire. Moi, je n'ai aucune tenue. D'ailleurs, si vous êtes lecteurs de ce site, vous savez qu'il est indépendant et libre comme l'air, voire impertinent, du moins j'espère que cela se sent, se ressent et se constate au fil de ce qui y est écrit.


13 09 2015
Le mécenat du Sh Mansour Festival (UAE) de retour

C'est reparti ... comme avant, le mécénat UAE est revenu. Lara Sawaya, Executive Director of the Shaikh Mansour Festival, l'a annoncé. 3 épreuves en Italie, la même chose en France (dont Négrepelisse pour le Championnat du Monde des 7 ans l'an prochain), et au Portugal.

Consultez ici l'article de Gulf News

Happy days ... en vue ...

Et d'aucuns de se dire et demander que serait l'endurance sans cet apport financier dont, pourtant, le montant n'est pas toujours ce qu'on imagine. Mais cela crée assurément une dynamique qui encourage les organisateurs à prendre des risques dont sans cela ils s'abstiendraient parfois.

Tant que tout est limpide et clair et que les organisateurs gardent leur indépendance et leur liberté d'action et d'expression, il y a lieu de se réjouir de pareilles initiatives. C'est quand ils deviennent dépendants, plus qu'on ne le leur demande même (on l'a vu, on le sait), que ça ne va plus, respect mutuel, de soi-même et des autres oblige.


10 09 2015
Championnat d'Europe Senior à Samorin (SLO) - 11/13 09 2015

Dans moins de 24 h s'ouvre le Championnat d'Europe Senior à Samorin en Slovaquie.


Cliquez sur l'image pour accéder directement au site de l'évènement.

Vous trouverez ici la liste des concurrents.

On souhaite bonne chance aux chevaux et aux équipes. Puissent les vétos traitants et les membres du comité d'appel s'y ennuyer profondément par faute de travail ...

A titre de regrettable information, on notera que pour trouver la sélection française sur le site de la FFE, il y a lieu de s'armer de patience car une fois de plus c'est au bout d'un labyrinthe que vous trouverez la solution.

Pour les auto satisfecit et les cocoricos institutionnels ou présidentiels en tous genres, pas de problèmes ca se trouve facilement en 1ère page dans les nouvelles générales. Par contre, si vous êtes intéressés par les nouvelles de l'endurance (et la sélection française pour le Championnat d'Europe en fait partie à moins de démontrer le contraire), vous pouvez aller sur "sélectionner par discipline" et en cliquant sur "endurance" vous découvrirez que la dernière nouvelle date du ... 05/02/2013 à 16h16, soit plus de 2 ans 1/2!!!!!

C'est ridicule et, en prime, scandaleux. Qu'on supprime du site de la FFE la sélection par discipline puisqu'on est incapable d'en alimenter le contenu. Ce serait plus sain et moins offensant.

Un mail a été envoyé en ce sens à la FFE. Si vous pensez aussi en tant qu'adhérent de cette association que c'est inadmissible et qu'il y a lieu de les secouer, faîtes de même en cliquant ICI.

NOTE: Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi on exige des concurrents qu'ils aient dans le camion ou le van à la descente des chevaux les résultats du test de Coggins en sus des passeports FEI. Il s'agit là de prévenir la dissémination de l'AIE (anémie infectieuse équine ou des équidés), présente notamment en Roumanie. Pour en savoir plus, cliquez ICI et ICI


09 09 2015
Que se passe-t-il aux UAE? (SUITE 1)

Dans l'article précédent on relevait à la lecture du calendrier officiel 2015/2016 de la fédération des UAE, que 2 sites (Dubai et Al Wathba) sur 3 n'avaient programmé aucun CEI et se repliaient en quelque sorte sur les CEN y compris pour les deux célèbres courses que sont la Maktoum Cup d'une part et la President Cup pour seniors de l'autre...

Cette analyse a suscité une réaction en provenance d'Al Wathba.

On m'y donne comme explication que le calendrier a été établi pendant la période de suspension et que c'est la raison pour laquelle il n'y a que des CEN. On aurait donc là une simple faille d'origine administrative et pas une volonté délibérée de se soustraire au contrôle de la FEI. Exit le message donc?

Il est sûr qu'on voit mal comment les deux courses de 160 km citées ci-dessus pourraient ne pas démériter si elles restaient des CEN.

Il n'y aurait pas donc là de volonté délibérée, mais seulement de la lenteur de réaction, du "bazar" administratif en quelque sorte.

Bouthieb aurait donc échappé à ce "désordre" allégué. Est-ce à dire qu'il y a là une volonté plus forte, une capacité de réaction meilleure, une chaîne de décision plus courte et plus efficace?

On ne pourra ici néanmoins s'empêcher de constater que le calendrier officiel a été mis à jour le 06 septembre alors que la suspension a été levée par la FEI le 27 juillet 2015, soit quand même 41 jours plus tôt. Ca laisse un peu de temps pour réagir ... si on le veut vraiment. L'intérêt de réagir vite semble d'autant plus vrai et nécessaire que le calendrier des UAE est tout de même plus visité, particulièrement en ce moment, que celui du Costa Rica, sans vouloir vexer personne.

Il n'en reste pas moins que le calendrier FEI ne comporte à ce jour aucun événement programmé pour le futur aux UAE. Ca va très probablement se décanter au fil des mois comme on l'écrivait dans l'article précédent, fort de l'expérience acquise. L'avant-programme de la President Cup Senior à Al Wathba aurait déjà été envoyé à la FEI pour approbation nous dit-on, ce qui tendrait à démontrer qu'on avance.

Il faut vraiment qu'ils préviennent leur fédération, car il est anormal qu'ici on soit plus informé qu'elle si tout cela est bien réel, n'est-ce pas? :):):)

A suivre avec intérêt.


07 09 2015
Que se passe-t-il aux UAE?

Vous savez qu'ici, sur ce site, on déteste les anathèmes globaux et les embrasements non contrôlés où trop souvent les moins informés sont ceux qui expriment le plus d'opinions, alimentant par là un buzz inepte sur les réseaux dits "sociaux".

Vous vous souvenez peut-être aussi que durant les périodes chaudes de la suspension de la UAE-NF, principalement au début, on s'est efforcé ici de trier et d'analyser ce qui se passait, non pas de loin mais de près, voire de l'intérieur, afin de faire comprendre ce qu'on avait compris de la situation gràce à une position privilégiée, en nous élevant systématiquement contre des visions plus ou moins officielles et ou dissimulées (sms, coups de fils mais sans publication ...) manifestement erronées par faute de documentation réaliste ou d'investigation suffisante ...

On s'approche maintenant de la saison 2015/2016 aux UAE et les regards se tournent naturellement par là afin d'observer ce qui s'y passe et tenter d'y lire les intentions réelles en cette période de réhabilitation, voire de renouveau.

Au plan officiel, le site de la fédération émirati est instrucif.

D'un côté, on y dévoile la liste des vétérinaires agréés par elle (au nombre de 45) et on y voit:

On peut donc espérer que certaines "faiblesses" récurrentes de jugement auront ainsi disparu avec leurs auteurs. cqfd.

De l'autre, on constate, à la lecture de la publication du calendrier de la saison à venir:

Ce n'est certes pas le fruit d'un hasard, mais bien celui d'une volonté délibérée. C'est un message.

Vous savez, notamment si vous consultez ce site qui, contrairement à beaucoup d'autres, a lourdement insisté sur cette simple évidence, que les UAE ce n'est pas plus un bloc tout noir ou tout blanc que les autres pays et qu'ils sont faits comme les autres de groupes et d'individus aussi variés que partout ailleurs.

On vous y avait dit que les organisateurs (DIEC à Dubai, Al Wathba et Bouthieb à Abu dhabi ) ne sont pas nécessairement d'accord entre eux et pas nécessairement d'accord non plus avec leur fédération.

On constate là, par exemple, que Bouthieb maintient le cap en jouant la carte FEI (le nombre des CEI n'a pas varié) et que les deux autres (Dubai et Al Wathba) ont carrément abandonné les CEI pour ne plus faire que des CEN, y compris les deux 160 km que sont la Maktoum Cup et la President Cup). Ca confirme les divergences et le fait que Bouthieb poursuit de plus en plus  sa ligne personnelle. On peut à cette occasion relire l'article que j'avais écrit sur la mutation de Bouthieb en janvier 2014, soit avant la suspension aujourd'hui levée (article publié en anglais hors France pour cause de manque d'intérêt des revues spécialisées d'ici).

Que signifie cette disparition totale des CEI de Dubai et d'Al Wathba? Est-ce une manière de repli sur soi pour une période de remise en ordre? ou bien est-ce une manière de rejeter la FEI en échappant à son contrôle?

A l'opposé, on le sait de l'intérieur, c'est pour Bouthieb, une volonté de montrer qu'on veut jouer le jeu et profiter de l'occasion pour affirmer la ligne commencée depuis maintenant deux saisons (celle à venir étant la 3ème).

On sait aussi qu'on étudie à Bouthieb un nouveau règlement qui se superposera à celui de la FEI avec cumul de points basés sur la vitesse, les temps de récupération et les fréquences cardiaques avec contrôles sur piste. Les dotations des premières places (créant un appât du gain en partie cause des débordements constatés) seront supplantées par celles rendant ainsi compte de la préservation des montures. Pour résumer, il s'agit là de réorienter les mentalités par la réorientation des dotations. A suivre.

Le message envoyé apparaît donc a priori contradictoire. Mais à y mieux regarder, on peut y voir que la fédération et les 3 organisateurs ne sont pas nécessairement sur la même ligne de fonctionnement, ce qui ne fait que confirmer tout ce qu'on a pu ici écrire sur le sujet.

Il est intéressant de constater que lors de la prochaine saison aux UAE, il n'y aura que 9 CEI (tous à Boutheib) sur 52 compéttitions (hors qualifiers de 40 et 80 km), soit seulement 17.3%, là où par exemple on en trouvait 64.1% lors de la saison 2010/2011.

Ca va se décanter au fil des mois. Et il faut garder à l'esprit aussi que Dubai ne peut pas se payer le "luxe" de voir le prochain Championnat du Monde qui lui est attribué, lui échapper pour cause de retour aux pratiques qui ont valu à la UAE-NF d'être suspendue par la FEI. Ce serait impensable.

On notera ici que le système de points à l'étude prend une partie de son origine dans le système de qualification belge.


31 08 2015
EEF-NF et FEI: on nettoie, on balaye, on récure en commun

On se souvient que la FEI avait conduit une investigation sur les "fake" rides aux UAE par le biais de sa Equine Community Integrity Unit (“ECIU”), les dites courses fictives ayant à l'époque mis le feu à des poudres déjà surchauffées par les problèmes de bien-être des chevaux.

Les investigations viennent d'aboutir à la disqualification des cavaliers et chevaux ayant bénéficié des "qualifications fictives" résultant de "participations fictives" aux "épreuves fictives" en question.

C'est une sorte de remise à zéro qui est actuellement en cours. Cela a un impact rétroactif direct sur les résultats individuels et par équipes pour toutes les compétitions - y compris les éventuels prix reçus - dans lesquelles de tels cavaliers et chevaux étaient frauduleusement présents.

Les épreuves fictives détectées sont bien sûr en cours d'annulation et de suppression.

Le communiqué explicatif officiel de la FEI (extraits) est:

"The UAE NF helped the FEI by conducting its own investigations and reported that the results of certain International Endurance events in the UAE were duplicated from previous results.

The FEI is currently removing these events from the FEI Calendar.

...

The removal of these (duplicate) events from the FEI Calendar and annulment of the results will create a knock-on effect for those athletes/horses that used these duplicated results to qualify or attain eligibility for another event.

Certain athletes/horses will no longer be qualified to participate in other events in the FEI Calendar – including past events.

The FEI are disqualifying these athletes/horses from the past events where they are no longer qualified; this could have an impact upon team results and Prize Money."

C'est ainsi qu'actuellement les officiels et organisateurs destinataires des fichiers d'engagement FEI des épreuves concernées reçoivent des avis automatiques de non qualifications datant de ... 2014, ce qui peut surprendre si on n'est pas au courant du processus en cours. On retricote à l'envers en quelque sorte.

Ceci est une remise à l'heure des pendules ne préjugeant pas de poursuites à venir car il est bien certain que les cavaliers faussement qualifiés ne sauraient sérieusement prétendre que cela s'est fait à leur insu.


25 08 2015
Comportement des chevaux: Et toi, ça va? 

Il existe un nombre d'étude peut-être incalculable sur les chevaux, MAIS c'est quasi toujours axé sur le versant négatif de leur existence.

Je veux dire par là, qu'on cherche à déterminer et analyser les signes du stress, de la douleur, de l'emmerdement, de la fatigue, etc. mais jamais, ou pratiquement jamais, ceux de la joie, du bonheur, de l'insouciance, voire de la satisfaction du "devoir" accompli et de la réussite chez le cheval.

Un cheval dans un pré qui part la queue en l'air avec les autres ou qui se roule au soleil ou, mieux, dans la boue, exprime certainement de la joie ou, à tout le moins, du bien-être. Mais lorsqu'il est avec l'homme et se livre à des acrobaties dictées lors d'un concours, quelque soit la discipline concernée, qu'en est-il au juste de ses états d'âme?

La FEI, dans son règlement de dressage (art. 401) déclare: "The object of Dressage is the development of the Horse into a happy Athlete through harmonious education" (L'objet du Dressage tient dans le développement du cheval en un athlète heureux par le biais d'une éducation harmonieuse). Wahouu! Que c'est beau et que cela est bien dit!

Mais à quoi reconnaît-on un cheval "heureux"? Il est probable que les auteurs de la dite assertion seraient bien en peine d'en donner la définition, qu'ils s'abstiennent d'ailleurs de donner comme si elle était un bien partagé d'une telle évidence qu'il n'en soit nul besoin. Facile et confortable présomption.

Les chercheurs de la Division of Animal Welfare de l'Université de Bern (SUI) se sont penchés sur la question du cheval "heureux" dans l'exercice de ses fonctions. Il ont constaté au moins deux choses:

En gros, on a quelque peu oublié le versant positif de la question, ce qui n'a rien de très étonnant étant donné l'orientation actuelle de la vision du monde en vogue. Jugez-en au travers des discours sur le climat, la planète, les espèces, etc. où on ne nous abreuve que de points de vue négatifs, alarmistes, déplorables repris à qui mieux mieux par une presse non critique sinon servile ... dans lesquels il n'est question que de climat qui va nous cuire, de CO2 qui va nous tuer, de planète qu'il faudrait "sauver" (de quoi?), d'espèces qui disparaissent, de forêts qui se rabougrissent, de H1N1, de principe de précaution, de Niño qui se déglingue sans compter le calamiteux trou d'ozone (qui fit les beaux jours des journaux des années '90 et qu'on semble avoir oublié depuis), etc.

Allez, séchez vos larmes, pour les dinosaures ce fût bien pire :)


22 08 2015
Aachen (GER) - Championnat d'Europe de CSO: un incident élimine l'équipe Irlandaise des JO de Rio 2016.

Un incident sportivement catastrophique mais très intéressant sur le fond, vient de faire sortir l'équipe irlandaise de saut d'obstacles de la sélection des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (BRA) 2016.

Alors qu'il en était au 11ème obstacle de son parcours un assistant chargé des obstacles est passé devant le cavalier Cian O’Connor, lui barrant le chemin. Son cheval Good Luck, et qui pour l'occasion n'en avait pas, a de ce fait heurté l'obstacle, provoquant 4 points de pénalité.

Ces 4 points ont fait reculer l'équipe irlandaise à la 7ème position, la faisant sortir du créneau de qualification pour les JO.

Partant du principe que le cavalier peut règlementairement s'interrompre lors d'un incident imprévisible, le jury arrêtant alors le chronomètre, et du fait qu'il a continué son parcours malgré l'incident sans décider de bénéficier de cette possibilité règlementaire, le jury a décidé de maintenir les 4 points de pénalité. Il a été appuyé dans cette décision par le comité d'appel.

Cliquez ICI pour le communiqué officiel de la FEI.

C'est là typiquement l'incident rarissime et imprévisible autant qu'imparable dont les conséquences sont à manier avec la plus extrême précaution.

Le chef d'équipe d'Irlande est bien décidé à utiliser tous les recours possibles, y compris le CAS (Court of Arbitration for Sport - Tribunal Arbitral du Sport) si nécessaire.

D'un autre côté, n'y aurait-il pas un manque de connaissance du règlement venant aggraver la situation dans cette malheureuse histoire?

A méditer car on peut imaginer qu'en endurance un cas semblable puisse avoir lieu sur le sprint d'arrivée, par exemple, c'est à dire dans un moment de l'action par essence éphémère et non répétable.

Pour ceux que cela intéresse, le jury ainsi que le comité d'appel se sont appuyés sur les articles 233.3 et acccesoirement 233.3.2 du règlement FEI du CSO.

En endurance, un incident provoqué par un spectateur causant le retard d'un cavalier durant un sprint serait à priori mis au rayon des impondérables, faute de mieux. C'est pourquoi, par exemple, les stewards et les membres des jurys insistent toujours sur la libération de l'espace nécessaire dans de telles zones.

Entre CSO et Endurance des deux paragraphes précédents intervient la notion de field of play. Dans le premier cas, l'assistant aux barres y est pleinement autorisé, dans l'autre l'éventuel spectateur traversant ne l'est pas.


28 07 2015
Suspension UAE NF par la FEI: Fini, mais pas oublié ...

Plus de suspension, points de suspension. C'est terminé, c'est une vieille histoire, mais on garde les yeux sur vous et vous êtes entièrement d'accord, tel est en gros le sens général du protocole signé qui arrange tout.

Au-delà des mots et des incontournables belles intentions, se profile la nécessité d'un véritable changement de culture. L'enjeu est donc énorme car on sait très bien que les habitudes chassées reviennent au galop comme le dit la verve populaire.

C'est pourquoi les dispositions de contrôle et leur durée sont très importants car, là, se situera le noeud gordien de l'affaire. Si le contrôle de l'IGA (Independent Governance Advisor) qui sera nommé, les échanges de rapports et les réunions diverses viennent à se faire gentilles mondanités avec le temps (3 ans, c'est long surtout quand les interlocuteurs restent les mêmes), ça patinera. Dans le cas contraire, si chacun restant à son poste, tient sérieusement son rôle et que la garde ne baisse pas, on peut penser qu'au bout de 3 années (qui peuvent être prolongées), on aura modifié les termes mêmes du discours intérieur aux UAE et que rien ne sera plus comme avant.

Cliquez ICI pour le communiqué officiel de la FEI.

Rien ne sera plus comme avant ... si tous les "princes" jouent le jeu, car au final c'est d'eux que tout dépendra comme c'est d'eux, par eux ou grâce à eux que tout est venu, que tout a pu se faire et laisser-faire, de jeux intestins en non-volonté délibérée, de petits arrangements en tricheries patentées, d'effets de manches en dérapages courtisans, de rivalités symboliques en éventuelle inimitié de terrain, etc. (avantages et inconvénients des deux faces du pouvoir en quelque sorte).

L'occasion est historique, espérons qu'ils sauront la mettre à profit ayant compris que leur image internationale - image à laquelle ils tiennent à juste tire - a tout à y gagner. Leur empreinte est si forte en leur pays qu'il est même envisageable, et non surprenant pour ceux qui connaissent le cours des choses en cette terre orientale, de tout changer ... en gardant les mêmes hommes obéissants aux ordres reçus, attentifs et alertes aux odeurs des coulisses autant qu'à l'air du temps qu'on cherche à précéder parfois dans le but de plaire, etc.

Espérons qu'on y cassera aussi le conflit structurel consistant à voir la fédération nationale agir en tant que fédération, mais aussi en même temps pour partie en tant qu'organisateur et enfin en tant que représentant dominant dans les jurys par le nombre de son propre personnel, ce qui est naturellement source de confusion et porte ouverte aux dérives, on l'a amplement vu.

C'est un aspect du problème, certes interne au pays, mais dont la mention n'apparaît pas en tant que telle dans les 16 points clefs du protocole signé entre les parties. C'est pourtant ce qui a permis la génération des courses fictives ... et quelques arrangements "post signature" après les courses ...

On notera que l'histoire des courses fictives (et donc des qualifications qui le sont aussi) avec la complicité active des officiels qui ont accepté de signer ou d'avoir présent leurs noms en le sachant (ce qui n'est pas le cas de tous) se poursuit et se terminera au tribunal FEI après la fin de l'enquête en cours. La FEI annonce aussi qu'elle se dotera de moyens de contrôle permettant de parer désormais à toute éventualité du genre.


14 07 2015
Tests  anti-doping négatifs: une fonction FEI utile trop souvent ignorée.

Ceux qui ont l'habitude de consulter le site FEI et d'y naviguer savent qu'il y existe une rubrique spécifique concernant la publication des résultats négatifs.

C'est un élément qui avait été demandé car il apparaissait "unfair" de ne publier que les résultats positifs et laisser les autres dans les oubliettes de l'histoire sans plus de considération, alors même que ça peut être d'une grande importance.

Cet élément existe depuis plus de 5 années maintenant. Son but est de donner publiquement la liste des contrôles non positifs pour servir les athlètes et les propriétaires en particulier et leur permettre de prouver, le cas échéant, l'existence d'un cursus officiellement "propre" sur ce plan là.

Cliquez ICI pour atteindre la liste des résultats négatifs.

On notera à cette occasion que le site FEI offre plein de ressources et évolue constamment en s'enrichissant. Il mérite d'être consulté régulièrement par les endurants qui peuvent y trouver une multitude de réponses utiles.

La consultation des listes de résultats négatifs renseigne aussi indirectement sur la densité et la répartition des contrôles effectués car les tests sont très loin d'être tous positifs ... heureusement.


13 07 2015
FEI Table of administrative sanctions 10 juillet 2015: Suite, erreur et réponse FEI

Dans l'article précédent sur le même sujet, on remarquait qu'un cheval (Harmere Sharya) apparaissait deux fois à quelque trois semaines d'intervalle, ce qui est, en principe, impossible.

Interrogée sur ce point particulier, la FEI répond;

"In fact, the answer is no – it does not have to be the horse/rider combination that tests positive for the first time – generally both horse or rider have to be first time offenders.

However, in this specific case the horse tested positive twice, within a very short period of time- while it was ridden by two different riders.

And in fact, we only received the two positive results at the same time, and after the second competition. Which means that when the horse competed the second time, neither the first nor the second rider knew that the horse had tested positive during the first, or second competition.

Under these circumstances it was considered “unfair” to only have the first rider “benefit” from the FT proceedings, and not the second as well, and that is why both proceedings had been opened as FT proceedings."

Globalement, l'interprétation qu'on avait ici faite (voir plus bas sur cette page) est erronée car il suffit que le cheval ou l'athlète soit impliqué (et non pas le cheval "et" l'athlète comme on l'écrivait).

L'explication de ce doublon tient dans la simultanéité de la réception de l'information par la FEI et la volonté d'équité. Cette situation est exceptionnelle autant qu'inédite.

On peut se poser la question de la clarté de rédaction de l'article 8.3.1b qui a abouti à l'erreur d'interprétation. Quand on lit, en effet, "The  Person  Responsible  and/or  member  of  the  Support  Personnel (where applicable) and the Horse are first-time offenders", on peut conclure qu'il s'agit du couple PR (ou SP) ET cheval. A titre indicatif la remarque est actuellement analysée par le département légal et le département vétérinaire FEI.

Pour ce qui concerne le doublon signalé, il n'y avait en effet guère d'autre solution équitable, étant données les circonstances, que de faire apparaître le cheval deux fois avec chacun de ses cavaliers impliqués. C'est un cas rare dû à la simultanéité de la réception de l'information et donc, en sous-main, à la gestion de la fédération nationale concernée.

En résumé, on a d'un côté un éventuel problème de clarté rédactionnelle de la règle (chose qu'on a déjà maintes fois mentionné ici avec interventions directes auprès de la FEI pour une réécriture, moyennant document d'analyse à l'appui) et de l'autre une question de fond récurrente: "que se passe-t-il donc dans la tête de ceux qui se mettent dans cette situation qui les place aux portes de l'enfer?".


12 07 2015
FEI Table of administrative sanctions 10 juillet 2015: le Qatar présent 7 fois sur 12 cas.

Qu'a-t-il bien pu se passer avec les chevaux du Qatar lors de la saison passée pour qu'entre le 15/11/2014 et le 26/04/2015 le Qatar occupe 7 cas sur les 12 publiés.

On sait que les sanctions administratives concernent les seules Controlled Medication Substances à condition qu'il n'y en ait qu'une de détectée dans l'échantillon prélevé, que le tableau des contrôles soit intégralement vierge depuis au moins 4 ans et qu'il ne s'agisse pas de Jeux Equestres Mondiaux (les Jeux Olympiques et Para-olympiques ne s'appliquant pas à l'endurance).

On remarque qu'il s'agit dans 5 des 7 cas de Dexamethasone, un corticosteroid aux effets anti-inflamatoire dont la durée de détection est estimée à 48 h. Ceci sous-entendrait que le traitement ait été effectué juste avant les concours concernés.

Le Mepivacaine, utilisé dans l'un des cas est un anesthésique local dont la durée de détection est également de 48h.

Quant au Dimethyl Suphone, il est utilisé dans la prévention et le traitement de l'arthrite.

Cliquez ICI pour atteindre la liste signalée.

On ne peut qu'imaginer une faille de communication interne ou une grosse bêtise pour expliquer cette accumulation inhabituelle chez des gens par ailleurs généralement bien informés.

A l'appui de cette supposition, on constate que le cheval Harmere Sharya est testé positif à la même substance à 3 semaines d'intervalle sous la selle de deux cavaliers différents (l'article 8.3.1b des EADMCRs stipule "la personne responsable et le cheval", ce qui expliquerait la double présence).

Ceci, montre une fois de plus que l'on se fait souvent prendre par défaut de précautions ou de connaissance (voir le cas exemplaire de Maxime Livio).

Les Administrative Sanctions sont en quelque sorte une manière d'accepter que l'on puisse se tromper dans la manipulation des Controlled Medication Substances une première fois et pas plus d'une tous les quatre ans. C'est aussi une sorte de réponse "tolérante" à la complexité du système.

Le principe en est relativement simple. En gros, d'abord tu écrases et tu signes un formulaire comme quoi tu reconnais l'erreur. Ensuite tu paie l'amende. Enfin, on efface, mais si tu ne paies pas, ça reste publique durant 3 mois. C'est ce que la FEI appelle "the administrative procedure". Charge à toi de ne pas recommencer. Si tu n'acceptes pas ou ne paie pas l'amende, ça passe sous le régime "normal" de l'anti-doping.

Il ne faut pas oublier qu'il existe des formulaires de déclaration adéquat pour signaler et faire valider, sous certaines conditions, l'existence d'une Controlled Medication Substance afin d'éviter de se trouver dans la situation où cela est converti en dopage. Cliquez ICI pour en savoir plus.


06 07 2015
UAE-NF: Page blanche dans la section EEF Veterinary Staff du site Internet.

Au détour de visites de veille d'actualité, on peut découvrir en allant sur le site Internet de la Fédération Nationale des UAE que la page concernant la composition de l'équipe vétérinaire est actuellement totalement vierge et blanche.

Cliquez ICI pour atteindre la page signalée.

Etant donné que c'est en quelque sorte l'une des parties "sensibles" en relation avec le bien-être des chevaux ayant été l'une des causes majeures de la suspension par la FEI, on est en droit:

C'est très exactement ce qu'on a fait ici en questionnant de façon privée l'un des membres de la dite fédération nationale.

La réponse a été que c'est probablement une erreur technique, mais que de toute façon "cela sera résolu avant le début de la saison sportive 2015-2016".

Réponse de jésuite s'il en est. On peut y comprendre ce qu'on veut bien y trouver. S'agit-il de résoudre le problème technique d'affichage avant la saison prochaine ou bien de faire plus?

Selon les engagements de la UAE-NF, on peut se poser la question du sens du plus ... un plus essentiel sous forme de remaniement qui devrait apparaître dans les semaines à venir selon ce qu'on en croit savoir (et qui paraît, "vu de loin", assez inévitable).


19 06 2015
Windsor: suite et fin.

Dans l'intervention ici faite à propos des 3 cavaliers ex-aequo de Winsor, (cliquez ICI), on terminait en disant q'une explication mettant les points sur les "I" du pourquoi et du comment serait la bienvenue.

Le mieux dans ce cas est toujours d'obtenir l'information directement du dieu plutôt que de ses saints. Dieu étant en l'occurrence Ian Williams c'est avec lui que j'ai directement discuté (lui étant président du jury et moi membre du dit jury ici, d'où j'écris en Mongolie Intérieure à environ 300 km au nord de Beijing où se tient la Fengning Cup 2015).

Que s'est-il passé? Le CEI 2* se tient dans le parc immaculé de Windsor où il est formellement interdit de procéder à quelque marquage au sol que ce soit. La piste se termine par une grande allée bordée de multiples drapeaux que l'organisateur a placés avec panache. Il n'a pas encore marqué l'arrivée finale, lorsque le staff et le délégué technique sont envoyés en urgence sur la piste suite à la rupture d'un tampon d'égout enterré sous l'herbe venant de s'effondrer sous un cheval. Ils en oublient que la ligne d'arrivée n'est pas encore balisée et n'auraient pas le temps de revenir à temps de toute façon.

Lorsque les cavaliers sont en vue, 2 juges sont envoyés sur la ligne d'arrivée que tout le monde pense être clairement définie tandis que le président du jury est dans l'aire d'inspection. Les deux juges commettent alors une double faute:

Les 3 cavaliers Bahrainis arrivent en se tenant par la main. Un classement est néanmoins fait par les deux juges de ligne.

Un des trois cavaliers n'est pas d'accord avec le classement donné et porte réclamation.

Or:

Sur quelle base peut-on répondre pour vérifier le bien fondé de la réclamation?

Le règlement dit:

  1. Art 802.7::  Start  and  Finish:  The  start  and  finish  of  each  phase  must  be  clearly  and distinctly marked with the appropriate signs.
  2. Art 813.1:  In an endurance Competition, the winner is the combination with the shortest elapsed riding time who successfully passes or complies with all protocols and  requirements,  including  but  not  limited  to  the  final  Veterinary examination.
  3. Art 813.3:  Dead Heat: When two or more combinations, who started together, have the same total elapsed riding time, they are classified according to their respective passage across the finish line.

Qu'à le président du jury dans les mains en pareil cas?

Après 2 heures de recherches de documents pouvant servir de base indubitable à un éventuel nouveau classement, il doit se rendre à l'évidence: il n'a rien de soilde dans les mains.

La seule solution, équitable, car ne lésant aucun des trois cavaliers consiste à déclarer qu'ils sont tous trois  premiers ex-aequo (puisqu'on ne peut pas satisfaire en toute rigueur à l'article 813.3). Il apparaît à l'analyse que c'est la solution la plus équitable en l'absence de données fiables.

L'organisateur se dit profondément désolé de ce manquement technique de son staff et le président assume, quant à lui, la responsabilité de la faute car tel est son rôle.

Voilà qui éclaire la logique du fonctionnement ayant aboutit au résultat inédit autant qu'étrange qui a suscité de nombreuses réactions.

Il y a lieu de convenir qu'en pareille situation, on eût certainement géré la situation de façon identique car, à la réflexion, c'était la seule issue envisageable.

On pourrait dire que l'absence de communiqué explicatif disant ce qui est publiable tuant la rumeur est une erreur. Il faut aussi admettre que des situations imprévues existent sur le terrain, situations qui exigent des réponses qui, vues de loin et hors contexte, suscitent immanquablement des réactions.


28 05 2015
Suspension UAE-NF: Appel collatéral "discret" ou comment donner le bâton pour se faire battre.

Quand on explore les décisions du tribunal FEI, comme on le fait ici assez souvent, on découvre toujours des cas intéressants, mais il est rare de tomber sur du "cocasse triste" comme celui listé dans "Other Decisions" en date du 13 mai 2015.

Il s'agit d'un appel en date du 9 avril 2015 contre la décision de suspension de la UAE-NF prise le 12 mars dernier par la FEI et dont l'auteur n'est rien moins que le "Head of the UAE-NF Veterinary Department" (Chef du Département Vétérinaire de la fédération des UAE), à savoir Hallvard Somerset, à titre personnel et pour lui-même seulement, au prétexte:

A quoi le tribunal FEI répond

Si on n'y prenait garde, on croirait lire là une histoire de rat et de navire...

Profitant de l'occasion, le tribunal FEI rappelle dans le déroulé de sa décision "that given that one of the reasons behind the FEI Bureau’s decision to suspend the UAE NF was serious concerns regarding horse welfare, it would be inappropriate to allow a person who held the position of Head of  Veterinary  Department  of  the  UAE  NF  to  officiate  at  International Events during the period of the UAE NF’s suspension." ("Etant donné que l'une des raisons ayant amené le bureau de la FEI à suspendre la fédération des UAE tient dans les graves préoccupations concernant le bien-être des chevaux, il apparaîtrait inapproprié d'autoriser une personne qui est Chef du Département Vétérinaire de la UAE-NF d'officier sur des évènements internationaux durant la période de suspension").

En vertu de quoi l'appel est purement et simplement rejeté.

Cliquez ICI pour la décision de rejet de l'appel d'Hallvard Somerset

Notons que, lors d'une audition orale intermédiaire, le plaignant a de nouveau expliqué qu'il perdait à la fois de l'argent et son expérience par défaut de pratique, ce qui montre des préoccupations peu crédibles et à mille lieues de celles ayant motivé la suspension dont il ne remet en cause que les conséquences pour lui-même.

On ne peut s'empêcher aussi de relever que l'auteur de cet appel se considère comme totalement blanc pour ce qui concerne le taux de mortalité directe et indirecte ayant justifié pour partie la décision de suspension de la part de la FEI, alors même qu'il est le plus haut et le mieux placé professionnellement (il est vétérinaire et chef du département du même nom) pour s'alarmer et intervenir. Croit-il lui-même à cette fable que ne manque pas de relever le tribunal FEI en décochant par la même occasion un coup de griffe bien mérité.

"J'ai tout vu mais je n'ai rien dit", débouche toujours sur un constat de médiocrité et de lâcheté. Dans le cas présent le plaignant ose publiquement ne faire aucun lien entre sa position et le problème soulevé. Roublardise ultime ou inconscience gravissime se cachant derrière une obsession dévorante assaisonnée de cécité mentale?

Peut-on, d'une manière générale et particulièrement dans le contexte de la suspension et de ce qui l'a motivée, accepter qu'un vétérinaire, au demeurant grand manitou et expert à ce titre pour toute une fédération, se comporte en petit épicier sans horizon autre que la vente du prochain sac de 200 grammes de cerises? C'est plus qu'inquiétant et ça pose de sérieuses questions d'avenir en révélant un mode de fonctionnement qui ne semble pas en adéquation avec la fonction. Mais on peut se tromper bien sûr ... alors, dans ce cas, qu'on nous explique en mettant les points sur les 'i" du raisonnement et de la posture.


26 05 2015
UAE-NF: nouveau comité endurance sous surveillance du comité olympique national, retrait de l'appel & négociation à Lausanne (SUI).

Selon "Inside The Games" (sous la plume de David Owen), les mouvements suivants auraient eu lieu au sein de la fédération nationale des UAE (EEF) à la suite de la suspension du 12 mars dernier:

Taleb Al Muhairi, toujours secrétaire général de la UAE-NF, précise dans l'interview: "We recognise the best way to achieve this is to work closely with the FEI, the international governing authority, and as such have decided to withdraw our appeal against the suspension". (Nous reconnaissons que la meilleure façon d'y arriver (respecter les chevaux, les règles etc. - NDLR) est de travailler étroitement avec la FEI, l'autorité gouvernante internationale, et avons de ce fait décidé de retirer notre appel).

Selon la même source le même Taleb était hier à Lausanne pour de plus amples négociations.

Le 1er vice président de la FEI, John Madden, a répété que la fédération nationale des UAE était la bienvenue au sein de la FEI à partir du moment où elle pourrait démontrer comment elle va mettre en oeuvre ses bonnes intentions.

Cliquez ICI pour l'article de Inside The Games

On savait ici par des informations privées que ça bouillonnait dur au niveau de la fédération nationale des UAE, des entraîneurs, des cavaliers, des écuries et des princes, mais rien n'était publiable en l'état soit parce que c'était du niveau de la rumeur, soit parce que c'était dit sous le sceau de la confidence, voire du secret.

Tout cela serait donc en train d'accoucher de dispositions nouvelles, visant à restaurer l'image en rentrant dans le sein de la FEI. Reste bien sûr à établir un protocole d'accord avec les modalités de mise en oeuvre et de contrôle comme initialement prévu.

On est sur la bonne voie. Les grincheux diront peut-être qu'il s'agit d'esbrouffe, que ce ne sont que des mots et des effets de manche et que rien ne changera vraiment. Ce serait ignorer que les débats internes, dont certains plus qu'animés, voire violents, n'ont cessé d'avoir lieu aux UAE du fait de graves et profondes dissentions, notamment entre certains acteurs majeurs, et refuser de faire crédit de bonne volonté par principe, pour prétendue cause culturelle, voire "génétique" comme on l'a même entendu dire, serait irrecevable.

NOTE: Le recours au comité olympique national semble être une démarche de sauvegarde relativement classique quand rien ne va plus. On se souviendra qu'en France, par exemple, la FFE, devenue provisoirement FfE, fut entièrement mise sous tutelle judiciaire avec transfert de compétence au comité olympique national pendant plus d'un an pour cause de conflits de gouvernance, le temps de retrouver une situation saine et apte à permettre de lever la tutelle (jugement du TGI de Paris en date du 29 11 2005).


19 05 2015
FFE (FRA) 22 04 2015: Alain Soucasse, DTN adjoint à la FFE prend sa retraite ... mais reste auprès des "endurants".

Le 22 avril dernier Alain Soucasse a officiellement pris sa retraite en tant que DTN adjoint auprès de la FFE. 

Sa qualité d'écoute, la précision de son jugement, sa vision claire des objectifs, sa capacité d'analyse "tranquille" et sa gentillesse ne sont pas perdus pour autant car il reste en mission auprès de l'endurance à la demande du président de la FFE et de la DTN en charge.

Cliquez ICI pour le communiqué FFE

La retraite ne saurait signifier ne plus rien faire comme trop de gens le pensent ou même le souhaitent. Alain, dont les projets ne s'arrêtent pas là et dépassent même le cadre de la seule FFE, en est un exemple vivant.

On a ici toutes les raisons de s'en réjouir.


18 05 2015
CEI 2* 120 km (GBR) 14/15 05 2015: Miracle royal à Windsor avec 3 premiers ex aequo.

Comme chaque année maintenant, le Bahrain a sponsorisé le Royal Windsor Endurance avec un CEI 2* de 120 km sur le site prestigieux du Grand Parc. 

Et quand on lit les résultats finaux, on découvre que les 3 premiers sont Bahrainis (pourquoi pas a priori?), mais surtout qu'ils sont ex-aequo, rien de moins et se retrouvent donc à trois sur la première marche du podium!

Ca signifie que ces trois là ont franchi la ligne d'arrivée exactement en même temps. A 2 c'est déjà plus qu'improbable même avec une caméra photofinish, mais à 3 ça tient réellement du miracle!

Cliquez ICI pour les résultats tels que publiés à l'issue du concours

L'article 813.3 du règlement endurance FEI stipule "When two or more combinations, who started together, have the same total elapsed riding time, they are classified according to their respective passage across the finish line." (quand 2 combinaisons ou plus ont le même temps de course elles sont classés en fonction de leur passage sur la ligne d'arrivée). Note: le règlement emploie "combinaison" qui signifie "couple" cavalier/cheval.

Sachant que l'unité reconnue est la seconde (ce qui n'est d'ailleurs pas formellement écrit dans le règlement endurance ni dans les règles générales), c'est le moyen d'éviter des ex aequo pour ceux qui arrivent dans la même unité de référence, à savoir la dite seconde.

Il faut en déduire que le Président du Jury, Ian Williams, et son équipe sont doués d'une acuité visuelle exceptionnelle car ils ont clairement vu que pas un poil de nez ne dépassait d'un autre au passage de la ligne d'arrivée finale, ce qui les a forcément conduits à mettre les 3 chevaux ex aequo. Et le président du jury sait particulièrement bien de quoi il parle, étant donné la position et l'expérience qui étaient siennes dans un système qu'il connaissait si bien ...

Les scientifiques, espantés par la performance de sa vision miraculeuse, ne manqueront probablement pas de tenter de convoquer le président pour pousser plus loin analyses et études afin qu'un jour peut-être nous puissions tous en bénéficier, nous qui avons tant de mal à ne pas nous tromper même quand il y a tout un naseau de différence entre seulement deux chevaux sur la ligne d'arrivée finale ...

Ne serions-nous pas là confrontés, une fois de plus, à une variété vénéneuse de "sporlitique"?

Dans tous les cas une explication parait nécessaire.

Pour info, on ne connaît que deux cas d'ex aequo non séparables au 1000 ème de seconde sur photofinish depuis qu'on emploie cette technique présentée pour la première fois en 1930. Le dernier cas en date s'est produit sur le circuit de Mugello (ITA) en 2014, les 2 concurrents ayant été classés ex aequo par impossibilité vérifiée de les séparer.


16 05 2015
Découverte scientifique: Les chevaux, rares mammifères à pratiquer la biphonation.

Elodie Briefer et ses collègues de ETH Zurich’s Institute of Agricultural Sciences (SUI) ont pour la première fois isolé deux fréquences fondamentales dans le hennissement des chevaux (FO et GO). La chercheuse explique que l'une de ces fréquences exprime des émotions négatives ou positives tandis que l'autre indique la force de l'émotion. 

Les chercheurs pensent que cette biphonation est utilisée de façon complexe et asynchrone. C'est une capacité rare chez les mammifères qui vient d'être découverte.

Les découvertes de ces chercheurs ont aussi montré que l'expression chez le cheval est un complexe formé par les rythmes cardiaque et respiratoire, les mouvements, ces deux fréquences fondamentales  du hennissement et l'amplitude des fréquences sonores élevées.

Cliquez ICI pour accéder à l'étude

Lorsqu'une découverte vient battre en brèche notre fondamentale et culturelle tendance au positivisme, il faut avoir le goût d'en tirer un parti de modestie autant que d'ouverture d'esprit.

En plus de sa faculté d'apprentissage et de sa remarquable mémoire, le cheval s'exprime plus et différemment de ce qu'on croyait, et l'Homme découvre une fois de plus ... son ignorance. Il est clair que plus nous en apprenons, plus nous découvrons que nous ne savons que peu de choses sur les animaux et le monde qui nous entourent. C'est stimulant.


13 05 2015
Lausanne (SUI):  FEI et EEF signent un MOU.

Lors de l'AG et du SportForum tenu récemment à Lausanne (SUI) la FEI (lire Fédération Equestre Internationale) et la EEF (lire European Equestrian Federation) ont signé un MOU.

Non, MOU dans le cas présent ne signifie pas "Mouvement Ondulatoire Unifié" (concept créé par l'inénarrable humoriste Pierre Dac) mais "Memorandum Of Understanding", ce qui est l'acronyme anglais de memorandum d'entente ou protocole d'entente en français.

En d'autres termes, c'est un peu le début de la première poignée de mains, celle qui montre une sorte de prise de conscience de l'existence de l'autre et un futur envisageable basé sur de bonne intentions mutuelles pour faire plus tard quelque chose ensemble.

Cliquez ICI pour voir ce qu'en dit la FEI

Cliquez ICI pour voir ce qu'en dit la EEF

En droit international les MOUs n'ont pas nécessairement de caractère contraignant.

La FEI et la EEF pouvaient-elles éviter cette étape qui signifie beaucoup et rien du tout en même temps. "Je reconnais que tu existes, il va falloir en tenir compte, y a pas de doutes".

Il est certain que la EEF représentant 47 des 134 fédérations nationales qui composent actuellement la FEI, cette dernière ne pouvait ignorer plus longtemps son existence. Il aura néanmoins fallu quasiment 5 ans pour que cette reconnaissance prenne un début de réalité officielle, ce qui n'est pas particulièrement rapide.

D'un autre côté, il s'agit d'un type d'entité qui n'a pas d'existence dans le cadre des statuts de la FEI, bien qu'il en existe deux autres de ce type qui lui sont antérieures.

On notera que la EEF a du mal à trouver sa place dans l'édifice actuel tel qu'il est car elle doit s'en faire une entre les fédérations nationales et l'internationale qui les représente. Personne n'avait réellement envisagé cette situation mais ce n'est pas en soi une raison pour que ça ne se fasse pas.

Reste à savoir bien sûr si l'Europe est une entité valide dans le système ...

Pourquoi le texte du MOU, n'est-il pas publié tant par la FEI que par l'EEF? Est-ce secret ou bien sans aucun intérêt?


12 05 2015
Mont-le-Soie (BEL)  02 05 2015: Rien que du bonheur, mais trop peu de monde.

Mettez tout à disposition en dur dans l'enceinte du Centre Européen du Cheval (qui, soit dit en passant, possède un matériel d'étude de pointe et se livre à des études poussées sur le cheval, notamment dans 4 disciplines dont l'endurance avec suivi dans le cadre du programme Ewalraid, etc.). Cliquez ICI pour en savoir plus.

Mettez une équipe restreinte mais soudée dont la redoutable efficacité n'a d'égal que la bonne humeur et la gentillesse gravée au milieu.

Mettez un circuit éprouvé avec balisage permanent, ce qui permet de venir faire de l'entraînement ou des randonnées, dont les difficultés techniques sont savamment dosées au relief pour cause d'expertise affinée au fil de 17 années d'exercice.

Et vous aurez Mont-le-Soie, avec en plus cette année une qualité culinaire sans commune mesure avec le petit coup de faiblesse de l'édition précédente.


Crew point / une partie de l'équipe avec le podium du Championnat
(notez bien que les photos de l'équipe et du podium ont été effrontément
volées à Endurance Belgium où vous pouvez vous régaler en cliquant
ICI)

On notera que Peter BASTIJNS avec Shakira de Alborada a gagné l'épreuve CEI 3* de 160 km qui a fait de lui le Champion de Belgique 2015 à 15.008 km/h. Il s'agit d'une piste technique et pas facile, la vitesse du vainqueur, qui n'est pas n'importe qui, en témoigne. Catus (FRA), épreuve réputée difficile, se courrait il y a 10 ans dans ces plages de vitesse. Labastide-Murat, épreuve "sévère" si l'en est, s'est gagnée à 15.509 km/h cette année. On est là dans des gammes de vitesse qui montrent qu'on est plus dans l'endurance au sens de résistance, que dans l'option vitesse sur ce type de circuit "traditionnel".

Mais, que diable, faisiez-vous donc cavaliers de tous poils et de tous pays? Où étiez-vous pendant que se tenait cet événement? Ailleurs bien sûr car, dans ce petit coin d'Europe on n'est toujours pas coordonnés sur les grandes épreuves.

Et c'est l'occasion de regretter qu'aucun organisme ne vienne réguler aussi l'ensemble par régions, et non par pays, quand il s'agit de concours internationaux. La FEI émet des "clashes" automatiques, ce qui est déjà quelque chose, mais ce n'est pas suffisant.

L'Association A. End. O., de toute récente création, pourrait-elle à terme être le lieu d'une telle coordination régionale qui apparaît indispensable pour éviter des superpositions néfastes (ici par exemple Mont-le-Soie / Rambouillet)? Tout le monde aurait à y gagner.


10 05 2015
Université d'Alicante (ESP): Dopage, quelle niveau d'illusion? 

Une étude sur les records sportifs de 1886 à 2012 avec analyse des résultats structurés sur deux grandes époques charnières du dopage (1932 et 1967) effectuée à partir des sources disponibles (WADA, CIO, etc.) pour treize disciplines donne des conclusions en rupture avec l'imaginaire actuellement construit autour du dopage.

Il est relevé notamment la possibilité d'une surestimation générale des effets du dopage pour l'amélioration des performances, qui dans certains sports apparaît nulle voire contraire à ce qui est recherché, et le problème de la perception surévaluée de ses bénéfices. L'étude résume un certain nombre de causes socio-psychologiques du passage à l'acte. Ainsi, Le sportif:

Cliquez ici pour télécharger l'étude

Avec ce type d'études, on quitte la pure chimie de laboratoire à la recherche de la trace pour se positionner en amont et se demander qu'est-ce qui fait qu'un athlète se dope et qu'un autre ne le fait pas? Pour le domaine qui nous occupe ici la question est du même ordre même si on y agit par procuration en quelque sorte.

On se demande également si les effets du dopage ne sont pas surestimés du fait même de l'ignorance scientifique du sportif et de l'imaginaire social dans lequel il baigne (ce faisant on oublie la recherche scientifique organisée avec dopage systématique relevant d'une politique délibérée d'Etat ou d'équipe).

Au final, ça ramène la lutte anti-dopage sur le terrain des sciences sociales (sociologie, psychologie notamment), là où s'en forme l'idée. C'est une démarche indispensable surtout en ce moment où on finirait par croire, à entendre la presse et la rumeur, que la lutte anti dopage se réduit finalement à une sorte de ballet de gendarmes et de voleurs se tournant autour, chacun voulant aller plus vite que l'autre dans une sorte de tourbillon illusoire et nécessairement délétère à terme, mais qui génère de bons titres à l'occasion de quelques scandales vite oubliés.

Penser en amont là où se trouvent les causes au lieu de se focaliser exclusivement ou quasi exclusivement sur les effets et conséquences du dopage est une démarche qui existe pour les sportifs bipèdes. A quand une semblable démarche d'étude pour le dopage des quadrupèdes de compétition avec leur drôles de petits bipèdes sur leur dos? C'est dans la tête de ce dernier que tout commence, il ne faut donc pas s'en désintéresser si on veut cerner, comprendre et agir autrement et plus efficacement peut-être.

Ca réclame une puissante volonté de fond. Qui financerait ce genre d'études dans le domaine des sports équestres? La FEI ne pourrait-elle en être le moteur? Ca pourrait utilement compléter son site CleanSport qui esquive de fait cette dimension du problème.


04 05 2015
Sports Forum FEI 2015: Faut-il se donner en spectacle? 

Le Sports Forum 2015 est fini. Parmi les quelques propositions concernant l'endurance il en est une de taille pour les Jeux Equestres Mondiaux: changer le format en quittant les 160 km en 1 jour au profit de 200 km sur 2 jours (soit 100 km/j), ce qui aurait aussi une incidence sur les qualifications.

Il semble qu'on ait voulu donner primeur au spectacle en s'appuyant sur une comparaison statistique basée sur le nombre de jours de présence de chaque discipline (1 pour l'endurance contre 6 pour le reining ou le CSO) et celui des spectateurs cumulés (6 000 pour l'endurance contre 110 000 sur 5 jours pour le CSO et 94 600 sur 4 jours pour le CCE aux derniers JEM).

La visibilité et le nombre de spectateurs sont les deux éléments traités en premier dans le document.

Vient ensuite un argumentaire longuement développé concernant le nombre de blessures sur un CEI 3* de 160 km par rapport à ce qu'on trouve sur des CEI 1* et 2* où on découvre, sans réelle surprise, que le taux de blessures est proportionnel à la distance (qui est indissociable de la notion de difficulté pour ce qui la concerne). C'est ainsi que les pourcentages "d'injuries" (littéralement "blessure", mais qu'inclue-t-on exactement sous ce mot?) seraient de 2.34% pour les CEI 1*, de 5.14% pour les CEI 2* et de 22.22% pour les CEI 3*. Donc, en passant de 160 km/jour à 100 km/jour on abaisserait significativement le taux de blessures, cqfd. C'est ce que fait plus que suggérer le texte de manière subliminale car on ne l'écrit pas, mais on trace la direction pour que le lecteur moyen fasse le reste de la route par lui-même (en l'absence de statistiques concernant les 2 x 100 km, soit dit en passant).

On explique aussi que ce serait beaucoup mieux pour l'utilisation et la rentabilité des équipements puisqu'on aurait nécessairement plus de visibilité et de spectateurs, la durée du spectacle étant plus longue.

Pour aller dans le même sens, le texte propose un système de Grand Prix (semblable au CSO par exemple) et une Meilleure Condition le lendemain du 2 ème jour de compétition, afin d'arriver à 3 jours de présence active. On notera que le contrôle initial compte pour du beurre dans le raisonnement tenu alors qu'il peut être très valorisé si on veut bien le relier à l'élevage et mettre ce lien en valeur.

Cliquez ici pour télécharger le document FEI produit

Cliquez ici pour l'intervention de la FFE dans le sujet sur sports forum on line.

Faire droit au spectacle semble être le maître mot du moment pour les JEM.

On sait que le ballon de foot-ball s'est couvert de pustules pour passer dans les fourches caudines du petit écran à l'époque du noir et blanc et que c'est resté collé. On sait que les balles de tennis qui étaient blanches ont attrapé la jaunisse sous les mêmes contraintes. Jusque là on peut dire que le sport n'a pas été changé par ces adaptations aux contraintes d'un mode de diffusion du spectacle.

Quand on en arrive aux courses de bipèdes en stade, on constate que les contraintes télévisuelles ont changé certaines règles. Il en est ainsi des faux départs qui pouvaient être quasi infinis mais sont maintenant éliminatoires au 2 ème râté d'un coureur car il ne faut pas lasser le téléspectateur qui pourrait alors zapper, ce qui serait dommageable en terme de recettes publicitaires, nerf du système, voire motivation principale plus ou moins avouée.

Remarquons, au passage, que la voltige s'est déroulée aux derniers JEM dans une salle de spectacles, ce qui avait fait l'objet de nombreux et âpres débats internes car certains pensaient qu'on quittait là le sport pur et dur, surtout probablement parce que ça ne s'était jamais fait et que c'est une sorte de dimension "cachée" ou "non-dite" de la discipline bien que cela corresponde très bien à l'une de ses composantes, celle qui l'apparente au patinage artistique qui, lui, assume pleinement sa dimension "spectacle", par exemple.

Alors allons au bout de l'idée proposée car c'est souvent en explorant les limites qu'on prend conscience des conséquences d'une disposition envisagée et proposons un 3 x 80 km. Il en existe actuellement un seul qui se tient chaque année à Bouthieb (Abu Dhabi - UAE) depuis maintenant 7 années.

Si on suit cette géniale proposition (merci), on découvre que ça présente de nombreux avantages en terme de visibilité et de spectateurs (3 jours de course + 1 meilleure condition = 4 jours de visibilité ce qui placerait l'endurance de ce point de vue à armes égales avec le CCE, la voltige et l'attelage, si on persiste à considérer que le contrôle initial n'a pas d'intérêt en termes de visibilité, sinon c'est 5 jours).

Côté sécurité et bien être du cheval ce serait incomparable car on se retrouverait dans la catégorie des CEI 1* de 80 km (limite minimum) 3 fois de suite et on abaisserait le taux des "injuries" de façon considérable. C'est tout à fait réglementaire et ça correspond à la limite maximum actuellement possible (3 x 80 km).

Arrêtons de penser petit, allons-y plein pot, que diable, et poussons l'avantage au-delà même de la Task Force FEI.

C'est tout bon!

Mais on risque d'assister au festival quadri-annuel des perfs soigneusement "équilibrées" avec l'aide de laboratoires aussi secrets que performants dans les recoins nocturnes des boxes, avec escaladeurs de clôtures chevronnés comme vecteurs de l'action.

En prime, on pourrait changer de nom et au lieu du mot "Endurance", accaparé par la moto dans l'esprit du public, on pourrait appeler cela "le Marathon du Cheval", comme le firent astucieusement les journalistes locaux à Sartilly (retrouvant à leur corps défendant certaines proposition désormais "antiques"), ce qui participa assurément à attirer du monde.

Au fait, et si on gardait ce qu'on a et qu'on place l'endurance au coeur des JEM, tant temporellement que spatialement, c'est à dire pas en hors d'oeuvre solitaire et loin du reste dans une arrière cour de supermarché sans génie de village inconnu, choisi pour seule raison d'acquintances entre politiciens sans grandeur? On aurait peut-être alors des résultats différents en matière de spectateurs et de visibilité, surtout si on insiste sur une comparaison avec les marathons bipèdes car, dans le public non averti 160 km en 1 jour, c'est carrément impressionnant.

Il n'est pas dit que 2 ou 3 jours de course ne lasse pas un public qui n'y comprend rien, sinon qu'il voit passer et repasser des chevaux sur longue distance. Une fois, ça va, on a compris ... En CCE chaque jour est un exercice différent et attractif, pas en endurance si on adoptait 2 ou 3 jours de course ...

Et les chevaux là-dedans? Qu'en pensent-ils? Leur bien-être est-il mesurable à l'aune du nombre des "injuries"?

On notera quand même que dans les 6 jours du reining par exemple, il en est 2 consacrés au repos, ce qui donne 4 jours actifs, ou bien que dans les 5 jours de dressage, il en est également 1 qui est là pour le repos, tandis que pour l'endurance on ne compte par le contrôle initial. On n'aurait pas juste un peu forcé le trait pour faire bonne mesure et rendre l'exemple plus "éloquent", par hasard?


27 04 2015
IL FAUT RÉÉCRIRE LE RÈGLEMENT ENDURANCE FEI

Un règlement étant la source du droit ne peut qu'être ordonné, clair, non équivoque et complet.

On se doit d'y avoir prévu l'essentiel tout en donnant à en comprendre le sens général de telle sorte que dans les cas limites inévitablement rencontrés sur les terrains, les personnes en charge de sa mise en œuvre puissent faire appel à leur intelligence et à leur bon sens afin d'en garder l'esprit sans néanmoins en trahir la lettre.

Le règlement doit donc éviter les redites, les contradictions, les énumérations qui ouvrent des espaces entre les lignes car elles ne peuvent être exhaustives, le foisonnement qui fait que l'on recherche sans fin tel ou tel élément, les abréviations multiples et croisées qui en deviennent opaques et la diarrhée législative d'une manière générale.

Actuellement le règlement endurance de la FEI ne remplit plus ces critères à force de rajouts successifs et de relecture insuffisante. Ce faisant, il est peu accessible et donc mal compris ce qui est contraire à ce qu'on se doit de rechercher. Nombre de participants ne l'ont pas lu et se contentent de l'apprentissage par "ouï-dire de buvette" et survol global plus ou moins désespéré de pages qui s'entrechoquent.

En voulez-vous quelques exemples?

•   Il existe plus de 34 abréviations utilisées (ECIU, EADCM, ESL, NHV, RRI, FVD, PGJ, AVD, EVT, VSM, CIC, VC, EOV, VD, OV, EOV, IV, MF, FSL, PTV, PR, FJ, TD, BS, WT, ETUE, EADCMR, IGA, VGI, CRI, CRI, HRRI, RRI or EPSL, etc.). Certaines comme CRI se recoupent. Ainsi lors d'un CRI (Compulsory Re-Inspection, ex Compulsory Recovery Inspection, ex ex réexamen obligatoire) on doit pratiquer un CRI (Cardiac Recovery Index ex test de Ridegeway). Vous suivez? Vous connaissez toutes les significations de ces abréviations? Pourtant vous devriez…

•   Mais attention un CIM (Concours International Mineur, c’est-à-dire pour la discipline CEI 1* et, depuis janvier 2014, CEI 2* aussi de nouveau) est souvent appelé un Low Level Event quand il est seul…

•   Le Vet Gate est une notion centrale en endurance. C'est tellement vrai qu'on trouve l'expression 32 fois dans 22 articles différents. Mais il n'existe pas un seul article pour définir sans équivoque ce que c'est. Vous devez vous en faire une idée au fil du texte. Et vous découvrirez que cette notion s'applique tantôt à l'espace, tantôt au temps… Ainsi nombre de participants pensent que le Vet Gate c'est l'aire d'inspection alors que ça s'étend de la ligne d'arrivée intermédiaire à celle des re-départs dans l'acception spatiale de cette expression...

•   Si vous n'avez pas bien compris l'article 821.2.2, pas de problèmes, vous le retrouvez intégralement copié sous 821.2.5 comme ça vous aurez tout loisir de relire le truc. A-t-on vraiment procédé à une relecture sérieuse avant de publier ça?

•   On sait qu'une ligne de trotting trop courte ne permet pas au cheval de s'exprimer pleinement et au jury d'avoir le temps d'estimer correctement la nature de l'allure, ce qui est source de doute et de conflits. Mais où se trouve écrite la distance de 40 m? Vous ne la découvrirez qu'au détour du paragraphe 9 de l'article 821.2.3 c’est-à-dire au milieu du rajout fait pour le 1er août 2014 pour ce qui concerne le protocole des prises de cardiaque (Heart Rate Assessment Protocol). Est-ce vraiment sa place? Ne fallait-il pas un article spécifique pour un élément matériel aussi important?

•   Vous cherchez quelle est la fréquence cardiaque maximum pour les inspections? Pas de problèmes, l'article 821.2.8 (Heart Rates) vous renseigne: si la fréquence est anormalement élevée, si elle dépasse les paramètres dits dans l'avant programme ou amendés par le jury, votre cheval est éliminé (failed to qualify) et ne repartira pas sur la phase suivante. Dans l'avant-programme on peut théoriquement donner d'autres définitions que 64 bpm donc et on peut définir plus avant certaines données (présence d'une machine, limite maximum pour re-inspection, etc.). Oui, mais dans le rajout effectué pour le 1er août on vous dit aussi au 821.2.3 § 3 que c'est 64 bpm ou ce qui est dans l'avant programme, tandis qu'au 821.2.3 § 4 on ne parle plus que de 64 bpm sans mentionner l'avant programme et qu'au 821.2.3 § 8 on ne parle plus de limite… Vous suivez ou pas? Concentrez-vous si ce n'est pas le cas, parce qu'aux articles  814.1.5.1, 814.1.5.2, 814.1.5.3, 814.1.5.4 et 814.1.5.5 on vous dit que c'est 64 bpm et rien d'autre, mais on ne parle pas de Re-Inspection…

•   Vous cherchez la taille des boxes et ce qu'il faut ou ne faut pas mettre dedans? Ce n'est pas là. Il faut aller chercher cela dans le règlement vétérinaire (art 1033 I 3). Vous ne le saviez pas? Tss, tss, tss …

•   Vous vous demandez s'il faut éclairer la zone des boxes ou s'il faut créer une zone sous contrôle pour un CEI 2*? C'est aussi dans le règlement vétérinaire (art 1023 I 3.a et 1023 V 12 respectivement). Somme toute c'est logique puisqu'ils ont aussi une formation d'éclairagiste dans leur cursus de formation. Vous l'ignoriez? Vous doutez? Demandez à votre vétérinaire favori, si ce n'est pas vrai…

•   Si une substitution de cavalier ("athlete" car le mot "rider" a été officiellement éradiqué depuis janvier 2013, encore qu'on en retrouve toujours dans certains coins du texte) ou de cheval a lieu pour cause d'accident ou de maladie (art 819.3.2), cela peut se faire à partir de la liste des engagements définitifs au minimum deux heures avant le début de la compétition (c’est-à-dire 3 heures avant le contrôle initial) avec certificat médical et bénédiction du Président du Jury of course, l'article précédent (819.3.1) ne donne aucun délai pour les substitutions "ordinaires". C'est clair d'un côté, c'est évasif de l'autre…

•   Par ailleurs, on explique au vétérinaire où et comment placer son stéthoscope, ce qui est aussi absurde que quasi insultant. Est-ce à un règlement de se positionner ainsi et dire son métier à un professionnel? N'est-ce pas là un débordement qui, de plus, ouvre la porte aux contestations les plus diverses ("votre stéthoscope n'était pas placé à l'endroit où on entend le mieux les battements cardiaques comme l'impose le règlement FEI". "Prouvez-moi que c'était bien exactement là qu'il fallait le mettre"…)? Si on suit ce type de tendance narrative, il va falloir tracer sur chaque cheval un rond montrant où il faut appliquer le stéthoscope afin de ne jamais être en défaut et on aura définitivement  quitté le bon sens dont on s'est déjà éloigné en écrivant ces prescriptions…

•   On pourrait continuer ainsi car on en a une pleine valise, mais ça va vous lasser très certainement alors on se contentera de ces quelques exemples.

Et on se souviendra du fier et suffisant contentement de Mc Ewen, alors vice-président en charge de l'endurance, lorsqu'après les JEM de Normandie 2014 il attribuait le faible taux de qualifiés au définitivement superbe nouveau règlement élaboré dans la hâte et la fièvre pré-JEM qui s'était emparées de la FEI à l'époque. Avait-il lui-même relu ce dont il aimait tant parler?

N'allez pas en tirer la conclusion que le règlement est idiot, ce serait une imbécillité car ça n'est nullement le cas.

Non, le règlement dans son esprit est remarquable et pourrait suffire à gérer la discipline très correctement si tous les intervenants le connaissaient et jouaient le jeu. Les officiels ont entre les mains tous les éléments pour gérer de manière ferme, juste et néanmoins aimable toutes les situations qu'ils ont à dénouer dans l'exercice de leur mission.

Oui, le règlement doit impérativement être réécrit pour lui offrir une forme plus digeste tout en lui redonnant par endroits la rigueur et la cohérence qu'il a perdues au fil des sédiments et érosions dont il a été l'objet au fil des ans.

C'est dans ce sens que l'auteur de ces lignes est intervenu sur le Sports Forum online 2015, et directement par ailleurs, afin de provoquer la dite réécriture. Le nouveau directeur de l'endurance FEI est d'accord avec le propos. Si vous l'êtes aussi, dîtes-le sur le forum en question en cliquant ICI, c'est le moment d'agir.

Nota: Le forum à Lausanne se tient aujourd'hui même pour ce qui concerne les NOS (non olympic sports) dont l'endurance, mais le forum online reste ouvert et continuera bien après la clôture physique de l'AG et du Sports Forum à Lausanne.