"Thinking out of the box"

CROTTINS  21 11 2017
Changer de nom. 

L'identité serait-elle viscéralement liée au nom et vice versa?

De nombreuses publications et recherches scientifiques tendent, par exemple, à montrer l'importance du prénom en tant que variable ayant un impact sur l'image a priori de la personne qui le porte. Cela s'assortie d'une sorte d'effet rebond sur la perception que la personne finit par avoir d'elle-même, en tous cas pour partie.

Il en va de même du nom de famille qui est nécessairement lié à une histoire petite ou grande. Le paysan d'à côté se sent fier de porter un nom dont on retrouve des traces locales jusqu'au Moyen-Âge. S'appeler actuellement "Hitler" est assurément difficile à porter car c'est trop récemment lié à l'histoire d'un monstre. Être né sous X et reconnu par personne avec seulement un prénom pour état civil en attendant mieux, est un fardeau initial ayant à rebours un fort impact psychologique. D'un côté, le paysan a le sentiment de faire partie d'une lignée dont l'unique "haut fait" est pourtant seulement d'avoir duré jusqu'à aujourd'hui sans changer de lieu, de l'autre, avoir le patronyme d'un criminel de renom crée une immédiate association lourde à porter. Entre les deux, être doté de son seul prénom est quasiment invivable dans une culture où tout le monde a forcément plus.

Tout cela est bien sûr soumis au filtre de l'interculturalité car il est sûr que d'un point du globe à l'autre la symbolique n'emprunte pas nécessairement les mêmes chemins. Il en résulte que ce qui est pris ici pour vrai peut n'avoir aucun sens là-bas. Ça ne facilite pas la compréhension, mais ça pousse, si on regarde le monde positivement, à aller vers l'autre et à dialoguer avec lui. C'est bon pour la tolérance et l'entendement du monde.

Si on se réfère, par exemple, à toute la symbolique créée en Occident autour de la Lune (nom féminin) et du Soleil (nom masculin) avec toute la saga qui en découle et que certains trop nombreux auraient tendance à prendre pour explication universelle parce que c'est la seule qu'ils connaissent, il suffit de se pencher sur la langue arabe pour découvrir que la Lune est masculine et le Soleil féminin. Pourtant nous sommes voisins de très longue date. Patatras et pan sur le bec!

Le nom possède un indéniable impact qu'on ne saurait dissocier de la culture auquel il appartient.

Appeler ici son cheval "Raymond", "Bernard" ou "Alain" semblerait déplacé et ridicule, mais l'affubler d'un prénom arabe ne choque personne. C'est simplement lié au fait que ces prénoms font ici partie d'un contexte signifiant tandis qu'appeler son cheval (ou pire sa jument) "Abdallah" ne véhicule pas d'image particulière. Vice-versa et réciproquement en quelque sorte.

Ce phénomène d'image et de symbole est aussi l'objet de manipulations volontaires. On le voit bien au niveau du nom des sociétés pour lesquelles en changer est une pratique visant à modifier, renouveler, voire même effacer une image associée.

C'est ainsi que des EDF deviennent pour partie des ERDF, mais c'est trop proche, alors des "créatifs" produisent "Enedis" afin de générer, pensent-ils, une image plus détachée et/ou positive que l'ancienne appellation trop "étatique" et probablement pas assez capitalistiquement dynamique. En vrai, rien ne change, on se contente simplement de remplacer un nom par un autre et voilà un truc vendu comme nouveau et plein d'avenir patin couffin … Faire croire et faire accroire pour politique de changement.

Ça peut également être très utile pour effacer une image trop lourde à porter. Ainsi prenez le "L" de "Le", le "C" de "Crédit" et le "L" de "Lyonnais", collez le tout ensemble et vous avez une "nouvelle" banque faisant oublier les sulfureuses et financièrement catastrophiques dérives de la même. On fait oublier le passé et, tel le phénix, on renaît de ses cendres en effaçant ce qu'on a commis et qu'on veut extirper de la mémoire collective par le seul biais du nom. Tour de passe-passe pour recréer une confiance disparue … et qui marche globalement.

Lors des Jeux Équestres Mondiaux 2014, le journal Le Monde titrait le 30 août "un deuxième cheval meurt aux Jeux Équestres Mondiaux"*. En auraient-ils parlé autant sans cette double et négative occasion?

Cela venait s'ajouter au contexte d'une sorte d'emballement médiatique concernant l'endurance et la mort de chevaux principalement à Dubai. Sur le thème taux de mortalité, l'endurance, même si c'est éminemment condamnable, n'est pourtant qu'un petit enfant de chœur si on la compare aux courses de rapport où les morts de chevaux se comptent traditionnellement à la pelle sans que nul ne s'émeuve vraiment. Effet collatéral, sans "intérêts".

Les journalistes locaux avaient trouvé une "accroche" géniale qui a visiblement largement porté ses fruits. En effet, abandonnant le mot "endurance" qui, pour le grand public auquel ils s'adressaient, ne signifie quasiment rien, voire même strictement rien, si ce n'est, dans le meilleur des cas, une éventuelle évocation de courses de motos (l'enduro, vous savez …) avaient titré le "Marathon du Cheval" en lieu et place d'"Endurance".

Cela fait immédiatement sens, ce que l'appellation actuelle véhicule avec peine. On voit immédiatement, le marathonien titubant de fatigue mais franchissant la ligne d'arrivée, après avoir surmonté toutes les difficultés d'un parcours à la longueur mythique, dans un effort que d'aucuns sont prompts à qualifier de surhumain et qui le grandirait par là même. C'est héroïque, c'est quasi impensable et ils le font quand même. Bravo, c'est fabuleux ce que vous faîtes!

Parler ainsi de Marathon du Cheval c'est réévaluer l'effort et le rendre acceptable. Ca fait image par comparaison immédiate et ça rend la chose à la fois plus grande et plus compréhensible. Étant donné que ce n'est plus un bipède seul qui décide pour lui-même, mais que le centre de décision est perché sur l'artiste, ça introduit une donnée nouvelle qui fausse un peu le jeu de l'admiration spontanée. Mais, comme le principe est de frôler la limite sans dommages et tout en la repoussant un peu plus loin, il est nettement plus facile de "vendre" un cavalier "artiste", intime connaisseur de son cheval qu'il pousse et respecte à la fois, que celle de cowboy un peu con sur un cheval pas toujours propre que l'endurance véhicule encore dans l'imaginaire populaire (bien qu'elle ne le mérite plus). Deux artistes en route pour l'exploit en quelque sorte.

Ça parle aux peuples et ça élargie l'audience. Si on sait se tenir vraiment, c'est par le nom seul gagner dans l'imaginaire populaire un terrain que près de 40 années de compétition n'ont jamais pu permettre de couvrir. "Endurance" en soi ne veut rien dire de précis. Il y en a qui font de la moto avec, tandis que d'autres font de la course à pied, de la natation, du vélo ou de la voile. C'est un mot fourre-tout dont le champ sémantique est trop large pour être instantanément signifiant. L'endurance est de ce point de vue mal nommée.

Le jumping ou saut d'obstacle, ça consiste à sauter des obstacles. Le dressage, ça consiste à dresser le cheval. L'attelage, ça consiste à conduire un attelage. La relation est immédiate et directe entre le nom et son objet. Ca fait immédiatement sens.

L'endurance, ça ne le fait pas pour un large public. Il suffit de s'adresser à quelqu'un qui n'est pas du sérail pour se voir confronté à des questions qui montrent bien que l'interlocuteur ne voit pas de quoi on lui parle. Et la 1ère chose qu'on ajoute alors est "équestre" en guise de suffixe pour tenter de percer le mur de l'incompréhension et essayer de mieux situer le domaine de l'activité dont on parle dans l'esprit de l'interlocuteur. Mais ça ne fait, le plus souvent, guère plus que permettre de décrocher un "ah oui?" plein de brouillard. Ce seul ajout montre qu'il faut échapper à l'attraction de l'endurance motorisée, de l'enduro et des images connues et médiatiquement répandues de ces pratiques.

Pour se faire comprendre il faut d'abord se défendre contre un envahissement contraire. Ça montre bien qu'il y a déficit d'image et de sens. C'est un contresens.

Une solution est pourtant à portée de mains: changer le nom. Les journalistes locaux de Normandie ne s'étaient pas encombrés de principes limiteurs et avaient simplement et magnifiquement utilisé l'appellation, non conforme mais néanmoins percutante, de "Marathon du Cheval". Le public a voulu voir ça. Il est venu en masse. Auraient-ils fait de même pour un sport nommé "endurance" dont on ne voit pas vraiment ce qu'on fait avec?

NOTE: il existe en attelage une voiture appelée Marathon et qui n'a rien à voir de fait avec l'image du marathon dont on parle ici.

* Le 1er en endurance et le 2ème en cross le lendemain.


CROTTINS  25 08 2017
Double épée de Damoclès. 

L'endurance d'aujourd'hui est entre deux feux contraires de même origine et vit sous le couvert d'une double épée de Damoclès.

D'un côté,

Il est indéniable que la discipline s'est développée et prospère grâce majoritairement à la généreuse bienveillance d'un immense sponsor, à savoir précisément Sh Mohd bin Rashid Al Maktoum de Dubaï. Des centaines de personnes issues de très nombreux pays entraînent des chevaux lui appartenant et lui en vendent d'autres à des prix que nul ne pourrait ou ne voudrait offrir.

L'influence du Sheikh a été et est déterminante dans le développement de l'endurance. Qui pourrait dire le contraire?

C'en est apparemment au point qu'il y a lieu de sérieusement se demander si cette discipline (actuellement la 2ème de la FEI) ne disparaîtrait pas pour tout ou grande partie au cas où il viendrait à s'en désintéresser.

Le bienfait de sa quasi hégémonique action en endurance en serait en quelque sorte aussi le poison car il est certain que, grâce à elle, la discipline vit actuellement au niveau qui est le sien de manière artificielle.

Mais de l'autre,

S'il brille de mille feux, l'argent mis directement ou indirectement par le Sheikh pour des événements phares apparaît aussi comme une arme à double tranchant dont certains se demandent si elle n'est pas parfois contrevenante et contreproductive pour la discipline elle-même ainsi que pour son image.

Comment, par exemple, ne pas faire un rapprochement entre le clash récent de Euston Park (au budget de 1.7 millions d'euros) et de Brussels et une volonté possible de "torpiller" par l'argent un événement dont l'un des créateurs a été récemment un grand "accusateur" publique du Sheikh et un pourfendeurs verbalement violent des "Arabes"? Ce n'est pas certain et on dérive peut-être en pensant cela, mais rien ne peut venir non plus contredire le soupçon qui conduit à imaginer une telle interaction "vengeresse". Un petit coup de griffe au passage, histoire de... Il reste en tous cas que le clash était inédit.

Il est certain bien évidemment que l'argent permet de réaliser des événements grandioses tels qu'on en peut voir en CSO par exemple et que sans lui, les CEIs se rapprochent souvent plus de manifestations rurales déconnectées que d'événements propres à rassembler les foules. Ça permet par certains côtés de faire briller pour un vaste et général public une discipline par essence difficile à médiatiser. Mais cela se fait artificiellement car en payant tous les frais de transports ainsi que les engagements (sauf EADCMP) et en assurant une prime à tous ceux qui terminent, on fait venir de très nombreux compétiteurs et on obtient "facilement" un événement médiatiquement visible. Rien n'interdit certes de le faire.

Mais le médiatiquement favorable est-il sans influence sur la nature même du sport? On rapporte trop souvent que ces grands événements seraient en effet "perturbés" par un certain nombre de pratiques dérivantes (classements "réservés", éliminations "dissuasives", cardiofréquencemètres "calibrés", officiels "consentants", etc.). Est-ce à dire qu'elles existent véritablement? Faut-il faire place aux rumeurs pour se faire une opinion?

Le dicton populaire affirmant qu'il n'y a pas de fumée sans feu est inévitablement appliqué à de telles rumeurs. Il est sûr qu'il y aurait avantage à investiguer, ne serait-ce que pour invalider les doutes. Il revient de droit aux NFs concernées et à la FEI de procéder ou faire procéder à de telles investigations pour lever publiquement les soupçons s'il y a lieu ou redresser la barre si cela se révèle nécessaire. Laisser planer l'incertitude ne peut que nuire à l'image de tels événements et se répercute directement sur celle de la discipline et des dites fédérations.

En l'absence de réponse clarifiant la scène, d'aucuns se mettent inévitablement à penser que la généreuse donation véhicule en son sein quelque Cheval de Troie où se nicherait le désir d'interférer avec le sport au profit de quelque "politisation" de bas niveau. Telle chose malsaine ne proviendrait pas nécessairement de son fait direct, mais pourrait être initié et mis en oeuvre par la cour, sachant par la démonstration de l'Histoire, que les cours des puissants, toujours serviles et avides de plaire à leur maître, n'hésitent que rarement à précéder les intentions qu'elles leur prêtent sous l'empire du désir.

Et comme il est toujours bon d'explorer les limites pour comprendre l'équilibre d'un système, imaginons maintenant, sans aucun support bien évidemment, que Euston Park se mette à organiser tous les mois un événement "grandiose" grâce à la généreuse sponsorisation du célèbre donateur qui serait soudain pris d'une irrésistible envie de "concentration".

Qu'en serait-il de la survie même des organisateurs de France, de Belgique ou d'Espagne? Qu'adviendrait-il de Fontainebleau, de Castelsagrat, de Monpazier ou de Brussels, réduits à recevoir des cavaliers se comptant sur les doigts, les autres se réservant au rythme des "grand événements" d'Outre-Manche qui ne coûtent rien, où l'on gagne de l'argent même dernier au classement et où on est assuré de ne rien perdre financièrement fût-on même éliminé? Tout ceci sans compter sur la belle opportunité de pouvoir vendre son cheval avec une plus-value intéressante mieux que partout ailleurs.

En pareil cas imaginaire de déséquilibre patent des rouages par une telle OPA soudaine et violente, qu'en serait-il du comportement des NFs concernées et de la FEI qui n'ont jamais même imaginé cela possible, tout à l'articulation de leurs petites règles intestines les détournant à leur propre insu de la notion de simple bon sens par effet d'échelle et de capacité consécutive de réponse effective et rapide?

C'est une bonne question, je vous remercie de l'avoir posée …

Une autre question?


CROTTINS  16 05 2017
Internet et la Vieille Dame - 10 (et fin). 

Et maintenant une question qui résume peut-être toutes les autres: la FEI a-t-elle jamais consulté ses Officiels pour savoir ce qu'ils en pensent? La réponse est non, sauf à démontrer qu'on aurait ici perdu le fil de l'histoire. Existe-t-il même un Standing Committee des Officiels? La réponse est également non. Ils sont pourtant le tissu structurant la FEI dans le cadre de la mise en œuvre et de la gestion des disciplines. Sans eux, rien ne se passe, c'est une évidence.

Si elle l'avait fait ou le faisait, il y aurait certainement des surprises car ils ont un angle de vue spécifique qui ne recoupe pas toujours nécessairement la ligne dictée "d'en haut" et qui n'apparait pas dans les rapports, sources majeures de remontée d'informations de terrain, car ils ne sont pas structurés pour cela, n'ayant pas cet objectif pour raison d'être.

Ceux que la Vieille Dame intègre en son sein comme membres des diverses commissions sont contraints de signer une sorte d'engagement à ne rien dire au prétexte d'un devoir de réserve dont on peut se demander s'il n'est pas source d'opacité en même temps que condition d'un autre temps.

Cela fait partie de la stratégie à l'ancienne qui consiste à ne pas dire ce qu'on est en train de faire et par laquelle on préfère donner priorité au silence (également issu d'une frilosité juridique de plus en plus sensible) qui est tant reproché à la FEI. Il est certain qu'il est un moment où on ne peut encore rien dire mais il en est d'autres où il faut impérativement parler. Et finalement lorsqu'un journaliste interview un membre de commission, il obtient beaucoup de blancs au prétexte du devoir de réserve présumé, où il est bien possible, que l'autocensure soit plus d'une fois présente. Mieux vaut ne rien dire que de se mettre éventuellement en défaut, ne serait-ce que pour garder le poste et se persuader qu'on aura ainsi l'occasion de faire bouger les choses ultérieurement du dedans. Souterraine tartufferie liée à la gourmandise du pouvoir (au demeurant très relatif) ou réel espoir de pouvoir faire?

L'éviction, il y a quelques années, de Pierre Arnould du Comité Technique Endurance pour non-respect du fameux engagement de réserve et les prises de paroles officielles FEI qui avaient suivi sont un excellent exemple du phénomène et du risque personnel auquel celui qui "trahit" le silence s'expose personnellement. Pourtant nombreux sont ceux qui, non FEI mais impliqués, ont en retour pris la parole, officiellement et à titre privé, pour saluer sa démarche, ce qui n'a apparemment eu aucun impact sur le comportement des autorités de la FEI de l'époque.

La FEI avait réagi avec une inhabituelle rapidité, puis avait ostracisé ce "mouton noir" sans délai pour enfin le démissionner "à l'unanimité" (statuts art. 31.12) dans la foulée sans pour autant apporter réponse au problème qu'il soulevait publiquement ne serait-ce qu'en disant sa préoccupation et le fait qu'elle y travaillait par exemple. Non, le fond était évacué au profit de la forme. C'était une preuve d'autorité conforme à la structure certes, mais était-ce la réponse adéquate? Vu "d'en haut" peut-être, mais vu "d'en bas" et d'ailleurs, certainement pas. Cela fut aussi interprété comme une marque de faiblesse de la FEI (l'autoritarisme en est un signe), ce qui n'était probablement pas le but recherché par sa levée de boucliers.

On a vu ici la maigre représentation directe de ceux qui font les disciplines et l'endurance en particulier au sein de la FEI. Le Standing Committee des Athlètes où il n'y a qu'un représentant par discipline en est une caricaturale illustration.

La concession concernant le fait que le président du Athletes' Committee et les représentants des Athlètes dans les Technical Committees n'aient pas nécessairement besoin d'avoir, comme les autres, l'approbation de leur Fédération Nationale pour y être (art 31.11 des statuts) est une maigre consolation où l'on peut voir de la "liberté" si on veut bien y croire..

Globalement la gestion reste dans les mains des gestionnaires et échappe à ceux qui font. Il est certain qu'il faut des gestionnaires, mais il est certainement fautif que le pouvoir leurs soit à ce point dévolu.

On argumentera en disant que la FEI est l'émanation des Fédérations Nationales (ce qui est exprimé au 1.7 de ses statuts), et que cela n'intègre pas la relation directe avec les pratiquants. Mais celles-ci sont également affectées par le même déficit de représentation effective de ceux qui sont sur le terrain et ont des choses à dire car ils vivent les disciplines au quotidien, les font concrètement fonctionner et possèdent aussi un cerveau dont il leur arrive éventuellement de se servir.

La FFE, par exemple, ne donne pas de droit de vote aux adhérents et le restreint aux dirigeants d'établissement (qu'elle appelle des "clubs" même quand, pour l'endurance, il s'agit quasi exclusivement et seulement d'organisateurs) au prorata du nombre de leurs adhérents. Mais les adhérents à un "club" ne confient aucun mandat au dirigeant pour les représenter lorsqu'ils y adhèrent … On voit là aussi que les Athlètes et les Officiels (appelés en FFEland, "Techniciens Fédéraux") sont bien loin du centre de décisions. Et quand on en arrive à la FEI, ils sont donc nécessairement encore plus loin.

Voulez-vous un autre exemple de la dichotomie existant entre le point de vue exprimé par la FEI, en tant qu'organisme et ce qui ressort de la réalité vue par ceux qui y étaient tant comme Concurrents, que comme Chef d'Équipes ou même Officiels? Revenez sur le Championnat du Monde qui a récemment eu lieu à Samorin (SVK – 18 09 2016). Incroyablement nombreux sont ceux qui ont constaté, critiquent et déplorent la manière dont l'évènement a été géré de bout en bout, tandis que la FEI émet des cocoricos autistes. Y a-t-il enquête pour autant? Vous n'aurez pas le droit de le savoir. Le mutisme n'est jamais une réponse et nuit considérablement à l'image de l'organisme qui le pratique. La seule réponse valide aurait été de la part de la FEI de se dire préoccupée et d'ouvrir publiquement une enquête. C'est la seule manière de faire au moins croire qu'on n'a pas la volonté de masquer. Croyez-vous qu'avec une représentation directe de ceux qui font l'endurance au quotidien ce mutisme officiel et les communiqués autistes qui l'accompagnent auraient pu avoir ne serait-ce que l'ombre d'une seule chance d'exister?

En voulez-vous un autre? Prenez le Championnat du Monde Jeunes et Juniors qui s'est tenu à Santo Domingo (CHI) le 23 10 2015. Le son de cloche en provenance du terrain n'a, là aussi, que peu de choses à voir avec celui du beffroi de la FEI.

Cela donne une vaste image d'écartèlement entre les diverses perceptions de la réalité. Les dérives constatées, voire photographiées ou filmées, ayant eu lieu lors de chacun des deux exemples ici cités ne semblent nullement impressionner ou motiver la FEI, ou en tout cas, elle reste officiellement muette, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les conjectures. Ne rien dire provient-il de ne rien voir, ne rien entendre ou d'un vouloir ne rien voir, ni ne rien entendre?

La FEI est victime de ses statuts qui provoquent autant sa lourdeur de fonctionnement que sa déconnexion effective du terrain par le biais incontourné des Fédérations Nationales. Les Technical Committees, qui en seraient les plus proches n'ont qu'un rôle de conseil auprès du Headquarters (Statutes art. 34.1). Ceci ne convient plus car la "démocratie" indirecte qui les fonde n'est plus LA solution telle qu'on pouvait le croire et le dire lors de la lointaine année 1921. On pense ici en avoir suffisamment relevé les insuffisances dans la série d'articles dont celui-ci est le dixième et dernier chapitre. On y trouve bien sûr de belles choses, mais on y trouve aussi les manques signalés.

Le couronnement de l'édifice est l'Assemblée Générale, sorte de grand-messe où sont solennellement prises chaque année les décisions structurant l'action de la FEI. C'est beau, c'est grand mais ça ne suffit pas car en sont évacués de fait ceux qui font au quotidien les disciplines, dont l'endurance au même titre que les autres. On se prive là de sources vives qui pourraient infléchir le cours et la manière de la FEI de façon profonde.

Entre ces moments forts les décisions sont prises par le Bureau, qui possède un énorme pouvoir, ce qui évacue de même la représentation directe de ceux qu'on appellera ici les pratiquants.

OSER CHANGER.

Il faut oser penser autrement, il faut imaginer un nouvel équilibre. Cela passe indispensablement par l'introduction d'une représentation directe et puissante des Athlètes, Entraineurs, Comités Organisateurs et Officiels identifiés FEI.

Et si on imaginait une Chambre, une Assemblée, un Collège fait de ces représentants tirés au sort, sous bonne garantie et selon des règles d'équilibre à préciser, pour un ou deux mandats (afin d'éviter toute "professionnalisation" nécessairement nocive)?

Et si on imaginait que cette Chambre, Assemblée ou ce Collège des Représentants Directs ait un pouvoir équivalent à celui des Comités Techniques réunis et que cette Chambre, Assemblée ou ce Collège soit une force de proposition autant qu'un passage obligé de validation avant présentation à l'Assemblée Générale par le Bureau avec jeu d'allers et retours pour stabilisation d'amendements selon des règles à définir bien entendu, comme cela existe dans de nombreux pays entre parlement et sénat ou chambre "haute" et chambre "basse", par exemple?

On éviterait peut-être alors des modifications réglementaires "idiotes" comme LA devenant GA en endurance qui n'apporte pas grand-chose sinon strictement rien, ou comme l'histoire des 15, 30, 45 et 60 secondes des prises de fréquences cardiaques, résultat d'une mauvaise digestion entre pensée sportive et vision vétérinaire, imposée à la hâte en août 2014 pour faire bonne figure au seuil des Jeux Équestres Mondiaux de toutes les craintes en Normandie. Cela aurait été très certainement discuté âprement et il y a fort à parier que le règlement en sortant aurait pris un tour différent sur ces deux points, pour ne citer qu'eux.

Et si on imaginait que toute décision du Bureau soit nécessairement soumise au visa de la dite "Assemblée des Représentants Directs" ou une de ses propres commissions, s'il s'avère intelligent d'un créer, avant que d'être entérinée?

On aurait alors un possible équilibre entre ceux qui gèrent (FEI constituée par les NFs) et ceux qui pratiquent (Athlètes, Entraineurs, Comités Organisateurs et Officiels identifiés FEI).

Il s'agit là seulement de l'esquisse d'un possible futur à analyser et mettre en œuvre en prenant pour principe de base l'équilibre des pouvoirs entre démocratie indirecte (ou plutôt supposée) et démocratie directe par représentation non désignée par X ou Y (ce qui fausserait durablement le jeu) mais faite par tirage au sort avec quotas par catégories. Cela sous-entend une refondation complète de la philosophie même de fonctionnement  de la FEI.

Elle n'en serait très certainement que plus représentative des disciplines qu'elle a sous sa coupe et plus dynamique car plus en prise directe avec le réel en quelque sorte.

Qui le fera?

Qui est prêt à s'y engager?

Cela revient actuellement de fait sinon de droit aux autorités de la FEI, et notamment le Bureau et le Président avec comme cheville ouvrière le (la) Secrétaire Général(e) en tant que Chief Executive Officer qui doivent avoir le courage de se poser la question et d'imaginer les moyens pour y parvenir afin de mettre en place une meilleure gestion des disciplines dont la FEI a la charge de gestion pour un futur meilleur. Le projet issu de cette réflexion de fond devrait alors être soumis au vote de l'Assemblée Générale qui a le pouvoir de modifier les statuts (article 10.1 (XIV) des Statuts).

Oui, mais voilà, l'Assemblée Générale, ce sont les Fédérations Nationales qui composent la FEI. Seraient-elles prêtes à pareille révolution qui les priverait de l'absolu pouvoir qui est le leur? Seraient-elles capables de remettre en question le système en oubliant leurs intérêts particuliers (voire celui des personnes lorsqu'il y a dérive) au profit d'un bien commun mieux équilibré, plus démocratique, moins opaque, donc plus sain et en phase avec ce premier quart de XXIème siècle que nous vivons aujourd'hui?

Et si cela ne vient pas de l'intérieur, il faudra probablement que cela vienne d'ailleurs. Cet ailleurs ne se trouve-t-il pas naturellement au niveau de ceux qui font les disciplines sur le terrain, à savoir très précisément les Athlètes, Entraineurs, Comités Organisateurs et Officiels identifiés FEI? S'ils se regroupaient dans le but de proposer une réforme en profondeur du processus de fonctionnement de la Vieille Dame, en admettant qu'elle manque des ressources internes pour le faire elle-même, il est bien probable qu'elle serait un jour contrainte de s'y soumettre par la force du jeu. Encore faudrait-il pour cela échapper à la pernicieuse contre-offensive qui ne manquerait certainement pas de surgir en pareil cas. Semer le doute et la division pour éviter de bouger est un des grands classiques du genre. Il est toujours difficile de se remettre en cause, c'est simplement humain, mais cela peut être aussi une grande et passionnante tâche à accomplir quand on est à la tête d'un organisme tel que la FEI.

N'oublions jamais qu'il y a 100 ans existait un monde qui n'a que peu de rapport avec le nôtre et que la routine est une borne intellectuelle qu'il faut savoir faire sauter autant que la sacralisation médiocre de l'existant au prétexte d'un pseudo respect de tradition ou de statut quo.

Il faut balayer cela au profit d'un diagnostic clair et efficace du réel d'aujourd'hui. C'est plus qu'une simple question d'amélioration, c'est probablement, à terme, une question de survie même de l'institution. C'est en tout cas, la conclusion à laquelle j'arrive après avoir esquissé à grand coups de brosse le fonctionnement et l'interaction avec le monde équestre de la merveilleuse et grande idée qu'est la Fédération Équestre Internationale. La Vieille Dame, qu'elle est, a fort besoin de jouvence pour rester grande et ne pas sombrer un jour, peut-être prochain, dans l'alcool, ou pire encore, par désespoir d'avoir soudain découvert qu'elle n'est plus ce qu'elle croyait encore être.

Fin.


CROTTINS  19 04 2017
Internet et la Vieille Dame - 9. 

Mais il reste néanmoins de lourds silences dans les arcanes du "pouvoir". Si la FEI absorbe de multiples informations elle est particulièrement discrète sur la manière dont elle s'en sert. Outre les cocoricos et les marques d'autosatisfaction extérieures, la transparence n'est guère de mise. On a même la souterraine impression, en voyant évoluer son site internet, qu'elle se fait de plus en plus "people", ce qui aboutit à accentuer la susdite "discrétion" en la noyant sous un flot de considérations de surface visant à produire et vendre une image commerciale où tout est toujours "positif" par dérive systémique.

Les affirmations répétées concernant la pureté des sports équestres à l'occasion des Jeux Olympiques et des Jeux Équestres Mondiaux, pour ne citer que ces deux types d'événements, sont-elles vraiment en adéquation avec la réalité effective du sport ou font-elle partie des incantations rituelles incontournables?

Le sénat français a établi en 2013 un rapport de 238 pages sur le problème du dopage. Il est instructif pour ce qui concerne la mentalité régnante dans les milieux fédéraux. Ce rapport révèle, en effet, que sur les 15 présidents de fédérations sportives interviewés, la réponse standard à propos du dopage a été pratiquement à chaque fois du genre: "heureusement notre sport est épargné par ce fléau".

La réalité olympique tous sports confondus semble bien loin des affirmations officielles. On en veut pour preuve ici la confrontation entre les données publiées et les aveux des "repentis" (qui savent très certainement mieux que quiconque de quoi il s'agit ne serait-ce que pour avoir été "dedans" et non "dehors"). La dichotomie entre les discours des fédérations sportives ou des états et la réalité telle que décrite par ceux-là mêmes qui, ici ou là, consentent à briser le silence de la réalité interne qu'ils ont vécue, est particulièrement sévère. On se réjouit officiellement, par exemple, d'un taux de 0.43% de dopés aux Jeux Olympiques d'été de Mexico (MEX) 1968 à Atlanta (USA) 1996 inclus, soit plus d'un quart de siècle, tandis que les "repentis" parlent d'un taux de dopage moyen de 30% (et même de 60% dans certains sports). Que vaut réellement le beau discours officiel confronté à cette réalité de terrain?

On constate, une fois de plus ici, un écart considérable de vision. Et se fait à nouveau jour la question de savoir si on est là confronté à une profonde naïveté, une mauvaise information ou une délibérée tartufferie assaisonnée d'une coupable propagande de la part des gestionnaires et des administratifs de pouvoir.

En se rapprochant des oeuvrants de la récolte d'échantillons sur les concours et en discutant avec eux, on entend parler de doutes sur la publication effective de certains rapports de dopage. Il semblerait, en effet, que manques et flous soient relativement récurrents ce qui crée nécessairement suspicion et défiance.

Cela peut-être un moyen de masquer les incertitudes de résultats. On sait que les faux positifs et les faux négatifs existent malgré les affirmations des laboratoires et des vendeurs de machines qui ont intérêt à ne pas ébruiter la chose. Ce silence est-il une manière de protéger un système qui se dit et s'affirme beaucoup plus performant que ce qu'il n'est en réalité? De nombreux indices et recoupements portent à le croire.

Quand on voit la récente valse-hésitation de l'AMA (Agence Mondiale Antidopage) concernant le Meldonium et sa durée d'excrétion qui l'a amenée à condamner massivement puis à reconnaître qu'elle n'avait pas les éléments scientifiques pour le faire et qu'on lit, par exemple, la prose du Dr Mondenard, spécialiste mondial de l'antidopage et médecin du tour de France cycliste pendant de nombreuses années, on est en droit d'avoir quelques nombreux doutes sur la validité des discours tenus par les instances officielles et fédérales en général. La réalité semble bien outrepasser la fiction de parade qui est servie ici et là.

Pourtant, on affirme officiellement être capable de détecter la moitié du quart de centième de molécule suspecte avec une rigueur scientifique non contestable. C'en est d'ailleurs au point que ce n'est plus crédible car faut-il encore que l'infinitésimale fraction de molécule en question ait effectivement un rapport avec la notion même de dopage, notion basée sur l'avantage indu rompant le principe fondamental d'équité entre les concurrents. Ne pousse-t-on pas là la répression jusqu'à un niveau d'absurdité mythologique ayant pour but de promouvoir l'image d'un combat sans merci contre le dopage, jusqu'auboutiste et sans concessions?

Pourtant "topettes", "potions accélératrices" et autres "avoines magiques" se concoctent envers et contre tout dans les arrières cuisines de tous les sports quelque soient les mesures "prises" et les sports équestres n'ont aucune raison de faire exception. Le problème serait-il solvable par la seule répression? Ce serait inédit.

On sait, par expérience historique, que le dopage a toujours accompagné la performance et qu'il est consubstantiel aux sports de compétition tels qu'ils existent aujourd'hui. C'est un fait connu et reconnu.

La trilogie "performances – argent – dopage" est peut-être bien la colonne vertébrale du sport moderne professionnel et amateur de haut niveau dans sa fonction de jeux de cirque. On peut se poser la question de savoir si le "sport" aurait autant droit de citer dans l'imaginaire social du monde moderne sans la susdite trilogie qui l'inscrit si profitablement dans un modèle économique. Le panem et circenses des romains décadents (du pain et des jeux) n'a-t-il pas été remplacé de fait aujourd'hui par la société de consommation (panem) et le sport télévisé (circenses)? Le schéma n'est-il pas le même, mais à plus grande échelle? Cela s'accompagne de la "peopolisation" grandissante de la communication qui participe à l'ancrage du système dans les consciences.

On comprend que les diverses fédérations sportives minimisent l'importance du sujet tout en se consacrant officiellement à la chasse aux fraudeurs: il en va d'une nécessaire et indispensable image mais aussi d'un modèle économique: Il faut paraître et survivre à la fois et, dans certains sports très médiatisés, il faut tout simplement ne pas tarir la manne. Il faut à tout prix entretenir le mythe du sport propre, même si on sait parfaitement, chiffres internes à l'appui, qu'il n'en est rien. On doit montrer ou faire croire qu'on mène une lutte sans pitié tout en ne mettant pas les moyens qu'on sait devoir y mettre pour aller vers l'éradication théorique.

Et c'est là qu'intervient un autre élément fondamental: le fait que la FEI, à l'instar de beaucoup de ses alter egos, gère elle-même la lutte contre le dopage et sa répression, ce qui, allié au modèle économique ci-dessus évoqué, n'est pas sans poser un problème de fond dont les conflits d'intérêt ne sont qu'une partie. Imaginerait-on qu'un jury d'assises soit constitué par les cousins, les frères et sœurs, la famille de l'inculpé? C'est pourtant ce qui se passe quand on mélange lutte antidopage, tribunal et gestion ordinaire de disciplines sportives au sein d'un même organisme fédéral.

En France, la FFE ne s'occupe pas de dopage, elle laisse ce soin à l'organisme officiel national réputé compétent (AFLD). Ça peut paraître choquant à certains, car la lutte antidopage n'y fait pas l'objet d'une formation/information et que nul ne vient y palier. Sur le principe, c'est plus sain que de mélanger les genres comme on peut le constater pour la FEI.

La FEI ne semble pas sensible à cette coexistence sulfureuse. Elle ne l'est d'ailleurs pas plus sur le conflit d'intérêt majeur que représente le fait qu'elle puisse être à la fois juge et partie dans son propre tribunal. Il faut dire que c'est éminemment "pratique" dans certains cas où il serait politiquement bon qu'il ne se soit rien passé, comme on a pu, et peut, le voir en cyclisme, football ou autre sports spectacles hyper médiatisés. Mais qui pourrait modifier fondamentalement cette adultère parenté dans le cadre de la pyramide hiérarchique figée qu'imposent des statuts que nul au sommet n'a intérêt à questionner sérieusement? L'absence de représentation de ceux qui font les sports au quotidien et qui ont eux-aussi un cerveau et des idées est, là aussi, cruellement ressentie.

L'action d'antidopage est quasi exclusivement de type postérieur aux faits. La section dite "Clean Sport" renseigne certes de façon plus ou moins rigoureuse sur les dangers et on y affirme que ce n'est pas bien du tout. Mais au-delà des préambules et des professions de foi enthousiastes et passionnées, sa matière n'est globalement faite que de répression ce qui est loin d'être suffisant car c'est aussi à la genèse des conduites dopantes qu'il convient de s'atteler. Il n'y a pas la moindre démarche pour financer ou cofinancer des études sur le sujet dans les sports équestres et on n'en connaît pas plus du côté FEI. Une des conséquences de l'absence d'anticipation et d'éducation se retrouve, par exemple, dans le fait que nombre de cavaliers se font "choper" par ignorance (on estime que 70 à 80% des "dopés" ne s'en doutaient pas). Il y a fort à parier que le traitement de la prévention et du dopage serait largement modifié si les acteurs de terrain étaient vraiment partie prenante des décisions.

Le défaut et l'insuffisance d'information et de sensibilisation est relevé par tous les chercheurs. Les compétiteurs propres sont les premiers concernés et lorsqu'on discute avec eux on constate qu'en moyenne, ils ne se sentent concernés que par l'iniquité résultant du dopage car cela peut les priver d'une victoire ou d'une bonne place au profit d'un tricheur. Pour le reste ils sont globalement ignares sur le sujet. Cela ne semble guère émouvoir grand monde dans les arcanes du pouvoir tel qu'il est actuellement statutairement constitué.

On voit que dans ce domaine aussi de lourdes réformes sinon une vision nouvelle sont indispensables. Mais il est sûr que si on se contente de dire "c'est comme ça", on ne fera guère avancer les choses et on continuera le ronron articulé sur les bases d'un système décalé et partiellement déphasé car quasi centenaire, c’est-à-dire issu d'un monde disparu qui pourtant sert de trame à l'action d'aujourd'hui.

L'invocation de la tradition est toujours un recours paresseux qui n'est pas vraiment un moyen d'évoluer.

A suivre ....


CROTTINS  26 03 2017
Internet et la Vieille Dame - 8. 

Mais fort heureusement, il existe quand même des relais entre le terrain et l'administration. Ce sont les Officiels d'une part avec maintenant depuis 5 ans (2012) les Sports Forum mis en place par la FEI de l'autre. Les premiers sont un contact permanent tandis que les seconds sont un frottement à périodicité annuelle.

Lors d'un concours, trois Officiels FEI rédigent systématiquement des rapports circonstanciés de la gestion générale et des  événements ayant eu lieu. Il s'agit du Délégué Technique, du Délégué Vétérinaire Étranger et du Chef Steward chacun pour ce qui le (ou la) concerne. Le Président du Jury et le Foreign Judge peuvent être amenés à rédiger également un rapport sur papier libre en cas d'incident majeur exceptionnel qu'ils jugent devoir directement rapporter au Secrétariat Général.

Il existe pour chacun des rapports obligatoires une trame très structurée qui doit être remplie. Dans de nombreuses sections des rédactions plus complètes peuvent être faites. Tous les moyens sont donnés à ces Officiels pour décrire l'état des lieux et le déroulement des événements. Pour un Délégué Technique, par exemple, cela comporte la description de l'équipe des Officiels ayant effectivement participé au concours avec noms et qualifications, la nature des dénivelés et des sols par phase, le niveau de difficulté selon une classification en 4 types en fonction des configurations (rapide supérieur à 20 km/h, normale entre 12 et 20 km/h, lente inférieure à 12 km/h ou dangereuse), les conditions climatiques au départ, pour chaque phase, à la fin (avec température, humidité, vents selon trois types, caractéristiques allant du chaud au froid), les aspects techniques (distances effectives, marquages de jour et de nuit, gestion des croisements avec les diverses voiries, nature des départs, des arrivées, qualité du stewarding, chronométrage, aires d'assistance, vet gates, parkings, pesées, etc.), évaluation du concours (disposition générale, respect des engagements; modifications intervenues avec description / justification, communications internes entre les membres du jury et avec l'organisateur, nature des jugements, relations avec la presse, les médias, présence de wifi exploitable, organisation du bureau d'accueil, coopération avec l'organisateur, gestion des horaires, alimentation, qualité du chronométrage, fléchage sur le site, nature des documents remis aux participants, déroulement des inspections, types de mesure du rythme cardiaque, eau, sécurité, gestion et répartition des espaces du ou des vet gate(s), service médical d'urgence, le tout selon une échelle de 1 à 5 avec description rapide plus développement complémentaire obligatoire en cas d'évaluation entre 1 et 3. En sus, le rapport comprend une section d'évaluation générale et de commentaires pour suggérer des améliorations le cas échant. Puis il y a une analyse statistique concernant les chevaux et les cavaliers, les noms des compétiteurs ne s'étant pas présentés avec raisons des "no show", le nombre de spectateurs, la couverture médiatique (avec précision par secteur à savoir magazines, journaux, couverture TV, radio, présence de journalistes indépendants) et rapport concernant d'éventuelles pénalités, cartons jaunes, sanctions, maltraitance de chevaux, plaintes, appels, tenues ou comportement incorrect, accidents (chevaux, cavaliers) avec nature des décisions prises et conséquences, et, en cas d'euthanasie, suivi et description du protocole complexe mis en œuvre, prix et nature des distributions effectuées et, de manière non obligatoire, des photos montrant les boxes, le vet gate, la zone de grooming et l'environnement (pour remplacer le plan obligatoire des installations que beaucoup d'Officiels n'avaient pas les moyens techniques ou le savoir nécessaire pour les produire de manière lisible et efficace).

Le Chef Steward et le Délégué Vétérinaire étranger fournissent eux aussi, chacun pour ce qui concerne sa fonction, un rapport aussi complet du concours.

Par le biais de ces rapports, la FEI est en contact avec le terrain, encore faut-il que les Officiels en question ne se contentent pas du minimum syndical et fassent leur travail sans rien occulter pour des raisons inavouables (ne pas déplaire aux copains, garder pour soi des erreurs, avoir peur de dénoncer des pratiques douteuses pour être réinvité le prochain coup, voire même dans des cas rarissimes, mais ayant apparemment existé, accepter quelque "obole" fautive pour tirer un rideau pudique sur quelques détails "nuisibles").

Peu de gens se rendent compte ou ont simplement connaissance, de ce travail de collecte de données. Il s'agit d'une mine d'or pour la FEI. Ces documents lus et éventuellement exploités permettent aux gestionnaires de la FEI de maintenir le contact avec le terrain par le biais des Officiels FEI. On notera que pour la FEI, les Officiels en charge sur les terrains de concours ne représentent pas la FEI, mais sont la FEI durant leurs périodes de juridiction. Ceci montre à quel point elle leur fait confiance et en même temps à quel point ils sont partie prenante du jeu.

Le public des concurrents n'a pas conscience le plus souvent de l'immense travail effectué derrière le rideau. Ce travail permet un lien direct qui court-circuite de fait les fédérations nationales. Les rapports sont en effet strictement confidentiels et ne sont qu'à l'usage du Secrétariat Général de la FEI.

C'est une particularité intéressante que cette absence de communication des rapports aux fédérations nationales. Ça permet plus de liberté d'action et de rédaction en évitant par là même éventuellement les pressions locales en cas de "rapport déplaisant". Ceci va dans le même sens que la présence du Juge Étranger et du Délégué Vétérinaire Étranger qui ont pour vocation d'éviter les éventuelles dérives locales et ne sont assignables à aucun poste par le Président du Jury. Le Juge Étranger est, en sus, celui qui interprète et dit le droit et qui passera, le cas échéant, par-dessus le Président du Jury en cas de dérive patente, d'erreur manifeste et/ou de refus de se conformer au règlement de celui-ci.

Peu de gens ont vent de l'excellente connaissance encadrée de ce qui se passe sur le terrain que possède la FEI. Ils ont l'impression - combien de fois répétée? - que la FEI "ne comprend rien, ne sait rien, ne fait rien", etc. Avec les accidents nombreux qui sont intervenus aux UAE, un populisme "facebookien" visiblement très ancré a répandu cette rumeur devenue opinion pour les plus démunis d'information et de sens critique. Il faut se détromper, la FEI a parfaitement conscience, grâce notamment aux "antennes" que sont ses Officiels en charge de rapports et des contacts directs informels entretenus à l'occasion avec eux, de ce qui se passe sur les terrains de concours au coup par coup, mais sa structure lui confère la lenteur propre aux grands organismes. Ajoutez à cela la vinaigrette de son service juridique qui analyse toute action sous tous les aspects de façon à éviter la faute qui ferait polémique, ce qui crée une sorte de frilosité de réaction. C'est compréhensible dans l'état actuel du système, ce qui ne veut pas dire que cela soit une solution ou un comportement adéquat pour le microcosme avec lequel la FEI doit interagir. Cette lenteur même est peut-être bien aussi plus ou moins indirectement aggravée par la création parasite de niches de ralentissement à l'instar de la fonction publique où agir lentement est souvent synonyme de travail en dehors de toute considération de la notion basique de service au public, ce qui débouche sur des délais fictifs, une frustration généralisée des demandeurs, et quelques éventuels cheminements moins clairs qu'on ne les souhaiterait, etc.

Il est utile à cette occasion de se souvenir du travail fait par Edward T. Hall (1914 – 2009), anthropologue américain, sur les conséquences du phénomène d'échelle dans les actions humaines. Parmi ses nombreuses recherches, il a cherché à comprendre pourquoi des gens intelligents pris un à un sont capables des pires absurdités quand ils se regroupent.

Il s'est ainsi attaché à l'analyse des interrelations existant entre l'échelle des organismes et le respect de leur finalité initiale afin de mieux comprendre comment on pouvait avec la taille perdre de vue les objectifs fixés initialement et même aller à leur encontre sous l'empire de lois internes.

Il démonte ainsi, par exemple, le fil directeur de ce qui a conduit une SPA  à aller chercher et tuer un chien non dangereux alors même qu'elle a pour mission de protéger les animaux.

Un chien est repéré sur une petite île inhabitée au large de Boston (USA). Il chasse et vit tranquillement. Mais, c'est un chien errant, or un chien ne doit pas être errant. La SPA organise donc une battue. On capture le chien. Mais un chien doit être vacciné, or celui-ci ne l'est pas. On le met donc en quarantaine, puis on le vaccine. Mais un chien sans maître reste un chien errant et les chiens errants, etc. Donc, on lui cherche un maître. Mais si, au-delà d'un délai de deux mois, le chien n'a pas été réclamé, on l'abat. Au bout de deux mois, le chien restant sans maître, on le tue .

Moralité: la société de protection des animaux a fait de sa propre initiative ce qu'elle est censée combattre. En tout cela, elle a obéi à la logique de ses propres règles internes et n'en a pas moins manqué son objectif de façon magistrale.

Ceci est attribuable à sa taille. Petite, elle n'aurait jamais pu faire ce qu'elle a fait, car le bons sens et l'équilibre interne y aurait eu un droit d'existence prééminent, mais devenue grande et grosse elle s'est écartée de son objectif initial sous l'empire de sa propre complexité et des règles qu'elle a mises en place. Le bon sens n'y a plus droit de cité.

Un organisme comme la FEI n'a aucune raison d'échapper à ce phénomène qui affecte tout organisme humain. Une certaine rationalité de forme s'y substitue à la rationalité du bon sens en de nombreux replis de son fonctionnement et ses statuts sont incapables d'y pallier. Il faut dire à la décharge de la Vieille Dame que le concept n'était ni connu, ni même soupçonné lors de sa lointaine naissance. Ceci n'est pas une raison pour continuer de l'ignorer.

Depuis 2014, la FEI a créé un nouveau type d'Officiels: les IGA pour Independant Governance Advisors (art 824.6 – Endurance Rules). On pourrait penser qu'il s'agit là d'une sorte de réaction visant à remettre du bon sens "direct" dans des rouages trop nombreux. Ces Officiels d'un genre nouveau sont nommés pour 2 ans et envoyés sur les concours à la discrétion de la FEI. Ils sont au nombre de trois et ont tous été reconduits pour un nouveau mandat. Leur mission consiste à évaluer l'organisation des concours et leur bonne marche ainsi que la capacité des Officiels en charge pour ce qui est de la nature de leur aptitude à gérer les situations qu'ils rencontrent (il y en a toujours d'inédites sur les concours). Ils doivent en faire rapport pour, le cas échéant, suggérer des améliorations. Ils font œuvre pionnière car leur rôle est très vaste et lorsqu'on parle avec eux, on voit bien que chacun a une vision particulière de sa raison d'être. Il s'agit en quelque sorte de "sur-observateurs" non liés aux jurys permettant d'affiner en théorie la connaissance de terrain de la FEI à partir d'un étage à vision plus globale. C'est une fonction encore plus ou moins en rodage et dont on ne pourra évaluer l'impact réel que plus tard. On peut estimer qu'ils ont un rôle de retour au bon sens primitif de la discipline et pourraient avoir un rôle important dans les processus de décision.

Manifestement avide d'un lien avec ceux dont elle gère la vie sur le terrain, la Vieille Dame a desserré quelques boutons de son corset structurel. Elle a pris une décision d'importance en créant en 2012 les Sports Forums. Il s'agit là de se réunir annuellement avec les acteurs des diverses disciplines afin d'échanger avec eux idées et propositions sur des thèmes choisis par la FEI qui seront ensuite consignées dans des documents soumis aux diverses fédérations nationales. Ca rentrera alors dans le long processus d'allers et retours où quelques fédérations joueront lentement le jeu du dialogue multiplex par emails interposés. Il ressortira de la moulinette probablement assez peu de choses, mais c'est quand même un moyen d'alimenter la machine dans le sens qui va du terrain aux gestionnaires, c’est-à-dire à l'encontre du système pyramidal statutairement inscrit dans les gènes de la FEI. C'est donc une bonne chose si on joue vraiment le jeu.

À la rencontre physique des acteurs, s'est ajouté un moment la possibilité de connexion sur un lieu de discussion Internet, partie intégrante périodique des Sports Forums. Cela aurait dû en théorie élargir le débat. Il semble bien que les acteurs des disciplines n'aient pas utilisé cette opportunité autant qu'ils l'auraient pu et on pouvait regretter la directivité des thèmes décidés a priori par la FEI. Lors des deux récents forums, cette opportunité avait disparu. C'est en soi regrettable sur le principe.

L'adresse de présentation du Sports Forum 2017 par le Président et la Secrétaire Générale montre à quel point la FEI compte sur ces Sports Forums: "Since being launched in 2012, the FEI Sports Forum has become an essential tool in our decision making process and an important platform for dialogue and consultation with the community." Au-delà de la gentille phraséologie se cache un besoin bien réel de combler un vide structurel provenant d'un temps où on n'envisageait même pas ce genre de démarche "démocratique".

Donc tout n'est pas si noir, mais l'ensemble tel qu'il se dessine sent le patchwork fait de multiples copié-collés suivant et contournant tout à la fois le système créé il y a aujourd'hui un siècle à six ans près.

Une colle quelle qu'elle soit ne saurait remplacer une pièce homogène. Nos ancêtres ont créé une pièce homogène avec la FEI. Ils ont eu raison en leur temps. Est-il raisonnable de ne pas faire comme eux? Est-il sain de ne pas oser refonder sur le moment d'aujourd'hui quelque chose qui soit aussi bien fait que ce qu'ils ont fait à l'époque qui était la leur? Peut-être, cessant de plâtrer et replâtrer, n'est-il pas maintenant opportun d'aller de l'avant en faisant l'effort d'imaginer une nouvelle FEI? C'est absurde? Certainement pas plus que de vouloir en 1921 créer une Fédération Équestre Internationale là où rien de tel n'existait. Pourquoi n'aurions-nous pas le droit, voire le devoir, d'oser comme ils l'ont fait à l'époque qui était la leur et qui n'est plus la nôtre? Il ne s'agirait pas là de rupture bête et brutale, mais de continuité intelligente, d'une sorte de saut dans le réel actuel avec adaptation critique des indéniables acquis du passé.

A suivre ....


CROTTINS  14 03 2017
Internet et la Vieille Dame - 7. 

Dans la même ligne "autoritaire" génétiquement inscrite dans la structure même de la Vieille Dame, on peut aussi noter, par exemple, les modifications réglementaires qui "tombent du ciel" sans aucune explication de leurs raisons d'être. Expliquer est pourtant possible. C'est même un moyen d'importance si on veut que ceux qui auront à les suivre y puissent vraiment adhérer ne serait-ce que parce qu'ils en comprendront le sens.

Ainsi soudain, selon le règlement d'endurance international, il devient faux à partir du 1er janvier 2016 à zéro heure précise de parler de "boiterie" (lame, codifié "LA"). À partir de ce moment exact et jusqu'à nouvel ordre, on doit dire "irrégularité d'allure" (codifié "GA" pour gait). D'explication, il n'y en aura point. Le premier quidam qui cherche un peu à comprendre ouvre un dictionnaire pour apprécier la nuance introduite, car il est bien évident qu'une nuance, un progrès a été introduit par-là, sinon cela n'aurait aucun sens. Quand on cherche dans un dictionnaire ou une encyclopédie on découvre que la "boiterie" est définie comme étant une "irrégularité d'allure"! Étant ici insatisfait, on a benoîtement demandé directement aux instances ad-hoc de la FEI quel était l'apport du nouveau terme justifiant qu'on ait abandonné l'ancien. La réponse fût qu'on s'était aligné sur le concours complet qui n'emploie plus le terme boiterie! C'est une réponse qui ne fait que décaler la question en se cachant derrière une non-réponse venue d'ailleurs. On tourne en rond et on semble bien se vautrer là dans l'imbécile "politiquement correct" qui gangrène les esprits et tord le monde à la mesure d'absurdes circonvolutions linguistiques et de faux-semblants déliquescents faisant qu'il n'y a plus de sourds, de noirs ou d'handicapés mais des "non-entendants", des "personnes de couleur" et d'autres "à mobilité réduite". De là une question immédiate: cela aurait-il pu voir le jour s'il y avait eu au préalable concertation avec ceux qui produisent l'endurance?

Un autre exemple symptomatique et révélateur à la fois des décisions ex-cathedra et de l'absence de concertation avec les intéressés tient dans les temps de repos nouveaux. Le discours général tend à considérer que l'augmentation des temps minima de repos obligatoires en fonction des kilomètres parcourus pour les chevaux ne s'étant pas qualifiés est une mesure souhaitable pour la protection des chevaux. Lorsqu'on analyse les nouvelles dispositions en la matière (9ème édition, 1er janvier 2017, article 815.3.1), on découvre que non seulement il n'y a pas d'augmentation globale des temps de repos mais que de 80 à 86 km, le temps de repos a été baissé de 19 à 12 jours, que de 120 à 126 km il est passé de 26 à 19 jours et que de 140 à 146 km il était avant le 1er janvier 2017 de 33 jours et se retrouve minoré à 26. C'est apparemment une décision purement technocratique qui va dans le sens inverse de la tendance ambiante soutenue par une majorité de juges et de vétérinaires avec à l'appui des études et recherches concordantes. Commet cela est-il justifié? Mystère: c'est comme ça maintenant un point c'est tout.

Mais, en y réfléchissant ne serait-ce qu'un peu, il apparaît évident qu'on est en train là de s'auto-aveugler car lorsque le texte réglementaire dit "période de repos", il ne s'agit de fait que d'une "interdiction administrative d'engager" les chevaux pendant la période dite. On ne peut en effet imaginer qu'un cheval "au repos" soit engagé sitôt la fin de l'interdiction sans avoir été auparavant entraîné pendant la période dite "de repos". Donc ce n'est pas une période de repos, et on ne possède pas, de toute façon, les moyens de vérifier la réalité du "repos" supposé. Le terrain n'apporte-t-il pas là, une fois encore, une vérité qui vient se heurter à la vision purement bureaucratique du gestionnaire? Et c'est ainsi qu'on s'auto-mystifie en prétendant parler de "repos" là où on traite d'une chose qui n'a finalement que peu de rapport avec. Si on se satisfait de ce faux concept, on ne peut faire vraiment progresser la notion réelle de repos effectif. Il faut donc trouver autre chose, c'est une évidence concrète qui ne semble pas passer la porte des bureaux.

Il faut dire à la décharge de la FEI que ce type de décision autoritaire non traçable et sans explication de leur éventuel bien-fondé n'est pas son apanage. Sans aller bien loin, on constate exactement le même comportement dans la fédération française entre autres exemples possibles.

Ainsi, peut-on, en guise de spécimen, analyser les diverses évolutions de l'article 7.7 du règlement endurance de la FFE:

•   2012: le titre en est "réexamen". Il n'y a pas de longueur de trotting. Il n'y a pas de limite supérieure de fréquence cardiaque.

•   2013: le titre est toujours "réexamen". Il n'y a pas de longueur de trotting. Mais on mentionne, désormais que la fréquence cardiaque ne doit pas être supérieure à celle admise pour l'épreuve sans pour autant dire laquelle des deux fréquences est concernée.

•   2014: le titre est toujours "réexamen". Il n'y a toujours pas de longueur de trotting. On mentionne maintenant que la fréquence cardiaque ne doit pas être supérieure à 64 bpm, mais on ne dit toujours pas laquelle des deux fréquences est concernée.

•   2015: le titre est toujours "réexamen". La longueur de trotting est fixée maintenant à 30 m (notons au passage que la FEI impose 40 m depuis août 2014). On mentionne que la fréquence cardiaque ne doit pas être supérieure à 64 bpm mais on ne dit toujours pas laquelle des deux fréquences est concernée.

•   2016: le titre change et devient "réinspection". La longueur de trotting est toujours fixée à 30 m. On mentionne que la fréquence cardiaque ne doit pas être supérieure à 64 bpm mais on ne dit toujours pas laquelle des deux fréquences est concernée.

•   2017 (01 01 2017): le titre reste "réinspection". La longueur de trotting est toujours fixée à 30 m. On mentionne que la fréquence cardiaque ne doit pas être supérieure à 64 bpm mais on ne dit toujours pas laquelle des deux fréquences est concernée.

•   2017 (2ème modification datée 01 02 2017): le titre reste "réinspection". La longueur de trotting doit maintenant être "de 30 à 40 m". On mentionne que la fréquence cardiaque ne doit pas être supérieure à 64 bpm, mais on dit maintenant que cela concerne la première fréquence cardiaque prise.

Ça fait bidouillage d'autant que chaque "nouveau" règlement fait l'objet de modifications (appelées pudiquement "rectifications") à raison d'au moins deux bon an, mal an quand ce n'est pas plus certaines années. On note au passage que les modifications rapportées plus haut sont toujours à la remorque de la FEI qui reste la référence. On note aussi des problèmes de compréhension de l'anglais comme la limite éliminatoire des 64 bpm en réinspection du règlement français qui n'existe pas comme telle dans le règlement international. Tout cela pourrait-il exister s'il y avait concertation véritable entre ceux qui écrivent le règlement (une "commission" dont vous chercherez en vain ne serait-ce que la mention d'existence sur le site internet officiel de la FFE, ce qui en fait un fantôme) et ceux qui produisent l'endurance si ces derniers avaient la parole? On s'aperçoit que dans la pratique, nombre de vétérinaires ne mentionnent plus maintenant la fréquence cardiaque qu'en fin de réinspection afin de faire leur travail correctement et se garder le pouvoir de décision car une 1ère fréquence cardiaque supérieure à 64 bpm n'est pas nécessairement considérée professionnellement par eux comme étant rédhibitoire si tous les autres paramètres sont bons, y compris le CRI (Cardiac Recovery Index). Dans ce cas, nombreux sont ceux qui annonceront 64 ou un peu moins en fin de réinspection même si c'était un peu plus. Le statut de la 1ère fréquence cardiaque de la réinspection n'est de toute façon pas le même que celui de la 1ère inspection qui décidera de la mesure du temps de course. C'est un objet vétérinaire et non un élément concernant le temps et le classement dans le cadre du jeu de base de l'endurance où la vitesse se mêle à la capacité de récupération du cheval pour mesurer le temps de course et par conséquence établir le classement. C'est confirmé par le règlement FEI qui interdit la prise de fréquence cardiaque de la réinspection avec une machine car c'est une donnée vétérinaire et non un pur comptage à caractère sportif.

Un autre exemple concerne par exemple l'apparition soudaine des porte-dossards dans le règlement 2017.

Dans le règlement 2017 applicable au 01 09 2016, on lit sous le titre 1.3 pour les vitesses libres:

•   Recommandé : un deuxième dossard afin d’identifier l’assistant de chaque cavalier. S’il est fourni, le port de ce dossard est obligatoire sur les points d’assistance, l’aire vétérinaire et l’aire de grooming.

•   Obligatoire : 2 jeux de dossards papiers modèle A4 à insérer dans un porte dossard apporté par le concurrent. S’ils sont fournis, le port de ces dossards est obligatoire sur les points d’assistance, l’aire vétérinaire et l’aire de grooming. Il est toujours possible pour l’organisateur de fournir des dossards.

La prose est quasi incompréhensible et passablement contradictoire.

Alors au 01 02 2017, suite à quelque critique sur le côté limpide de la rédaction, l'article en question devient:

•   Recommandé : un deuxième dossard afin d’identifier l’assistant de chaque cavalier.

•   Obligatoire : 2 jeux de dossards papiers modèle A4 à insérer dans un porte dossard apporté par le concurrent ou des dossards fournis par l’organisateur. Lorsqu’ils sont fournis, le port de ces dossards est obligatoire sur les points d’assistance, l’aire vétérinaire et l’aire de grooming.

C'est mieux mais il n'en reste pas moins que si l'organisateur a l'obligation de fournir 2 jeux de dossards papier A4 (à placer dans un porte-dossard dont on découvre au détour de la phrase que dans ce cas ils sont obligatoires et dus par le cavalier) ou des dossards (combien?) le port n'en est obligatoire que "lorsqu'ils sont fournis par l'organisateur". Et en français, ça donne quoi? Si la modification supprime une redite, elle ne clarifie pas pour autant le texte. Il reste également difficile de comprendre comment un 2ème dossard peut à la fois être recommandé dans un paragraphe pour devenir obligatoire dans le suivant. Un règlement pour être compris doit être clair, c'est la base incontournable de son application, sans oublier qu'il s'agit aussi d'un élémentaire respect des compétiteurs et des officiels.

Si les deux exemples ci-dessus proviennent de la production littéraire de la FFE, elle n'est pas la seule. On pourrait trouver des exemples similaires dans le règlement belge ou celui du Brésil. La FEI n'est pas exempte non plus de ce type de dérive autocratique.

À l'analyse, on découvre ainsi que le règlement international fourmille de problèmes divers le rendant certaines fois plus ou moins ésotérique même pour les spécialistes que sont les officiels. C'est dire ce qu'il en est pour un cavalier lambda.

On peut constater par exemple, que l'expression "vet gate", notion centrale de l'endurance, est employée 32 fois dans le règlement endurance international sans jamais faire l'objet de la moindre définition spécifique qui en fixerait une fois pour toutes le champ sémantique. On constate aussi qu'elle est employée avec des sens divers allant d'une manière de faire à un type de gestion temporelle quand ce n'est pas une extension spatiale. C'est ainsi qu'il est précisé, par exemple, qu'une épreuve en 3 phases est constituée de 2 vet gates et d'une inspection finale (art. 800.2.3) tandis que l'article 801.8 explique que la ligne d'arrivée finale doit être le plus près possible du vet gate. Ca veut dire stricto sensu que la ligne d'arrivée finale peut être placée n'importe où puisque le texte prend pour référence quelque chose dont l'article 800.2.3 nous dit que ça n'existe pas pour la phase finale. Donc, du premier article au deuxième, le vet gate se transmute d'une manière de faire à une notion de lieu. Allez comprendre.

Autre exemple: l'article 810.5 précise que les oeillères (blinkers) permettant la vision vers l'avant sont autorisées mais doivent être retirées durant les vet gates ("during the vet gates". L'article 800.2.3, juste mentionné, stipule quant à lui, qu'il n'y a pas de vet gate pour la phase finale mais une inspection finale. Ça veut donc dire que les œillères en question sont autorisées pour les inspections finales puisque ce ne sont pas des vet gates! Suite à la remarque de l'auteur de ces lignes, la FEI vient d'ajouter en 2017 dans ses notes for guidance, censées expliquer mieux l'application des règles, la superbe phrase suivante: "Blinkers must be removed during the vet gates, including the final inspection" (les oeillères doivent être retirées durant les vet gates, inspection finale comprise). Autrement-dit, les notes for guidance sont en contradiction avec le règlement, mais elles ont le mérite de corriger une idiotie. On voit là très bien que les rédacteurs du règlement se prennent eux-mêmes les pieds dans le tapis qu'ils ont tissé en l'absence de définition claire de ce qu'ils rédigent.

Au contraire de la FFE qui modifie à tout va son règlement en cours d'année, la FEI, du fait de la lourdeur de son fonctionnement (allers et retours vers les fédérations nationales, approbations diverses) ne peut modifier son règlement rapidement, d'où l'insertion dans les notes for guidance du rattrapage contre-réglementaire cité. Un avocat s'y vautrerait avec un indicible plaisir.

Le point commun reste que la rédaction des règlements tant pour la FFE que pour la FEI mérite certainement un mode différent d'élaboration et plus de clarté. Si on veut en effet qu'un règlement soit compris et donc respectable, il faut qu'il soit aussi rigoureusement pensé que rédigé.

Celui de la FEI, s'il est sur le fond bien pensé, est, du point de vue rédactionnel, un pur désastre qui fait d'ailleurs bondir des spécialistes d'autres sports quand on le leur montre.

Et on retrouve là typiquement les méfaits technocratiques du monde actuel et la coupure du réel des compétitions qui aboutissent à parachuter des textes et des décisions non concertées avec ceux qui produisent les sports sur le terrain au fil des jours. Comment alors ne pas créer refus et rancœurs comme on a pu le voir avec l'AG de l'IJRC mentionnée plus haut? (Voir section 6 de la présente série d'articles).

C'est une faiblesse certaine, un talon d'Achille qui rend l'ensemble du système bancal car les règlements sont à la fois la source et l'aboutissement de l'action collective. C'est trop sérieux pour pouvoir être confié sans contrôle à quelques personnes car, si intelligentes et remarquables qu'elles puissent être ou se penser, elles ne sauraient prétendre à l'omniscience pas plus qu'à être les exclusifs dépositaires d'une mise en phase indiscutable avec le réel depuis des bureaux ou des coins de table.

Le ciel s'obscurcit au fur et à mesure qu'on avance dans l'analyse car on découvre que sous des apparences huilées le fossé est grand entre ceux qui pratiquent et ceux qui gèrent. La césure est-elle donc irréductible?

A suivre ....


CROTTINS  25 02 2017
Internet et la Vieille Dame - 6. 

Quand on s'intéresse aux organisations à "vocation" internationale émanant directement de ceux qui produisent les sports équestres (athlètes, organisateurs, officiels, par exemple), on constate qu'elles sont nombreuses et pour certaines anciennes.

Et quand on remonte dans le temps, on découvre qu'il existait dans les statuts de la FEI, une adhésion possible en tant qu'Associate Member avec un statut officiel (article 5.3). C'était là un pont créant une possibilité de lien direct entre la FEI et des organisations, associations, clubs, ligues ou alliances émanant du terrain. Cela n'allait pas jusqu'à l'octroi du droit de vote néanmoins et les droits et obligations des "membres associés" étaient décidés au coup par coup par l'Assemblée Générale sur proposition du Bureau. Ca restait donc très contrôlé et "à la tête du client". Ca ne donnait pas beaucoup de droits, mais ça permettait au moins d'y être et de pouvoir parler, à défaut peut-être d'être écouté.

Lors de l'AG de 2012, cet article de 4 lignes ¼ a purement et simplement été supprimé. Il faut dire qu'il était assez bancal, mal défini et inégalitaire par essence. Les "membres associés" se sont retrouvés à la rue en quelque sorte.

On s'est alors tourné vers les MOU pour ne pas couper le lien complètement. Les MOU (Memorandum Of Understanding – Mémorandum d'Entente) ont remplacé l'engagement à caractère juridique que supposait feu l'article 5.3 des statuts. C'est nettement plus souple et moins contraignant. Les MOU sont en effet des sortes de "gentlemen's agreement" à caractère privé mais formalisés où les parties reconnaissent mutuellement leur existence et une commune intention de faire. Ça existe et se pratique "librement" sans statut dans les statuts. Ça reste néanmoins un lien par lequel les organismes signataires acceptent de se soumettre entièrement aux statuts et règlements de la FEI, laquelle, en échange reconnait leur existence et, partant, ouvre la possibilité de les recevoir et dialoguer dans un esprit de coopération. Écouter ou dialoguer ne signifie pas suivre, mais au minimum prendre connaissance de ce qui est pensé ailleurs que dans l'institution elle-même. Cela ne peut en théorie qu'être bénéfique et positif comme tout contact, tout apport d'air frais, tout échange peut l'être par définition.

Un certain nombre de MOU a ainsi été signé par la FEI avec des organisations, associations, clubs, ligues ou alliances d'organisateurs, d'athlètes, d'officiels, etc.

Les associations d'organisateurs de concours de saut d'obstacles ont été parmi les premières à se constituer. Il est bien sûr idéaliste de vouloir regrouper tous les organisateurs de la planète sous une seule et même bannière, mais c'est pourtant l'un des buts affichés aujourd'hui. Une petite exploration dans le temps renseigne sur la genèse de la démarche. L'IEOA (International Equestrian Organisers' Alliance) a été créée en 1995 par la fusion de 3 préexistantes alliances, l'ALOSO (Alliance of Leading Outdoor Organisers), l'ALISO (Alliance of Leading Indoor Organisers) et le CSIO Committee), chaque entité regroupant les organisateurs "leaders" et ceux des grands circuits internationaux. Il s'agissait alors du regroupement des "élites" du CSO entre elles. Puis l'IEOA, s'ouvrit à d'autres disciplines tandis que les 3 entités initiatrices prenaient en 2001 le nom d'AJO (Alliance of Jumping Organisers) et se démocratisaient. Cela permit l'apparition du dressage (AIDEO), du Complet (AEO) et de l'Attelage (ADO). 12 ans plus tard un MOU était signé entre la FEI et l'IOEA pour faire suite au statut de "membre associé" disparu. C'était le premier de la série.

Récemment est née (15 février 2015), une organisation au nom très peu photogénique: l'A. End. O. ou AENDO (pour Alliance of Endurance Organisers). Elle a des ambitions internationales et désire se poser en interlocuteur direct avec la FEI. Cette association a été intégrée mi 2016 à l'I. E. O. A. (International Equestrian Organisers' Alliance) ce qui lui donne une assise par intégration dans un groupe fonctionnel préexistant et reconnu. Cela conforte d'ailleurs aussi le groupe en question. On peut lire au 4.1 de ses statuts une disposition assez curieuse qui fait que tout organisateur de concours d'endurance dans le monde est censé devenir membre de l'AENDO par le seul fait d'organiser. Cette sorte de tacite et systématique adhésion peut être refusée par courrier envoyé à l'AENDO. Si cela est en quelque sorte une marque extérieure de non élitisme, il est quand même assez inédit de devenir membre d'une association sans le savoir ou l'avoir voulu, voire même sans connaître son existence! Par contre, il faut écrire un courrier pour demander l'obtention du droit de vote, lequel est octroyé à la discrétion du bureau exécutif. L'adhésion devient alors payante. Autrement-dit, il y a des adhésions par état de fait, gratuites et de figuration pour faire nombre et des adhésions payantes et volontaires permettant d'agir. Une bien curieuse conception dont le caractère démocratique d'un côté et réellement représentatif de l'autre reste à démontrer (et qui ne semble pas cohérente avec le §6.1 des statuts de l'IEOA). On constate néanmoins que cette ubuesque disposition n'est pas le propre de la seule AENDO, car on retrouve mot pour mot la même disposition dans les statuts de l'AJO, de l'ADEO, de l'AEO et de l'AIDEO. Les représentants de l'A. End. O. ont été reçus un an plus tard par le président de la FEI à Lausanne où ils ont fait des propositions non publiées. Pour ce qu'on en sait, il semble que les propositions faites à l'occasion de cette rencontre soient restées sans échos de la part de la Vieille Dame, ce qui fait partie du droit qu'elle s'est globalement réservé/préservé depuis sa création dans les lointaines années 20 du siècle précédent (voir le numéro 1 de la présente série d'articles).

Mais il n'existe pas que des groupements d'organisateurs. Il en existe de multiples autres. On citera ici l'International Jumping Officials' Club (IJOC), le Jumping Owners Club (JOC), l'International Dressage Trainers Club (IDTC), l'International Eventing Officials Club (IEOC), l'International Dressage Riders Club (IDRC), etc. Rien que le début de cette liste (dont tous ceux qui sont cités ici ont signé un MOU avec la FEI) montre une activité bien constituée dans les vieilles disciplines et une volonté de représentativité des cavaliers, des entraîneurs, des officiels et même des éleveurs ou des propriétaires, chaque entité pour ce qui la concerne. Force est de constater que l'endurance n'a pas encore atteint ce niveau de structuration corporative à visée de représentativité internationale sauf pour la récente AENDO.

Il y a déjà longtemps (1977) Nelson Pessoa, immense cavalier de saut d'obstacle dit "le sorcier brésilien" avait créé avec 24 autres cavaliers de haut niveau une association (IJRC – International Jumping Riders Club) destinée à dialoguer directement avec la FEI au grand dam d'un certain nombre de fédérations nationales qui se sentaient flouées par la tentative d'un dialogue direct les court-circuitant de fait. Le but en était de donner à entendre la parole des cavaliers de haut niveau en CSO pour des épreuves mieux gérées au titre qu'ils en sont les premiers consommateurs. C'était là dire que le cheminement "normal" était soit insuffisant, soit inefficace et ça ne plaisait évidemment pas.

On a pu voir récemment un exemple d'absence de dialogue véritable des associations à caractère international avec la FEI à l'occasion de la dernière assemblée générale de l'IJRC à Lausanne (06 décembre 2016). La secrétaire générale de la FEI y était présente et fût prise à partie à propos des nouveaux formats des concours et de divergences de vues assez profondes sur les méthodes et les finalités. On pût voir alors qu'outre la réaction de refus des cavaliers pour ce qui concerne les nouveaux formats soumis par la FEI au CIO (Comité International Olympique) pour les Jeux Olympiques et ceux prévus pour les Jeux Équestres Mondiaux, le moteur sous-jacent du mouvement d'humeur tenait dans le fait de ne pas avoir été consulté, de ne pas être pris en considération, de ne pas être effectivement reconnu. Il y avait de la colère et du ressentiment et la rencontre fût houleuse. Certains allèrent même jusqu'à parler de lettre irrespectueuse à leur endroit de la part du président de la FEI, ajoutant qu'ils étaient "pris pour des clowns" par l'institution qu'il préside. C'était chaud et tout y est passé, du refus du nouveau format présenté (équipes de 3 au lieu de 4 aux JO pour augmenter la surface de recrutement et élargir la participation) à celui de la suppression de l'épreuve tournante finale aux JEM en passant par le rôle des petites fédérations dotées du même droit de vote que les grandes (rejoignant en cela ce qui est analysé plus haut dans la section 2 de la présente série d'articles), etc.

Gageons que les cavaliers protestataires, même s'ils ne sont toujours pas d'accord, rangeront leurs frustrations dans la case des objets divers et viendront en masse participer aux épreuves de haut niveau comme avant et auparavant. Il y va de leur vie professionnelle de toute façon. Cette houleuse réunion IRJC / FEI a amplement montré que l'espace d'évolution de la FEI ne rejoint pas nécessairement la mécanique d'une association à rouages corporatifs, qui réagit en fonction de son horizon propre. La FEI inscrit son action dans une vision obéissant à d'autres géométries (élargissement de l'audience, "réhabilitation" des sports équestres qui ne cessent de dégringoler dans l'évaluation des sports olympiques que pratique le CIO et de se rapprocher de la porte de sortie qu'ont déjà pris certains sports, etc. comme l'a expliqué la secrétaire générale de la FEI). Dialogue de sourds par raison statutaire.

Les multiples comptes rendus qu'on a pu lire dans la presse font clairement ressortir qu'au-delà des problèmes de modification des habitudes et des divergences "techniques", on retrouve l'omniprésence de l'absence de réel dialogue entre le terrain et l'institution internationale, celui-là n'ayant pas de pouvoir dans la structure et celle-ci usant du sien à sa guise. C'est de cette absence de contre-pouvoir, voire de parité, qu'on traite ici depuis le début de la présente série d'articles et c'est tout l'objet de sa raison d'être.

L'AG de l'IRJC, une des plus importantes associations, semble aussi montrer l'absence de tout caractère consultatif dans la relation, sachant que, par définition et dans ce cadre, la consultation est un acte dont l'initiative revient à la FEI. Il semble même, à lire les réactions disponibles çà et là, que la priorité espérée en matière d'information "descendante" soit également manquante. Il reste alors comme seule issue le murmure à l'oreille des responsables en espérant que dans leur immense bienveillance, ils voudront bien ne pas se faire sourds. L'impossible dialogue rejoint l'absence de pouvoir de ceux qui produisent les sports équestres dont ils sont par essence les incontournables constituants. On peut au mieux espérer être reçu et proposer mais sans perspective de coopération active statutairement obligatoire. N'y a-t-il pas là une dimension féodale pas même vraiment souterraine?

La gestion reste aux gestionnaires et ceux qui produisent le sport semblent seulement avoir le droit d'exister à leur niveau avec les relations qu'on leur dit statutairement, à savoir "dialoguez avec vos fédérations nationales si vous avez quelque chose à dire, ce sont elles qui vous représentent".

Si cela pouvait fonctionner avec 7 fédérations, seulement 3 disciplines et un panel restreint de compétiteurs en 1921, ce n'est manifestement plus satisfaisant avec 134 fédérations, 9 disciplines et plus de 76 000 compétiteurs en 2017, sans compter quelques 4 000 concours internationaux. On a changé d'échelle et il va certainement falloir un jour raccourcir les beaux jupons de la Vieille Dame et lui faire subir une cure de jouvence pour la mettre en phase avec des us, coutumes et paramètres divers qui ont évolué depuis sa lointaine naissance.

A suivre ....


CROTTINS  18 02 2017
Internet et la Vieille Dame - 5. 

À un autre bout de l'échelle "hiérarchique" et de façon non corrélative un certain nombre d'associations a vu le jour.

Leur but est semblable à celui des groupes continentaux, à savoir, se regrouper pour être entendu car on est supposément plus fort ainsi. Cela peut fonctionner si la coquille n'est pas vide et si une véritable énergie interne y existe par le mode d'organisation, l'existence d'une éthique et d'un programme sans omettre le nombre d'adhérents et leur réelle implication, garants d'une certaine représentativité du groupe dont l'association est censée émaner. C'est ce qui pourrait les rendre éventuellement incontournables et leur assurer une légitimité de fait aboutissant éventuellement à une reconnaissance officielle les sortant ainsi d'une sorte de flottaison entre deux eaux où elles sont seulement tolérées comme un genre d'inévitable obstacle pas réellement gênant. C'est en tout cas le souhait des créateurs et adhérents. Sinon, à quoi bon se réunir et passer du temps à tourner en rond s'il n'y a pas d'issue possible correspondant au but final qu'on s'est donné?

Au début ça tient toujours grâce au dynamisme d'un noyau initiateur, mais cela doit pouvoir se dégager des personnalités ayant mis en mouvement le processus et s'institutionnaliser pour qu'il puisse y avoir pérennité et futur.

Il y a donc un double enjeu pour la réussite:

•   Avoir suffisamment d'adhérents pour vraiment représenter quelque chose.

•   Être capable de s'affranchir du jeu des personnes au profit de celui des rôles.

Il faudrait en plus savoir franchir le cap de la seule revendication pour se hisser au niveau d'une force de proposition, sinon on se contente de colmater le présent sans réellement préparer le futur.

Et ce n'est pas gagné.

Le but de ces associations est soit de s'adresser à la fédération nationale du lieu, soit d'envisager une reconnaissance par la FEI elle-même en passant en quelque sorte par-dessus le système c’est-à-dire en écartant les fédérations nationales (qui seront dans le meilleur des cas destinataires de copies d'échanges et deviendront plus ou moins hostiles par vexation structurelle).

On a ainsi vu en France, il y a maintenant bien longtemps pour ce qui concerne l'endurance, une association de cavaliers (l'ACFE – Association Française des Cavaliers d'Endurance) qui, selon les sources consultées, n'aurait jamais dépassé le cap des 56 adhérents, mais qui eut un fort impact d'opinion par le biais du forum qu'elle avait mis en place sur Internet. Le succès indéniable de ce forum, malgré le bas niveau des échanges qu'on y pouvait lire le plus souvent, venait du fait qu'à l'époque les réseaux dits "sociaux" n'existaient pas. Cette association mourût de sa belle mort après avoir duré de nombreuses années. Elle ne put jamais d'atteindre le seuil de la reconnaissance officielle par la FFE. À sa disparition de fait, son forum fût repris (Top-endurance, devenu inerte en 2008 et Forum Endurance disparu qu'on retrouve sous forme de section du Forum Al Hfifa Arabians).

Ailleurs, en d'autres pays d'Europe, le sort de pareilles associations fût le même. C'est ainsi par exemple que Jinetes de Raid en Espagne a disparu avec son forum.

En France une nouvelle association vit le jour (l'ACCAPE) avec des buts similaires à ceux de feu celle qui l'avait précédée. En 2010, sa présidente poussait un cri d'alarme face à l'inertie des cavaliers rencontrée. "L'ACCAPE" sera ce que vous en ferez". La cible visée a nettement décidé de ne rien en faire.

En France, les vétérinaires d'endurance ont eux réussi à mettre sur pieds une association (l'AFVEE – Association Française des Vétérinaires d'Endurance Equestre) qui résiste. La cible des adhérents y est nettement plus facile à cerner car elle s'adresse à un milieu de professionnels dont le nombre est au demeurant extrêmement restreint. Elle est principalement active dans le maintien d'une certaine éthique et envoie des messages d'alerte qui rebondissent dans l'opinion. Mais qu'en est-il de son impact effectif auprès d'organismes tels que la FFE ou la FEI, même si l'action est méritoire? Elle semble réduite au rôle, au demeurant essentiel, de lanceur d'alerte. En ce sens, elle a déjà atteint un but d'importance.

Et puis, les organisateurs de concours internationaux français ont un jour décidé de se regrouper afin de pouvoir parler d'une seule voie en France. Ils ont pour cela créé l'ADOCEE (Association Des Organisateurs de Concours d'Endurance). On peut estimer que cela a eu un impact véritable au début. L'Association coordonnait les organisateurs français entre eux, établissait le calendrier et publiait un document regroupant les différentes épreuves. Lors d'une journée organisée avec la FFE, l'association communiquait le programme à la fédération, qui l'entérinait. Mais cela a changé et la FFE mis de fait la main sur le processus, au début discrètement, puis, les années passant, totalement. Les organisateurs inscrivant librement leurs épreuves sur le site Internet fédéral, la réunion consistait désormais à rassembler les organisateurs sous la houlette fédérale pour les mettre d'accord entre eux. Exit de fait l'ADOCEE qui de plus avait pris du plomb dans l'aile avec l'apparition d'Internet et la mobilité calendaire émanant des possibilités données par la FFE rendant obsolète la publication papier du document annuel. Elle eût même un site Internet, sorte d'annuaire, qui faisait doublon avec les sites Internet des organisateurs naissant de partout et la publication des résultats sur d'autres sites que le sien. Tout cela est aujourd'hui le souvenir d'une tentative presque réussie à un moment donné car la FFE sans reconnaitre la chose officiellement collaborait avec l'ADOCEE de manière active.

Bref, aujourd'hui il semble que l'énergie interne consistant à dialoguer et être reconnu par la fédération nationale du lieu (en France notamment) se soit tarie. C’est-à-dire que le terrain n'a pas pu surmonter ses divisions (sauf en ce qui concerne les vétérinaires) et accoucher d'organisations pérennes ayant suffisamment de poids pour être des acteurs incontournables de l'incessant débat pourtant nécessaire.

Depuis peu, la FFE fait de réels efforts pour être une force de proposition auprès de la FEI à l'occasion de la nomination d'un représentant français à la commission internationale endurance. Elle a l'intention de se positionner comme un acteur véritable avec le poids qui lui revient ne serait-ce que du fait qu'elle représente une part non négligeable dans le concert des fédérations grâce à l'importante activité sportive qu'elle gère. En face d'elle, elle ne trouve pas d'association émanant du terrain car il n'y en a pas. Elle s'enquière donc de ce qui s'y passe par le biais de consultations auprès d'un panel assez restreint de ceux qui s'y trouvent (cavaliers de haut niveau, organisateurs, officiels notamment). L'absence d'association représentative est donc un manque.

Le lien direct remontant vers les fédérations nationales semble bien être une impasse. À l'analyse, c'est peu étonnant car il s'agit là de regrouper des populations extrêmement diverses mêlant des compétiteurs de loisirs, des cavaliers professionnels, des organisateurs quasi exclusivement bénévoles et des officiels appartenant à des milieux professionnels et culturels les plus variés.

D'autres associations cherchent à s'affranchir des frontières nationales pour voir plus grand en quelque sorte en prétendant à la dimension internationale, ce qui n'est ni aisé, ni facile.

A suivre ....

NOTE: On ne parle pas ici d'associations ou groupements de race ou d'éleveurs qui sont en amont du sport proprement-dit et ont un lien en quelque sorte indirect avec la compétition.


CROTTINS  25 01 2017
Internet et la Vieille Dame - 4. 

Et puis sont apparus des groupes continentaux. Ils sont actuellement au nombre de 4.

On trouve:

•   L'AEF (Asian Equestrian Federation). Elle a été fondée en 1978 et a signé un MOU (Memorandum of Understanding) avec la FEI le 6 juillet 2016. Elle regroupe 24 NFs.

•   L'EEF (European Equestrian Federation). Elle a été fondée en 2015 et a signé un MOU avec la FEI lors des Sports Forum de 2015. Elle regroupe 27 NFs.

•   L'OEF (Oceania Equestrian Federation). Elle a été fondée en 2013 et a été reconnue par la FEI en 2014. Elle semble ne regrouper que 2 NFs (Australie et Nouvelle Zélande).

•   La PAEC (Pan American Equestrian Confederation) pour laquelle il est impossible d'en savoir plus sauf qu'en 2002 elle existait déjà.

Il s'agit de corps intermédiaires qui rajoutent un étage à la fusée. L'intention est certes louable: le but est d'obtenir une meilleure représentation pour des fédérations nationales éparpillées et leur permettre d'avoir une action plus forte (parce que de groupe), et donc une meilleure écoute de la part de la FEI.

C'est en principe un moyen d'être une force de proposition plus efficace, car limitant l'émiettage issu du nombre même des fédérations nationales (NFs).

Dans la pratique, on s'aperçoit que seule la récente EEF possède un site internet et que les informations concernant les 3 autres sont plus ou moins difficiles sinon impossibles à trouver. La FEI, elle-même est, par exemple, dans l'incapacité de diffuser le moindre nom concernant l'OEF.

Cette absence de visibilité pour l'AEF, l'OEF et la PAEC trahit probablement une activité faible voire inexistante. Ça donne l'impression de coquilles vides initialement pleines de bonnes et valeureuses intentions mais plus ou moins effectivement inertes, à moins qu'elles ne travaillent dans l'ombre et derrière les rideaux ce qui parait être une hypothèse irréaliste car on ne voit pas pourquoi il en serait ainsi et quel avantage il y aurait à le faire.

Seule l'EEF a pignon sur rue et possède un site internet. Sa consultation montre qu'au-delà des belles intentions et des beaux textes, des réunions et des superbes discours, les actions réelles manquent à l'appel. La consultation du site révèle un organisme qui donne l'impression de se survivre difficilement à lui-même.

Et il semble bien que la force de proposition que ces groupes sont censées incarner ne fonctionne pas dans les faits. Ce n'est pas réellement étonnant car si la gestion quotidienne est déjà complexe, rajouter une couche décisionnelle n'est probablement pas pour aider à clarifier les objectifs, ni faciliter les moyens d'y parvenir. Gérer, par exemple, 1 650 000 engagés sur 118 000 épreuves par an comme le fait la FFE, n'est pas une mince affaire. Ca sous-entend aussi une relation permanente avec la FEI pour la gestion des 10 800 cavaliers FFE-FEI sur les 539 concours FEI organisés en France. Si on ajoute à cela un découpage interne hérité des anciennes directions nationales constitutives, ne correspondant plus à grand-chose mais qui reste le support de la structure actuelle (DNSE qui à l'époque aussi représentait le CNREE pour l'international, DNEP et DNTE cette dernière étant non soluble dans la FFE car déclarée d'utilité publique) on s'aperçoit que ça n'aide certes pas à clarifier un empilage par ailleurs complexe sinon ésotérique (fléchages, divisions, niveaux, etc.). N'assiste-t-on pas là à la gestion d'une sorte d'usine à gaz héritée de l'incapacité de la FFE à passer par-dessus les petits intérêts corporatifs à l'époque de la "réunion" et de sa gourmandise institutionnelle (30 disciplines actuellement)? L'introduction des noms franco-français des épreuves nationales à la créativité baroque, revendiquant une pseudo horizontalité entre des disciplines non comparables, n'apporte rien de plus qu'une confusion supplémentaire (par exemple "amateur machin", "amateur machin truc", etc. ne sont autre que des CEN de catégories diverses les rendant incompris internationalement). On découvre ou constate que les cheminements intellectuels sont loin de fonctionner sur des lignes droites et n'aboutissent pas toujours  à des résultats constructifs. Quand on met 25 NFs fonctionnant chacune avec sa petite histoire de manière plus ou moins rationnelle, même avec moins de charge de travail que la FFE, on comprend que créer un groupe continental n'aboutit pas forcément à mettre en place un organisme fonctionnel.

Quand on a un point de départ aussi peu limpide, avec un émiettage aussi grand, peut-on articuler, en effet, quelque chose d'efficace, ne serait-ce qu'au niveau des idées, en créant un organisme intermédiaire, étage de plus qui vient rajouter des méandres à l'ensemble? Quel apport cela a-t-il de fait dans le concret de la vie d'une fédération nationale comme la FFE sinon l'illusion d'une tentacule politico-diplomatique de plus qui pourrait éventuellement s'avérer un jour peut-être on ne sait jamais des fois que utile?

La FEI a signé des MOU avec certains des groupes continentaux. Un MOU, ça signifie en clair qu'on reconnaît l'existence d'une entité, qu'on dit que c'est bien ce que vous faîtes, qu'on ne s'engage à rien de plus qu'une poignée de mains devant un parterre de photographes en ajoutant que désormais on pourrait se parler dans le futur mais sans s'y engager pour autant.

C'est ainsi que ces groupes continentaux apparaissent dans le répertoire FEI, mais sans liens hypertexte. C'est juste une liste vaguement moribonde, c'est en tous cas ce qu'il en semble. Il faut dire, à la décharge de la FEI qu'il n'y a guère de liens à trouver. Pour ce qui est des noms des responsables de l'OEF elle ne peut même pas afficher le moindre contact et si la FEI ne le peut, qui d'autre le pourrait mieux?

C'est dire comme tout cela est vivant.

Finalement, on en vient à se demander si la création de groupes continentaux n'est pas une fausse bonne idée. Et même si ça fonctionnait, cela ne donnerait pas plus de capacité de représentation effective directe auprès de la FEI à ceux qui produisent effectivement l'équitation au quotidien et font donc vivre les disciplines. Ça aurait même plutôt l'effet inverse en créant un corps intermédiaire qui rallonge un circuit déjà très improbable comme on l'a vu.

Alors, c'est sans espoir?

A suivre ....


CROTTINS  17 01 2017
Internet et la Vieille Dame - 3. 

En principe, lorsqu'un cavalier ou groupe de cavaliers tient à faire valoir son point de vue auprès de la Vieille Dame, il lui faut passer obligatoirement par sa fédération nationale qui transmettra (ou pas) la requête à l'organisme international. Dans la pratique cela veut dire que les cavaliers n'ont qu'une possibilité de contact indirect avec la FEI (et, de fait, souvent aucune la plupart du temps).

Mais Internet est là et nul ne saurait s'en passer. C'est ainsi que la Vieille Dame a compris qu'elle pouvait s'adresser directement aux cavaliers et au public par le biais de ce media.

Alors on arrive à ce cheminement bizarre qui fait que d'un côté on a une relation Cavalier – NF - FEI et en principe retour par la même voie "hiérarchique", FEI – NF – Cavalier, tandis que la communication se fait de plus en plus intense, mais dans le seul sens FEI - Cavaliers, par le biais d'Internet. La nouvelle maquette du site FEI, avec sa surcouche "inside FEI", est manifestement orientée cavaliers et grand public alors que sa version précédente, qui reste sous-jacente, était encore relativement technique.

On s'aperçoit qu'au fil du temps ce media occupe une place de plus en plus grande dans la communication à sens unique de la FEI.

Mais les cavaliers ne sont pas muets et utilisent massivement ce que d'aucuns appellent les medias sociaux pour réagir instantanément (souvent trop instantanément) tandis que la Vieille Dame s'étrangle un peu dans son corset. Ça crée une sorte de guérilla qui a parfois un impact effectif sur la FEI mais sans le dire officiellement car les statuts non seulement n'ont jamais rien imaginé de tel, mais encore l'interdisent par absence d'intégration dans les textes.

La FEI est en effet bâtie sur un modèle hiérarchique pyramidal tandis que la communication s'horizontalise de plus en plus. Elle ne peut pas court-circuiter les fédérations nationales dont elle est l'émanation mais, par ailleurs, il est incontournable et clair que ce sont les compétiteurs et les organisateurs, qui font vivre les disciplines sans quoi les fédérations nationales et l'internationale ne seraient que coquilles vides. C'est d'ailleurs écrit à plusieurs reprises dans les statuts (art 1.6, 2.3 et 50.1), mais cela n'existe qu'au travers du système de représentation tel qu'établi initialement.

Alors on fait quoi?

On court-circuite les fédérations nationales et on dialogue tranquillement dans les deux sens avec la fédération internationale pour ce qui concerne les concours internationaux et on laisse les fédérations nationales s'occuper des qualificatives et de l'encadrement des organisateurs pour les CEI et les CEN?

On répondra que les compétiteurs (ou athlètes dans la formulation FEI depuis janvier 2013) sont représentés "directement" dans un standing committee spécialement fait pour eux. C'est exact, mais c'est une portion congrue qui leur est accordée à raison d'un représentant par discipline. Pour le reste des composantes sportives incontournables – organisateurs, voire officiels – il n'existe strictement rien. Les statuts permettent d'en créer, mais seulement pour des compétitions ou des séries et ayant un caractère provisoire (Statutes art 31.2).

Il est toujours statutairement possible à la FEI de faire appel à des personnalités spécifiques ou à des consultants, appelés "experts" dans le texte, certes, mais cela reste ponctuel et relève de l'action conjointe du président et de la secrétaire générale (Statutes 26.2).

Ça signifie en résumé que globalement ceux qui produisent l'endurance sont censés être représentés par ceux qui l'administrent. Étrange structure que celle qui considère que les sachants de la pratique et du terrain ne le sont finalement pas.

Ne se prive-t-on pas là de la première essence des disciplines?

A suivre ....


CROTTINS  09 01 2017
Internet et la Vieille Dame - 2. 

La Vieille Dame est l'émanation des fédérations nationales qui y adhèrent. Chacune y a une voix lors de l'Assemblée Générale annuelle quelle que soit son importance réelle. C'est au départ, quand on est 7 partenaires, un mode de fonctionnement égalitaire qui permet d'avancer. Mais quand il y en a 134, on se doit de s'adapter et de trouver un mode de fonctionnement différent si on veut éviter la paralysie. C'est ce qui s'est passé avec l'Europe et que tous reconnaissent comme l'une des sources principales de l'asphyxie actuelle, c'est ce qui se passe avec la FEI et qui la rend si lente qu'on s'en énerve parfois.

Il est en effet assez ubuesque qu'un pays comme la France avec 10 844 cavaliers enregistrés en 2015 (soit 14.2% du total mondial) compte pour 1 voix comme les Iles Vierge, la Bolivie ou le Sénégal qui n'en ont qu'un (Statutes art. 14.1).

Il est inconcevable qu'avec zéro cavalier d'endurance, des fédérations nationales puissent voter sur des modifications réglementaires concernant cette discipline qu'elles ignorent de facto. Ca concerne quand même 41 fédérations sur un total de 134, soit 30.6%. Cela veut dire près d'un tiers de voix "libres" car ne devant se justifier devant personne. C'est la porte ouverte à tous les abus, dont l'argent n'est probablement pas toujours exempt, car "pas de cavaliers" rime avec "pas de budget" sauf erreur. Un lobbying judicieusement ciblé peut arranger les parties pour peu qu'on insiste et se mette d'accord. Ça ne veut pas dire que ça existe nécessairement, mais on ne peut pas non plus jurer l'inverse.

Cette absence de cavaliers n'est pas non plus un obstacle statutaire à l'élection d'un représentant au comité technique, mais il y a tout de même une clause restrictive concernant les réelles compétences des représentants (Statutes art. 34.2). Ça parait éminemment sage et logique, au moins sur le papier, car ça élimine en théorie ceux qui ne savent pas de quoi on parle.

On pourrait tenir le même raisonnement avec le nombre de concours organisés toutes disciplines confondues. 17 fédérations nationales n'ont en effet rien organisé en 2015. D'autres ont organisé 20 évènements ou moins dans les 7 dernières années (2009 – 2015) et en y regardant de près on découvre qu'elles sont au nombre de 33, soit 27% de l'ensemble. La France avec 3 343 évènements organisés sur la même période est à l'évidence dominante et pèse pour 23.5% du total mondial, soit près du quart de la planète … avec 1 voix comme le Swaziland qui, après 1 concours en 2009 n'a plus rien organisé.

Ça ne parait pas vraiment satisfaisant, même si tout cela évite qu'un pays dominant puisse tenter une OPA sur le système au grand dam de son équilibre tout entier.

A suivre ....


CROTTINS  02 01 2017
Internet et la Vieille Dame - 1. 

Elle est née en 1921 de la volonté de 7 pays (France, USA, Suède, Japon, Belgique, Danemark, Norvège, Italie).pour réguler les 3 disciplines équestres inscrites aux Jeux Olympiques depuis 1912 (Saut d'Obstacles, Dressage et Concours Complet).

Ce fût l'année de la guerre du Rif avec la raclée des troupes espagnoles par Abd El Krim, le début d'une des multiples interventions américaine à Cuba et la guerre gréco-turque.

Ce fût aussi celle de l'occupation de Düsseldorf, de Ruhrort et de Duisbourg par les troupes du gouvernement français, de la fondation des partis communistes chinois, portugais et espagnols, mais aussi de l'indépendance de l'Afghanistan et de la Mongolie, de la fin de la guerre d'indépendance de l'Irlande, de l'historique bûcher de vêtements fabriqués à l'étranger présidé par Gandhi à Bombay qui mettait à jour la faiblesse intrinsèque des empires coloniaux tandis que Lénine lançait la Nouvelle Économie Politique, que les syndicats des mineurs, des cheminots et des transporteurs faisaient pour la première fois grève commune aux Royaume Uni (le fameux "Black Friday") et que la conférence de Paris fixait le prix exorbitant des "réparations" dues par l'Allemagne, fournissant  ainsi le terreau de la plus grande déflagration qu'ait connue la Terre.

Ce fût encore celle de la mise en service de la première autoroute au monde en Allemagne, de la première grande usine sidérurgique autonome du Brésil, de la condamnation scandaleuse de Sacco et Vanzetti aux USA ainsi que de l'invention du Pathéorama, pellicule argentique fixe de 35 mm sur laquelle on pouvait mettre de 20 à 50 photos, de la découverte de l'insuline, de la création du sparadrap adhésif, du détecteur de mensonges (lie detector) qu'aiment tant les gouvernements américains et Hollywood, du vaccin antituberculeux et du premier restaurant drive-in à Dallas au Texas.

Bref, c'était une autre époque, un autre monde même s'il préfigurait par certains côtés ce qu'aujourd'hui nous vivons.

À cette époque, on connaissait le téléphone mais les conversations passaient souvent par une standardiste dont le métier consistait à établir manuellement les connections entre les demandeurs en insérant les bonnes fiches dans les bons trous. C'était d'un modernisme presque outrancier. Il était inimaginable d'écouter ce qu'ils appelaient la TSF à partir d'un appareil sans lampes et non branché au secteur. En 1921, on ne savait pas bien sûr que 5 années plus tard aurait lieu la 1ère diffusion publique d'images télévisées en noir et blanc, encore instables et pleines de parasites mais qui allaient couvrir le monde. Aujourd'hui, tout cela est présenté dans les musées car il est toujours bon de montrer ce que les ancêtres savaient faire en leur temps. C'est presque attendrissant et c'est figé dans une époque révolue qu'on a déjà peine à comprendre.

C'était un autre monde qui ne pouvait connaître ni même imaginer la révolution informatique qui a tout bouleversé et qui est si prégnante qu'on ne saurait pouvoir aujourd'hui s'en passer car aucun secteur n'y échappe et que tout ou presque en dépend.

C'est dans ce contexte étranger que furent conçus les statuts de la FEI. Nous vivons aujourd'hui sur une autre planète, mais ses statuts n'ont pas fondamentalement changé.

Ce serait un miracle que ça ne pose aucun problème, car la Vieille Dame, vu son âge, a forcément les articulations un peu raides.

A suivre ....


CROTTINS  28 12 2016
A vendre: année jamais servie de première main. 

En cette fin d'année, période festive par définition, les écolos-dépressifs cèdent la place au cucu-Noël et à celui de fin d'année dont la conclusion des merveilleux documentaires et des belles histoires qui peuplent soudain les medias n'échappe pas à la plume des rédacteurs sous-littéraires.

Vous l'aurez remarqué, pour les fêtes, les espèces ne disparaissent plus, la planète cesse d'être présentée comme s'effondrant de jour en jour et la bio-diversité possède désormais une énergie phénoménale lui permettant de regagner aisément le terrain perdu.

Bref TVB dans un monde optimiste et plein de ressources. On cesse de culpabiliser à outrance quel que soit le domaine dont on parle et c'est ainsi que les medias passent allègrement d'un excès à l'autre.

Alors, on souhaite ici en vrac que le juste milieu retrouve la place du bon sens, que les hommes politiques cessent de mentir et de faire des guerres un peu partout pour le bien-être de personne au nom de quelque "raison d'état" prétendument mandatée par des peuples imaginaires pour tenter de justifier l'injustifiable et qu'on trie les immondices de ce qu'ils appellent par pure commodité "secret défense".

En cette année d'élections, on souhaite que les champions de la post-vérité à mémoire courte se cassent la gueule d'où qu'ils viennent et que les braves gens retrouvent la place qui devrait être la leur pour que les démocraties deviennent simplement démocratiques et non plus des théâtres de marionnettes pour serfs modernes à TVA haut placée manipulées par du personnel politique faisant indûment carrière.

On se nous souhaite ici à tous de l'audace et de l'honnêteté désintéressée pour 2017 et plus si affinité.

Ça ne fera de mal à personne et ça peut même aider à se débarrasser des parasites qui nous ravagent.

Bonnes et Joyeuses Fêtes car il n'y a pas de raisons de déprimer, c'est juste qu'on ne progresse pas ou en rien ou si peu. Alors amusons-nous et gardons la santé avec un sens féroce de l'action non rémunérée et du don de son temps au profit du bien commun pour que le bien-être de tous et notre humanité en sortent vraiment grandis.


CROTTINS  01 11 2016
Lâchez-moi les baskets et vice-versa. 

•   Quand vous voyez sur l'autoroute un panneau électronique d'information disant "Fortes chaleurs, hydratez-vous" sous prétexte qu'il fait chaud,

•   Quand vous voyez "soyez vigilant" ou "soyez prudent" à la fin de chaque information plus ou moins utile que les employés des autoroutes s'efforcent de mettre avec plus ou moins de réactivité,

•   Quand on vous signale un virage et qu'une succession de panneaux vous dit de rouler à 90, puis 70 puis 50 km/h au lieu de se contenter de vous signaler le virage et de vous laisser conduire sans qu'un individu de la DDE, puis un quelconque préfet aient décidé à votre place de ce que vous devez faire et à quel moment alors que c'est vous et pas eux qui conduisez,

•   Quand on vous truffe la route de cafards rapporteurs aussi multiples que faiseurs automatiques de cagnotte disposés souvent de façon limite, voire intellectuellement scélérate, sachant que dans ce pays ce n'est pas la réalité de la chaussée qui compte mais l'absurdité de son statut administratif pour juger de la vitesse autorisée et que c'est, de surcroît, officiellement "légitimé" par l'axiome non démontré mais financièrement rentable d'un lien qui serait indissociable entre mortalité et vitesse, et que vous regardez d'un œil critique les statistiques d'accidents qui ne corroborent pas le discours qu'on vous sert,

•   Quand on vous explique que la vidéo-surveillance c'est pour vous "protéger" alors que c'est éminemment faux car ça ne peut avoir qu'un effet rétroactif puisque ça ne fait qu'éventuellement enregistrer le fait que vous avez été agressé et que ça permettra peut-être aux enquêteurs de retrouver la marque de la cagoule de votre agresseur (vous avez vu l'efficacité de ce type de dispositif à Nice, ville pourtant truffée plus qu'aucune autre de caméras d'enregistrement dont probablement le marché n'a pas été perdu pour tout le monde),

•   Quand vous voyez le niveau de plus en plus déplorable de ce qu'on vous vend en guise de "débats politiques" télévisés ici, aux USA, au Brésil ou ailleurs  et que vous en mesurez le bas niveau d'étiage et la cruelle absence d'idées,

N'avez-vous pas envie de crier "lâchez-moi les baskets", "foutez-moi la paix", "laissez-moi vivre et restez à votre place", "cessez de me prendre pour un con!"?

Si vous faîtes partie de ceux qui sont convaincus que les Etats sont foncièrement amoraux et que ceux qui les dirigent sont profondément contaminés, si vous faîtes partie de ceux qui n'ont jamais considéré César, Napoléon et autres guerriers prédateurs comme des "héros", alors vous n'êtes pas naïfs au point de vous étonner de tout cela bien que vous sentiez la dangereuse et décadente pente de ce paternalisme de façade.

Quand on se penche sur notre sport d'endurance équestre, on peut se dire qu'on est aussi en train d'atteindre, même si c'est à l'inverse et si on ne les a pas déjà dépassées, certaines infranchissables limites et que la décadence peut aussi arriver ici plus vite qu'on ne le croit si on n'y prend garde. On se remet facilement des fractures de stress, des aventureux mélanges chimiques et des dérives multiples qu'on opère dans des Emirats Arabes (souvent abusivement vus comme un tout indissociable) et on le fait d'autant plus qu'ici, voyons, on ne fait pas du tout cela, pensez-donc!

Oui mais voilà que les fractures, dont le stress n'est pas exempt, se multiplient au royaume de France avec euthanasie pour solution. Entre Fontainebleau (1 humérus et 1 canon) et Tartas (1 humérus tout récemment), on ne peut que constater qu'en quelques petites semaines il semble bien qu'on soit rattrapés par le phénomène. Oui, mais un cavalier était émirati, vous voyez bien! Non je ne vois rien car le cheval appartenait à la très correcte Margaret Wade et était inscrit sous la très respectable NF NED même si l'entraîneur était un pakistanais facile à pointer du doigt … Pas si simple à balayer d'un revers de main.

On peut se dire que c'est une mauvaise passe et pas une tendance et que tout cela etc.

Mais peut-on néanmoins simplement laisser courir le phénomène tel qu'il apparaît être désormais et regarder ailleurs? Qui peut vraiment s'atteler à la tâche? Des organismes tels la FEI ou des Fédérations Nationales, qui sont plombées par une inertie structurelle et apparaissent terriblement déconnectés de la vraie réalité de terrain? Des lanceurs d'alerte qui semblent au fait du problème mais ne sont pas nécessairement à même d'œuvrer plus avant qu'ils ne le font? Des entraîneurs ou des cavaliers qui savent en gros de quoi on parle mais risquent d'avoir une lecture déontologique "à la cahuzac" pour cause d'intérêts "croisés"?

Reste l'étude scientifique des phénomènes avec chercheurs indépendants et reconnus pour unique et efficace solution à terme afin de mieux comprendre où ça pêche et comment y remédier.

La démonstration sans appel des corrélations entre entraînement intensif et fractures de fatigue aboutissant à l'euthanasie dans le domaine des courses de plat faite par Sue Stover, vétérinaire chercheuse de Californie (USA), lors du 1er séminaire d'endurance clôturant la saison à Bouthib (UAE) en mars dernier était éloquente. Elle montrait aussi qu'il nous faut désormais prendre en compte cette dimension pour progresser. Elle omettait néanmoins le volet médication qui est une pratique répandue et peut aboutir à la suppression de la capacité de l'os à s'adapter aux efforts nouveaux issus de l'entraînement (des études éparses sont en cours ça et là sur ce thème).

Mais qui financera et centralisera tout cela? Qui voudra le faire? Quelle en seront les termes pour assurer l'indispensable liberté d'enquête et d'analyse sans quoi rien de valide ne saurait être? Toutes questions dont le futur semble bien s'arrêter pour l'instant à leur propre point d'interrogation, à moins que …

La FEI doit mettre en œuvre les moyens financiers ouvrant cette fenêtre salutaire sur le futur. Ça paraît plus urgent et prioritaire que de rajouter des paragraphes et des conditions "décoratives" à des règlements (catégories nouvelles, etc.). Hors des bureaux, cela paraît être une incontournable priorité de bon sens (ne serait-ce que parce que même les "grandes manœuvres réglementaires" de 2014, pondues en urgence à mi-année et lancées à grands renfort de discours des responsables de l'époque avant les JEM de Sartilly, n'ont pas, dans les faits, changé grand-chose).

Alors ne lâchons pas les baskets de ceux qui peuvent vraiment changer la face des choses, je veux dire les responsables de tout poil en charge de la discipline, les bien-pensants du statu quo horrifiés à l'idée même de déplacer des meubles ou d'enlever la poussière ou les bureaucrates en poste qui savent tout faire bien mais lentement en regardant le monde à travers le prisme déformant de leur fenêtre et celui des petites rivalités intestines qui régissent un quotidien déconnecté mais fleurant bon le café de 10 heures assorti, ce matin, d'un délicieux petit rayon de soleil.

Évitons-leur de suivre la pente décadente ici même décrite en début de texte et qui nous feraient tous passer pour des abrutis … Aidons-les à faire vivre et survivre la discipline dans la voie positive du bon sens pour sa progression dans l'honneur du respect absolu des chevaux.

NOTE: Suivez de près en cette saison qui commence aux UAE, les évolutions du Bouthib Protocol dont le but est de préserver les chevaux tout en valorisant l'esprit d'endurance (contrairement à ce que la cocotte de "Fair Endurance" (lisez ce qu'elle écrit et ne râtez surtout pas les commentaires) se permet de dire dans le dernier article de son sulfureux blog).


CROTTINS  20 08 2016
Et si on supprimait les Jeux Equestres Mondiaux?. 

Le fait même de poser la question paraîtra sacrilège à certains, mais c'est pourtant en en posant de telles que souvent on progresse vers quelque chose de mieux.

Si l'on suit les évolutions des candidatures et des retraits et qu'on y ajoute les demandes de garantie de la FEI plus les refus de dossiers qu'elle opère, on s'aperçoit que la sélection finale tient parfois du refuge. Ce fût le cas pour la sélection de Bromont-Montréal qui restait seule en lice après que des candidats se soient présentés puis retirés et que d'autres se soient proposés en dernière minute pour disparaître ensuite.

La FEI est visiblement consciente de la difficulté à trouver tous les 4 ans des organisateurs pour cet événement et a cherché des solutions pour rendre les formats plus accessibles notamment en matière de coût d'organisation. Elle s'est aussi penchée sur l'attractivité des Jeux Equestres Mondiaux notamment au plan de la lisibilité des règlements pour un large public.

Ceci étant, elle est aujourd'hui face à un mur à deux ans de la prochaine échéance après "l'explosion en vol" de Bromont-Montréal, ce qui peut amener ses responsables à déraper quelque peu côté procédure de sélection en se soumettant par nécessité à des contraintes à elle dictées par quelque riche sponsor associé à un organisateur bien ou trop "soutenu". Il n'est pas exclu que, dans ces conditions, la FEI n'ait plus sur les prochains JEM, l'emprise qui doit nécessairement être la sienne, ce qui serait fort préjudiciable à leur image autant qu'à la sienne propre.

On se souviendra aussi des JEM 2014 en Normandie et de l'insensée complexité mise en œuvre à partir de 5 sites différents pour raisons diverses et difficilement recevables du point de vue sportif et économique. À cela venait s'ajouter une gestion administrative pléthorique qui accoucha d'un événement vivement critiqué du point de vue qualité d'organisation. C'est resté pour beaucoup comme un contre-exemple à éviter de ce point de vue-là, au point que cela fit l'objet de résolutions lors du dernier Sports Forum.

Force est de constater que les Etats se sentent assez peu concernés par les JEM et ne s'y investissent pas ou peu. La collectivité participa en Normandie, mais Lexington, par exemple, fut entièrement privé. En gros, c'est trop petit pour intéresser vraiment les responsables politiques.

Dans ces conditions, est-il raisonnable de poursuivre le format des JEM plus avant? Y a-t-il une porte de sortie, une meilleure solution pour un futur plus certain?

Et en cette période de Jeux Olympiques finissants, ne peut-on imaginer que les disciplines équestres de la FEI ne puissent être intégrées aux JO "tout simplement".

Il y a statistiquement aux JO de Rio 306 épreuves différentes, l'équitation comptant pour seulement 6 avec 3 disciplines présentes. Ça n'augmenterait pas sensiblement le coût gigantesque des JO où pléthore d'installations spécialisées est nécessaire pour satisfaire les multiples disciplines en jeu.

Actuellement, si le dressage garanti malheureusement des gradins vides à peu de choses près (le tir à l'arc ne faisant pas mieux), le saut d'obstacle fait le plein (14 000 billets vendus chaque jour à Rio).

L'attelage ferait immanquablement recette si la discipline y était présente car c'est spectaculaire. La voltige, avec des épreuves moins longues aurait probablement beaucoup de succès auprès d'un public large. Évidemment, l'endurance resterait difficile à rendre publiquement captivante, encore qu'une révision de la manière de faire et une bonne mise en scène médiatique puissent nettement améliorer l'audience.

Imaginez que, durant les jeux, il y ait désormais des sélections actives (qui restent à inventer et rendre aussi efficaces que sources lisibles de suspense) et des finales sous différents formats (1*, 2*, 3* par exemple) comme dans les autres disciplines, cela donnerait probablement un regain d'intérêt pour les médias et le public qui ne saurait nuire à notre discipline.

Quand on voit l'existence de sports comme le beach volley ou le trampoline, on se dit que les disciplines équestres actuellement "non olympiques" ne seraient pas des ovnis sur la planète des JO.

Sachant que les Jeux Olympiques sont une affaire d'Etats et pas d'organisateurs privés plus ou moins aidés, imaginer que les JEM se fondent dans les JO d'été est loin d'être une idiotie même si cela paraît actuellement relever de l'utopie.

1.  Ca résoudrait les problèmes économiques qui plombent les JEM.

2.  Ca élargirait assurément l'audience plus que la seule FEI ne peut le faire, les JO restant inégalés en la matière.

3.  Ca garderait le rythme des 4 ans.

4.  Ca rattacherait un wagon plus ou moins branlant et solitaire à un train qui marche à toute vapeur.

5.  Etc.

Il faut pour cela que la FEI l'admette et le veuille et que le CIO soit réceptif, le comprenne et le veuille.

On pourra toujours trouver de bonnes raisons pour affirmer que ce n'est pas possible ("pas imaginable, pensez-donc, enfin, voyons!, tout de même!") mais si, à la fin du XIXème siècle, ceux qui ont fait voler "les plus lourds que l'air", s'étaient contentés de dire que ce n'est pas possible car ils sont plus lourds que l'air, il n'y aurait pas aujourd'hui 3 milliards de passagers par an dans les avions et un décollage toutes les secondes sur la planète.

Donc, c'était possible parce qu'ils l'ont voulu et rien n'interdit de vouloir, sinon les idées vides et les penseurs immobiles.

Côté interne au monde équestre, ça provoquerait un effet collatéral positif en supprimant cette traditionnelle et passablement archaïque, sinon handicapante, distinction entre les "grandes" disciplines "olympiques" et celles qui ne le sont pas, chose passablement marquée dans les fédérations nationales, France en tête (il suffit de voir les sites de la FFE).

Il est bon de balayer dans les têtes.


CROTTINS  05 08 2016
Ca y est, ils vont recommencer à compter bêtement les médailles. 

Et c'est reparti, les journalistes dits "sportifs" vont recommencer la litanie débile du comptage des médailles: Réjouissons-nous, les Jeux Olympiques vont débuter.

Alors on va recommencer la guerre par procuration entre les pays en comptabilisant stupidement les médailles comme si on pouvait comparer le Grand-Duché du Luxembourg  qui a 581 597 habitants avec la République Populaire de Chine qui, avec ses 1 379 499 750 habitants, est juste à peine 2 372 fois plus grande, ou encore avec le Royaume désuni du Breixit qui se balade vers le bas moyen de l'échelle avec 65 170 322 habitants. Mais ça ne les empêchera nullement de se livrer à cette ineptie rituelle afin de satisfaire une sorte de nationalisme de comptoir dont il faudrait dire et redire la bêtise fondamentale.

Ce faisant, ils occulteront l'exploit au profit d'un dégradant cocorico destiné à soulever l'enthousiasme des foules et lever un maximum d'argent entre publicités, retransmissions et desideratas contractuels des multiples "fournisseurs officiels".

L'idéal des Jeux Olympiques sera ainsi de nouveau bafoué au profit du "soft power" des pays dont les responsables s'enorgueilliront du tour de piste supplémentaire des vainqueurs, ridiculement enveloppés dans le drapeau de leur pays quand ils ne l'ont pas transformé en étendard.

Ce ne sera pas l'humain qui, venant de se surpasser emmène idéalement l'Homme un peu plus haut, qu'on célébrera vraiment, mais le ressortissant lambda d'une république de quelque part qui soudain ne se sent plus de joie. Ça tient du drapeau américain planté sur la lune en guise de représentation de l'humanité! Étrange contresens où le petit se met devant le grand, où le médiocre cherche à cacher l'immense.

Au beau milieu de cette orchestration huilée, les meilleurs gogos se sentiront vibrer le tréfonds lorsqu'un athlète de la même nationalité qu'eux aura gagné une médaille d'or, alors qu'ils n'ont strictement rien fait pour cela et n'ont, de fait, pas le moindre rapport avec eux, en tout cas pas plus qu'avec l'athlète allemand ou en provenance de Russie ou du Botswana.

On nous dira ou fera comprendre que gagner une médaille d'argent, c'est avoir en quelque sorte déjà perdu et que la médaille de bronze (dire "le bronze", car c'est comme cela que les journalistes parlent), c'est quasiment déjà la honte.

On nous montrera à coup d'exclusions médiatiques et préventives qu'on est ferme sur le dopage et qu'on combat cela avec la dernière énergie tandis qu'arrières boutiques et laboratoires de pointe s'efforcent de peaufiner les cocktails d'aujourd'hui tout en préparant savamment l'avenir, tout cela avec la bénédiction tacite des gouvernants de tous poils aux discours pourtant inverses (si tel n'était pas le cas, ils y mettraient vraiment le prix, non?).

Et on finira d'enterrer sous les ors, la pub et les nationalismes de circonstances, l'idéal olympique tel qu'on aimerait ici le voir célébrer proprement et dans sa véritable essence.

Puissent néanmoins, au milieu de ce grand bazar commercial pour émotions paresseuses, les athlètes se surpasser vraiment pour le meilleur de l'Humain dans une fraternité sans pointillés, ni frontières.

Un objectif probablement trop haut pour notre probité.

Le droit de rêver en grand à quelque chose de mieux … tout simplement.

PS: Vous remarquerez que seule l'équitation échappera à cette ambiance débile et que, comme à chaque fois, ce sont d'abord le cheval et le cavalier qui seront mis à l'honneur dans les commentaires, leur nationalité restant secondaire comme il se doit.


CROTTINS  15 06 2016
On ne se comprend pas ou parfois si peu. 

Les animaux vivent chacun dans leur monde et ont visiblement peu de contact vrai avec les espèces autres que la leur. Le cheval ignore pour l'essentiel les oiseaux qui, eux, se préoccupent bien peu des humains tandis que le chat se méfie plus ou moins du chien et que les vaches en ruminant nous semblent avoir le regard lointain. Et nous, au milieu de tout cela, animaux parmi les autres, nous nous décernons satisfécits et médailles, nous nous croyons indiciblement supérieurs, définitivement différents et dépositaires exclusifs de l'intelligence, des sentiments et de la communication sur la planète. Nous avons décidé que nous connaissions le monde et nous nous agrippons à ce qui apparaît de plus en plus comme une grave illusion.

Avec ce bandeau sur les yeux, nous regardons sans voir.

Il n'y a que très peu de temps, par exemple, que les scientifiques et les philosophes ont perdu l'illusion que l'outil est la caractéristique exclusive de l'humain. Eh oui, ces abrutis d'oiseaux, de mammifères de tous ordres et mêmes de poissons utilisent non seulement des outils, mais pour certains, les façonnent. Ce ne serait plus notre apanage!

Et Descartes, les inénarrables Behaviouristes et autres penseurs ou "scientifiques" de haut vol aux théories sèches et "mécanistes", quand elles ne sont pas "positivistes", plongent droit vers le sol.

Quoi? Les animaux ne seraient pas des sortes de peluches mécaniques dénuées de sentiments et dont la vie ne serait que réponses quasi automatiques à des stimuli divers et variés?

Ils auraient même une vie sociale, communiqueraient entre eux et auraient des sentiments?

Les résultats de recherches récentes et en cours vont impliquer un violent reformatage des idées pour certains de nos contemporains. Fini le roi de l'univers! Finie les mythologies qui expliquaient le monde au travers de jolis contes de fées simplistes où l'homme se décrète ou pense être d'une essence si différente du reste du monde qu'il n'y aurait même pas lieu qu'il se puisse comparer en quoique ce soit avec les animaux, sortes d'êtres inférieurs seulement capables de se déplacer, de se nourrir, se reproduire et mourir pour l'enchantement de nos yeux et de nos garde-mangers. Le monde est infiniment plus riche que cela et c'est heureux.

Pas de sentiment chez le chien, pas de dialogue chez les éléphants, pas de communication chez les oiseaux, par de vie sociale chez les loups, pas de capacité stratégique chez les orques et rien chez les requins, seulement des réflexes et des fonctionnements "génético-automatiques" n'ayant d'autre but que la survie de l'espèce.

On en revient doucement et à petits pas. Dire encore aujourd'hui, quand on est un "scientifique qui se respecte", que les loups ou les éléphants éprouvent de l'amour et ressentent la perte d'un compagnon aimé comme nous le faisons nous-mêmes ne serait-ce que parce que nos cerveaux sont similaires aux leurs, voire identiques pour les mammifères, et que rien ne peut permettre de dire qu'ils fonctionnent différemment des nôtres, apparaît encore comme impossible à admettre pour la quasi-totalité de scientifiques formatés aux idées sèches, voire stériles, du siècle et demi passé. L'idée que, pour être recevable, toute connaissance doit passer par la répétitivité des tests de laboratoire et rien d'autre et que ceux-ci sont la quintessence de ce qui se peut faire, commence à se diluer sous les coups de butoir du réel et du vécu qui est autrement plus vaste.

L'incompréhension est telle que les ornithologues, par exemple, en sont encore à analyser les chants d'oiseaux au moyen d'un outillage comparatif ou créé de toutes pièces formant la base d'un catalogue ne dépassant pas l'horizon descriptif. On parle de cris, de sons métalliques, feutrés ou grinçants, on les compare aux notes du trombone, on dit qu'ils font des 'hroua", des "klé" des "hié", des tireli flûtés, etc., on raconte qu'ils babillent, chantent, glatissent, gazouillent, coucoulent, jabotent, trompettent, piaillent, piaulent, ramagent, roucoulent, hululent, caquettent, etc. soulignant par là-même, et de fait certain, notre totale incompréhension du sens même de ce qui est émis alors que là réside l'essentiel et la raison d'être de ce qui est produit. Ferait-on de même pour le zoulou parce qu'on n'en comprend pas le sens? On trouverait idiot de s'arrêter à ce type d'observation passant à côté du sens même de ce qu'ils se disent. C'est pourtant ce que nous faisons pour les animaux.

Mais si les oiseaux se répondent, c'est bien à l'évidence qu'ils se disent quelque chose…

Des scientifiques vivant depuis de nombreuses années parmi les éléphants, les loups, les bonobos, les orques ou les dauphins en conviennent tous: la vie de ces animaux est tissée de communication, de sentiments, d'intelligence que souvent nous ne soupçonnions même pas dans notre grande ignorance.

Les tests faits en laboratoire montrent que les mêmes phénomènes créent les mêmes réactions, stimulent les mêmes zones du cerveau chez un loup, un éléphant ou un homme. En quoi serait-il surprenant, inconvenant, impossible que cela aboutisse à des sentiments différents ou à rien chez eux alors que les structures de nos cerveaux sont semblables? Les chiens, les éléphants, les loups connaissent le deuil. Ils ont tous des relations entre eux comme nous en avons entre nous nous disent ceux qui vivent avec et les étudient en dehors des laboratoires, dans la vraie vie qui est la leur. Ça prend des formes différentes car ils sont eux et nous sommes nous, mais surtout, ça nous reste encore incompréhensible pour l'essentiel.

Chacun son monde avec parfois de toutes petites passerelles de compréhension.

On sait, par exemple, que nos loups de maison, qu'on appelle des chiens, montrent des sentiments lorsqu'ils remuent la queue, font acte de soumission, invitent au jeu, sont contents, etc. A l'inverse, le chien a appris à lire certaines de nos expressions et reconnait un certain nombre de nos mots. Mais au final, la communication reste parcellaire entre nous. Ils sont ce qu'ils sont et nous sommes ce que nous sommes.

Prenons les chevaux. On sait qu'ils s'appellent et communiquent entre eux tant par les postures que par le son ou même probablement le regard, mais on ne sait pas trop ce qu'ils se disent. On voit bien que certains s'entendent entre eux tandis que d'autres se détestent. On voit bien qu'il s'établit des jeux de pouvoir. Mais on vient seulement de découvrir la bi-phonation dont on ignorait jusqu'à l'existence chez le cheval, ce qui ne veut pas dire qu'on comprenne ce qu'ils se disent avec et comment ils s'en servent. On en est seulement à découvrir que le bruit qu'ils font et qu'on englobe sous le vocable général de "hennissement" est beaucoup plus qu'un bruit primaire qu'ils font entre eux, un peu comme un jouet qui fait pouet.

D'ailleurs, on les achète, on les revend, on les déménage, on les mets ensemble et on les sépare, on les trimballe sans se préoccuper vraiment de ce qu'ils ressentent. En fait, on ne se pose même pas la question ou si peu.

Ceci ne nous empêche pas de nous extasier devant les prouesses de chiens de bergers travaillant à distance sous les ordres de leur maître qui siffle ou leur parle en diverses langues. Ces chiens, on en convient aisément, sont autre chose que des trucs télécommandés. Il est clair qu'ils comprennent ce qu'on leur demande et y ajoutent leur propre intelligence et leur sens de la stratégie hérité des loups qui sommeillent en eux.

Et on vient tout juste de découvrir que les racines se courbent avant de rencontrer l'obstacle. On n'a pas la moindre idée de la manière dont elles s'y prennent et pourtant ça se passe tous les jours sous nos pieds.

Encore beaucoup de chemin à faire, c'est à la fois rassurant et passionnant … et ça devrait nous rendre plus discrets.

Notes:

D'un côté:

•   Beyond Words: What Animals Think and Feel, Carl Safina (professeur et chercheur à Stony Brook University (USA), spécialiste des relations entre les humains et le monde naturel.

•   Le Totem du Loup, Jiang Rong (CHN)

De l'autre:

•   Comment décrire un oiseau.


CROTTINS  02 05 2016
Dopage & antidopage: une vaste mascarade? 

Mascarade n. f.: défilé ou réunion de personnes déguisées et masquées. Comédie hypocrite, mise en scène trompeuse.

Quelques données simples et plus ou moins ubuesques, à rapprocher en vrac pour un patchwork sans nuances:

•   Sir Craig Reedie, patron de l'Agence Mondiale Antidopage (WADA – AMA), a expliqué il y a quelques semaines que les gains de la joueuse de tennis russe Maria Sharapova, par ailleurs contrôlée positive au meldonium en début d'année, étaient supérieurs au budget de l'institution qu'il dirige (26 millions d'euros en 2015). Ça vous en bouche un coin peut-être, mais ça en dit long sur l'état du monde.

•   Le meldonium est Interdit depuis le 1er janvier 2016, mais était autorisé avant (liste WADA – AMA).

•   En aout 2015, la fédération internationale d'athlétisme re-teste des échantillons de 2005 et 2007 et annonce la suspension de 28 athlètes de haut niveau international. Heureusement qu'on conserve les échantillons, ça évite de se croire à l'abri du futur.

•   A l'opposé, le 14 avril dernier le Tribunal Arbitral du Sport (CAS – TAS) annule la suspension de la coureuse russe Tatyana Andrianova pour une épreuve de 2005 avec re-testing en 2015, considérant que ce dernier n'est pas recevable, les échantillons n’étant plus valides depuis 2013. Le futur n'a pas toujours l'avenir qu'on croit.

•   Pourtant, depuis le début de l'année plus de 100 athlètes ont été pris dans les mailles du filet meldonium. Belle prise apparemment.

•   Mais le 11 avril 2016, l'Agence Mondiale Antidopage annonce piteusement n'avoir pas les éléments scientifiques nécessaires sur le délai d'excrétion du meldonium qu'elle a inscrit sur sa liste des produits interdits, ce qui n'a pas empêché la fédération internationale d'athlétisme de sévir et suspendre. Aïe! Ca fait désordre, n'est-ce pas?

•   On parle d'une amnistie générale suite à cet amateurisme de haut niveau. Apparemment, ce n'était pas le bon filet, mais on a brisé des carrières avec. On s'en remettra hein? Du côté des responsables de ce désastre, il est à prévoir que nul ne démissionnera pour si peu, tout de même. Encore un verre de champagne cher ami?

•   Amphétamines 1960, anabolisants 1970, testostérone 1980, epo 1990, etc. la recherche va bon train, merci pour elle.

•   En aout 2015, la Sunday Times et la chaine allemande de TV ARD dévoilent qu'entre 2001 et 2012 des centaines d'athlètes de par le monde n'ont pas été sanctionnés pour dopage malgré des échantillons positifs. Ce n'est pas un petit fait divers, car cela s'étale sur 11 années. Ca a tout l'air d'être une manière de faire, un petit monde d'arrangements entre amis dont l'argent n'est probablement pas le moindre des ingrédients … Un autre verre, my dear?

•   Le 15 avril dernier un certain Braillard, secrétaire d'état aux sports français, faisait cocorico sur cocorico et s'auto congratulait lors du 16ème colloque national de lutte et prévention du dopage (France) en affirmant que c'était la grande priorité de son ministère et félicitait l'AFLD et tout à l'avenant. Mais sans moyens suffisants, les discours sont-ils autre chose que du son qui passe? Allez, un dernier verre?

•   Tiens justement côté argent, il semble que les 1€ de prélèvement sur chaque engagement perçus par la FFE pour le contrôle antidopage ne soient pas reversés là où ils devraient l'être et soient conservés depuis 8 années par la dite fédération. Petit magot et pure médisance ou vérité vraie? FFE, Ministère, AFLD doivent bien pouvoir démentir, preuves à l'appui, si la chose est fausse.

•   "Alors que les méthodes de triche se perfectionnent, que les avocats de sportifs sont de plus en plus rodés aux procédures, les moyens sonnants et trébuchants de l’antidopage restent dérisoires" (Yann Bouchet, Le Monde). Rien ne sert de brailler, il faut financer à point.

•   Selon J Nardin, vétérinaire hyper spécialisé en antidopage dans le monde équestre, révolté par expérience vécue au quotidien depuis des lustres et co-auteur d'un projet d'étude qu'il arrivera peut-être à faire financer (cherchez un peu pourquoi c'est dur), il est prévu par l'AFLD (agence française de lutte contre le dopage) en sports équestres pour 2016, 100 contrôles sur 1 400 000 engagements (un million quatre cent mille, vous avez bien lu), ça fait 0.007% de chances de se faire coincer. Une façon de dire "Allez-y les p'tits gars"? En tout cas, cela ou rien n'est-ce pas quasiment du pareil au même?

•   Ce n'est que depuis 1965 que le dopage est un crime au regard des lois de France et de Belgique. Avant, c'était normal ou toléré.

•   Durant les 10 premières années du tour de France cycliste (entre 1903 et la WWI), c'était même encouragé au point que l'organisateur suivait les coureurs avec une remorque ayant la panoplie du dopage considérée comme indispensable pour aller jusqu'au bout, mais on n'avait pas encore inventé le mot "dopage" (qui vient de l'anglais "dope"). Amusant: "dope" signifie aussi "crétin" en anglais, allez savoir pourquoi …

•   De 1903 (premier tour de France) à la moitié du XXème siècle, le dopage est perçu et proclamé comme relevant de la liberté individuelle par certains coureurs et il faudra qu'apparaissent les premières conséquences graves (malaise de Jean Malléjac dû aux amphétamines, 1955) pour qu'on en vienne à prendre quelques mesures contre le dopage à partir de cette date. Mais le concept de liberté individuelle restera bien ancré tout de même et passera dans le domaine du non-dit.

•   On se réjouit officiellement, en "haut" lieu d'un taux de 0.43% de dopés aux Jeux Olympiques d'été (de Mexico (MEX) 1968 à Atlanta (USA) 1996 inclus) tandis que les "repentis" parlent d'un taux de dopage général de 30% (et même de 60% dans certains sports). Dichotomie impressionnante entre ceux qui savent par la pratique et ceux qui pensent du dehors et disent officiellement. On est en droit de penser que les repentis savent vraiment de quoi ils parlent, non?

•   Nombre de sportifs pensent que les autres se dopent et prennent cela pour justification de leur propre dopage. Ceux qui sont au plus haut niveau pensent que leurs autorités ou leurs tutelles les couvriront en cas de "pépin". Apparemment, ils n'ont pas toujours complètement tort de s'imaginer cela.

•   "Historiquement, dans beaucoup de dossiers de dopage, des instances avaient connaissance qu'il se tramait quelque chose de louche et ne faisaient rien, pour des raisons commerciales" (Jeff Novitzky).

•   "Le dopage naît de la pression extérieure, mais tous les dopés ont des personnalités obsédées par le fait de devenir les meilleurs. Or, les produits dopants sont très efficaces et vous rendent plus forts et plus rapides." (Jeff Novitzky, l'Express).

•   Le même, enquêteur de choc US ayant levé les plus grandes affaires de dopage, ajoute: "Les athlètes de haut-niveau sont capables de tout pour gagner. Une étude a montré que la majorité des athlètes étaient prêts à prendre une pilule qui leur garantirait une médaille d'or contre dix ans d'espérance de vie en moins". Voilà qui justifie la nécessité de mise en œuvre d'importants moyens de lutte.

•   Sur le terrain, et dans toutes les organisations, il est des préleveurs sérieux et convaincus bien sûr. Certains d'entre eux se posent des questions sur la réelle efficacité de ce qu'ils font au regard de ce qu'ils constatent qu'il faudrait faire.

•   Nitisco (qui a notamment travaillé aux JEM de Normandie avec ATRM en direct pour le jury et la FEI) a mis au point un logiciel qui permet, entre autres avantages, de filtrer instantanément les chevaux qui "ressuscitent miraculeusement" ou ont un comportement étrange, inhabituel ou suspect lors des épreuves. C'est un outil nouveau à valoriser dans la lutte anti-triche. Doper sur longues distances  est une gageure, mais mettre de l'éther dans le carburateur quand il y a baisse de régime semble une pratique assez répandue. Les "filtrages" faits à titre privé par Nitisco en collaboration avec ATRM pour tester la validité de la solution proposée montrent l'efficacité de l'outil … et sont très instructifs car, étant  immergé dans l'action lors des concours, on ne voit pas passer le dixième de ce que l'outil met en évidence.

•   Selon certaines sources apparemment bien informées, les laboratoires seraient sujets à quelques 20% d'erreurs, mais on annonce officiellement des chiffres qui rassurent. Omerta connue et finances subodorées sont-ils à l'origine de ces désaccords?

•   Selon Jeff Novitzky, toutes les grandes affaires ont été révélées par enquêtes - et non par contrôles positifs - en suivant la piste de l'argent et des transactions financières (Al Capone) ou en fouillant les poubelles (Lance Armstrong, ex "trop champion" de la guibolle malgré son nom). Ca pointe de grosses lacunes dans le système et c'est intéressant à retenir.

•   La réputation des courses de plat aux USA est aujourd'hui telle que les différents acteurs cherchent maintenant à se regrouper au niveau national pour restaurer une image de propreté concernant notamment le dopage afin de retrouver les faveurs du public. Ils espèrent mettre en place les nouvelles règles et la nouvelle entité pour le 1er janvier 2017.

•   Quelle formation ont les cavaliers concernant les procédures en vigueur dans le cadre des prélèvements sur concours? Il semble bien que parmi les moins informés, on trouve les cavaliers français. La FFE a-t-elle jamais fait quelque chose pour les "in-former"? Pourtant, ce n'est certainement pas dépense inutile lorsqu'on se confronte à l'international, par exemple.

•   "D’une part, le public attend toujours de nouveaux exploits et de nouveaux records tandis que, d’autre part, il fustige le dopage qui permet, justement, d’atteindre de telles performances" (France Culture 17 04 2015). La situation semble aussi incontrôlable que celle de l'usage des drogues et stupéfiants.

•   L'actualité est continue en ce qui concerne le dopage. Un exemple sur une semaine d'avril 2015: "Lundi 13, la fédération kenyane d’athlétisme suspend deux agences de sportifs pour 6 mois. Le même jour, le cycliste tchèque Roman Kreuziger est convoqué devant le Tribunal arbitral du sport. Mardi 14, le cavalier français Maxime Livio se débat dans une affaire de dopage de son cheval Bingo S. Mercredi 15, le meilleur sprinteur sud-africain, Simon Magakwe, est suspendu pour deux ans après avoir refusé de se soumettre à un test antidopage hors compétition. Jeudi 16, le lutteur Gouye Gui nie avoir utilisé des produits dopants. Vendredi 17, le procureur de la Royale Ligue vélocipédique belge requiert deux ans de suspension contre le coureur Greg Van Avermaet..." (Source France Culture).

•   Certains se posent la question de savoir s'il ne serait pas adéquat de dépénaliser la présence des produits dopants dans le sport et d'en légaliser l'usage. C'est provocateur (cf Yannick Noah). Ca ne fait probablement que repousser le fond de l'impasse, mais ça a le mérite de susciter une réflexion nouvelle sur le sujet en abordant, par exemple, le fait que le dopage peut être vu comme une forme de médecine de l'amélioration dont le sport serait le laboratoire pour la réalisation d'un "homme amélioré".

•   D'autres pensent qu'une sorte de guide du dopage permettrait d'éviter les accidents chez les amateurs (plus nombreux que chez les "vrais pros"). On ferait là œuvre utile disent-ils. C'est très limite, mais rien n'interdit de penser et de se poser des questions face au vécu et aux dérives que l'on constate.

•   Faudra-t-il un gros accident de groupe dû à quelque dopage lourdement raté pour qu'enfin vienne l'argent qui manque selon toutes les sources de bonne foi?

•   Bref, jusqu'à l'infini peut-être…

On peut s'autoriser à penser que la trilogie "performances – argent – dopage" est peut-être bien la colonne vertébrale du sport moderne professionnel et amateur de haut niveau dans sa fonction de jeux de cirque. On peut se poser la question de savoir si le sport aurait autant droit de citer dans l'imaginaire social du monde moderne sans la susdite trilogie qui l'inscrit si profitablement dans un modèle économique incroyablement rémunérateur (football, cyclisme, athlétisme, etc.).

Ça pourrait expliquer pourquoi, alors que les Etats sont capables de mettre des moyens illimités dans ce qu'ils appellent un "effort de guerre" lorsqu'il s'agit de s'entretuer, les individus en charge, et quelle que soit leur couleur politique, tiennent systématiquement des discours de fermeté à l'encontre du dopage tout en n'y mettant manifestement pas les moyens qu'ils pourraient mettre. Les effets précèdent-ils les causes en ce domaine aussi?

La lutte antidopage ne pourrait-elle pas être bâtie sur au moins 5 piliers que sont dans le désordre:

•   Éducation (ah bon, où ça?)

•   Enquêtes (de l'odeur du fric à celle des poubelles)

•   Prélèvements (un peu partout, vous avez dit "un peu"?)

•   Véritable volonté politique (en évitant pour une fois les mensonges d'Etat si récurrents qu'ils en sont mode usuel de vie publique).

•   Études psychologiques (pourquoi je tu il dope mon ton son cheval?).

Les topettes", "potions accélératrices" et autres "avoines magiques" ont encore de beaux jours devant eux et les laboratoires peuvent performer tranquille, on n'est pas prêt d'y mettre un terme.

Alors, mascarade ou pas?

Dîtes-nous qu'on se trompe en nous prouvant le contraire, on n'attend que cela pour un sport propre à tous niveaux … enfin, presque :( :).


CROTTINS  25 04 2016
Res Judicata ou l'autorité de la chose jugée

Il est en France et ailleurs un principe de droit incontournable qui veut qu'on ne puisse juger la chose jugée.

C'est un principe fondamental évitant les empilages qui transformeraient la justice en une sorte de salon des opinions où chacun pourrait plaider à l'infini et rajouter la couche de sa vision du monde, dévaluant par là tout l'édifice. La justice deviendrait vite alors une sorte de lieu où l'émotion écornerait la raison, voire la mettrait de côté dans un genre de joute permanente où la survalorisation des "moi" de chacun jouerait très certainement un rôle. Pour parler clair, on aurait là un vaste bordel en lieu et place de ce qu'on est en droit d'attendre.

On sait, car on le voit tous les jours, et apparemment hélas de plus en plus, que la culture de l'émotion est en vogue dans nos sociétés. On la voit remplaçant la pensée en matière de politique et les medias type TV en font des choux gras jusqu'à l'écoeurement. C'est dévastateur au niveau de la cité, mais cela serait délétère au plan de la justice et du droit.

Un extrait de Yas Sport TV montrant récemment un officiel courant après un groom portant la selle du second de la President Cup à Al Wathba (UAE) et retenu par un autre au moyen de son vêtement a fait couler l'encre, notamment parmi les officiels FEI français.

Que s'est-il vraiment passé?

On voit un fait hors contexte et on se dit que ce qu'on voit est inacceptable. Il est clair qu'il y a volonté collective d'empêcher le juge de faire son travail et qu'en plus, pour ce faire, on n'hésite pas à le traiter comme une sorte de parasite importun pouvant nuire à la victoire du cavalier. Cette attitude dénonce en elle-même le fait qu'il faut cacher et donc celui qu'il y a des raisons de le faire. Ca a tout l'air d'un aveu de fraude par l'action.

Ça se décompose en deux volets:

•   La pesée décidée (sinon le juge ne serait pas là) doit être effectuée, mais l'a-t-elle été?

•   Un officiel doit être respecté comme toute personne et il ne l'est manifestement pas.

L'extrait ne montre pas la suite de l'action. Que s'est-il passé ensuite? Le juge a-t-il finalement pu effectuer la pesée qu'il a manifestement l'intention de faire? Le jury a-t-il pris position face aux agissements fautifs que le court extrait donne à voir?

Pour autant qu'on le sache par divers témoignages visuels, la pesée a effectivement eu lieu mais avec une selle différente de celle ayant été utilisée. Tout ceci se faisant dans une cohue délibérée d'une trentaine de grooms envoyés là avec la ferme intention de brouiller les pistes et masquer la substitution.

Le jury n'a pas pris de sanctions à l'endroit du cavalier pour entrave et non-respect de l'officiel, du règlement, etc. L'action que l'on voit, et telle qu'on la voit sur l'extrait, relève de l'article 169 des General Rules à plus d'un titre. Il est en effet question de dignité et intégrité de la personne (1.4), de fraude et de violence (1.5) et d'action délibérée (1.6).  Cela donne au jury la possibilité de disqualification immédiate, de suspension, d'amende et également de remontée au Secrétariat Général de la FEI pour éventuelle suite à donner par le Tribunal FEI.

De tout cela, il semble que rien n'ait été fait. Est-ce à dire que le jury s'en est satisfait?

Cela a donné lieu à un débat où certains voyaient la nécessité de procéder à l'envoi d'un courrier au président de la FEI pour protester contre l'attitude des participants et le non-respect des officiels.

D'autres, considérant que le jury est souverain et que nul officiel ne peut être en quelque sorte "jugé" par ses pairs, considéraient qu'il n'y avait pas lieu d'intervenir puisque le jury du concours lui-même n'avait pas trouvé motif à le faire. En d'autres termes, ceux-là considéraient qu'il n'y a pas à juger la chose jugée, respectant par là un principe fondamental et la souveraineté du jury concerné.

Un courrier, signé par quelques juges est parti à la FEI. C'est le droit de chacun et il n'y a rien à redire là-dessus.

Mais là où la chose devient assez incompréhensible c'est quand on sait que le juge molesté a été signataire du courrier envoyé. Comment comprendre et interpréter cette surprenante prise de position a posteriori?

Ça parait de prime abord assez ubuesque. Comment comprendre en effet qu'aucune sanction n'ait été prise sur l'instant par l'intéressé et qu'il s'exprime plus d'un mois après en signant le courrier en question, un peu comme s'il s'agissait d'une autre personne? Ce faisant ne pratique-t-il pas là une sorte d'auto flagellation dont le sens échappe quelque peu?

Esprit d'escalier? Refus des autres membres du jury et notamment du président d'agir sur le moment et contre son avis? Désolidarisation d'après coup? Peu importe en fait, ce qui restera de toute cette histoire c'est l'image d'un laisser-faire, voire d'un laisser-aller qui ne peut être que préjudiciable à tous et à l'image de la discipline là où cela s'est passé.

On sait qu'il n'est pas toujours aisé de prendre la bonne décision au bon moment et que vu de loin tout paraît simple, ce qui est probablement une raison de plus pour ne pas sur-juger hors situation. Il n'en reste pas moins une question particulièrement gênante pour ce qui concerne la gestion officielle de l'évènement.

N'est-ce pas l'occasion de raviver quelques fondamentaux qu'il est bon de ne pas oublier principalement dans un monde où la profusion des images hors contexte peut servir autant d'information que de moyen pour brouiller la vision quel que soit le domaine concerné?


CROTTINS  24 02 2016
Etats d'âme et contradictions

Décidément, en endurance, les UAE enflamment les "bonnes âmes" dont le "moi" s'exprime souvent sur les "médias sociaux" dans une sorte de suivisme doublé de surenchère où le "j'en ai marre – marabout – bout de ficelle" tient lieu plus souvent qu'à son tour de raisonnement et, d'opinions plus ou moins documentées en vidéos sur-interprétées, on en vient à écrire et pétitionner à tout va sans analyse véritable de la situation qu'on désapprouve et cherche éventuellement à combattre.

Mais que vaut un combat non documenté? Quel pouvoir peut bien avoir une pétition lancée sous le couvert d'une émotion par contumace, signée en toute confiance, d'aucuns diront en toute conscience, en dehors de la connaissance véritable des tenants et aboutissants du problème? Le créateur de toute pétition n'est pas nécessairement celui qui cristallise la conscience de tous que par là même il prétend être, mais trop souvent celui qui se sert la soupe ou la sert à un groupe en faisant signer des textes où nul ne peut en général trouver autre chose que des conclusions prédigérées souvent simplistes et pas les fondamentaux objectifs permettant de réfléchir avant de signer.

Les pétitions sentent souvent le tract ou la propagande en orientant par des moyens souvent "limites" les signataires dans le sens unique que l'on souhaite et, ce faisant, perdent la grandeur qui pourrait être la leur. Toi lecteur, peut-être révolté par ce que j'écris ici, tu auras remarqué que de telles initiatives ne sont pas reprises sur ce site et tu me feras la grâce d'essayer de me lire jusqu'au bout afin de comprendre pourquoi. Tu auras tout loisir ensuite de n'être pas d'accord ou d'approuver.

Dans le cas des chevaux d'endurance qui nous préoccupe ici, il est patent que l'émotion doublée de l'éloignement remplace l'analyse et pousse à se méprendre sur les moyens à engager le cas échéant quand il s'agit de ce qu'on a coutume d'appeler les Émirats.

C'est ainsi qu'on a vu s'exciter et se surexciter une partie du petit monde de l'endurance allant jusqu'à réclamer la suppression du championnat du monde annoncé à Dubaï ou exiger la radiation pure et simple de la fédération locale tandis que d'autres (peut-être bien les mêmes) se réjouissaient de voir qu'en un des trois lieux d'organisation de courses, à savoir Bouthieb (ou Bou Thib selon les transcriptions de l'arabe), on obtenait des résultats, en terme de sauvegarde des chevaux, égaux ou supérieurs à ce qu'on trouve sur des courses ailleurs dans le monde, y compris en Europe au plus fort de la saison. A-t-on vu une seule pétition positive destinée à soutenir l'action entreprise à Bouthieb et réclamant qu'elle soit élargie à la totalité du pays? Pourquoi les pétitionnaires ne se sont-ils pas sentis concernés par plus que ce qu'ils ont si rapidement signé ou affirmé?

Bouthieb a montré que tout est possible aux UAE si on le veut bien, c'est aussi "simple" que cela. Il "suffit" de la volonté d'un prince et de quelques mesures logiques et bien orientées. Suspendre la fédération locale, ce serait tuer dans l'œuf une voie (voix) différente éminemment positive à la façon du "si vous ne dénoncez pas le coupable, je vous punis tous". On a fait des massacres avec ce raisonnement et nul ne peut en être fier. Les chevaux y gagneraient-ils quoique ce soit? Pourtant, il est évident que c'est le bien être des chevaux et leur protection qui sont les ingrédients sous-jacents fondamentaux de toute l'agitation sus décrite.

Ne vaut-il pas mieux au contraire prendre bonne note de cette positive révolution en essayant de la faire valider et adopter par tous pour le plus grand profit de ce qu'on cherche tous à faire: protéger les chevaux et maintenir, placer ou replacer leur bien-être au centre des préoccupations sportives.

N'est-il pas irréaliste de se dire et imaginer que parce qu'on aurait re-suspendu la fédération des UAE, on aurait positivement participé à améliorer le sort des chevaux qui s'y trouvent? N'est-il pas enfantin de se dire qu'on aurait tout résolu en privant Dubaï du championnat du monde (qui de toutes façons est toujours suspendu à la réalisation satisfaisante des accords signés ayant permis la levée de la suspension décidée par la FEI et qu'il peut à tout moment être déplacé tant géographiquement que temporellement)?

Hurler avec les loups dans le cas présent, n'est-ce pas aller contre le sort des chevaux tout en voulant leur bien?

Doit-on donner la primeur à la punition qui ne règle en rien le sort des chevaux (car en pareil cas les CEI deviennent CEN et le rythme des courses n'est en rien modifié, on l'a vu) ou bien doit-on participer en soutenant toute évolution positive dont ils sont les grands bénéficiaires?

S'est-on vraiment demandé s'il n'y avait pas là grave contradiction?

Cet emballement de hurlements a une évidente retombée négative sur la discipline et son image et c'est immérité. A la suite de cela, nombre de politiques ou de sponsors, extérieurs à la discipline, imagine que c'est un sport brutal dont les chevaux sont les premières victimes, ce qui est éminemment faux. Ils ont tendance à se méfier, voire à s'écarter pour que leur propre image n'en soit pas entachée. Le mal fait ici sera malheureusement durable et il faudra certainement du temps pour effacer la déplorable image ainsi créée. Peut-être faudra-t-il en arriver à changer un jour le nom même de la discipline pour activer le renouveau d'image. Dubaï et Al Wathba, bien qu'étant à l'origine de tout cela, n'en sont pas les seuls responsables, c'est l'amplification délirante faite autour qui en est principalement la cause en terme de retombées négatives pour l'ensemble de la discipline. N'est-ce pas insensé?

Il est certain que le récent protocole signé n'aurait même pas dû devoir exister si les engagements du protocole initial entre la FEI et la EEF avaient été pleinement suivi d'effet. Il est aussi probable qu'on n'aurait pas pris autant de gants s'il ne s'agissait pas d'une fédération nationale d'importance et d'un pays dont l'apport financier sur la filière est majeur. S'il s'était agi d'une fédération minuscule d'un petit pays enclavé quasi inconnu sur la scène internationale, on aurait certainement été plus incisif. Mais, quand on a dit cela, en quoi a-t-on fait avancer le schmilblick? Et on se posera la question de savoir pourquoi la suspension de la fédération du Kuwait depuis la dernière assemblée générale de la FEI s'est faite dans tant de silence et d'indifférence.

Il est certain que le récent protocole est encore largement insuffisant (on l'a dit ici) et qu'il est facile de dire et proclamer: ça suffit, arrêtons-là, "ils" ne changeront jamais, etc. (ce qu'on n'a jamais dit ici). C'est voir la partie non remplie du verre au détriment de l'autre.

Mais on peut aussi être plus positif et réaliste, et considérer sa partie pleine. En signant ce récent accord, la FEI a pris en considération tout le chemin parcouru qui va de la fraude constatée des "fake rides" (courses fictives) à la révolution de Bouthieb. En signant cet accord imparfait, elle a permis au jeu interne de continuer son évolution positive car, pour qui connaît les lieux et l'environnement culturel de la discipline aux UAE, il est évident que pour la première fois Bouthieb a vraiment introduit un changement fondamental qui fait énormément parler et réfléchir là-bas. Il y a 6 mois, c'était inespéré car impensable, voire impensé. Maintenant l'idée va son chemin. Accompagnons-là, car c'est une lame de fond qui s'est mise en branle, au lieu d'essayer de l'étouffer par des actions qui ne considèrent pas l'ensemble du problème mais seulement une de ses facettes, qui plus est, vue de loin, de très loin, de trop loin.

Et puis combien de gens hurlent avec les loups tout en continuant de vendre autant qu'ils le peuvent leurs chevaux à ceux-là même dont ils condamnent si publiquement l'attitude? Il faut savoir rester cohérent avec soi-même et assumer ses actes et ses choix.

Et si l'on veut bien remettre en perspective la discipline et ses abus locaux malheureusement érigés en étendards, et qu'on regarde un peu ailleurs, histoire de faire du "catastrophisme" comparé comme on fait de l'anatomie comparée, on mesure autrement ce qui nous arrive et ce n'est pas inutile.

En course de plat, par exemple, les abus avec mort ou euthanasie des chevaux sont quotidiens et généralisés quel que soit le pays:

•   1 cheval meurt en compétition ou de ses suites immédiates tous les 4 jours aux USA.

•   Plus d'un par jour subit le même sort au Royaume Uni, pourtant si préoccupé par le sort et le bien-être des animaux.

•   En France, 20 000 chevaux sont abattus par an (soit près de 60 par jour) dont 50% sont des "déchets" de course et ça ne représente que 12% de l'Europe toute entière (qui en abat environ 470 par jour).

Par ailleurs, on a mitraillé 10 millions de chevaux comme si de rien n'était pendant la 1ère guerre mondiale sans qu'on s'en souvienne seulement aujourd'hui. Irrespectueux effet collatéral peut-être, mais qui en dit passablement long sur une culture.

Et, pire que tout cela, Une recherche australienne a comptabilisé 59 cavaliers de concours complet morts en compétition depuis 1993, c’est-à-dire près de 3 par an sur les 20 dernières années. Vous en aviez entendu parler? Vous trouvez cela intolérable ou vous pensez que c'est seulement un effet de bord inévitable et tout à fait regrettable, sans plus? Cela vous interpelle-t-il au point de pétitionner?

Ca fait scandale public tout cela? Il ne semble guère. Pourtant on est là dans ces quelques exemples sur une échelle de grandeur sans commune mesure avec les dérives de deux sites au milieu des centaines d'autres existant de par le monde.

La FEI décompte sur Dubaï et Al Wathba 10 chevaux morts depuis le début de la saison (CEI et CEN confondus), à savoir le 15 octobre 2015, ce qui fait 1 cheval tous les 13 jours au 23 février 2016. C'est bien sûr totalement inacceptable mais ne rejoint pas, tant s'en faut, les chiffres des courses de plat, car si tel était le cas, ce n'est pas en unités mais en dizaines de centaines qu'on parlerait pour l'endurance, ce qui ne se peut. Pourquoi donc l'impact est-il si bruyamment publié alors que c'est une dérive locale et pas le "mode de vie" quotidien et généralisé d'une discipline comme pour les courses de plat citées plus haut?

Et il est clair, que ces chiffres officiels ne tiennent jamais compte des accidents d'entraînement dont on soupçonne et sait qu'ils sont en quelque sorte la partie cachée de l'iceberg tant pour les cas cités en endurance que pour les courses de plat en général.

On rappellera quand même ici quelques données chiffrées pour illustrer le propos. Dubaï et Al Wathba organisent 14 CEI sur l'actuelle saison 2015/2016, c’est-à-dire pour une année (à cheval, sans jeu de mots aucun, sur deux années civiles pour cause climatique). Sachant que, par exemple, en 2014 (derniers chiffres officiels FEI publiés), il y eu 893 compétitions internationales dans le monde, ça signifie que le couple Dubaï / Al Wathba représente seulement 1,6% du nombre total des CEI. Les athlètes enregistrés FEI aux UAE représentent quant à eux 10,6% de l'ensemble du monde. Mais au final, l'emballement médiatico-social fait qu'ils apparaissent pour une part beaucoup plus importante que ce qui est effectivement la leur. Si on n'y prenait garde on finirait par croire qu'ils sont largement majoritaires, ce qui est loin d'être le cas.

Toi, lecteur qui commence à comprendre le point de vue ici exprimé, tu me sauras gré de relever qu'il n'y a que sur le présent site qu'on a tenté d'expliquer en détail, autant que faire se pouvait, les mouvements positifs de Bouthieb et leurs conséquences sur l'ensemble du pays. Tu te souviendras que les articles de ce site (traduits en anglais et diffusés par mes soins), ont provoqué à travers les principaux sites internet de la planète endurance sur l'ensemble des continents, une onde de choc et qu'au final la FEI y a été intéressée et sensible au point de modifier son discours (relation officielle entre vitesse et accidents) et agir en affirmant vouloir officiellement imposer à la fédération des UAE toute entière des protocoles "similaires à ceux de Bou Thib". On a volontairement agi ici dans un sens positif, le seul qui, selon moi et quelques nombreux autres, vaille pour aider à changer le monde efficacement.

Alors calmons le jeu et arrêtons de retourner nos armes contre nous-mêmes avant de réfléchir et de se documenter vraiment. Les chevaux n'y gagnent rien et nous y perdons beaucoup en termes d'image et de renommée, ce qui nuit considérablement au développement de l'endurance qui est pourtant fondamentalement un sport d'extérieur sain et serein où les chevaux sont, par définition, des partenaires respectés. Il suffit d'aller sur les compétitions de par le monde pour en être convaincu sans la moindre équivoque, ni le moindre doute possible. Alors changeons de discours et hurlons cela de par le monde afin que chacun le sache et comprenne la grandeur de cette discipline, b..... de m....!!!


CROTTINS  24 12 2015
Voeux sélectifs et irréalistes pour 2016

Puisse l'année qui vient nous débarrasser:

•   Des vieilles badernes insubmersibles qui font carrière politique multi décennale et par là-même nient l'existence de l'idéal démocratique au profit de leur bonne fortune personnelle.

•   Des fonctionnaires bornés qui nient leur propre humanité au profit de la fiction administrative lorsqu'il s'agit d'agir avec intelligence et bienveillance face à des textes ou des pratiques absurdes, voire scélérats.

•   Des gesticulations gouvernementales, des hideuses lois et des sulfureux états d'exceptions pour faire croire qu'on maîtrise la situation ("nous l'avons en mains") quitte à mentir lâchement et en profiter pour envoyer les chiens sur tout ce qui bouge et ne regarde pas dans le sens qu'on voudrait.

•   Des intégristes de toutes sortes claquemurés dans des idéologies idiotes et obscurantistes, prêts à tuer ou nier tous ceux qui ne suivent pas le même chemin qu'eux.

•   Des nazillons qui sèment, la haine, le rejet, la violence tout en cachant plus ou moins leurs croix gammées pour ratisser le chaland et dont les idéaux prennent racine dans la fange la plus crapuleuse de l'humain.

•   Des partis atteints de myopie électorale où les responsables cultivent les petites phrases assassines pour remplacer les idées qu'ils n'ont pas sous l'ovation stérile d'aficionados aveugles.

•   Des murs et grilles érigés selon les pointillés des cartes sur une terre qui est notre bien commun et que des gouvernants abscons nient par opportunisme selon les codes délétères de nationalismes étriqués.

•   De la confusion entre servilité et devoir des militaires qui croient qu'obéir, c'est penser et que tuer c'est honorable.

•   Des atteintes aux libertés fondamentales de circuler, d'échanger, d'imaginer, de s'exprimer, de communiquer au prétexte abusif et fallacieux de "protéger la population".

•   De la mise sous cloche du monde tel qu'il est sous l'empire d'une fiction sédentaire qui refuse le mouvement, la transformation et l'évolution des choses, pourtant fil de la vie et de l'histoire (migrations, climat, cultures, espèces, etc.).

•   Des "perroquets" qui se disent et croient journalistes mais ont perdu jusqu'à l'essence même de leur métier au profit de servitudes économiques ou politiques par carriérisme de bas niveau.

•   Des grandes multinationales pour qui le profit et les rétrocessions aux actionnaires justifient tout et n'importe quoi, jusqu'au non-respect de la vie humaine si besoin est, au profit de leur monde.

•   Des "Onc' Picsous" qui accumulent plus qu'ils ne pourront jamais dépenser mais ne donneront pas un cent au profit d'autres qu'eux-mêmes.

•   De ceux qui croient qu'il faut poursuivre, emprisonner, chercher à faire taire, voire probablement aussi tuer, les lanceurs d'alerte, plutôt que de les reconnaître comme éléments salvateurs aidant à lutter contre des dérives gangrénant les institutions et trouver en eux un appui bénéfique pour les améliorer.

•   Des enfouisseurs de malversations et autres turpitudes en tout genre dans le grand sac nauséabond nommé "secret défense" abusivement rempli d'un bric-à-brac  honteux, mais si confortable …

•   Des lobbys du sucre, de la viande, des semences, du tabac, du pétrole, des médicaments, etc. qui polluent la terre et les mentalités pour la futile, mesquine et criminelle folie de leur propre puissance.

•   De systèmes électoraux où on se fait élire avec 11% des inscrits en criant victoire là où il y a refus populaire évident (les régionales françaises juste passées par exemple).

•   Des dopés de toutes sortes que le système génère pour l'image factice de surhommes médiatiques entraînant retombées financières multiplement avantageuses et renommées pseudo sportives à sommet provisoire, tout en faisant plus ou moins semblant de les pourchasser avec l'horreur extrême qu'il est céans d'afficher.

•   Des discours enflammés sur la planète et ses poussées de fièvre tandis qu'on subventionne à hauteur de 600 milliards de dollars US les énergies fossiles et qu'on en accorde 100 aux énergies renouvelables qu'on affirme promouvoir sans limites.

•   Des petits "grands" patrons qui volent d'une entreprise à l'autre au gré d'amitiés singulières et de relations contre nature où Narcisse et Néron s'acoquinent et se réacoquinent sans la moindre vergogne dans une sorte d’infinie compétence de théâtre qui va des trains aux téléphones en passant par l'eau, l'alimentation, les banques ou la télévision quand ce n'est pas le nucléaire, l'électricité ou le gaz et vice-versa, allers et retours et qui mieux mieux.

•   …

Et soudain j'ouvre les yeux pour m'apercevoir que je m'étais pris à rêver un monde qui n'existe pas, car si l'homme, pris individuellement, est un être incomparablement intelligent, il semble bien que son intelligence même l'amène certaines fois à se comporter collectivement comme s'il n'en avait aucune.

Serait-il sérieux de croire que ceux qui en ont le pouvoir auraient la force ou l'honnêteté d'agir pour se dessaisir de ce dont ils profitent trop? N'est-ce pas même pure folie, voire insupportable déviance et subversion, que de seulement l'imaginer? Certains vont en prison pour avoir seulement osé le supputer …

Mais réjouissons-nous car les braves gens existent et sont bien supérieurs en nombre et qualité à ceux qu'on vient ici de nommer directement ou indirectement et, bien que le pouvoir corrompe méchamment, que la fonction altère à terme les consciences, que mythes et idéologies restreignent la capacité intellectuelle et que l'appât du gain efface les limites, tout cela n'est pas une raison suffisante pour baisser les bras, bien au contraire …

Alors Meilleurs Vœux à tous sauf à ceux qu'on a ci-dessus évoqués et que l'on voue aux gémonies avec un grand coup de cul furieux pour l'année qui vient en espérant bêtement ne plus jamais les revoir.


CROTTINS  09 12 2015
De "LA" à "GA" pour la frime?

À partir du 1er janvier 2016, il faudra écrire "GA" (gait) au lieu "LA" (lame) pour les "boiteries", pardon, les "zirrégularités d'allure" s'il vous plaît, ce qui semble a priori strictement pareil ou à peu près, bien qu'il faille en douter par principe. En tous cas, la nécessité de cette évolution ne saute pas aux yeux de prime abord.

Il y a donc sans doute de la subtilité dans l'air, un rien qui échappe quelque part …

Quand on cherche à comprendre pour ne pas rester idiot, on se tourne vers les encyclopédies et les dictionnaires afin de prendre toute la mesure du sens des mots, celui que des gens savants et avisés ont discuté longtemps pour trouver, rendre compte et exprimer la signification juste de ce qu'on dit et écrit. Dans le cas présent c'est d'une évidente nécessité car si le "législateur" - comme on dit quand on ne sait pas au juste qui est l'auteur, de même que les journalistes et les politiques invoquent "la communauté internationale" quand en fait personne ne s'est exprimé mais qu'ils pensent que les autres pensent comme eux ce qui représente un appui facile - a éprouvé le besoin d'attendre une assemblée générale pour valider le changement qui va de "LA" à "GA", ça doit signifier que l'étape est d'importance (voir annex 2 du règlement applicable au 1er janvier 2016).

Et si elle est si importante, il faut en saisir pleinement la substance car on ne saurait rester indifférent et un seul instant imaginer qu'on ait pris une telle décision seulement pour gesticuler et agiter du vent.

En homme moderne et branché on se jette immédiatement sur Wikipedia, l'universelle et débordante encyclopédie, cela va de soi.

L'article Boiterie (cheval) nous renseigne aussitôt avec une phrase choc: "Une boiterie est une irrégularité dans les allures du cheval". Prends cela dans la figure! Aïe aïe aïe, on est mal partis, car cette définition n'apporte pas d'eau au moulin des idées. Pire, elle affirme qu'en passant de "boiterie" à "irrégularité d'allure" on aurait seulement troqué un mot pour un autre sans ajouter ni retrancher de sens.

Un coup d'épée dans l'eau en somme (tenté d'écrire un pet dans l'eau mais je me suis retenu de justesse car il faut approfondir avant d'être ainsi moqueur). Après tout, c'est tout de même d'un texte à valeur règlementaire internationale qu'il s'agit et ça mérite par principe le respect en tous points, paraît-il.

Ailleurs dans le même support on précise qu'une "boiterie" est synonyme de "claudication" et quand on va sur "claudication" on se voit préciser qu'il s'agit d'une "irrégularité d'allure". On n'est pas encore vraiment sorti de l'auberge avec ça.

Attention! Danger ! Il semble bien qu'on s'enfonce au rythme de l'approfondissement même de la recherche de sens!

Et si on prenait le problème à rebours et qu'au lieu d'aller chercher la définition de la "boiterie" on aille directement sur celle "d'irrégularité"?

Et comme il existe çà et là encore quelques grincheux qui doutent de la valeur même de Wikipedia, on en profite pour se faire moins "moderne" et on retourne aux sources du bon vieux Larousse, dictionnaire aussi ancestral que de référence. Ce vieux compagnon du sens des mots définit "l'irrégularité" comme étant un "manque de régularité, de symétrie, d'uniformité de quelque chose". Donc un cheval qui est "irrégulier" dans ses allures est un cheval à la démarche asymétrique ("a" étant privatif et voulant dire "sans" comme on le sait). Bon, bien, mais encore?

Si on retourne la crêpe encore un coup afin d'affiner la connaissance du problème, on peut aussi aller chercher les antonymes, comme l'architecte retourne son calque pour analyser son dessin à l'envers et percevoir ainsi son projet différemment avec la distance critique que révèle un angle de vue inédit.

On découvre alors au moins que les deux plus proches antonymes "d'irrégularité" sont "régularité" et "constance", ce qui ne saurait vraiment surprendre.

Ca fait penser à ce cheval qui nous fût présenté à Mont-le-Soie (BEL) en cette année 2015* , et qui avait un antérieur légèrement plus court que l'autre de naissance. Sa démarche était asymétrique. Était-il pour autant boiteux? Était-il pour autant inapte à la compétition pour cause "d'irrégularité"? Dans notre "crasse" ignorance collective de l'époque nous le laissâmes passer à chaque inspection et il termina son épreuve dans la plus belle forme qui soit. Nous n'avions pas vu de "boiterie" mais seulement une régulière "irrégularité" sans évolution au cours de l'épreuve.

Va-t-il donc falloir instaurer à l'appui du concept "d'irrégularité" celui de régulière "irrégularité"? Mais alors, cette régulière irrégularité étant constante, il y aurait lieu d'éliminer selon les termes de l'article 821.2.3.

Cela voudrait dire qu'on vient d'évacuer la notion de peine, de douleur, d'inconfort de l'analyse, notion massivement sous-jacente et corrélative à celle de boiterie. En endurance, ce qu'on cherche à faire, c'est détecter les signes avant-coureurs d'un problème si possible avant qu'il ne puisse se développer par le fait même de poursuivre la compétition. Parmi ces signes, on trouve la "boiterie" dont l'existence apparait principalement en compétition par la présence d'une douleur (voire d'un état métabolique périlleux), le pied étant alors posé avec un temps plus court que normalement pour alléger la peine résultante ce qui s'accompagne d'une réaction de tout le corps (tête se levant au moment du poser pour les antérieurs, etc.).

Ça signifie dans la pratique la plus courante qu'un cheval peut être irrégulier de nature (congénitalement, par suite d'un accident résorbé, d'un problème de croissance sans conséquence notable pour le déplacement, etc.) et que son "irrégularité d'allure" n'est pas pour autant ipso facto une cause d'élimination. En clair, et dans un tel cas, "l'irrégularité" n'est pas "boiterie" au sens où on l'entend et recherche dans la discipline.

Le rédacteur masqué des règlements FEI aurait-il encore frappé? Aurait-il là subrepticement accouché de cette grosse réforme de vocabulaire sans que nul ne s'en rende compte et, faute probablement d'une lecture attentive, les responsables ne l'auraient-ils donc  pas vu passer?

N'aurait-il pas mieux valu, par exemple, introduire plus de précision médicale et vétérinaire à la définition de la boiterie adaptée à la discipline endurance et s'abstenir de remplacer un mot par un autre qui semble bien rendre la notion plus évasive qu'elle ne l'était déjà?

N'aurait-il pas fallu profiter de l'occasion pour affirmer qu'un cheval présentant une irrégularité de nature ou structurelle puisse être considéré comme apte à prendre le départ initial moyennant analyse active au moment du contrôle ainsi que documentaire (pour montrer, démontrer et/ou prouver la préexistence du défaut permanent de régularité d'allure), par exemple?

N'aurait-on pu en profiter pour insister sur le caractère de l'évolution qui va de A vers B puis de B vers C et apporter plus de précision, de cadre, à la définition du concept de boiterie, concept parfois difficile à cerner pleinement dans les cas limites? Il faut se rendre compte qu'une fois de plus le règlement utilise des mots dont il s'abstient de définir préalablement le sens dans le contexte qui est le sien.

Et, une fois encore, on constate que ceux qui en ont ainsi décidé posent le truc sur la table comme une évidence sans se sentir contraints le moins du monde d'EXPLIQUER le pourquoi "savant" de la démarche qui les a poussés à effectuer la modification qu'ils imposent. De quel droit peut-on se permettre de ne pas expliquer ce qu'on fait lorsqu'on est responsable et que par son action on aura un impact sur l'ensemble du corpus qu'on est censé gérer, à savoir présentement la discipline endurance? N'y aurait-il pas là aussi quelque manque de respect de la communauté concernée?

Au final qu'a-t-on réellement apporté de positif en substituant "GA" à "LA"?

Où est la plus-value qui justifierait l'action?

L'auteur des présentes lignes a écrit à la FEI pour faire part de son état d'Officiel interloqué et inquiet de ne pas comprendre le sens profond de la modification faite et demander qu'on lui explique ce qui pour lui, et jusqu'à preuve du contraire, ressemble furieusement à un pet dans l'eau, une sorte de vernis politiquement correct d'aloi discutable (où boiterie serait un terme plus et trop négatif alors qu'irrégularité serait plus neutre et plus "diffusable"…), ce qui revient au même. Il s'agit de comprendre pour mieux être à même de juger tout simplement.

10/12/2015 - la FEI a répondu qu'il s'agissait là d'une modification demandée par un certain nombre de personnes et visant à supprimer le mot "boiterie" à connotation négative pour la discipline pour le remplacer par un équivalent sans changement de sens. Elle ajoute dans sa réponse qu'elle a en cette action suivi ce qui s'est déjà fait en Concours Complet où il n'existe plus de boiteries en quelque sorte. Et pour rester dans la norme du politiquement correct de circonstance, on aurait aussi bien pu dire "failed to qualify at the trotting during the inspection", avec abréviation (pourquoi pas une de plus vu le nombre existant déjà) FTQATTDTI. Ca aurait eu le mérite de ne même plus parler "d'irrégularité d'allure" qui garde tout de même et néanmoins une sorte de connotation négative presque à la limite du supportable pour les âmes sensibles du grand public désinvertébré ... Pas vraiment convaincu.

* Lors de l'un des CEI de ce célèbre événement trop peu prisé de ses grands voisins.


CROTTINS  28 10 2015
Le dopage sans risque aucun et la gestion des neurones.

On le sait, le dopage pose problème à plus d'un titre.

Il est souvent dangereux pour le dopé et, lorsqu'il est détectable en l'état du monde et des machines qui aident à le gérer ou en rendent plus ou moins compte, il est juridiquement très compromettant.

Bref, y avoir recours est quasiment toujours un risque dont l'issue est plus ou moins incertaine en plus d'être moralement répréhensible bien entendu.

Que faire alors, sachant que c'est d'abord dans la tête du dopeur que prennent forme la notion, le désir et la volonté de doper pour gagner et se donner, ou croire se donner, les moyens, de le faire?

Et quand tu gagnes en étant dopé, que ça se découvre sans équivoque et que c'est publié, en plus d'être fouetté et mis au ban des concurrents qui nagent avec ardeur et sans bouée, tu as l'air d'un con. L'admirable Armstrong du vélo, héros des foules dopées par l'exploit, est ainsi devenu l'une des plus grandes salopes du circuit, une espèce de merde dont ceux qui l'ont connu voudraient rétrospectivement ne jamais l'avoir rencontré, une balise noire et vérolée de l'épopée passablement chaotique de la "petite reine". Sa confession tardive à la Cahuzac n'a jamais pu faire oublier sa faute et la mystification qui naviguaient de concert avec elle.

Compliqué.

Alors comment concilier dopage et renommée sans risque aucun?

Sachant que ça se passe beaucoup dans la tête avant de se transmuter en chimie, des chercheurs de l'Université de Glasgow (GBR)*, conscients de ce fait, ont eu l'idée de tester le dopage placebo sur une quinzaine de coureurs amateurs masculins, histoire de voir ce que ça peut donner.

Après leur avoir expliqué les effets de l'EPO (augmentation du nombre des globules rouges, suroxygénation, augmentation résultante des performances, etc.), ils leur ont précisé que la nouvelle formulation préparée pour eux leur serait administrée dans le cadre parfaitement légal de la recherche scientifique.

Ceci étant clairement posé, ils ont procédé alors sur la première moitié du groupe des volontaires à l'injection de cette potion magique, dont on leur avait auparavant affirmé qu'elle était quasi exempte d'effets secondaires afin de faire bonne dose et d'être plus "réalistes". Après entraînement et course de compétition sur 3 km de l'ensemble du groupe, les chercheurs ont inversé la donne, le groupe témoin devenant groupe testé.

Il faut signaler que le produit injecté n'était autre que du liquide physiologique sans effet aucun et que l'injection est beaucoup plus performante que l'ingestion en matière d'effet placebo, raison pour laquelle ce mode d'administration avait été choisi.

À la fin de cette double expérience, les résultats étant notés et les cobayes interviewés, il est apparu que l'augmentation des performances étaient en moyenne de 1.2% pour ceux qui avaient reçu la "drogue" supposée quand ils l'avaient reçue et que tous se sentaient moins fatigués, récupéraient mieux, etc. sous l'effet indubitable de la dite "drogue".

Bingo. Le dopage placebo entrait dans l'histoire.

Ça marche pour les humains dans des proportions raisonnables et ça accompagne le mental nécessaire pour se soutenir dans l'effort. C'est une sorte de catalyseur de l'autosuggestion, un compagnon qui aide à résorber et/ou masquer pour partie la douleur en quelque sorte. Bref, c'est du dopage honnête, un coup de pouce au management de soi dans la compétition, de la tambouille stimulante en seringue pour les neurones des gens propres.

Mais celui qui arrivera à persuader le cheval qu'il ira mieux, plus loin et de plus belle manière avec une injection de dopage placebo n'est pas encore né. Le "drame" fondamental de l'équitation, qui en fait aussi la grandeur, tient probablement dans le fait que le mental de l'un est dans le corps d'un autre et vice-versa et que la communication entre les deux est affectée de très sérieuses et infranchissables limites. Il y existe néanmoins des effets rebonds aussi étranges qu'inattendus voire inespérés certaines fois ...

On s'amuse, on joue avec les neurones et ils nous le rendent bien, quand c'est nous.

On rigole, on plaisante avec eux et ça marche pourvu que ce soit nous.

…mais, si on n'a pas de scrupules, qu'on est bien placé, qu'on est célèbre et recherché en ce moment, qu'on a le bras long au moins dans l'instant et qu'on est poussé au train par de richissimes et intéressés sponsors qui en redemandent comme dans tous les sports, principalement s'ils sont lourdement médiatisés, on appelle quand même son labo favori, celui qui avance masqué derrière le décor …

Il est, hélas, patent et vérifié que plus on pratique de tests antidopage, plus on trouve de résultats positifs alors que, logiquement on pourrait, devrait, s'attendre à l'inverse. Vous voyez bien que c'est un bug des neurones avant que d'être affaire de chimie opaque et sulfureuse.

C'est donc aussi par là qu'il faut intervenir, non? Pourtant, il ne semble guère que ce soit par là qu'on fouine.

L'aval, c'est bien, mais l'amont n'est-ce pas là où tout commence? Et c'est probablement, sûrement, quand ça commence et que c'est tout petit en germe dans les crânes que ça se peut le mieux résorber peut-être, pas quand le train est lancé.

Il faut le flic mais aussi le pédagogue si l'on veut réussir à changer les mentalités. L'éradication commence par l'éducation et se confirme par la peur.

* Si vous êtes intérssés par l'étude citée cliquez ICI pour accéder à la publication qui en rend compte.


CROTTINS  18 09 2015
Le verso de la médaille ou de la responsabilité des leaders en compétition.

Les trois leaders, équipes ou individuels, sont montés sur le podium et écoutent leur hymne national joué en grande pompe dans un stade tout empli d’une foule d’admirateurs tandis que leur drapeau monte lentement le long du mât qui lui a été réservé.

Le silence s’est fait. La foule est debout, immobile.

Ils sont à cet instant le centre du monde, les ambassadeurs de leur pays, les meilleurs représentants du sport qu’ils pratiquent, ceux qui ont vaincu au plus haut niveau.

Ils essuient une larme d’émotion devant tant de grandeur mise en scène. Ils sont conscients de la reconnaissance internationale que cela signifie. Ils vivent là un des plus grands moments de leur carrière sportive et de leur vie tout simplement et savent mieux que personne que, demain, peut-être, sûrement, d’autres seront à leur place.

Nul mieux qu’eux ne pourrait dire combien ils se sont battus, combien leur victoire est précaire autant que méritée.

Ils en ont reçu le symbole sous forme d’une médaille et sont l’objet de tous les honneurs.

Les voilà maintenant qui s’embrassent et se congratulent sous le regard humide des personnalités présentes qui se relâchent un peu sous l’effet conjugué des effusions spontanées et du protocole qui prend fin.

Médailles

Par leurs performances, ils ont tiré une nouvelle fois leur sport vers le haut.

Ils se sont dépassés parce que leurs adversaires étaient à la hauteur et que la compétition fût acharnée.

Ils doivent leur victoire à eux-mêmes autant qu’aux autres peut-être.

Leur médaille a donc deux faces:

Recto

Un côté qui brille et qu’on se plait à polir: Le recto fait de reconnaissance, d’honneurs, de cadeaux, de prix, d’ambassade, d’interviews, etc.

Verso

Un côté qu’on oublie trop souvent: Le verso qui implique de fait le devoir moral de présence pour permettre à d’autres plus tard de pouvoir se surpasser, grâce à ce que maintenant ils représentent, comme ils viennent eux-mêmes de le faire. Ils sont de fait en charge et ont la responsabilité de maintenir en cela la barre le plus haut possible.

Être leader, c'est être le meilleur. Nul ne peut contredire cette assertion de base, cette incontournable lapalissade.

Être leader, c'est par définition tirer les autres vers le haut, c'est être un exemple d'une part à suivre et, de l'autre, à battre.

Toute la mythologie du sport est basée sur ce principe.

Liberté?

Alors pourquoi peut-on avoir la liberté de gagner, et par extension d'être sur le podium, sans l'obligation d'être présent lors du prochain événement de même catégorie?

Pourquoi peut-on se laisser couvrir de gloire et s'exonérer du devoir corrélatif d'être présent comme challenge vivant lors de l'évènement de même nature qui suivra?

Pourquoi un tel laxisme que d'aucuns repeignent aux couleurs d'une usurpatrice liberté?

Pourquoi les fédérations nationales des leaders ont-elles donc la possibilité réglementaire de choisir d'être présentes ou pas selon ce que bon leur semble?

Ainsi, par exemple, s'exonèrent cette fois-ci les fédérations de France et d'Espagne parce que le Championnat du Monde Jeunes au Chili c'est trop loin, trop cher, trop compliqué peut-être, etc. encore un verre de champagne cher ami? Cette soirée est merveilleuse …

Et si le championnat du monde à venir au Chili était un championnat senior, les problèmes d'intendance, de finances, etc. ne seraient-ils pas résolus? Pense-t-on que la seule renommée qui vaille viendrait de l'adulte au point d'opposer aux désirs légitimes des jeunes des masques de carnaval et les faire s'amuser entre eux?

Les responsables seraient-ils donc trop vieux pour se souvenir que les jeunes sont par la force des choses porteurs de ce qu'on a coutume d'appeler l'avenir?

Quand la volonté manque, on se trouve toujours de "bonnes" raisons … qui ne suffisent pas nécessairement pour faire "bonne figure".


CROTTINS  30 06 2015
Le poisson à sang chaud et la gouvernance hors-sol.

Quand j'étais petit je pensais que les merdes d'oiseaux avaient la couleur de leurs plumes. Il y en avait des blanches, des noires, des marrons et même des moirées. C'était aussi surprenant que varié.

Je ne pouvais vérifier car lorsqu'on en trouve sur la table du jardin, leurs auteurs sont déjà très loin. Et même lorsqu'on en prend une sur le nez, comme cela m'est arrivé, l'oiseau est déjà parti avant qu'on ait eu le temps de réaliser ce qui vient de se passer.

Maintenant, avec un très léger vernis de mécanique quantique et un recul certainement illusoire, je me dis que peut-être elles ont la couleur inconsciente de ceux qui les reçoivent. Bref, le monde reste mystérieux.

Prenez le pic glandivore (glandivore ou glandouilleur, me souviens plus très bien), cet oiseau à tête rouge qui pousse au bout des branches en Californie ou en Colombie, et fait dans le collectif reproducteur par solidarité de groupe. Étrange et curieuses mœurs si a priori loin des nôtres qu'on en comprend mal ou pas du tout la raison.

Et puis, on croit tout savoir et voilà qu'on découvre Ebla, une cité majeure de l'antiquité dont on ignorait jusqu'à l'existence avant qu'on la découvre vraiment grâce aux 14 000 tablettes cuites par incendie révélant son histoire en 1975 et la place essentielle qui était la sienne. Et voilà que tout le 3ème millénaire avant notre ère s'en trouvait bouleversé au sud d'Alep au grand dam de chercheurs qui avaient consacré leur vie à en tricoter l'histoire en oubliant, par ignorance de son existence, cet essentiel morceau de puzzle.

Ce n'est pas pire que la découverte du poisson à sang chaud faite tout récemment en 2015, le lampris lune qu'on croyait pourtant connaître. Tout le monde vous dira que ce n'est pas possible car les poissons ne se réchauffent que dans la poêle. Eh ben! Non, il va falloir faire une mise à jour.

Et lorsqu'en 1974 furent découverts en Ethiopie les 40% du squelette d'une australopithèque vieille de 3,2 millions d'années qui connaîtra la célébrité sous le nom de Lucy (du fait de la chanson des Beatles qu'écoutaient les chercheurs en jouant avec son puzzle), il fallut peu après les mettre sous bonne garde policière, car d'autres chercheurs préféraient la destruction à leur propre remise en question. Il en est qui ne veulent trouver que ce qui leur va bien …

Et sans compter la découverte en 1958 de Çatal Höyük cette ville forteresse néolithique de 5000 habitants sans murs ni fortifications, simplement sans rues ce qui la rendait imprenable, et qui n'aurait pas dû exister 7000 ans avant notre ère avec culture, élevage, artisanat et commerce longue distance. Une ville état, sise en Anatolie, ayant duré plus de 2 millénaires sans qu'on s'en aperçoive, ce qui permis de fantasmer pendant des lustres sur l'incapacité et les piètres savoirs des gens de cette époque en toute innocence, jusqu'à patatras, tout revoir, tout réécrire, tout refaire…

Nos belles et confortables certitudes allaient même jusqu'à penser que les nuages sont purs et exempts de toute pollution microbienne jusqu'à ce qu'on découvre en 2005 que c'est totalement faux et que ça expliquerait même beaucoup de choses en matière de climat. Que font donc les petits douaniers et la mythologie du contrôle des frontières? Où donc est passée la grande OMS, son H1N1 et son immense compétence stratégique?

Mais le célèbre physicien Pierre-Simon de Laplace (1749-1827) n'a-t-il pas écrit à propos des météorites qu'elles ne peuvent exister "puisqu'il n'y a pas de pierres dans le ciel"? Positivisme tu nous tueras.

Et il n'est toujours pas démontré qu'un crotale débile ne puisse exister et se prendre à ses propres nœuds jusqu'à en mourir…

Et nous avons maintenant découvert la gouvernance hors-sol, celle qui évite à ceux qui sont en charge d'aller vers le réel pour en prendre connaissance avant de décider et les incite à se confiner dans un enfermement idéologique délétère. C'est vrai de nos gouvernants, c'est vrai des grandes institutions, de leurs dirigeants qui se cooptent les uns les autres à coup de népotisme et de chaises tournantes, c'est vrai des grandes fédérations sportives, des grandes banques et de l'industrie aussi quand on passe impunément d'un secteur à un autre où ne connaît rien sauf ceux qu'il fallait connaître …

N'aurions-nous pas inventé là le crotale débile qui manquait au puzzle de notre savoir, celui qui va s'auto étouffer du fait même des nœuds et contorsions dont il est lui-même l'auteur?

On sait si peu de choses ... et les tomates cultivées hors-sol ne sont-elles pas néanmoins encore des tomates, malgré leur déconnection d'avec la Terre?


 

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